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L'attrape-coeurs

Couverture du livre « L'attrape-coeurs » de Jerome David Salinger aux éditions Robert Laffont
Résumé:

Issu d'une famille aisée à New York, Holden Caulfield intègre le pensionnat Pencey Prep en Pennsylvanie. Mais, quand il est viré à la fin du semestre car il a « foiré en quatre matières », il s'en va plus tôt que prévu pour quelques jours d'aventure. C'est ainsi qu'on devient son partenaire et... Voir plus

Issu d'une famille aisée à New York, Holden Caulfield intègre le pensionnat Pencey Prep en Pennsylvanie. Mais, quand il est viré à la fin du semestre car il a « foiré en quatre matières », il s'en va plus tôt que prévu pour quelques jours d'aventure. C'est ainsi qu'on devient son partenaire et confident dans une aventure de délinquance innocente. Même s'il n'a pas envie de raconter « toutes ces conneries », c'est exactement ce qu'il va faire - heureusement pour nous, puisqu'on découvre une histoire captivante, un portrait incontournable de l'Amérique de l'après-guerre et l'un des personnages les plus aimés de la littérature.
Holden passe son temps entre taxis, boîtes de jazz et les étrangers d'un New York transi de froid de l'époque McCarthy. C'est une ville parfois éblouissante, parfois ahurissante, mais toujours frappante, dans laquelle Holden essaie de fuir les « ploucs » et trouver sa place à lui. Quand il décide de partir, seul Phoebe, sa petite soeur et peut-être sa seule amie depuis la mort de son petit frère, Allie, veut l'accompagner. Avec un humour féroce pince-sans-rire et une innocence désarmante, Holden a ému des millions de lecteurs à travers le monde.
Après soixante ans, L'Attrape-coeurs, premier et unique roman de J. D. Salinger, tient toujours la forme. Pourquoi un tel succès? Objet de réflexions sur la souffrance de l'adolescence, la transition de l'enfance à l'âge adulte et toutes les questions existentielles qui nous traversent durant cette période, le livre reste un rite de passage pour les jeunes de tous âges.

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Avis (22)

  • « Si vous voulez vraiment que je vous dise, alors sûrement la première chose que vous allez demander c’est où je suis né, et à quoi ça a ressemblé, ma saloperie d’enfance, et ce que faisaient mes parents avant de m’avoir, et toutes ces conneries à la David Copperfield, mais j’ai pas envie de...
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    « Si vous voulez vraiment que je vous dise, alors sûrement la première chose que vous allez demander c’est où je suis né, et à quoi ça a ressemblé, ma saloperie d’enfance, et ce que faisaient mes parents avant de m’avoir, et toutes ces conneries à la David Copperfield, mais j’ai pas envie de raconter ça et tout.» Derrière l’errance d’un adolescent à New York, vous trouverez une réflexion sur la perte de l’innocence et sur la nécessité de sonder les marges de notre société.

    Quand on reprend un livre que l’on a lu et qui vous a beaucoup plus étant adolescent, on se demande si le plaisir sera le même ou si lecteur et le livre ont bien vieilli. Avec L’Attrape-cœurs, cette seconde lecture a non seulement été plaisante, mais elle m’aura permis de découvrir un «autre livre» ou plus exactement d’en percevoir de nouvelles facettes, plus noires.
    Pour commencer par le commencement, j’ai ainsi compris ce que signifiait le titre du livre. Dans sa version originale, The Catcher in the Rye (l’attrapeur dans un champ de seigle) fait allusion à un poème de Robert Burns où cet attrapeur est chargé d’empêcher les enfants de tomber de la falaise. C’est plus précisément le cœur des enfants qu’il faut ici attraper avant que ces derniers ne basculent dans le monde des adultes. Une entreprise vouée à l’échec, car on n’arrêtera pas le temps qui passe, sauf peut-être pour ceux qui, comme le frère du narrateur, meurent enfant.
    Aujourd’hui, je vois dans la fuite racontée dans ce roman aussi l’envie de se rapprocher d’Allie, mort d’une leucémie à dix ans.
    Voici donc le narrateur, Holden Caulfield, 16 ans, errant dans les rues de New York. Il vient d’être une nouvelle fois renvoyé de son lycée et s’est bagarré à l’internat avec Stradlater qui a eu le tort de coucher avec Jane Gallagher, une amie qu’il estime beaucoup. Et même s’il redoute la réaction de ses parents, son premier réflexe est de rentrer chez lui. Nous sommes en décembre, à quelques jours de Noël. Mais en arrivant, il prend peur et trouve refuge dans un hôtel.
    Les trois jours qui suivront racontent les boîtes de nuit, les rencontres, ses obsessions et ses fantasmes. Entre excitation et résignation, entre envie et découragement. Et quand le liftier de l’hôtel lui propose de faire monter une prostituée pour cinq dollars, il accepte la proposition. Mais là encore, rien ne se passera comme prévu. Il lui faudra à nouveau prendre la fuite. Jusqu’à se retrouver interné. C’est du reste de l’asile qu’il nous offre sa confession.
    Je retrouve alors dans Salinger le Kerouac de Sur la route. Cette envie, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, de briser le carcan moral et les règles de bienséance. À la fois dans le langage et dans les actes. Si le roman à un peu vieilli, c’est peut-être dans le style, mais après tout cela fait partie de cet instantané des années 1950 qui marque la fin d’une époque. Kerouac comme Salinger ont compris que c’était dans les marges que se construisait le nouveau monde. Des marges qu’ils explorent, quitte à se briser les ailes, quitte à subir les foudres de la société et des parents, encore attachés à l’ordre ancien.
    https://urlz.fr/dCbp

