Larose

Couverture du livre « Larose » de Louise Erdrich aux éditions Albin Michel
  • Date de parution :
  • Editeur : Albin Michel
  • EAN : 9782226325983
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Dakota du Nord, 1999. Un vent glacial souffle sur la plaine et le ciel, d'un gris acier, recouvre les champs nus d'un linceul. Ici, des coutumes immémoriales marquent le passage des saisons, et c'est la chasse au cerf qui annonce l'entrée dans l'automne. Landreaux Iron, un Indien Ojibwé, est... Voir plus

Dakota du Nord, 1999. Un vent glacial souffle sur la plaine et le ciel, d'un gris acier, recouvre les champs nus d'un linceul. Ici, des coutumes immémoriales marquent le passage des saisons, et c'est la chasse au cerf qui annonce l'entrée dans l'automne. Landreaux Iron, un Indien Ojibwé, est impatient d'honorer la tradition. Sûr de son coup, il vise et tire. Et tandis que l'animal continue de courir sous ses yeux, un enfant s'effondre. Dusty, le fils de son ami et voisin Peter Ravich, avait cinq ans.
Ainsi débute le nouveau roman de Louise Erdrich, couronné par le National Book Critics Circle Award, qui vient clore de façon magistrale le cycle initié avec La Malédiction des colombes et Dans le silence du vent. L'auteur continue d'y explorer le poids du passé, de l'héritage culturel, et la notion de justice. Car pour réparer son geste, Landreaux choisira d'observer une ancienne coutume en vertu de laquelle il doit donner LaRose, son plus jeune fils, aux parents en deuil. Une terrible décision dont Louise Erdrich, mêlant passé et présent, imagine avec brio les multiples conséquences.

« Un récit puissamment évocateur, d'une subtilité et d'une grâce magistrales . » Publishers Weekly

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  • J'ai découvert Louise Erdrich avec Dans le silence du vent après la lecture d'une chronique d'elle que j'avais lue dans America.

    Une deuxième lecture de cette auteure que l'on me recommandait sur les réseaux sociaux et dont je sors avec un avis peut-être plus mesuré.

    Le thème principal du...
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    J'ai découvert Louise Erdrich avec Dans le silence du vent après la lecture d'une chronique d'elle que j'avais lue dans America.

    Une deuxième lecture de cette auteure que l'on me recommandait sur les réseaux sociaux et dont je sors avec un avis peut-être plus mesuré.

    Le thème principal du roman est le deuil  : la perte d'un enfant peut-elle être remplacée par un autre enfant, du même âge, enfant fils de celui qui a accidentellement tué votre propre enfant ? Montrer ainsi que l'on subit la même douleur en perdant soi-même un enfant.

    Le thème est fort et apparemment lié à une tradition dans la communauté indienne où se déroule l'action.

    Le récit est découpé en plusieurs parties qui vont de 1879 à 2003, ne respectant pas l'ordre chronologique, mais les entremêlant mais je n'ai aucune difficulté concernant les différentes époques sauf parfois pour me retrouver dans les LaRose(5 générations je crois)..... difficulté liée au même prénom, porté indifféremment par filles (le plus souvent) ou garçon pour la dernière génération

    Les LaRose sont souvent doués d'une intelligence et d'une connaissance sur la nature, les plantes mais aussi sur les animaux et l'espèce humaine et le dernier de la lignée est particulièrement philosophe, observateur et intuitif, malgré son jeune âge.

    L'auteure développe énormément sur la vie des deux familles, amies par le passé, les Iron (dont fait partie Landreaux responsable du décès accidentel de l'enfant) et les Ravich, qui respecteront la tradition du don d'enfant et dont LaRose est le dernier descendant. Elles sont opposées dans leur style de vie mais très semblables dans le sens où les femmes sont les éléments dominants : Emmaline, enseignante, respectueuse des traditions et Landreaux, kiné, qui a connu l'addiction à la drogue, laissent beaucoup de libertés à leurs enfants, tandis que Nola et Peter Ravich sont plus rigoureux, strictes, organisés.

