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L'autre fille

Couverture du livre « L'autre fille » de Annie Ernaux aux éditions Nil
  • Date de parution :
  • Editeur : Nil
  • EAN : 9782841115396
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Yvetot, un dimanche d'août 1950. Annie a dix ans, elle joue dehors, au soleil, sur le chemin caillouteux de la rue de l'École. Sa mère sort de l'épicerie pour discuter avec une cliente, à quelques mètres d'elle. La conversation des deux femmes est parfaitement audible et les bribes d'une... Voir plus

Yvetot, un dimanche d'août 1950. Annie a dix ans, elle joue dehors, au soleil, sur le chemin caillouteux de la rue de l'École. Sa mère sort de l'épicerie pour discuter avec une cliente, à quelques mètres d'elle. La conversation des deux femmes est parfaitement audible et les bribes d'une confidence inouïe se gravent à jamais dans la mémoire d'Annie. Avant sa naissance, ses parents avaient eu une autre fille. Elle est morte à l'âge de six ans de la diphtérie. Plus jamais Annie n'entendra un mot de la bouche de ses parents sur cette soeur inconnue. Elle ne leur posera jamais non plus une seule question.
Mais même le silence contribue à forger un récit qui donne des contours à cette petite fille morte. Car forcément, elle joue un rôle dans l'identité de l'auteur. Les quelques mots, terribles, prononcés par la mère ; des photographies, une tombe, des objets, des murmures, un livret de famille : ainsi se construit, dans le réel et dans l'imaginaire, la fiction de cette " aînée " pour celle à qui l'on ne dit rien. Reste à savoir si la seconde fille, Annie, est autorisée à devenir ce qu'elle devient par la mort de la première. Le premier trio familial n'a disparu que pour se reformer à l'identique, l'histoire et les enfances se répètent de manière saisissante, mais une distance infranchissable sépare ces deux filles. C'est en évaluant très exactement cette distance que l'auteur trouve le sens du mystère qui lui a été confié un dimanche de ses dix ans.

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Avis (7)

  • Très beau. Donne envie de découvrir d'autres ouvrages d'Annie Ernaux

    Très beau. Donne envie de découvrir d'autres ouvrages d'Annie Ernaux

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  • Pour les inconditonnels de l'auteure. Une surprise qui donnerait envie de reprendre ces premiers livres.

    Pour les inconditonnels de l'auteure. Une surprise qui donnerait envie de reprendre ces premiers livres.

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  • Un livre que j’ai beaucoup aimé : L'autre fille. Annie Ernaux écrit une lettre à sa sœur morte à l'âge de six ans, deux ans avant la naissance de l’auteur. Lettre à une inconnue donc, qui aura pourtant fortement influencé son existence, à travers le manque qui s'est creusé à son insu. Elle...
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    Un livre que j’ai beaucoup aimé : L'autre fille. Annie Ernaux écrit une lettre à sa sœur morte à l'âge de six ans, deux ans avant la naissance de l’auteur. Lettre à une inconnue donc, qui aura pourtant fortement influencé son existence, à travers le manque qui s'est creusé à son insu. Elle interroge les liens ténus entre elles, les souvenirs, les traces que sa sœur morte a pu laisser. Elle revisite la scène où elle apprend son existence et sa disparition, une scène "attestée par une sorte d'hallucination corporelle". Jusqu'à cette question fondamentale : "Enfant - est-ce l'origine de l'écriture ? - je croyais toujours être le double d'une autre vivant dans un autre endroit." J’ai retrouvé le style sobre et tranchant d'Annie Ernaux, précis et tout en questionnement, son écriture au plus près. Un très beau livre, un passage à l'acte assumé avec une grande force.

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  • Comme à chaque fois Annie Ernaux nous offre, au travers de ce livre, un pan de sa vie. Le récit oscille en permanence entre imaginaire et réalité mais toujours sous une forme intimiste.
    Pour celui-ci, elle répond à une commande qui est d'écrire d'une lettre. Elle a choisi de l'adresser à cette...
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    Comme à chaque fois Annie Ernaux nous offre, au travers de ce livre, un pan de sa vie. Le récit oscille en permanence entre imaginaire et réalité mais toujours sous une forme intimiste.
    Pour celui-ci, elle répond à une commande qui est d'écrire d'une lettre. Elle a choisi de l'adresser à cette sœur ainée qu'elle n' a pas connu et sur l'absence de laquelle elle s'est construite mais aussi détruite un peu.
    Le texte est très beau et se relit à l'envi.
    La seule chose qui m'a étonnée, c'est que dans l'un de ces derniers romans "Les Années", qui fut pour moi le plus abouti de tous ses ouvrages, je ne me souviens d'aucune allusion à cette sœur défunte ... Fiction ou réalité ?
    Et finalement quelle importance, c'est comme dans la chanson de Maxime Leforestier "Mon frère" , il nous restera toujours la beauté du texte et la puissance de l'attachement à cet autre qui nous manque de n'avoir pas existé lorsque l'on avait le plus besoin de lui !