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  • Un jeune adolescent, une nouvelle fois exclu de son collège, part du campus, prend le bus et le train et rentre à NYC mais il va traîner pendant deux jours car il ne peut pas rentrer chez ses parents avant jeudi, jour officiel des vacances. Ecrit à la première personne, le livre donne la parole...
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    Un jeune adolescent, une nouvelle fois exclu de son collège, part du campus, prend le bus et le train et rentre à NYC mais il va traîner pendant deux jours car il ne peut pas rentrer chez ses parents avant jeudi, jour officiel des vacances. Ecrit à la première personne, le livre donne la parole à ce jeune garçon qui va nous parler de son entourage, de sa difficulté à trouver sa place dans sa famille (avec un grand frère, écrivain et scénariste à Hollywood, un jeune frère mort trop tôt et sa jeune soeur , qu'il va aller voir en secret) dans ses études ( des pages sur ses professeurs, ses co-locataires de chambrées, ses copines). Un livre sur la sortie de l'adolescence et une ballade dans les rues de NYC qui m'a touchée et je me suis attachée à Holden.
    Lu dans le cadre de la sélection des 68premièresfois (conseil de Stéphanie Kalfon)
    Hasard des lectures : en lisant le 4321 de Paul Auster celui ci nous parle de ce livre, un classique de la littérature américaine :
    "L'attrape coeur raconte l'histoire d'un lycéen, qui se balade dans les rues de New York. Il ne s'y passe pas grand chose mais la façon dont Holden parle (c'est le héros) est très réaliste et sonne juste et on ne peut pas s'empêcher de l'aimer et d'avoir envie de devenir son ami" 4321 de Paul Auster

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  • C'était pas gagné après ma lecture des premières pages ; un style décousu et une impression de croiser "une grande gueule" de plus. Mais passé les deux premiers chapîtres, je me suis pris au jeu de ce formidable menteur et bien maladroit ado d'origine new-yorkaise.

    Dans un style narratif...
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    C'était pas gagné après ma lecture des premières pages ; un style décousu et une impression de croiser "une grande gueule" de plus. Mais passé les deux premiers chapîtres, je me suis pris au jeu de ce formidable menteur et bien maladroit ado d'origine new-yorkaise.

    Dans un style narratif plutôt brut (un côté slam ?), c'est avec un grand plaisir que j'ai parcouru avec lui son récit d'une sorte de fugue de trois jours avant qu'il ne ré -intègre son milieu famillial et apprenne à ses parents son nouveau renvoi d'un énième collège. Un portrait peu flagorneur de ses envies, ses attentes et de son malaise par rapport aux ado de son âge, un refus d'intégrer la case qu'on lui attribue. Un rebelle mais d'une grande sensibilité, loin d'être l'image de l'idiot qu'on veut lui coller qui organise ses trois jours de quelques excés (alcool et filles) et qui revient sur son  parcours, ses échecs et surtout son profond besoin de vivre ses rèves....

    Le style est spécifique mais attachant, très heureux de cette lecture au final.