    Elle traite également les thèmes de l'amour, de la perte mais aussi de la vengeance, du pardon, de la nature, des traditions et des croyances. Il flotte continuellement des zones de mystères, d'histoires d'ancêtres, la transmission est présente même si l'on comprend à plusieurs reprises de sa perte au fil du temps et des ravages du monde moderne mais aussi de la perte d'identité de la communauté.

    La vie dans les réserves est largement évoquée avec les ravages que l'arrivée des hommes blancs ont provoqué parmi elles.

    Elle était archaïque et avait surgi de la terre en ébullition. Elle avait sommeillé, mené une vie latente dans la poussière, s'était élevée en fin brouillard. La tuberculose s'était élancée en une vague impétueuse pour s'unir à la chaleur de la vie. Elle était présente dans chacun des nouveaux mondes et dans tous les anciens. D'abord elle aima les animaux, puis aussi les personnes. Parfois elle se posait dans une prison de tissus humains séparée par un mur des frondes nourricières du corps. Parfois elle s'élançait, filait sans entraves, creusait des galeries dans les os ou métamorphosait les poumons en dentelle raffinée. Parfois elle allait n'importe où. Parfois elle n'arrivait à rien. Parfois elle élisait domicile dans une famille, ou bien démarrait ses voyages sans répit dans une école où les enfants dormaient côte à côte. (p263)

    La vie des hommes et de la nature sont intimement liées, Louise Erdrich se plaît à entremêler les situations où la nature (faune et flore) est omniprésente et symbole de leur liberté, du respect perdu, de leur perte d'identité et de pouvoir.

    De là, il aperçoit de la colline et plonge son regard dans l'essence même de cette ville de réserve. Défoncé et mentalement anéanti comme il l'est, il voit dans chaque cœur. La douleur, éparpillée partout, monte en flamboyant des puits profonds que sont les poitrines de son peuple. A l'ouest les cœurs des morts battent encore, ils brûlent et jettent de douces lueurs vertes dans leurs cercueils. Ils font jaillir de la terre une lumière pale. Et au sud il y a les bisons que la tribu a achetés dans un but touristique. Un rassemblement sombre. Leurs cœurs eux aussi embrasés par l'horrible message de leur extinction. Leur assemblée fantomatique, désormais. Comme nous, ils déambulent et tournent en rond dans un petit enclos d'herbe, et engraissent. Comme nous, cœurs visibles pareils à des lampes dans la poussière. (p465)



    Elle apprit à nettoyer les maisons des Blancs au cours du programme extrascolaire, à racler au couteau la poussière coagulée dans les recoins. A polir les veines grises des sols en marbre. Elle faisait aussi reluire les boiseries et étinceler les chauffe-eau en cuivre. Et puis elle avait une très jolie écriture et savait décomposer des grands nombres en facteurs premiers. Elle connaissait les fleuves du monde et les guerres qu'avaient menées les Grecs, les Romains, les Américains, écrasant les Anglais puis les Sauvages. Une liste de races qu'elle dut mémoriser plaçait la blanche au sommet, ensuite la jaune, la noire et enfin la sauvage. Selon le programme scolaire, son peuple se trouvait au bas de l'échelle. (p281)

    L'histoire est bien construite, les personnages se dévoilent tout au long du récit et l'on obtient les réponses pour certains que vers la toute fin. D'autres comme le prêtre Travis, sont récurrents dans les deux livres que j'ai lus, ancien soldat ayant combattu et blessé, qui trouve refuge dans la religion. Par contre je n'ai pas trop compris l'utilité de créer entre lui et une des deux femmes, une relation amoureuse....

    Louise Erdrich a une écriture magnifique, très descriptive, elle met en place très vite le fond du livre : la perte, le deuil, l'absence et la tentative de réconciliation mais peut-on réparer en s'amputant soi-même de la présence d'un enfant. Les deux familles vont souffrir : toutes les deux de l'absence même si elle n'est pas similaire mais aussi chez Nora d'une dépression dont les enfants vont être les témoins et les sauveurs.

