L'amie prodigieuse t.4 ; l'enfant perdue

Couverture du livre « L'amie prodigieuse t.4 ; l'enfant perdue » de Elena Ferrante aux éditions Gallimard
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782072699313
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

À la fin de Celle qui fuit et celle qui reste, Lila montait son entreprise d'informatique avec Enzo, et Elena réalisait enfin son rêve : aimer Nino et être aimée de lui, quitte à abandonner son mari et à mettre en danger sa carrière d'écrivain. Car elle s'affirme comme une auteure importante et... Voir plus

À la fin de Celle qui fuit et celle qui reste, Lila montait son entreprise d'informatique avec Enzo, et Elena réalisait enfin son rêve : aimer Nino et être aimée de lui, quitte à abandonner son mari et à mettre en danger sa carrière d'écrivain. Car elle s'affirme comme une auteure importante et l'écriture l'occupe de plus en plus, au détriment de l'éducation de ses deux filles, Dede et Elsa.
L'histoire d'Elena et de Nino est passionnelle, et bientôt Elena vit au gré de ses escapades pour retrouver son amant. Lors d'une visite à Naples, elle apprend que Lila cherche à la voir à tout prix.
Après avoir embrassé soixante ans d'histoire des deux femmes, de Naples et de toute l'Italie, la saga se conclut en apothéose. Plus que jamais, dans L'enfant perdue, Elena Ferrante nous livre un monde complet, riche et bouillonnant, à la façon des grands romanciers du XIXe siècle, un monde qu'on n'oublie pas.

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  • Avec ce dernier volume, Elena Ferrante clôt la tétralogie de L'amie prodigieuse qui suit tout au long de leurs vies l'amitié de deux fillettes, du Naples pauvre des années 50, Elena Greeco et Lila Cerrulli .

    Ce quatrième ouvrage s'ouvre sur Elena qui a finalement quitté Pietro, son mari, pour...
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    Avec ce dernier volume, Elena Ferrante clôt la tétralogie de L'amie prodigieuse qui suit tout au long de leurs vies l'amitié de deux fillettes, du Naples pauvre des années 50, Elena Greeco et Lila Cerrulli .

    Ce quatrième ouvrage s'ouvre sur Elena qui a finalement quitté Pietro, son mari, pour aller vivre à Naples avec Nino.

    Ses retrouvailles avec Lila, leur amitié passionnelle, leur emprise réciproque reprendront de plus belle et gagneront mêmeleurs enfants.

    De choix en désillusions, de gloires en abandons, ce roman reprend tous les thèmes évoqués dans les précédents, en les renforçant à l'approche de la maturité puis de la vieillesse.

    A l'heure des mani pulite la gloire et la main-mise des caïds mafieux n'est plus ce qu'elle était, et les règlements de compte modifient les rapports de forces du quartier ...

    On verra même, à l'orée des années 2000, l'un des protagonistes s'engager dans la politique parlementaire.

    60 ans de l'histoire contemporaine de l'Italie auront donc défilé au fil de l'amitié de Lila et Elena ... 

    Une saga que je suis contente d'avoir lue, même si les protagonistes m'ont régulièrement agacée par leurs choix, leurs non-choix, leur inertie, leur refus d'abandonner les carcans de leur quartier. Ce dernier tome a par ailleurs quelques longueurs et manque de profondeur sur les sujets majeurs qui ont frappé l'Italie dans le dernier quart du XXème siècle : mani pulite, les brigades rouges, les crises politiques ... 

    Pour une vision beaucoup plus approfondie de cette période italienne, j'ai bien plus apprécié 'Nos meilleures années' le film de Marco Tullo Giordana :)

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  • Voici la fin de cette "saga".
    une sorte de come back proposant une "relecture" partielle des évènements.
    La narratrice est quand même d'un égoïsme assez étonnant d'autant qu'il est habillé d'une bonne conscience confondante !
    J'ai aimé ce dernier texte hors le troisième quart de ce texte qui...
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    Voici la fin de cette "saga".
    une sorte de come back proposant une "relecture" partielle des évènements.
    La narratrice est quand même d'un égoïsme assez étonnant d'autant qu'il est habillé d'une bonne conscience confondante !
    J'ai aimé ce dernier texte hors le troisième quart de ce texte qui se met à être bavard pour "rien".
    J'avoue que c'est le fait que j'avais déjà lu les trois premiers qui m'ont amené à ne pas abandonné.
    Et bien m'en a pris car la fin a repris le niveau de l'ensemble.