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  • Décédé en janvier 2010, Jerome David Salinger laisse derrière lui une bibliographie assez courte portée par le roman culte "L'attrape-coeurs" mais également une véritable légende autour de sa vie et son souhait de se retirer du monde. Je ne sais combien de fois j'ai pu lire et entendre que ce...
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    Décédé en janvier 2010, Jerome David Salinger laisse derrière lui une bibliographie assez courte portée par le roman culte "L'attrape-coeurs" mais également une véritable légende autour de sa vie et son souhait de se retirer du monde. Je ne sais combien de fois j'ai pu lire et entendre que ce soit dans les magazines ou dans mon entourage combien le plus célèbre ouvrage de Salinger valait le détour. Je suis de nature méfiante et j'ai tendance à prendre avec précaution les auteurs dont la vie est entourée de mystère ou marquée par un évènement tragique à l'instar de Stieg Larsson, l'auteur de la trilogie "Millenium". Dans le cas de "L'attrape-coeur", je vais être clair d'emblée, j'ai bien cru que j'allais sous-titrer cet article "l'attrape-nigaud" mais ce serait faire fi de ses qualités dont il ne manque pas. Ce roman est, à mon sens, un livre générationnel qui a séduit une branche de lecteurs adolescents ou jeunes adultes et continuera d'attirer le lectorat de cette tranche d'âge pendant encore de nombreuses années. La raison de ce plébiscite est très simple, le roman aborde des thèmes récurrents de l'adolescence et tout particulièrement une étape critique que beaucoup d'adolescents souffrants de mal-être ont connu : l'absence de repères et de pistes pour commencer à bâtir sa propre vie. Si j'avais lu ce roman lorsque j'étais au lycée, je pense que mon adhésion aurait été complète tant chaque adolescent peut se reconnaître dans le personnage d'Holden Caufield, de ses accès de paranoïa à son instabilité en passant par sa peur de l'avenir. Sauf qu'aujourd'hui, la vision du narrateur ne me suffit pas dans le sens où l'on attend tout au long du livre un bouleversement, une issue tragique en lien avec le rêve du personnage de savoir où vont les canards l'hiver qui aurait pu passer pour une allégorie du suicide ou la mort brutale de son frère. Quoiqu'il en soit, ce brusque changement de situation ne vient jamais et donne lieu à quelques longueurs notamment dans les monologues du personnage parfois sans intérêt. Devant l'universalité du propos et le manque d'originalité du sujet qui empile les questionnements habituels sur l'adolescence et ses expériences, on pourrait penser que Salinger brillerait par son style, sauf que l'utilisation du langage familier durant tout le roman (chapeau d'ailleurs au traducteur ou à la traductrice) finit à la longue par irriter alors qu'il promettait un point de vue rafraîchissant. Je n'irais donc pas jusqu'à dire que "L'attrape-coeurs" est un mauvais roman, mais le culte qui gravite autour de lui ne serait probablement rien sans le choix de l'auteur de se retirer du monde, comme le chantait d'ailleurs le groupe Indochine en 1990. C'est donc une déception de plus pour moi, mais peut-être suis-je simplement passé à côté de la démarche de l'auteur, en tout cas aucune scène marquante ne viendra hanter mon imaginaire durant des jours et c'est bien dommage !

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  • "On s’étourdissait de mots anodins pour contenir le surgissement de l’intime. Pour écraser les fleurs noires des mauvaises pensées. Certains trouvaient refuge dans le superficiel, dans la débauche, dans l’alcool, l’errance ou dans la berceuse des mots." - Agnès Schnell, "L'Enfance aux...
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    "On s’étourdissait de mots anodins pour contenir le surgissement de l’intime. Pour écraser les fleurs noires des mauvaises pensées. Certains trouvaient refuge dans le superficiel, dans la débauche, dans l’alcool, l’errance ou dans la berceuse des mots." - Agnès Schnell, "L'Enfance aux brumes"

    "— Bon Dieu, a dit le gars Luce, ça va donc être une conversation typiquement à la Caulfield ? J’aimerais bien le savoir dès maintenant."

    Il y a 10 ans, J. D. Salinger s’éteignait à Cornish, New Hampshire, où il s’était retiré dès 1953, à 34 ans à peine. Tout en continuant à écrire, il n’avait plus publié depuis 45 ans ; sa dernière nouvelle, "Hapworth 16, 1924", ayant paru en 1965 dans le New Yorker.

