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Laver les ombres

Couverture du livre « Laver les ombres » de Jeanne Benameur aux éditions Actes Sud
  • Date de parution :
  • Editeur : Actes Sud
  • EAN : 9782742793006
  • Série : (-)
  • Support : Poche
Résumé:

Contraindre un corps qui se refuse au plaisir pour attirer le vide, pour suspendre l'équilibre du monde : c'est Léa quand elle danse, c'était sa mère quand elle devait "aimer" les hommes. Par une nuit d'orage en bord de mer, mère et fille acceptent enfin de briser les digues.

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Avis (5)

  • J'ai découvert Jeanne Benameur avec Les insurrections singulières que j'avais beaucoup aimé pour son écriture en particulier.

    Avec Laver les ombres nous sommes dans une ambiance très féminine, avec Lea, 38 ans, chorégraphe qui vient de rencontrer Bruno, peintre, et Romilda sa mère, d'origine...
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    J'ai découvert Jeanne Benameur avec Les insurrections singulières que j'avais beaucoup aimé pour son écriture en particulier.

    Avec Laver les ombres nous sommes dans une ambiance très féminine, avec Lea, 38 ans, chorégraphe qui vient de rencontrer Bruno, peintre, et Romilda sa mère, d'origine italienne qui vit dans une maison au bord de l'océan.

    Ce court roman, évoquant deux époques, le présent d'une part pour Lea qui tente de comprendre son attitude face à Bruno, du nom à donner à ses sentiments, aux réactions de son corps vis-à-vis de lui et d'autre part le passé, pendant la deuxième guerre mondiale, pour Romilda, à Naples où elle devait s'appeler Suzanne, l'aveu d'un passé pesant d'une mère à sa fille, mais impliquant aussi son père aujourd'hui décédé.

    L'histoire de Lea, une histoire d'amour débutante entre elle, la femme mobile et Bruno, le peintre, le statique, qui peint ce qu'il voit, elle s'exprime par le geste,  lui par la fixation sur la toile de ce qu'il ressent.  Elle va poser pour lui et là est toute l'ambigüité, elle doit rester immobile alors qu'elle ne connaît que le mouvement. Et cette position d'immobilité rejoint celle de sa mère pendant la guerre. Attendre, subir. Romilda, elle, a eu, grâce à la lecture un échappatoire, qui lui a permis de survivre à l'enfer imposé par celui qu'elle aimait.

    Deux femmes, deux histoires et deux révélations : pour l'une sur son passé et pour l'autre sur le ressenti amoureux qu'elle ne connaît pas et dont elle découvre dans sa chair toutes les implications.

    Grâce à la parole libérée chacune et en particulier Lea, va pouvoir comprendre ce qui la lie à sa mère mais aussi pourquoi elle fait partie de ses chorégraphies, pilier central de son œuvre. Romilda, elle, va déposer son fardeau, mettre en lumière son existence, elle la femme vêtue de noir, qui se libérera de ses chaînes la reliant au passé.

    Jeanne Benameur a une écriture très poétique, très rythmée tout à fait adaptée au tempo de la danse dans laquelle évolue Lea, c'est presque un long poème sur l'évocation des corps, des sentiments, de l'amour

    J'ai regretté que le passé de Romilda/Suzanne soit dès le début suggéré. L'écriture est à la fois envoutante mais la répétition des paragraphes et des phrases courts, secs et parfois haletants  comme une énumération saccadée m'a un peu lassée au final. Je me suis beaucoup attachée au personnage de Romilda qui, à lui seul, pourrait être l'objet d'un roman. Mais Jeanne Benameur a une plume très précise, étudiée, délicate et forte, elle utilise le rythme, la forme pour coller au plus près à son récit.

    Laver les ombres, mettre en lumière pour en faire un portrait.... Ces deux femmes vont lever le voile et se révéler dans ce qu'elles ont de plus intime, de plus caché pour pouvoir enfin se libérer mais il m'a manqué un petit "je ne sais quoi" pour que que le révélateur fonctionne.