    Conclusion, même si je n'ai pas réellement choisi de lire le premier tome, (lu pour faire plaisir à des amies), j'ai été rapidement prise au coeur de la vie de ces personnages. Donc j'ai mis 4 étoiles à chaque tome et pourtant si je devais noter l'ensemble, je mettrais peut être 5 étoiles !!! Curieux exercice tout de même.

    J'ai savouré cette lecture en Audio, surtout n'hésitez pas, c'est une lecture vraiment très très bien réalisée.

    Je vous recommande cette lecture. Les 4 tomes d'affilée en Audio. C'est totalement addictif.

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  • Superbe ! J'ai lu toute la saga d'un seul coup

    Superbe ! J'ai lu toute la saga d'un seul coup

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  • La saga napolitaine prend fin sur ce quatrième opus.
    Ecrire une quadrilogie, c'est prendre un risque. Prendre le risque de perdre en énergie, en intrigue, bref en qualité, mais il n'en est rien. Elena Ferrante nous a entraîné pendant soixante ans, en immersion dans une Italie en pleine...
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    La saga napolitaine prend fin sur ce quatrième opus.
    Ecrire une quadrilogie, c'est prendre un risque. Prendre le risque de perdre en énergie, en intrigue, bref en qualité, mais il n'en est rien. Elena Ferrante nous a entraîné pendant soixante ans, en immersion dans une Italie en pleine mutation, au coeur d'une histoire d'amitié qui restera sans doute une des plus marquantes de la littérature contemporaine napolitaine !
    p.20 : " Ce matin, je surmonte ma fatigue et me remets à mon bureau. Maintenant qu'approche le moment le plus douloureux de notre histoire, je veux chercher sur la page un équilibre entre elle et moi que, dans la vie, je ne suis même pas parvenue à trouver en moi-même. "
    On retrouve donc Lenù, filant le parfait amour avec Nino Saratorre. Elle l'a tant aimé, tant attendu, tant désiré ! Aujourd'hui, elle lui consacre tout son temps, au détriment de l'éducation de ses filles Dede et Elsa, qu'elle n'hésite pas à confier à droite et à gauche pour vivre son idylle. Seul son travail d'écriture prévaut.
    C'est au hasard d'un déplacement sur Naples que Lila tente de renouer contact avec elle. Bien que très distante au début, leur relation va, petit à petit, retrouver la force et la complicité d'antan.
    Mais Lila est restée la même : tantôt généreuse, attentive et pleine de vie, elle peut soudain devenir froide et incisive. Son comportement continue de destabiliser Lenù.
    p. 145 : " - Qu'est-ce que c'est de là-haut, la mer ? Un peu de couleur. C'est mieux de la voir de près : comme ça tu te rends compte que c'est dégueulasse, c'est de la boue et de la pisse et ça pue. Mais vous qui lisez et écrivez des livres, vous aimez vous raconter des mensonges, pas la vérité. "
    Lenù va finalement accepter de revenir vivre au quartier, auprès de Lila. Les deux amies sont de nouveau inséparables. Leurs destins sont liés, irrémédiablement. Même si des événements tragiques vont bouleverser leur vie de femme, elles ont mutuellement besoin l'une de l'autre, plus que jamais.
    Lila a besoin de Lenù.."je t'en prie, ne m'abandonne pas, autrement je vais m'écrouler !", tout comme celle-ci doit beaucoup à Lila... " ce que tu es et deviens, ça dépend de ce que moi, en me sacrifiant, je te permets d'être et de devenir."
    Ce quatrième tome est une grande réussite. La fin est à la hauteur de la qualité de l'ensemble de l'oeuvre. Je suis fascinée par la capacité de l'auteure à transcrire la force du lien qui unit ces deux femmes, entre espoirs et déceptions, dans une relation très passionnée et houleuse, au travers l'évolution de la place des femmes sur soixante ans d'histoire napolitaine. J'aime la manière dont sont abordés les thèmes complexes des relations familiales, amoureuses et amicales ; entravées par des valeurs intellectuelles, sociales et politiques souvent rivales. Ce sont deux femmes courageuses, influentes mais sensibles, chacune à leur manière. de beaux portraits de femmes ! Un chef-d'oeuvre !
    C'est donc avec une certaine émotion que nous quittons Lenù et Lila, après avoir été des témoins privilégiés de leur vie.