    Association de deux nouvelles retravaillées pour l’occasion, ("I’m Crazy" et "Slight Rebellion off Madison", parues respectivement en 1945 et 1946), "L’Attrape-cœurs" n’est donc pas un premier roman tel qu'on l'entend. En effet, ces nouvelles mettaient déjà en scène Holden Caulfield et allaient donner la trame de l’histoire à venir, à savoir le renvoi de Pencey Prep, sa décision impromptue d’errer trois jours dans un New York neigeux et glacial pour éviter de rentrer affronter ses parents avant le début des vacances de Noël.

    Beaucoup de choses ont été écrites sur ce roman, véritable phénomène littéraire au moment de sa parution à la mi-juillet 1951 aux États-Unis, et je ne vois pas quelle autre pierre je pourrais légitimement ajouter à un édifice critique pléthorique.

    Deux trois questions me lancinent tout de même.

    • Comment un tel succès outre-Atlantique a-t-il pu être publié 2 ans plus tard dans l'indifférence du public français ?
    Doux euphémisme de dire que l’intrigue de "L’Attrape-cœurs" est mince quand deux lignes suffisent à la résumer. Ce n’est pas elle qui porte ce roman, mais son personnage, ce garçon de la marge dans la plus pure tradition de ces récits d’anti-héros que sont les romans picaresques. Donner la parole (et quelle parole !), depuis l’asile où ses parents l’ont fait interner après son errance new yorkaise, à ce marginal renvoyé 4 fois d'un établissement scolaire, est à l’aube des années 50 une stratégie d’écriture subversive qui explique, en partie, les nombreuses attaques et censures dont ce roman polémique a été l’objet, mais aussi l'engouement qu'il a suscité.

    Quand Holden Caulfield prend la parole à la 1re personne, il devient la figure centrale d’une œuvre dont il habite chaque page à défaut de trouver où s'abriter dans cette ville qu'il connaît pourtant par cœur. Et comme nul autre que lui-même ne peut assumer son discours, "L’Attrape-cœurs" est avant tout l’aventure d’une voix. La littérature américaine a été et est encore par bien des aspects une littérature de la voix. Les auteurs américains perpétuent la tradition du "tall talk" et des "tall tales", ils sont fascinés par le flot de cette voix qui ruisselle, par cette volonté farouche de mettre des mots sur une réalité changeante.

    Quand j’ai lu "The Catcher in the Rye" pour la toute première fois, c’était au milieu des années 80, le roman avait 30 ans, moi, 20. J’étais inscrite en fac de Lettres à étudier la traduction ainsi que les littératures et civilisations anglo-saxonnes, et j’ai été percutée par le triomphe de l’oralité, le flux inendiguable de ces dialogues et digressions qui venaient puiser leur authenticité dans l'écoute attentive de la langue de tous les jours. À l’été 1951, Salinger en libérant la parole envoyait dans les cordes le discours romanesque traditionnel. Car, le véritable héros du roman n’est pas Holden Caulfield ni même New York, mais bien le langage et son incapacité à dire ce qui nous entoure et à communiquer avec les autres.
    Dès le chapitre 3, nous sommes prévenus :

    "Je suis le plus fieffé menteur que vous ayez jamais rencontré. C’est affreux."

    Le revoilà, ce "vous" récurrent, présent dès la 1re ligne du roman et qui percute oui, qui tient le lecteur captif des rets du discours. Au dédale new yorkais que Holden arpente trois jours durant répond le dédale du langage.

    "Je ne suis pas très sûr que Phoebé comprenait de quoi je parlais, après tout ce n'est qu’une petite fille. Mais au moins, elle écoutait. Si au moins quelqu’un vous écoute c’est déjà pas mal."

    Suis-je plus avancée que Phoebé ? Est-ce que j'écoute Holden ?
    Dans les soliloques interminables – et, certains diront, passablement rasoirs ! - de Holden Caulfield, Salinger reprend ce que Mark Twain avait inventé au siècle précédent ("The Adventures of Huckleberry Finn"), à savoir la langue de l’adolescence, émaillée d’expressions boiteuses, l’artificialité en moins… du moins pour un temps. J'y reviendrai.

    "L’Attrape-cœurs" reste l’histoire d’une fuite éperdue dans le langage, À force de divaguer, Holden paraît presque perdre le contrôle de son récit.