    Incipit :

    Quand Lea ne travaille pas dès le lever, juste après le premier café, ça ne lui vaut rien. Il lui faut saisir la façon dont son corps va s'articuler au monde avant que la journée avec les autres ne commence. Seule, dans le jour qui vient, par des exercices répétés, elle tisse ses liens avec l'air. Une grammaire sensible, improbable, à réexpérimenter chaque matin. Elle s'oriente. (p9)

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  • C'est l'histoire d'une danseuse - chorégraphe qui a 40 ans, elle est obsédée par la perfection, pas mariée, sans enfant, amoureuse depuis 6 mois de Bruno. Un appel de sa mère qui habite au bord de la mer va tout déclencher, malgré une journée très éprouvante Léa va prendre la route pour se...
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    C'est l'histoire d'une danseuse - chorégraphe qui a 40 ans, elle est obsédée par la perfection, pas mariée, sans enfant, amoureuse depuis 6 mois de Bruno. Un appel de sa mère qui habite au bord de la mer va tout déclencher, malgré une journée très éprouvante Léa va prendre la route pour se rendre chez sa mère mais une terrible tempête va lui rendre la tâche difficile. Arrivée là - bas sa mère va lui livrer un terrible secret qui va la bouleverser et changer la vision de la vie en particulier son amour avec Bruno.
    L'écriture est hachée, les phrases sont courtes ainsi que les chapitres ce qui m'a donné une impression de rapidité, de tourbillon, ce rythme m'a vraiment entraîné et m'a donné envie d'avancer dans la lecture. J'ai aussi beaucoup aimé la comparaison de la vie avec la danse 'art délicat et précis'.

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  • Ah ! Jeanne Bénameur ; quel plaisir de la lire.
    Je me demande toujours comment elle peut nous émerveiller avec des histoires aussi douloureuses. Un peu comme Sorj Chalandon, bien que dans un autre style.
    Ici, c’est l’histoire d’une mère et d’une fille, unies par une grande tendresse....
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    Ah ! Jeanne Bénameur ; quel plaisir de la lire.
    Je me demande toujours comment elle peut nous émerveiller avec des histoires aussi douloureuses. Un peu comme Sorj Chalandon, bien que dans un autre style.
    Ici, c’est l’histoire d’une mère et d’une fille, unies par une grande tendresse. Entre elles, les mots sont rares, inutiles.
    Léa, devenue danseuse, les remplace par les mouvements du corps.
    E puis un jour, la mère, vieillissant, décide de parler, de se raconter.
    Et là, c’est l’éboulement, l’effondrement.
    « Il faut marcher dans les mots de la mère, là, dans la cuisine. A l’intérieur »
    « La fille voudrait perdre l’alphabet. Ne plus comprendre. Rien. »
    Ce sont un peu les rapports des personnages des « Demeurées ». Beaucoup d’amour, mais à l’abri des mots, pour se protéger..
    Jeanne Bénameur semble fascinée par les mots et leur pouvoir, par le langage du corps, et elle en parle si bien, qu’on est fasciné avec elle.
    Elle a un talent fou pour provoquer les émotions du lecteur.

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  • J'aime les styles sobres et concis, mais là, c'est un peu trop. Des mots, des demi phrases, le cheminement de la pensée en direct et non traduit est difficile à suivre parfois. Malgré tout, c'est une belle histoire d'amour entre une mère et sa fille.

    J'aime les styles sobres et concis, mais là, c'est un peu trop. Des mots, des demi phrases, le cheminement de la pensée en direct et non traduit est difficile à suivre parfois. Malgré tout, c'est une belle histoire d'amour entre une mère et sa fille.

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  • Léa exprime avec son corps par la danse tout ce qu'elle ne peut pas entendre et dire...Un jour sa mère parle, parle et dit les trois années de sa vie qui ne cessent de la tourmenter...ce sera un soir de tempête!!!
    Un livre que j'aurai du mal à oublier.

    Léa exprime avec son corps par la danse tout ce qu'elle ne peut pas entendre et dire...Un jour sa mère parle, parle et dit les trois années de sa vie qui ne cessent de la tourmenter...ce sera un soir de tempête!!!
    Un livre que j'aurai du mal à oublier.

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