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  • L'enfant perdue

    Les deux amies de la trilogie, Elena et Lila, ont la soixantaine. Elles se sont soutenues, aimées, détestées, jalousées pendant près de cinquante ans, de Milan à Turin et Naples. Elena a quitté son mari pour rejoindre son amant, Nino, à Naples. Elle se réinstalle dans le...
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    L'enfant perdue

    Les deux amies de la trilogie, Elena et Lila, ont la soixantaine. Elles se sont soutenues, aimées, détestées, jalousées pendant près de cinquante ans, de Milan à Turin et Naples. Elena a quitté son mari pour rejoindre son amant, Nino, à Naples. Elle se réinstalle dans le quartier de son enfance avec ses deux filles mais elle découvre que Nino la trompe et essaie même de séduire Lila. Les rancœurs éclatent et Elena décide de se consacrer exclusivement à l'écriture.....

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  • Voilà la saga terminée et j'ai un petit goût amer...... On a suivi Lila et Elena pendant près d'un demi-siècle dans le Naples de leur enfance, dans leur "quartier", dans ce petit "village" au coeur de la Ville et il nous faut les abandonner au soir de leur vie.
    Ce dernier opus m'a paru un peu...
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    Voilà la saga terminée et j'ai un petit goût amer...... On a suivi Lila et Elena pendant près d'un demi-siècle dans le Naples de leur enfance, dans leur "quartier", dans ce petit "village" au coeur de la Ville et il nous faut les abandonner au soir de leur vie.
    Ce dernier opus m'a paru un peu long parfois, la narration d'Elena étant parfois très descriptive en sentiments, sensation, hésitations, toujours les mêmes atermoiements, mais c'est le reflet de sa vie. Je pense qu'il y a beaucoup de l'auteure dans ce personnage (le choix du prénom comme je l'ai dit lors de la lecture du premier tome n'était peut être pas anodin). Au-delà du récit de cette amitié si particulière entre les deux héroïnes c'est le récit d'une vie, de la vie d'une femme que rien ne prestédinait à un avenir brillant et qui s'est élevée grâce aux conseils de cette amie de l'ombre, au caractère si particulier, si violent parfois et si mystérieuse.
    On est parfois agacée par l'attitude de l'une, de l'autre, on se transpose, on voudrait secouer l'une, calmer l'autre..... Mais leur amitié aurait-elle été la même si elles avaient été différentes ?
    Moi je ne suis que gribouillis sur gribouillis, tout à fait déplacé dans l'un de tes livres ! Laisse moi tranquille, Lenù, on ne parle pas d'une rature. (p20)
    L'auteure laisse apparaître à travers les lignes, les mots, une grande partie de son travail d'écrivain, me semble-t-il mais aussi de sa sensibilité : du rôle de mère, de femme jeune puis mâture avec le temps qui passe, les années qui laissent des traces, des absences, de ceux qui partent, qui restent, les enfants qui apportent joies et peines, les vieilles rancoeurs.... L'écriture permet de garder vivant son enfance, ses amours, ses amitiés et ses drames.
    "Les livres, on les écrit pour être entendu, pas pour se taire". (p331)
    Je suis heureuse d'avoir suivie ces deux femmes et connu la fin de cette relation mais à bien y réfléchir, méritait-elle autant de bruit ?
    Car il faut bien reconnaître que les 4 tomes (le dernier étant divisé en deux parties : Maturité - l'enfant perdue et Vieillesse - Mauvais sang + l'épilogue) représentent en plus d'un roman, une photographie d'un monde, du petit peuple d'un quartier déshérité de Milan, avec ses magouilles, ses cris (on se dispute beaucoup parfois à mort mais parfois pour quelques minutes ou heures), ses réconciliations, sa pauvreté et les évènements des 50 dernières années comme les attentats et un fond de politique.
    Lila restera pour moi la vraie héroïne de ce récit, ne se révélant jamais totalement, une part de mystère continuera de l'entourer et elle n'a peut-être pas dit son dernier mot........... L'analyse des sentiments féminins des deux femmes est approfondie, sans concession parfois et du fait des deux protagonistes très différentes, cela offre un panel de possibilités infini. Je pense que pour leur génitrice, cela a du être très agréable de se glisser dans la tête de l'une et l'autre...... à moins que l'une ne soit que le double opposé rêvé ? Une sorte de Signora Jekyl and Signora Hyde. A chacun son héroïne !
    L'écriture est plaisante, le récit bien construit même s'il faut parfois se replonger dans le rappel en début de livre des différentes familles et leurs histoires.
    Les personnage sont représentatifs de la société italienne, avec ses faces obscures, cachées, mais aussi son langage, ses excès, sa chaleur et le tout est bien transcrit. On vit le quartier.
    Suite à cette lecture je ne suis pas sûre de me lancer à nouveau dans une lecture de saga car on se trouve "prisonnière" d'une histoire, trimbalée pour connaître la suite, la fin et moi qui aime être libre de mes choix, je me trouve liée et j'ai un doute sur l'utilité des 4 tomes ..... N'est-ce pas qu'une histoire de marketing ?