    "Je sais pas trop ce que je veux dire par là mais c’est pourtant bien ce que je veux dire."

    C'est une échappée dans un labyrinthe de digressions qui, par définition, récusent la fixité, ignorent le chemin tracé.

    "Moi j'aime bien quand on s'écarte du sujet. C'est plus intéressant."

    Avec Holden Caulfield, la parole est, à son image, dense, confuse, intranquille.

    "C’était un cours où chaque élève doit se lever en pleine classe et faire un laïus. Et si le gars s’écarte du sujet on est censé gueuler immédiatement "Digression !" Ça me rendait dingue. J’ai eu un F."

    Parler beaucoup pour taire l’essentiel de cette vie qui "est un jeu, mon garçon. La vie est un jeu, mais on doit le jouer selon les règles."

    Holden Caulfield conserve tout au long de son récit ce ton mi-blasé, mi-cynique, qui donne à entendre le désœuvrement de la vie quotidienne dans l'Amérique urbaine de l'après-guerre. Avec lui, Salinger, à son insu, annonce les personnages vaguement perdus et inquiets, en marge, ces rêveurs à la recherche d’eux-mêmes dans un monde qui n’est plus le leur, dont s’empareront John Hawkes ou encore William Gaddis une décennie plus tard.

    Encore aujourd’hui, 70 ans après sa publication, "L'Attrape-cœurs" aborde des thèmes qui sont toujours d’actualité - ces questions existentielles qui se posent à un adolescent en souffrance alors qu’il s’apprête à faire le grand saut dans l’âge adulte.

    "Des milliers de petits mômes et personne avec eux - je veux dire pas de grandes personnes - rien que moi. Et moi je suis planté au bord d'une saleté de falaise."

    Mais Holden Caulfield, coincé dans les années 50, n’est plus du tout représentatif de l’adolescent américain et sa voix attiédie n’est plus actuelle. Qu’ils sonnent faux à mes oreilles françaises ces calques "et tout", "ou quoi", "ni rien", ces "ouah" stéréotypés, poisseux, et tellement éloignés du "boy" anglais ! Une traduction doit se travailler à l’oreille pour donner l’impression que le texte a été écrit directement dans la langue cible. Elle ne doit pas être un obstacle à la lecture.

    Cela m'amène à la 2nde question.
    • Y a-t-il une date de péremption pour un roman ? Quand ? comment ? pourquoi ? Et sa traduction ?
    Les héros de la "Beat Generation", ceux de Jack Kerouac bien sûr, mais aussi de William Burroughs ou mieux encore ceux de Thomas Pynchon, qui sillonnent le pays, changent de petite amie comme ils devraient changer de chemise, ont eu tôt fait de figer Holden Caulfield, ses valeurs vieillottes et sa "slight rebellion" dans une époque dépassée par la contre-culture.

    Une question ne m'a pas quittée tout au long de cette lecture :

    "Hey, dites donc, vous avez vu les canards près de Central Park South ? Le petit lac ? Vous savez pas par hasard où vont ces canards, quand le lac est complètement gelé ? Vous savez pas ?"

    Je plaisante, celle-ci est l'une des idées fixes de Holden et elle est moins anodine qu'il n'y paraît. Les canards sont-ils mieux lotis que lui ? Ont-ils, eux, un endroit où se réfugier quand l'hiver étreint New York ?
    Non, la question qui est restée là à occuper mon esprit est la suivante : n'est-il pas temps de retraduire "L'Attrape-cœurs" ? Peut-on encore aller à l'économie et se contenter de dépoussiérer la traduction proposée en 1986, il y a 34 ans tout de même, par Annie Saumont (1927-2017) qui, elle-même, bien timidement, avait tenté de donner un second souffle à la 1re traduction française (1953) que l'on devait au tout jeune Sébastien Japrisot ?

    Une langue bouge sans cesse, on ne parle pas aujourd'hui comme il y a 70 ou même 34 ans. Tout en posant la délicate question de la modernisation d'un roman culte - qui en France fit un flop -, la mise en chantier d'une nouvelle traduction pourrait lui gagner des lecteurs qui, étrangers à la langue qu'ils entendent, préfèrent passer leur chemin. Pour restituer la modernité de la langue, il faudrait en supprimer l'argot périmé, trouver le juste équilibre entre traduction littérale et expression idéale afin que le lecteur plongé dans le livre ne réfléchisse pas toujours à la langue dans laquelle il a été écrit. Toute traduction étant un instantané de la langue à une époque donnée, elle se devrait donc d'être remise sur le métier régulièrement. Ces dernières années, de telles entreprises ont été menées avec succès pour les œuvres de Raymond Chandler par exemple. Josée Kamoun a revisité le "1984" d'Orwell récemment... mais là, c'est une autre histoire.