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  • C'esr le 1er livre de cette auteure que l'ai lu, écrit tout en délicatesse,pudique, une ôde à sa défunte soeur.

    C'esr le 1er livre de cette auteure que l'ai lu, écrit tout en délicatesse,pudique, une ôde à sa défunte soeur.

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  • La collection " Les affranchis" demande à des auteurs d'écrire la lettre qu'il n'aurait jamais écrite. Annie Ernaux a choisi d'écrire à sa sœur qu'elle n'a jamais connue puisqu'elle est mort quelques années avant sa naissance.
    Cette lettre fait ressortir une double absence.
    " T'écrire, ce...
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    La collection " Les affranchis" demande à des auteurs d'écrire la lettre qu'il n'aurait jamais écrite. Annie Ernaux a choisi d'écrire à sa sœur qu'elle n'a jamais connue puisqu'elle est mort quelques années avant sa naissance.
    Cette lettre fait ressortir une double absence.
    " T'écrire, ce n'est rien d'autre que faire le tour de ton absence."
    D'une part l'absence de la vie, mais aussi l'absence dû au secret puisque ses parents ne lui ont jamais parlé de sa sœur. Enfant, elle surprend une conversation. Puis ses cousines lui en parlent et elle aperçoit des photos. Il n'a jamais été possible d'en parler avec ses parents.
    " Ils se protégeaient eux aussi par leur silence. Ils te mettaient hors d'atteinte de ma curiosité, qui les aurait déchirés. Ils te gardaient pour eux, en eux, comme dans un tabernacle dont ils me défendaient l'accès."
    L'auteur s'interroge alors sur le sens de sa vie. Est-elle la continuité ou le remplacement de sa sœur? Écrit-elle pour elle ou est-elle morte pour qu'elle écrive?
    " Pour être, il a fallu que je te nie."
    Et pourtant, la présence de sa sœur est forte dans les images, les témoignages, les souvenirs.
    La lettre est aussi un témoignage sur la période difficile d'après guerre, les soins et les vaccinations encore rares. C'est une réflexion sur la religion et le sens de la mort. Doit-on souffrir pour mieux réussir ensuite?
    L'écriture est d'une grande qualité. L'émotion est forte car l'auteur a retenu ses mots pendant des années et elle tente enfin de lui parler.

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  • La collection Les affranchis propose aux auteurs d’écrire une lettre. Pas n’importe quelle lettre. Celle qu’ils n’ont jamais écrite.
    Annie Ernaux écrit à sœur aînée décédée à l’âge de 6 ans, avant sa naissance. Une sœur dont elle a appris par hasard l’existence. Annie Ernaux est âgée de 10 ans...
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    La collection Les affranchis propose aux auteurs d’écrire une lettre. Pas n’importe quelle lettre. Celle qu’ils n’ont jamais écrite.
    Annie Ernaux écrit à sœur aînée décédée à l’âge de 6 ans, avant sa naissance. Une sœur dont elle a appris par hasard l’existence. Annie Ernaux est âgée de 10 ans lorsqu'elle surprend une conversation un soir d’août 1950 entre sa mère et une cliente. Des mots pesants, lourds de conséquence qu’elle n’aurait pas dû entendre : A la fin, elle dit de toi "elle était plus gentille que celle-là". Celle-là, c'est moi. Et avec cette écriture sans mots inutiles, Annie Ernaux touche juste. Qu’y a-t-il derrière gentille ? Une sœur dont ses parents ne lui ont jamais parlé ni ouvertement ou à demi-mots. Le poids, la douleur de la maladie qui emporte un enfant ou celui de regarder la fille qui « remplace » l’autre. Sujets tabous pour ses parents. Alors, elle remonte le cours de l’histoire familiale, cherche à comprendre. L'auteure revisite son statut d'enfant d'unique et recolle les fragments des souvenirs.

    Annie Ernaux m’a touchée une fois de plus, j’ai tourné la dernière page la gorge serrée. Sans fioriture et avec des mots très justes, délicats, comme elle sait le faire si bien, elle nous fait cadeau d’une très belle lettre. Récit dont la sincérité, la teneur m’ont ébranlée…

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