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  • Refermer ce dernier tome de cette série, c'est un peu comme dire au revoir a des amies. Des amies que l'on aurait vu grandir, aimer, se séparer, souffrir, vieillir.
    J'ai été tour à tour agacée puis émue par Lina, séduite ou irritée par Lenu, mais toujours charmée par cette lecture, embarquée...
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    Refermer ce dernier tome de cette série, c'est un peu comme dire au revoir a des amies. Des amies que l'on aurait vu grandir, aimer, se séparer, souffrir, vieillir.
    J'ai été tour à tour agacée puis émue par Lina, séduite ou irritée par Lenu, mais toujours charmée par cette lecture, embarquée dans un voyage inédit dans l'Italie de la seconde moitié du 20eme siècle et dans la belle décrépitude de Naples.
    Même si j'ai trouvé quelques longueurs dans ce dernier opus, je suis restée conquise par cette majestueuse saga. J'ai fait durer les dernières pages, savouré les dernières lignes, mais il a bien fallu se dire au revoir. A regret.

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  • Pour rappel, Elena et Lila sont deux amies d’enfance, nées en 1944 dans un quartier populaire de Naples. Au début de « L’amie prodigieuse », le premier tome, Lila, âgée de soixante-six ans, a disparu. Nous sommes en 2010 et Elena commence à raconter l’amitié naissante entre les deux petites...
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    Pour rappel, Elena et Lila sont deux amies d’enfance, nées en 1944 dans un quartier populaire de Naples. Au début de « L’amie prodigieuse », le premier tome, Lila, âgée de soixante-six ans, a disparu. Nous sommes en 2010 et Elena commence à raconter l’amitié naissante entre les deux petites filles. Elle cherche une explication à la disparition de son amie et poursuit sa narration au cours des trois volumes suivants.

    Dans « Le nouveau nom », puis « Celle qui fuit et celle qui reste », Elena parvient, grâce à sa brillante scolarité, à s’extraire de son milieu modeste et à intégrer la prestigieuse école normale de Pise. Elle devient écrivain, vit dans le nord de l’Italie puis épouse Pietro, un universitaire, et s’installe avec lui à Florence, où ils ont deux filles, Dede et Elsa. Quant à Lila, elle abandonne très vite l’école et, après un mariage raté avec Stefano, dont elle a un fils, elle travaille durement dans une fabrique de mortadelle où elle est exploitée, mais arrive à s’en sortir grâce à son caractère combatif. Elle s’installe ensuite avec Enzo et monte avec lui une entreprise informatique florissante et n’hésite pas à refuser de céder à la mafia contre sa protection.

    Ce quatrième volume enfin traduit en français sous le titre de « L’enfant perdue » débute dans les années soixante-dix. Elena, qui vient de quitter Pietro, part à Montpellier avec Nino, son grand amour de toujours, pour participer à un colloque universitaire… je ne vous en dévoilerai pas davantage puisque le roman vient de paraître !


