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Larose

Couverture du livre « Larose » de Louise Erdrich aux éditions Albin Michel
Résumé:

Dakota du Nord, 1999. Un vent glacial souffle sur la plaine et le ciel, d'un gris acier, recouvre les champs nus d'un linceul. Ici, des coutumes immémoriales marquent le passage des saisons, et c'est la chasse au cerf qui annonce l'entrée dans l'automne. Landreaux Iron, un Indien Ojibwé, est... Voir plus

Dakota du Nord, 1999. Un vent glacial souffle sur la plaine et le ciel, d'un gris acier, recouvre les champs nus d'un linceul. Ici, des coutumes immémoriales marquent le passage des saisons, et c'est la chasse au cerf qui annonce l'entrée dans l'automne. Landreaux Iron, un Indien Ojibwé, est impatient d'honorer la tradition. Sûr de son coup, il vise et tire. Et tandis que l'animal continue de courir sous ses yeux, un enfant s'effondre. Dusty, le fils de son ami et voisin Peter Ravich, avait cinq ans.
Ainsi débute le nouveau roman de Louise Erdrich, couronné par le National Book Critics Circle Award, qui vient clore de façon magistrale le cycle initié avec La Malédiction des colombes et Dans le silence du vent. L'auteur continue d'y explorer le poids du passé, de l'héritage culturel, et la notion de justice. Car pour réparer son geste, Landreaux choisira d'observer une ancienne coutume en vertu de laquelle il doit donner LaRose, son plus jeune fils, aux parents en deuil. Une terrible décision dont Louise Erdrich, mêlant passé et présent, imagine avec brio les multiples conséquences.

« Un récit puissamment évocateur, d'une subtilité et d'une grâce magistrales . » Publishers Weekly

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Avis (13)

  • La lecture de ce roman est un paradoxe et une contradiction : il se lit facilement mais avec difficultés. Je m’explique !
    Le style en soi est fluide, imagé, empli de fraicheur. La nature y joue un grand rôle, au même titre que les coutumes indiennes. Le récit s’articule aisément, les...
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    La lecture de ce roman est un paradoxe et une contradiction : il se lit facilement mais avec difficultés. Je m’explique !
    Le style en soi est fluide, imagé, empli de fraicheur. La nature y joue un grand rôle, au même titre que les coutumes indiennes. Le récit s’articule aisément, les personnages sont attachants et construits.
    Alors d’où vient cette difficulté à l’apprécier ? Pourquoi ne pas parvenir à retire de cette lecture une quelconque satisfaction ? Je ne me l’explique pas.
    Peut-être le sujet est-il trop éloigné de notre culture (quoique cela ne soit pas un frein habituellement) ? Peut-être que l’auteure n’a pas su capter mon attention et me donner l’envie de m’intéresser à cette communauté ?
    Ce n’est pas un mauvais livre, loin de là, mais il ne me laissera pas de souvenir marquant….

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  • Lorsqu'un matin, Landreaux tue par accident le fils de ses voisins et amis, c'est la vie des deux familles qui va en être bouleversée.
    En effet, Landreaux et sa femme Emmaline, obéissant à une tradition ancienne, proposent à Peter et Nola leur fils de 5 ans, LaRose, pour compenser leur...
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    Lorsqu'un matin, Landreaux tue par accident le fils de ses voisins et amis, c'est la vie des deux familles qui va en être bouleversée.
    En effet, Landreaux et sa femme Emmaline, obéissant à une tradition ancienne, proposent à Peter et Nola leur fils de 5 ans, LaRose, pour compenser leur perte.
    LaRose va alors devenir le trait d'union entre les deux familles.
    C'est de vengeance, de justice, de pardon mais également de transmission que nous parle l'auteure dans ce roman. Les familles vont, viennent, s’entremêlent, se haïssent, se pardonnent ou n'y parviennent pas.
    Je découvrais l'écriture de Louise Erdrich avec LaRose et j'ai été sous le charme de cette écriture puissante et évocatrice.
    J'aurais aimé pouvoir faire cette découverte en des temps moins troublés car c'est tout de même une lecture exigeante et j'avais parfois du mal à me concentrer.
    Au fil de ma lecture, je me suis tout de même attachée aux membres de ces deux familles en proie au chagrin, à LaRose, d'une grande maturité. Le personnage de Maggie, si sombre et lumineux à la fois, m'est allée droit au cœur.

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  • Et tout bascule !

