Le chant des revenants

Couverture du livre « Le chant des revenants » de Jesmyn Ward aux éditions Belfond
  • Date de parution :
  • Editeur : Belfond
  • EAN : 9782714454133
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de pages : 270
  • Collection : (non disponible)
  • Genre : (non disponible)
  • Thème : Littérature Anglo-Saxonne
  • Prix littéraire(s) : (non disponible)
Résumé:

Dans le Mississippi, de nos jours.
À treize ans, Jojo essaie de comprendre : ça veut dire quoi, être un homme ? Non pas qu'il manque de figures masculines, avec en premier chef son grand-père noir, Pop. Mais il ya les autres, plus durs à cerner : son père blanc, Michael, actuellement en... Voir plus

Dans le Mississippi, de nos jours.
À treize ans, Jojo essaie de comprendre : ça veut dire quoi, être un homme ? Non pas qu'il manque de figures masculines, avec en premier chef son grand-père noir, Pop. Mais il ya les autres, plus durs à cerner : son père blanc, Michael, actuellement en détention ; son autre grand-père, Big Joseph, qui l'ignore ; et les souvenirs de Given, son oncle, mort alors qu'il n'était qu'un adolescent.
Et Jojo a aussi du mal à cerner sa mère, Leonie, une femme fragile, en butte avec elle-même et avec les autres pour être la Noire qui a eu des enfants d'un Blanc. Leonie qui aimerait être une meilleure mère, mais qui a du mal à mettre les besoins de Jojo et de la petite Kayla au-dessus des siens, notamment quand il s'agit de trouver sa dose de crack. Leonie qui cherche dans la drogue les souvenirs de son frère.
À l'annonce de la sortie de prison de Michael, Leonie embarque ses enfants et une copine dans la voiture, en route pour le pénitencier d'état. Là, dans ce lieu de perdition, il y a le fantôme d'un prisonnier, un garçon de treize ans qui transporte avec lui toute la sale histoire du Sud, et qui a beaucoup à apprendre à Jojo sur les pères, les fils, sur l'héritage, sur la violence, sur l'amour...

Donner votre avis

Articles (1)

Avis(19)

  • Le chant des revenants est un récit bouleversant de Jesmyn Ward, un chant polyphonique qui scande l’histoire d’une famille dans le Sud des Etats Unis. L’histoire d’un couple mixte Léonie et Michaël et de leurs deux enfants Joseph et Mickaela dans l’état du Mississipi dévasté par la ségrégation...
    Voir plus

    Le chant des revenants est un récit bouleversant de Jesmyn Ward, un chant polyphonique qui scande l’histoire d’une famille dans le Sud des Etats Unis. L’histoire d’un couple mixte Léonie et Michaël et de leurs deux enfants Joseph et Mickaela dans l’état du Mississipi dévasté par la ségrégation et la misère sociale.

    Léonie, la mère, jeune femme noire, toxicomane, peine à s’occuper de ses enfants tandis que leur père, fils d’une famille de Blancs racistes, purge une peine de prison. Joseph, dit Jojo, leur fils adolescent, devient le pilier de cette famille, veille farouchement sur sa petite sœur, aime par-dessus tout ses grands parents maternels chez qui ils vivent. Des grands parents aimants qui les entourent, les protègent et leur apprennent à devenir forts pour affronter la vie.

    Du bayou de Bois Sauvage, ville fictionnelle, jusqu’au pénitencier de Parchman, Léonie embarque ses deux enfants et son amie Mitsy dans un road trip qui sera un véritable voyage dans le passé. Un passé tragique d’où vont surgir des fantômes venus hanter les vivants et dévoiler ainsi les secrets enfouis dans les mémoires, les chagrins que l’on tait, tellement lourds à porter, les souffrances, la peur et la colère dues au racisme exacerbé qui sévit.

    Jesmyn Ward parle d’un monde où l’on vit avec les morts, un monde de croyances, elle parle des tourments d’hommes, de femmes et d’enfants murés dans la douleur, voués à un destin tragique mais qui jamais ne perdent espoir. Dans ce monde la violence côtoie la tendresse et l’amour, la réalité est teintée de fantastique, le chant lancinant et déchirant des revenants se mêle aux voix des vivants.
    La narration repose sur les voix de Jojo, de Léonie, et de Richie, le fantôme d’un enfant qui cherche l’apaisement. Les voix du grand-père tourmenté par un terrible secret et celle de la grand-mère, telle un oracle que chacun vient consulter, viennent en contrepoint.