    De ce dernier tome, j’ai retenu une citation qui me paraît emblématique :

    « Solo nei romanzi brutti la gente pensa sempre la cosa giusta, dice sempre la cosa giusta, ogni effetto ha la sua causa, ci sono quelli simpatici e quelli antipatici, quelli buoni e quelli cattivi, tutto alla fine ti consola ». (Storia della bambina perduta, p. 429 edizione originale).

    « Ce n’est que dans les mauvais romans que les gens pensent toujours la bonne chose, disent toujours la bonne chose, chaque effet a sa cause, il y a les gentils et les désagréables, les bons et les méchants, tout cela finit par te réconforter ». (L’enfant perdue p.429 édition originale.)


    Là se trouve la clé de toute la narration. Les personnages évoluent, ils ne sont jamais blancs ni noirs, et le lecteur évolue également au rythme de l’auteur : avez-vous toujours aimé l’une des deux amies et détesté l’autre ? C’est possible, mais moi non. Au contraire, mes sentiments ont beaucoup évolué au fil de la narration ; c’est en tout cas ce que j’ai ressenti (vous me direz ce que vous en pensez).

    Ainsi, Elena, qui me plaisait beaucoup au cours des deux premiers volumes, m’est-elle apparue comme davantage égoïste par la suite. Elle néglige souvent ses enfants, et les fait systématiquement passer après l’amour et après son travail. Inversement, Lila, qui j’avais d’abord perçue comme dure, jalouse, souvent centrée sur elle-même, m’est apparue sous un jour complètement différent dans ce quatrième tome. En réalité, chacune fait de son mieux, et selon les périodes de sa vie, y parvient plus ou moins bien. Le point commun étant qu’elles s’en sortent, sont fortes et indépendantes et que l’auteur ne porte jamais de jugement de valeur sur leurs erreurs.

    Ainsi, l’amitié n’est ni décriée, ni sur-valorisée. Elle est centrale, tout simplement :

    « Ogni rapporto intenso tra essere umani è pieno di tagliole e se si vuole che duri, bisogna imparare a schivarle ; »

    « Chaque relation intense entre êtres humains est pleine de pièges et si vous voulez qu’elle dure, vous devez apprendre à les éviter ; «


    Au-delà du récit de l’amitié de Lila et Elena, toute l’histoire de l’Italie contemporaine défile dans ce quatrième tome, de l’enlèvement d’Aldo Moro à la période berlusconienne, en passant par l’opération « mains propres » du début des années quatre-vingt-dix, et par la faillite du communisme et du socialisme italiens. Chacun des personnages se trouve impliqué politiquement, d’une façon ou d’une autre.

    On apprend beaucoup aussi sur la culture politique italienne, qui paraît proche de la nôtre mais qui peut être très différente ; c’est le cas du communisme à l’italienne, très différent du communisme français que nous avons connu dans les années soixante-dix et quatre-vingt. En Italie, les communistes étaient alors des intellectuels de haut niveau, engagés pour les travailleurs, mais restant toutefois entre eux : la famille Airota en est un bon exemple. Ils n’accepteront jamais totalement Elena. Fille du peuple, c’est un peu une « nouvelle intellectuelle », elle ne peut rivaliser, puisqu’elle n’a pas hérité des codes intellectuels de cette classe supérieure d’une façon traditionnelle, c’est-à-dire par transmission directe.

    Dans « L’enfant perdue », j’ai aussi beaucoup aimé la passion studieuse de Lila pour Naples, que j’ai vue comme un regret d’Elena pour ce qu’elle n’avait pas fait elle-même. Je me suis demandé longtemps, dans la dernière partie, comment Elena Ferrante allait mettre un terme à son récit. J’étais tellement prise dans l’histoire, habituée à vivre aux côtés des personnages, que j’aurais aimé qu’elle ne se termine jamais. Je me suis même demandée si Lila avait vraiment existé ou si elle n’était qu’une métaphore de ce que la vie d’Elena aurait pu être si elle n’avait pas étudié, si elle n’avait pas poursuivi ce destin intellectuel qui était le sien…

    La saga d’Elena Ferrante est aussi une réflexion sur le livre et la littérature. Elena se penche sur ses propres écrits. Elle mesure la distance entre elle-même et le monde qui l’entoure et le doute l’assaille inévitablement : la littérature est-elle vraiment en mesure de raconter le monde ?