    "J’ai l’impression que tu cours à un échec effroyable. Mais quel genre d’échec, je ne le sais pas encore. Honnêtement."

    Sinon un échec, du moins une déception, voilà ce qu'est cette lecture en français à 30 ans de distance, et je ne saurais dire combien je suis chagrinée qu'elle vienne ternir un souvenir de jeunesse, car je ne fais pas exception, je suis comme beaucoup de lecteurs :

    "Mon rêve, c'est un livre qu'on arrive pas à lâcher et quand on l'a fini on voudrait que l'auteur soit un copain, un super-copain et on lui téléphonerait chaque fois qu'on en aurait envie. Mais ça n'arrive pas souvent."

    Ce n'est pas arrivé cette fois-ci, en tout cas.

    Roman lu pour la sélection anniversaire 5 ans des #68premieresfois

    https://www.calliope-petrichor.fr/2020/03/11/l-attrape-coeurs-j-d-salinger-robert-laffont/

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  • C’est l’histoire de la crise d’adolescence d’un collégien renvoyé pour la troisième fois de son pensionnat et qui erre dans New-York. J.D. Salinger décrit une société avec ceux qui rentrent dans les cases et ceux qui refusent de s’y soumettre. Le jeune Holden Caulfield est triste, perdu,...
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    C’est l’histoire de la crise d’adolescence d’un collégien renvoyé pour la troisième fois de son pensionnat et qui erre dans New-York. J.D. Salinger décrit une société avec ceux qui rentrent dans les cases et ceux qui refusent de s’y soumettre. Le jeune Holden Caulfield est triste, perdu, égocentrique, aigri, passionné, frustré, rebelle, solitaire, sans le sou, sans but mais dans sa fuite, il se sent libéré d’un carcan matérialiste qu’il réfute. C’est un fantasme infantile et puéril qui remet en question la vie d’adulte. Une forme d’idéologie de l’adolescent éternel. J’ai aimé l’écriture et le style parlé ainsi que l’effet de véracité rendu par le personnage associable et révolté mais toutefois lucide, si affectueux et tellement attachant.
    Bien qu’il n’ait jamais cessé d’écrire, c’est le seul roman publié par Salinger de son vivant. Depuis sa parution en 1951, ce livre a été vendu à plus de 120 millions d’exemplaires dans le monde. L’auteur divorcé trois fois d’épouses beaucoup plus jeunes que lui, sympathisant de la culture bouddhiste zen, adepte de yoga et de méditation, a fini sa vie en ermite avec ses chats, dans son cottage à Cornish, New Hampshire où il vécut de 1953 au 27 janvier 2010.
    J’apprécie la passion que génère la vie de JD Salinger et son chef d’œuvre. C’est plein de fougue et d’énergie. Une pépite de bonheur qui m’a attrapé le cœur.

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  • Sans doute un classique qui a mal vieilli, comme tant d'autres.
    J'imagine sans peine qu'un tel livre semblait moderne, voir révolutionnaire à l'époque de sa parution, mais je me suis ennuyée et je n'ai pas réussi à m'attacher à ce personnage ni à son environnement.
    Je ne l'ai pas terminé, j'ai...
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    Sans doute un classique qui a mal vieilli, comme tant d'autres.
    J'imagine sans peine qu'un tel livre semblait moderne, voir révolutionnaire à l'époque de sa parution, mais je me suis ennuyée et je n'ai pas réussi à m'attacher à ce personnage ni à son environnement.
    Je ne l'ai pas terminé, j'ai trop d'autres livres à lire.

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  • Un livre qui m'a touché en plein cœur. J'ai adoré. Un adolescent qui se livre à cœur ouvert, qui ne veut pas passé du côté ... adulte ... Je le conserve tendrement.

    Un livre qui m'a touché en plein cœur. J'ai adoré. Un adolescent qui se livre à cœur ouvert, qui ne veut pas passé du côté ... adulte ... Je le conserve tendrement.

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