    J'ai beaucoup aimé tout ce qui touchait aux enfants, leur complicité, leur espièglerie, leurs relations et particulier celle qui unit Maggie et LaRose et qui démarrait pourtant bien mal.

    J'ai, même si je donne une note similaire, préféré Dans le silence du vent : l'histoire m'a plus touchée, émue, où j'ai trouvé les personnages plus captivants, l'intrigue m'a plus tenue en haleine. Dans LaRose j'ai moins été dans l'attente de découvrir ce que chacun cachait ou était réellement. Dans celui-ci l'environnement culturel, générationnel et symbolique y est très présent, mais l'ayant déjà trouvé dans ma première lecture, j'y ai été moins sensible cette fois-ci.

    Cela n'enlève rien à la qualité de la narration : un souffle romanesque, une écriture fluide, accessible et une construction intéressante sachant tenir le lecteur jusqu'au bout et avec la découverte d'une ethnie qui se perd, dont bientôt il ne restera que peu de témoins.

    Le lendemain, elle vit un ours occupé à déterrer une sorte de racine à côté d'un marécage. Une autre fois, un renard bondit, monta en arc de cercle haut dans l'herbe et s'en fut en trottinant, une souris dans la gueule. Des cerfs allaient au pas, tous les sens aiguisés, s'arrêtant pour remuer les oreilles et flairer les senteurs avant de s'aventurer à découvert. Elle regarda la terre voler derrière un blaireau qui creusait un terrier. Des souris à pattes blanches aux yeux adorables, des hirondelles bleues fendant l'air, des faucons lancés dans un vol libre mystique, des corbeaux cabriolant sur des courants aériens aussi solides que d'invisibles poutres d'équilibre. Elle commença à se sentir davantage chez elle dehors que dedans. (p310)

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  • LaRose..titre et orthographe improbables pour un roman inclassable!
    Pourquoi ces négations pour une découverte positive en fait?
    Découverte, celle que je viens de faire de louise Erdrich, je n'avais jamais lu un de ses livres et c'est assez étonnant car ma bibliotheque recèle pas mal de romans...
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    LaRose..titre et orthographe improbables pour un roman inclassable!
    Pourquoi ces négations pour une découverte positive en fait?
    Découverte, celle que je viens de faire de louise Erdrich, je n'avais jamais lu un de ses livres et c'est assez étonnant car ma bibliotheque recèle pas mal de romans amérindiens, la civilisation indienne disparue ou en voie de disparition ayant été un de mes thèmes de recherche pour les études d'anglais!
    Découverte que cette forme de " remboursement" pour la mort d'un être cher par accident, par balle que choisit de faire Landreaux après avoir tué le fils de Nola : il " donne " son dernier fils Larose à la famille de Dusty..poussière en anglais!! puis l'échange se transforme en garde alternée quand les deux familles souffrent trop de ce remboursement..le petit garçon étant d'un tempérament bien doux et calme pour accepter d'etre une monnaie d'échange. Le dialogue ne s'établit pas vraiment, le petit garçon étant déposé chaque semaine dans l'autre famille par les sœurs respectives.
    L'occasion d'ailleurs de réaliser que la famille originelle de LaRose a accueilli et élevé un enfant d'un autre homme de la tribu et qu'il s'est totalement intégré, ravi de voir son avenir s'éclaircir grace à cette éducation.
    Comme dna stous les romands amérindiens, la famille joue un role capital et la grand-mère de LaRose..LaRose elle même intervient de temps en temps pour établir le lien entre passé et présent!

    Je ne raconterai pas l'histoire, y en a t'il une vraiment, la fin laisse la porte ouverte à toute possibilité mais le calme semble s'être installé dans une réserve très trouble et troublée: les deux familles n'en forment plus qu'une.

    La vie dans les réserves est bien entendu souterraine, nous y lisons les difficultés de certains, hommes particulièrement , à se détacher des addictions récurrentes, médicaments, drogues, alcools et ce depuis le plus jeune âge, les violences faites aux femmes dès leur plus jeune âge et leur façon de se défendre ou de se venger: toute un gendre de vie inconnu de nous la plupart du temps.