    Un souffle lyrique et poétique parcourt ce roman et à travers l‘histoire de cette famille qui tente de se construire malgré les déchirements et les malheurs c’est l’histoire de la communauté noire aux Etats Unis que Jesmyn Ward donne à voir.
    De ce passé empli de drames, d’injustices et de crimes impunis plus que jamais présent dans les mémoires vient le présent où l’abolition de la ségrégation n’a toujours pas éradiqué le racisme.
    Après une montée en puissance à couper le souffle, la scène finale dans laquelle les spectres d’une multitude de victimes chantent à la cime des arbres vient clore le récit de façon magistrale. « Sing, unburied, sing » dit le titre original, « Chantez, défunts sans sépulture, chantez ».

    Un récit extrêmement poignant et envoûtant porté par l’écriture magnifique de Jesmyn Ward, deux fois lauréate du prestigieux National Book Award et digne héritière de Toni Morrison.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Dans une campagne pauvre du Sud des Etats-Unis, Jojo, enfant métis de douze ans, dont le père est en prison et la mère démissionnaire et toxicomane, est élevé par ses grands-parents noirs – les blancs ont violemment rejeté l’union de ses parents et la naissance de leurs petits-enfants.

    Jojo,...
    Voir plus

    Dans une campagne pauvre du Sud des Etats-Unis, Jojo, enfant métis de douze ans, dont le père est en prison et la mère démissionnaire et toxicomane, est élevé par ses grands-parents noirs – les blancs ont violemment rejeté l’union de ses parents et la naissance de leurs petits-enfants.

    Jojo, mûri plus vite que son âge, a farouchement pris sa petite sœur sous son aile. Il lui en faut du courage pour contrer les défaillances de ses parents, mais aussi pour affronter les fantômes du passé qui hantent les membres de sa famille : ainsi celui de son oncle, abattu lors d’un assassinat raciste déguisé en accident de chasse. Et aussi celui de Richie, un jeune compagnon de captivité de son grand-père dont il va peu à peu découvrir la dramatique histoire. Car son grand-père, lui aussi, a été emprisonné : arrêté arbitrairement en 1948, il s’est retrouvé au pénitencier agricole de Parchman, dans le Mississippi, connu pour avoir fait perdurer des pratiques esclavagistes jusque dans les années soixante-dix.

    C’est une véritable sauvagerie raciste qui se dévoile peu à peu au travers des pages : des noirs lynchés ou abattus sans raison et en toute impunité, un système judiciaire et pénitentiaire aux pratiques inconcevables, et des comportements violents qui perdurent encore aujourd’hui jusqu’au coeur des familles.

    La chaleur moite du Mississippi a tôt fait de vous envelopper et de vous entraîner dans une atmosphère mêlée de croyances et de superstitions où les esprits des morts ne quittent pas les vivants, surtout lorsque leur destin s’est avéré tragique. Tendresse et dignité, violence et impuissance se mêlent en un récit émouvant et révoltant, dont certains passages sont à glacer le sang : un chant de souffrance, mais aussi d’espoir, espoir qu’un jour les esprits torturés finiront par trouver le repos, leur histoire entendue, reconnue, pour enfin permettre la reconstruction des vivants. Coup de coeur.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • C’est un beau roman, c’est une belle histoire…c’est un roman de l’Amérique d’aujourd’hui.
    Jojo, adolescent de treize ans, vit dans une ferme avec sa mère Léonie, ses grands-parents maternels et sa petite sœur Kayla. Léonie est une mère défaillante qui a eu une relation tumultueuse avec Michael...
    Voir plus

    C’est un beau roman, c’est une belle histoire…c’est un roman de l’Amérique d’aujourd’hui.
    Jojo, adolescent de treize ans, vit dans une ferme avec sa mère Léonie, ses grands-parents maternels et sa petite sœur Kayla. Léonie est une mère défaillante qui a eu une relation tumultueuse avec Michael le père de ses enfants, –un blanc rejeté par sa famille pour s’être mis en couple avec une noire -. Léonie travaille dans un bar passe la majeure partie de son temps à dormir ou à se droguer. Les enfants sont élevés par les grands-parents : le grand-père est un homme aimant, la grand-mère est malade d’un cancer. Lorsque Léonie reçoit un appel de Michael, en prison depuis plusieurs années à plusieurs centaines de kilomètres de là, lui annonçant qu’il va être libéré elle décide d’aller le chercher en voiture, en compagnie de sa meilleure amie, emportant avec elle Jojo et Kayla sur la banquette arrière.
    Jesmyn Ward nous raconte ce road-trip et elle le raconte tellement bien que j’ai l’impression d’être assise entre Jojo et Kayla sur la banquette arrière.
    Ce voyage est une immersion dans l'Amérique profonde, le Mississippi.
    Ce roman est aussi l’histoire d’une transmission d'une mère à sa fille ou d'un grand père à son petit fils, transmission d'un savoir, de vieilles croyances, de racines, d'un passé.
    Les personnages sont remarquablement bien dessinés et vivants, le ton est réaliste tout en étant extrêmement poétique.
    L’écriture est fine et sensible sans jugement mais donne à réfléchir car le racisme « ordinaire » est évoqué de manière très intelligente.
    Jesmyn Ward est une conteuse, son conte moderne nous parle d’Amérique, de ségrégation, de drogue, de pauvreté et pourtant son histoire m’a emportée. Ce roman fait partie de ces romans qui vivent encore en nous une fois le livre refermé.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Je retrouve avec plaisir le lieu-dit Bois Sauvage, la chaleur, la moiteur du climat, après le livre éponyme de Jesmyn Ward.
    Une famille pauvre comme tant d’autres dans la contrée. La maison des grands-parents abrite toute la famille. C’est le nid d’amour de Jojo qui adore ses grands-parents,...
    Voir plus