    Louise Erdrich nous brosse des personnages forts, tout en émotion, dans ce magistral roman sur les amérindiens, plus précisément la tribu des ojibwé, du Dakota du Nord. On pense bien sûr à Jim Harrison, mais la comparaison est flatteuse. L’auteure nous emporte avec son...
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    Et tout bascule !

    Louise Erdrich nous brosse des personnages forts, tout en émotion, dans ce magistral roman sur les amérindiens, plus précisément la tribu des ojibwé, du Dakota du Nord. On pense bien sûr à Jim Harrison, mais la comparaison est flatteuse. L’auteure nous emporte avec son histoire dès les premières pages où elle pose son sujet de façon abrupte mais avec intensité.

    Landreaux Iron, chasseur depuis toujours, père de 4 enfants mais qui en élève 5, tire malencontreusement sur le jeune fils de son voisin et ami Peter Ravich, et le tue. C’est là que tout bascule pour ces deux familles dévastées par ce drame. Comme le veut une tradition ancestrale, Landreaux pense se racheter en donnant son propre fils, le dernier né, LaRose, aux Ravich pour remplacer leur petit Dusty.

    Une écriture fluide, coulante, agréable, qui nous tient en alerte, sur fond de culture et coutumes indiennes, du poids du passé qui pèse sur le présent. C’est remarquablement bien écrit, avec des phrases simples qui s’enchainent pour notre plus grand bonheur.

    L’auteure nous fait remonter le temps sur plusieurs générations, jusqu’à la première LaRose, et nous raconte son histoire et celle de ses descendants. C’est toute l’histoire des amérindiens qui est ainsi racontée, avec toutes les épreuves qu’ils ont subi et leurs croyances, pour en arriver à cette dernière génération qui veut à tout prix être reconnue comme faisant partie des vrais américains qui aiment leur pays en entrant au service de l’état.

    Ce sont de superbes pages qui parlent de deuil, de douleur, de racisme, de colère, de vengeance, de résilience aussi. Le deuil va dévaster les Iron et les Ravich, malgré la présence de LaRose, véritable concentré de ses ancêtres qui prône la sagesse, enfant tiraillé désormais entre les deux familles devenues ennemies. Jusqu’au dénouement final, qui nous fait entrevoir une lueur d’espoir et de rédemption lors d’une grande fête organisée chez les Iron qui rassemble les deux familles. La paix est-elle de retour ? Une trêve en tous cas, qui fait du bien aux cœurs de chacun.

    A lire absolument.

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  • c'est une totale découverte puisque je ne connaissais ni l'auteure ni le livre. Je ne me souviens pas non plus l'avoir vu passer lorsqu'il est sorti en format broché. J'ai tout de suite beaucoup aimé la couverture du livre au format poche, et le résumé me tentait assez puisqu'il allait m'emmener...
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    c'est une totale découverte puisque je ne connaissais ni l'auteure ni le livre. Je ne me souviens pas non plus l'avoir vu passer lorsqu'il est sorti en format broché. J'ai tout de suite beaucoup aimé la couverture du livre au format poche, et le résumé me tentait assez puisqu'il allait m'emmener en terres indiennes à notre époque actuelle.

    J'y ai ainsi fait la rencontre de Landreaux, il est indien et vit dans le Dakota du Nord. L'action commence très vite puisqu'on retrouve Landreaux en train de chasser. Il vise un cerf, tire, mais voit l'animal se sauver et surtout un corps s'effondrer. Il s'agit d'un enfant, Dusty. Il est le fils de son ami Peter qui vit près de chez lui et il a cinq ans. C'est, comme on peut se l'imaginer, le drame pour les parents du petit garçon mais aussi pour la famille de Landreaux. Il décide, avec sa femme Emmaline, de suivre une vieille tradition indienne qui dit qu'il doit donner son plus jeune fils à la famille en deuil pour remplacer celui disparu. C'est ainsi que LaRose (qui est bien un garçon) va se retrouver à vivre dans une autre famille avec une grande sœur, mais surtout en remplacement d'un enfant disparu. Landreaux, et surtout Emmaline, vivront mal cette séparation. Et Nola, la femme de Peter, va trouver en LaRose un réconfort de la perte de son fils.