    Certaines digressions et dialogues m'ont cependant paru longs , pas inutiles certes mais trop fréquentes!

    Excellente lecture cependant!

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  • Fille d'Indienne Ojibwé, Louise Erdrich appartient au mouvement de la Renaissance amérindienne (Native American Renaissance) créé pour qu'on n'oublie pas ce peuple, ses coutumes, sa mythologie et qu'il continue d'exister à travers la voix d'auteurs modernes.
    Dans ses romans, Louise Erdrich...
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    Fille d'Indienne Ojibwé, Louise Erdrich appartient au mouvement de la Renaissance amérindienne (Native American Renaissance) créé pour qu'on n'oublie pas ce peuple, ses coutumes, sa mythologie et qu'il continue d'exister à travers la voix d'auteurs modernes.
    Dans ses romans, Louise Erdrich fait revivre une culture et des traditions amérindiennes, espérant maintenir vivante la mémoire des anciens. Et le sens même de son écriture se trouve peut-être là, précisément, dans ce projet de lutte contre l'oubli.
    C'est donc un monde un peu étrange que le lecteur découvre, monde dans lequel, par exemple, les morts peuvent revenir partager l'existence de ceux que l'on appelle les vivants, les frontières entre les deux « états » étant plus poreuses que dans nos sociétés rationnelles.
    En 1999, dans le Dakota du nord, Landreaux Iron part à la chasse au cerf, cérémonial obligé pour célébrer l'arrivée de l'automne. « C'était un catholique pieux et respectueux des coutumes indiennes, un homme qui, lorsqu'il abattait un cerf, remerciait un dieu en anglais et faisait une offrande de tabac à un autre en ojibwé. » Landreaux est un excellent chasseur : lorsqu'il voit l'animal, il n'hésite pas une seconde et tire. Il tue accidentellement Dusty Ravich, petit garçon âgé de cinq ans, le fils de son voisin et ami Peter Ravich.
    C'est le drame, la tragédie absolue.
    La mort d'un enfant.
    Or, la coutume indienne veut que, pour se racheter ou tenter de se faire pardonner, on doive donner son plus jeune enfant à la famille qui a perdu le sien : c'est ainsi que le petit LaRose Iron part vivre chez les Ravich.
    Offrande incroyable, offrande impensable…
    Et pourtant...
    Comment Landreaux va-t-il pouvoir continuer à vivre avec un immense sentiment de culpabilité et un si terrible chagrin? Comment les deux familles vont-elles cohabiter sans chercher à s'entre-tuer, sans vivre dans la haine, sans désir de vengeance et en respectant les coutumes de leurs ancêtres ?
    Que va devenir cet enfant, LaRose, partagé entre deux familles ? Peut-on se construire de cette façon ? Et les frères et sœurs dans l'une et l'autre famille vont-ils savoir contenir leur douleur, leur ressentiment, leur souffrance ?
    Quant aux mères, Nola et Emmaline… Qui aura la force de pardonner ? De quelle façon une justice peut-elle être rendue ? La sagesse des anciens est-elle capable de panser les plaies, d'aider chacun à supporter un réel à peine pensable ? Une forme de solidarité, d'entraide est-elle encore possible ?
    C'est le quotidien bouleversé de ces deux familles que nous découvrons, leur façon de gérer chaque heure, chaque jour qui passe, chacun se reconstruisant, petit à petit, comme il le peut, en passant par des phases de douleur extrême, de désir de mort, de solitude profonde, de haine viscérale, d'amour ou de don de soi.
    Ces différents personnages, enfants et adultes, ont tous quelque chose de fascinant : ils n'ont rien de manichéen, loin de là, et sont très humains dans leurs réactions et très touchants donc. Je pense notamment à la figure du prêtre, le père Travis, toujours à l'écoute des autres, lui dont les sentiments pour une femme le mettent au supplice. Je pense aussi au personnage de Romeo, père biologique d'un des enfants élevés par Landreaux, la figure même de l'antihéros malmené par la vie, dépossédé de tout et qui semble, dans l'ombre, préparer une terrible vengeance. A moins que...
    L'auteur, fine observatrice, a le souci du détail : une mimique, une expression, un geste permet de visualiser le malaise, la tension ou la joie de tel ou tel personnage. L'effet de réel est saisissant. J'ai beaucoup aimé la minutie de ses descriptions qui en disent tant sur les gens et qui traduisent si bien la complexité des sentiments.
    De nombreux retours dans le passé permettent de mieux comprendre le poids des traditions, des croyances qui se heurtent parfois à la modernité et expliquent le comportement de certains personnages, ce qu'ils sont devenus avec le temps. S'ils vivent tous au XXe siècle (et dans une Amérique où l'on noie dans l'alcool ou la drogue son ennui et son désespoir), leurs racines les rattachent à un passé ancestral dont ils ne peuvent s'affranchir complètement. Ils sont les héritiers de coutumes d'un autre temps, vivent en équilibre instable entre deux mondes.
    LaRose est un récit ambitieux : si les nombreuses digressions, les retours en arrière retraçant, par exemple, la généalogie des LaRose sur quatre générations nous éloignent momentanément du récit principal, ils permettent surtout au lecteur de découvrir une culture, une mythologie, des croyances surnaturelles et magiques avec lesquelles il est nécessaire de se familiariser pour mieux interpréter le texte.
    LaRose est donc un roman exigeant qui se mérite, et j'avoue qu'il m'a fallu une seconde lecture pour me sentir plus à l'aise et plus à même de mieux appréhender cet univers.
    Mais c'est ainsi que j'ai eu le sentiment de pénétrer dans un texte d'une grande richesse de par son écriture et sa construction bien sûr, mais aussi de par la vivacité et la complexité de ses personnages. L'évocation de cette culture amérindienne, monde fascinant où les morts jouent avec les vivants, discutent avec eux, monde où rêve et réalité se mélangent, m'a fascinée.
    Enfin, ce qui touche dans cette œuvre, c'est qu'au fond, même les plus mauvais se révèlent finalement avoir une âme sensible et généreuse et l'on sent à chaque page le regard bienveillant que l'auteur pose sur l'humanité.
    Par les temps qui courent, on peut dire que ça fait du bien !
    Un texte intense que je n'oublierai pas.