    Je retrouve avec plaisir le lieu-dit Bois Sauvage, la chaleur, la moiteur du climat, après le livre éponyme de Jesmyn Ward.
    Une famille pauvre comme tant d’autres dans la contrée. La maison des grands-parents abrite toute la famille. C’est le nid d’amour de Jojo qui adore ses grands-parents, surtout Pop, le grand-père qui, même s’il ne le montre pas, aide Jojo à grandir. D’ailleurs c’est lui qui l’éduque. Quant à Mam, la grand-mère, qui se meure d’un cancer dans son lit, elle a remplacé sa fille Léonie, auprès de l’enfant. Léonie, toxico, égoïste, incapable d’élever ses deux enfants.
    « Je ne sais pas si c’est de ma faute. Ou bien si ça vient de Léonie. Mais elle n'a pas l’instinct maternel. Je l’ai compris quand tu étais petit, un jour où on faisait les courses, elle s’est acheté quelque chose à grignoter et elle l’a mangé devant toi, alors que tu pleurais parce que tu avais faim>. C’est là que j’ai compris. »
    Kayla, la petite sœur est greffée à Jojo qui s’en occupe comme sa mère n’a jamais su et pu le faire. « Ils ne font qu’un dans leur sommeil : Michaela s’enroule autour de Jojo, la tête dans son aisselle, les bras en travers de sa poitrine, la jambe sur son ventre. Jojo l’attire à lui, un avant-bras enveloppe la tête et le cou de Michaela, l’autre repose à plat sur son dos, une barre en travers d’eux. Sa main est tendue en protection, raide comme une armure. » Les voir ainsi
    « Ils se donnent mutuellement de la lumière », elle ne le supporte pas car cela la ramène à son attitude vis-à-vis d’eux.
    Michaël ; le père, blanc, est à Parchman, un pénitencier. Il sort, sa peine terminée et Léonie décide d’emmener ses deux enfants le chercher. Un voyage en voiture très pénible, dur. La chaleur, la mauvaise humeur de Léonie, les vomissements de Kayla, la faim et la soif des deux enfants..
    La mère, le fils évoquent ce voyage qui n’a rien d’initiatique, sauf si le fait qu’un policier pointe son arme sur Jojo, puisse être considéré comme un apprentissage !
    Il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir communiquer avec les esprits et Jojo, semble l’avoir. Richie s’invite dans la voiture.
    « J’arrive pas à le regarder en face. Il est assis par terre, calé entre le siège bébé et l’avant, tourné vers moi. Il ne dit rien, il a juste les bras sur les genoux, le bouche sur les poignets. »
    Richie, gamin à l’époque, a connu son grand-père jeune dans cette même prison de Parchman. A l’époque c’était un pénitencier où une majorité de noirs étaient réduits à l’esclavage, surveillés par des matons bruts et armés de fouets  ; Richie en a fait les frais.
    Par l’entremise se Richie, les souvenirs de Pop, enfin ce qu’il peut raconter à Jojo, Jesmyn Ward parle de la ségrégation, une ségrégation qui, même si elle est, officiellement, supprimée, existe encore et toujours. Richie la compare à un serpent
    « C'est pareil qu'un serpent qui mue. Les écailles changent et l'extérieur est différent, mais à l'intérieur c'est toujours la même chose. »
    J‘ai eu grand plaisir à retrouver l’écriture inspirée, habitée, lyrique, mêlée à la langueur du sud de Jesmyn Ward. la nature somptueuse, luxuriante, sa façon de parler avec amour ou empathie, même pour Léonie, des personnages en font un livre très fort.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus

Donnez votre avis sur ce livre

Pour donner votre avis vous devez vous identifier, ou vous inscrire si vous n'avez pas encore de compte.

Où trouver ce livre en librairie ?

Service proposé en partenariat avec Place des Libraires

Suggestions de lecture

Discussions autour de ce livre

Il n'y a pas encore de discussion sur ce livre

Soyez le premier à en lancer une !

Forum

Afficher plus de discussions