    On va ainsi suivre LaRose dans sa nouvelle famille, à essayer de compenser la perte d'un enfant mort. Mais pas que. On va vite se rendre compte qu'il y a tout un imbroglio entre les différents personnages adultes, avec certains se connaissant depuis leur plus jeune âge, avec un passé pour certain tellement lourd qu'il pèse énormément sur les actes du présent.
    Et c'est là que pour moi, le bât blesse. Je ne pourrais pas vous raconter quoique ce soit de plus, car je n'ai pas compris le reste de l'histoire. J'ai eu beaucoup de mal à suivre les personnages et à savoir qui était qui. Quand j'ai vu arriver les parties concernant le passé, je me suis dit que ça y est, j'allais enfin comprendre, alors oui, certains points se sont reliés, mais pas tous. J'ai eu la sensation d'avoir un puzzle avec des pièces qui ne correspondaient pas et du coup, j'étais dans l'impossibilité de les rejoindre. Cela vient peut-être de moi, pourtant, j'ai pris des notes, j'ai remonté dans les pages précédentes pour chercher des explications mais non, je suis totalement passée à côté. En lisant le résumé, je me suis aperçue qu'il était dit que ce roman clôturait un cycle commencé par deux autres romans. Alors est-ce que c'est à cause de cela que je n'ai pas du tout réussi à comprendre, est-ce qu'il valait mieux avoir lu les deux précédents pour comprendre celui-ci, se mettre dans l'ambiance. Je ne sais pas. Mais je me demande tout de même si ce n'est pas lié.

    Je n'ai pas réussi non plus à m'attacher aux personnages. Et pourtant, ils ne vivent pas des situations très simples, et leur vie est assez marquée par les drames. Mais non, aucun ne m'a particulièrement touchée. Le nom de LaRose est donné aux enfants d'une génération à l'autre, mais je n'ai pas compris pourquoi il était donné ici à un garçon alors que les précédents étaient des filles. Même les mères qui vivent ici le drame de la perte d'un enfant n'ont pas réussi à m'émouvoir. Le choix narratif est fait à la troisième personne du singulier, ce n'est pas le style que je préfère d'habitude pour m'imprégner des sentiments, mais j'arrive toujours à ressentir quelques émotions, et là, rien du tout. J'ai eu l'impression d'être un spectateur qui regardait les scènes se dérouler sans arriver à rentrer dedans ou m'imaginer à la place des protagonistes.

    Bon, tout ceci n'est qu'un ressenti personnel, je pense que je suis passée complètement à côté de ma lecture. D'autres ont semble-t-il aimé, quand je vois le journal Le Monde dire de ce livre que c'est « du grand art » ou un journaliste du magazine Lire le trouver « envoûtant ». J'ai sûrement dû louper quelque chose, car c'est de loin l'effet qu'il a pu faire sur moi.
    Pareil, comme le résumé parlait d'Indien, de légendes indiennes, je pensais que ça allait être un sujet central et largement abordé. Une fois de plus, j'ai été fortement déçue sur ce point. Car à part, la coutume de l'échange des enfants, et la transmission d'un même prénom d'une génération à l'autre, il est très peu question d'autres rites. Je pensais que le sujet de l'intégration des Indiens allait aussi être plus présent, mais déçue aussi là-dessus.

    Les chapitres sont en plus très longs, le premier fait plus de cent pages. Ils sont coupés par des parties, mais c'est tout de même très long à lire, surtout quand on n'est pas transporté par l'histoire comme ce fut le cas pour moi. J'ai voulu le finir, il est très rare que j'abandonne un livre, je me suis accrochée à ma lecture. J'attendais toujours un attrait, un quelque chose qui fasse que j'allais être plus captivée. J'ai ressenti cela seulement avec les cinquante dernières pages. Sur un peu plus de cinq cents, c'est peu. Une chose tout de même positive, j'ai trouvé la dernière partie qui représente le final, plutôt belle et intéressante, même si ça se termine un peu en fin ouverte, c'est sans doute le seul moment où j'ai ressenti un petit quelque chose en émotion.

    Je ne vais pas continuer à enfoncer ce livre par cette chronique négative. Je n'ai pas l'habitude d'en écrire, c'est très difficile pour moi, car je trouve déjà qu'un livre mérite une reconnaissance de la part du lecteur envers un auteur qui a essayé de l'emmener dans son univers. Là, je suis passée complètement à côté, mais je le répète, ceci est mon avis personnel, mon ressenti, et je vous invite sincèrement à vous faire votre propre opinion en lisant ce roman. Comme on dit, on est jamais aussi bien servi que par soi-même. Et un livre qu'une personne n'aime pas peut être aimé par une autre, et vice versa. Ça ne l'a pas fait pour moi, ça ne me laissera pas un souvenir, à part celui de ne pas avoir compris le fond comme la forme de l'histoire.