    LIREAULIT http://lireaulit.blogspot.fr/

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  • Dans le Dakota du Nord, à la limite de la réserve, Landreaux, indien catholique fervent respectueux des coutumes de son peuple est en train de chasser le cerf. Mais lorsqu’il tire, c’est Dusty, fils de cinq ans de ses voisins et amis qu’il abat.
    Sous le poids de la culpabilité, par respect...
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    Dans le Dakota du Nord, à la limite de la réserve, Landreaux, indien catholique fervent respectueux des coutumes de son peuple est en train de chasser le cerf. Mais lorsqu’il tire, c’est Dusty, fils de cinq ans de ses voisins et amis qu’il abat.
    Sous le poids de la culpabilité, par respect d’une ancienne coutume indienne et pour apaiser le chagrin de Nola, la mère de Dusty, Landreaux convainc sa femme Emmaline, demi-soeur de Nola de donner son plus jeune fils, LaRose aux parents en deuil.
    « Je donnerais ma vie pour te rendre Dusty. LaRose est ma vie. J’ai fait du mieux que j’ai pu. »
    Bien évidemment, personne ne sera plus jamais le même suite à ce drame.
    Ce qui pourrait être une histoire relativement simple sur le deuil, la culpabilité, sur l’évolution des comportements dans ce cas de figure peu courant est, dans l’univers de Louise Erdrich, une construction complexe insérant les chemins de vie de personnages secondaires et invoquant le passé des familles de la réserve.

    LaRose, ce prénom atypique, a une histoire qui commence avec l’arrière-arrière-grand-mère d’Emmaline. Une enfant sauvage abandonnée par sa mère dans un comptoir commercial isolé du pays ojibwé pour un peu d’alcool est la première LaRose. Depuis, à chaque génération, il y a toujours eu un ou une LaRose, nanti de pouvoirs particuliers, notamment celui de dépasser les limites entre les vivants et les morts. D’ailleurs le jeune LaRose a une perception particulière qui apaise tous ceux de son entourage. Il console Nola, il calme Maggie, sa fille tempétueuse, il donne de la force à Emmaline, il comprend son père et voit les morts. Tout le monde l’aime car il est la paix et le bonheur incarnés.

    Pour Louise Erdrich, remonter dans le temps permet de rendre hommage au peuple ojibwé parqué dans les réserves, soumis au pouvoir de l’alcool et de la drogue, dont les enfants furent envoyés dans des pensionnats pour en faire des « blancs » mais nimbé de cette grandeur d’âme et de cette culture liée aux légendes indiennes. J’aime toujours autant y croiser l’humour et la franchise des anciens.
    Mais en 1999, elle nous montre aussi l’évolution des mentalités. Le prêtre Travis est un ancien Marine et Hollis, le fils de Roméo, élevé par Landreaux et Emmaline (l’histoire d’amitié entre Landreaux et Roméo, qui se sont rencontrés dans un pensionnat est aussi très belle et aventureuse) est prêt à s’engager pour son pays.
    « Depuis qu’ils ont attaqué les Tours jumelles, reprit Hollis, j’y pense. Mon pays m’a bien traité.
    Quoi?Roméo était scandalisé. Mais tu es un Indien!
    Je sais, oui, les Blancs nous ont pratiquement anéantis. Mais quand même, les libertés, non? Et on a des écoles, des hôpitaux, et aussi le casino. De nos jours, quand on foire, en général, on foire perso.... »

    LaRose est un roman dense où chaque personnage est incarné, détaillé, touchant. Avec ce récit singulier, Louise Erdrich continue à explorer le passé des ojibwés pour mieux nous expliquer leur présent. Sa grande maîtrise de cet univers donne un récit complexe mais passionnant et envoûtant.

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  • J’aime retrouver Louise Erdrich qui a souvent réussi à me faire passer par toutes les palettes de l’émotion tant son talent de conteuse n’a d’égale que la qualité de sa plume.

    Dans son nouvel opus, nous découvrons deux familles au cœur d’un drame, la mort d’un enfant.
    Lorsque Landreaux...
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    J’aime retrouver Louise Erdrich qui a souvent réussi à me faire passer par toutes les palettes de l’émotion tant son talent de conteuse n’a d’égale que la qualité de sa plume.

    Dans son nouvel opus, nous découvrons deux familles au cœur d’un drame, la mort d’un enfant.
    Lorsque Landreaux chasse un cerf et tue accidentellement le petit Dusty, 5 ans, il est si malheureux, écrasé par la culpabilité du chagrin qu’il impose à ses voisins qu’aussitôt, il décide d’offrir son fils LaRose à Peter et Nola, les parents de Dusty selon une tradition ancestrale Ojibwé.
    «Notre fils sera votre fils maintenant. »

    Louise Erdrich retrace par intermittence, tout au long du roman, le drame que vivent les deux familles et l’histoire de la première LaRose, une jeune Ojibwée vendue par sa mère à un négociant. Cette LaRose, fascinant personnage, était une guérisseuse qui a adroitement résisté à l’assimilation à la culture, aux valeurs et à la religion des Blancs.

    Cette histoire n’est jamais triste, malgré la gravité du sujet.
    J’ai eu cependant un peu de mal à certains moments à suivre l’action lorsque l’auteur aborde les ancêtres de ses familles avec leurs coutumes et leurs croyances.

    « LaRose » est un roman très dense, long, au rythme soutenu dans lequel les dialogues s’insèrent sans guillemets, sans pause, sans repos.
    Un récit entrecoupé entre présent et passé qui m’a perdue parfois, j’ai dû m’accrocher dans ce récit, qui navigue entre de nombreux personnages, mais cependant, à aucun moment je n’ai eu envie de lâcher cette lecture comme envoutée par la prose magnifique de l’auteure.

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