    Je vous invite vraiment à lire ce livre pour vous faire votre propre idée dessus. Je suis tout de même contente d'avoir réussi à lire ce roman jusqu'au bout. Je n'aime pas abandonner une lecture, par respect pour l'auteure. Je pense que je tenterai de lire les autres romans de Louise Erdrich, peut-être reprendre cette sorte de « trilogie » ou de cycle comme il est dit dans le résumé, pour voir si c'est à cause de cela que je ne suis pas arrivée à comprendre ce roman. Ça me questionne beaucoup, car je ne suis pas du genre à ne trouver que du négatif dans une histoire, j'arrive d'habitude, à trouver du positif, des messages..mais là, rien et ça m'intrigue beaucoup...

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  • Cela ne m'arrive quasiment jamais...Et pourtant cela a été le cas pour ce roman, j'ai abandonné la lecture à la page 100.

    Je n'ai pas du tout accroché au style et après des débuts prometteurs j'ai eu énormément de mal à suivre l'histoire. Je pense même ne pas avoir compris du tout certains...
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    Cela ne m'arrive quasiment jamais...Et pourtant cela a été le cas pour ce roman, j'ai abandonné la lecture à la page 100.

    Je n'ai pas du tout accroché au style et après des débuts prometteurs j'ai eu énormément de mal à suivre l'histoire. Je pense même ne pas avoir compris du tout certains passages.

    Ceci dit, il y a des qualités littéraires indéniables notamment dans l'écriture. Peut-être que je n'étais pas dans de bonnes dispositions pour un roman comme celui-là. Je pense donc que j'essayerai d'y revenir une prochaine fois !

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  • Dakota du Nord, en 1999 dans la réserve des indiens ojibwé. Landreaux est à l’affut, il traque le grand cerf, tire, et tue le fils de son voisin. Comment peut-on survire à une horreur pareille ? Tant du côté de la famille de Landreaux que de celle qui a perdu un fils, Peter et Nola, ou un frère,...
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    Dakota du Nord, en 1999 dans la réserve des indiens ojibwé. Landreaux est à l’affut, il traque le grand cerf, tire, et tue le fils de son voisin. Comment peut-on survire à une horreur pareille ? Tant du côté de la famille de Landreaux que de celle qui a perdu un fils, Peter et Nola, ou un frère, Maggie.

    Dans ce roman, Louise Erdirch invoque les traditions et les valeurs séculaires des indiens, et une ancienne coutume qui veut que l’on donne son plus jeune fils pour réparer sa faute. LaRose est donc offert en pardon aux Ravich. Cet enfant a le prénom de celui qui sait, qui voit, qui sent la présence de ceux qui ont rejoint les grandes plaines, ce prénom de guérisseur porté par des générations de femmes avant lui, dans la famille de sa mère Emmaline. Il est le lien entre les ascendants et la famille d’Emmaline, entre le passé et le présent, entre le naturel et le surnaturel. Il est aussi le lien entre les deux familles et le seul capable d’atténuer les blessures causées des deux côtés par ce drame pourtant irréparable.

    A travers lui et la vie de ceux qui l’ont précédé, l’intrigue court sur plusieurs générations. Car dès 1839, la première LaRose est vendue par sa mère Vison à Wolfred, un employé du magasin Mackinnon. C’est une enfant unique, brillante, belle, une magicienne qui communique avec les esprits des ancêtres. Le lecteur va suivre son étrange parcours de loin en loin et comprendre grâce à elle la spécificité de cette lignée de LaRose.

    Avec une écriture dense, des personnages à foison, de nombreux retours en arrière, et plusieurs histoires en parallèle, Louise Erdrich fait vivre ces indiens d’Amérique qu’elle connait bien.

    Lire ma chronique complète sur le blog Domi C Lire https://domiclire.wordpress.com/2020/03/28/larose-louise-erdrich/

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  • Dans le Dakota du Nord en 1999, après l’accident de chasse où son père a tué le fils des voisins, un petit garçon de six ans, LaRose, est « donné » par ses parents à la famille en deuil, en « remplacement » du fils perdu comme l’exige la tradition amérindienne. L’enfant grandit entre les deux...
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    Dans le Dakota du Nord en 1999, après l’accident de chasse où son père a tué le fils des voisins, un petit garçon de six ans, LaRose, est « donné » par ses parents à la famille en deuil, en « remplacement » du fils perdu comme l’exige la tradition amérindienne. L’enfant grandit entre les deux familles, qui apprennent plus ou moins bien à vivre entre deuil, colère et culpabilité.

    Ce drame et cette déconcertante tentative de réparation viennent s’inscrire dans le vaste contexte d’une histoire familiale portant sur six générations et un siècle et demi, que le récit nous fait peu à peu découvrir par de multiples allers retours entre passé et présent. Au travers d’une myriade de personnages quasiment tous amérindiens, apparaît ici toute la souffrance d’un peuple dont on a forcé l’assimilation à la culture blanche, selon le principe énoncé par l’officier américain Richard Pratt :
    « Un général célèbre a déclaré un jour qu’un bon Indien est un Indien mort et le profond accord suscité par leur destruction a considérablement encouragé les massacres d’Indiens. D’une certaine façon, je partage cet avis, mais seulement dans ce sens : que tout ce qui est indien dans la race devrait être mort. Éliminez l’Indien en lui, et sauvez l’homme. »

    Cette histoire est donc aussi celle de la lente agonie d’une culture qui, pourtant, réussit à se transmettre d’une génération à l’autre, au prix d’un déchirement quasi schizophrénique générateur de drames en chaîne, à commencer par celui des nombreux cas d’addiction, à l’alcool, mais aussi de nos jours, à la drogue médicamenteuse. Un insurmontable mal-être accompagnait donc déjà les personnages lorsque survient cette mort accidentelle d’un enfant : c’est finalement avec les ressources puisées au fond de leur identité profonde qu’ils vont tenter d’y faire face, au fil d’un récit en permanence entremêlé de magie et de relations aux esprits.

    J’ai beaucoup apprécié, mais aussi trouvé éprouvante, cette authentique et parfois déroutante plongée au tréfonds de l’âme d’une culture martyrisée qui se refuse à disparaître. Amérindienne elle-même, l’auteur nous immerge dans un tourbillon de désarroi, de culpabilité, de colère, d’envie de vengeance et d’espoir de rédemption, où le deuil s’accomplit lentement avec le secours de la tradition, de la magie, de la solidarité et d’une certaine sagesse ancestrale.

    Remarquable pour la voix amérindienne qu’elle exprime ici avec force et pour tout ce qu’elle nous fait comprendre du désespoir d’un peuple devenu une communauté privée de son identité, cette longue et vaste fresque m’a néanmoins semblé assez pesante : il m’a manqué d’être emportée par cette histoire dont, malgré toutes ses qualités, je n’ai pas senti le véritable souffle, me retrouvant plombée par la déprime en dépit de l’espoir porté par l’étonnant petit LaRose, à la maturité presque surnaturelle.

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  • Lors d'une chasse au cerf, au coeur d'une réserve Ojibwé du Dakota du Nord, Landreaux Iron tue par accident Dusty, le jeune fils de cinq ans de ses voisins et amis fermiers, les Ravish. Pour respecter une ancienne coutume indienne, la famille de Landreaux va donner son propre fils LaRose, du...
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    Lors d'une chasse au cerf, au coeur d'une réserve Ojibwé du Dakota du Nord, Landreaux Iron tue par accident Dusty, le jeune fils de cinq ans de ses voisins et amis fermiers, les Ravish. Pour respecter une ancienne coutume indienne, la famille de Landreaux va donner son propre fils LaRose, du même âge, aux parents en deuil. Cet enfant, portant l'héritage des quatre générations de LaRose qui l'ont précédé, va faire émerger un chaos de colère et d'amour, au sein de ces deux familles.
    C'est ce cheminement que l'auteure nous raconte, empreint de l'inépuisable connaissance de la nature que les indiens continuent à perpétuer, dans le monde moderne auquel ils appartiennent désormais. Guidés par les esprits de leurs ancêtres, les personnages vont devoir faire preuve de force et de tolérance, pour se reconstruire et passer sans violence, de la douleur au pardon.
    Cette histoire belle et émouvante nous interpelle en tant que parent : est-il imaginable de renoncer à son propre enfant ou de remplacer un enfant perdu par un autre ?
    Née en 1954 dans le Minnesota, Louise Erdrich est une figure emblématique de la littérature amérindienne. Avec ce nouveau roman, elle nous plonge dans une culture dont elle est, par ses origines maternelles, la mémoire vivante. A travers la vie dans une réserve, les liens entre familles indiennes et le poids des traditions ancestrales, ce récit est le témoignage d'une Amérique précolombienne faite du mélange de ses peuples natifs.
    Croisant le présent et le passé, le réel et le surnaturel, Louise Erdrich fait preuve d'une remarquable maîtrise de l'écriture, tout en poésie.
    Un roman envoûtant qui nous transporte, avec beaucoup d'émotion et de sensibilité, au coeur de l'héritage culturel amérindien.

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