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  • Une véritable addiction : on se laisse guider, entraîner, perdre dans la vie d'Elena Greco. Et pourtant il ne se passe pas grand chose de neuf par rapport aux autres tomes : elle travaille beaucoup, doute toujours autant, tente de vivre une relation amoureuse, élève ses enfants. Mais on la suit,...
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    Une véritable addiction : on se laisse guider, entraîner, perdre dans la vie d'Elena Greco. Et pourtant il ne se passe pas grand chose de neuf par rapport aux autres tomes : elle travaille beaucoup, doute toujours autant, tente de vivre une relation amoureuse, élève ses enfants. Mais on la suit, on veut connaître la suite : on la voit se débattre avec ses origines : origine de sa vie, de sa passion , de ses amours et amitiés et surtout de son retour au quartier. Malgré ses pérégrinations, j'ai trouvé que ce roman s'articulait plus que les autres autour d' épisodes importants( le tremblement de terre, la disparition de Tina, la mort de sa mère..) qui permettent à la narratrice de faire la lumière sur ce qu'elle est, même si elle persiste dans ses doutes.
    L'accent est de nouveau mis sur sa relation compliquée avec Lila , compliquée parce que le mystère perdure . Ce qui est sur, c'est qu'elles vont me manquer, elles et l'ambiance de Naples, de l'Italie de cette époque qu'on voit défiler .
    Une écriture fleuve dont la narratrice elle-même évoque les rouages notamment dans la fin .Bref j'ignore à quoi tient ce charme du roman : à l'écriture attrayante , au mystère des personnages , à la psychologie dont fait preuve la narratrice qui dissèque les faits et gestes des autres et tente d'expliquer leur sentiment...je n'ai pas trouvé la clef de ce mystère mais je me suis laissée porter avec plaisir.

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  • Voilà. C’est fini. J’ai achevé il y a deux semaines la lecture du dernier tome de L’amie prodigieuse : L’enfant perdue. Pendant près de deux ans, j’aurais suivi les vicissitudes et autres événements de la drôle de vie de Lila-Lina-Rafaella et de Lenù-Elena. Pendant près de deux ans, j’aurais...
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    Voilà. C’est fini. J’ai achevé il y a deux semaines la lecture du dernier tome de L’amie prodigieuse : L’enfant perdue. Pendant près de deux ans, j’aurais suivi les vicissitudes et autres événements de la drôle de vie de Lila-Lina-Rafaella et de Lenù-Elena. Pendant près de deux ans, j’aurais partagé avec mon entourage et à travers le blog cette addiction d’un genre nouveau. Pendant près de deux ans, j’aurais découvert le plaisir des sagas, moi qui n’avais jamais lu de roman-fleuve sur plusieurs volumes auparavant (je me suis bien rattrapée depuis : j’ai lu les trois tomes de Vernon-Subutex en deux mois et dans un autre style, j’ai lu les deux premiers tomes de La Passe-Miroir de Christelle Dabos en 2017).

    C’est terminé. Je ne pourrai plus me dire que, bientôt, je retrouverai le plaisir de suivre la véritable épopée de ces sacrés bouts de femmes. Mais l’histoire se termine comme elle a commencé : une disparition.

    La boucle est bouclée.

    Il va être difficile de ne pas se répéter, bien sûr, de ne pas redire le bonheur de retrouver l’Italie et ses géographies (même si j’ai trouvé un peu dommage de ne pas avoir su garder Naples, et le quartier des filles, comme un véritable protagoniste, ce qui était le cas dans L’amie prodigieuse), de retrouver ce foisonnement de personnages où se mêlent à l’envi l’italien des gens « comme il faut » et le dialecte d’une classe dite populaire, de retrouver ces belles réflexions politiques et féministes qui se poursuivent, qui évoluent, qui changent parfois de camp ; le bonheur de traverser –encore et encore- ces si beaux chemins de traverse qui en font des chemins de vie parcourus, le bonheur de voir qu’évidemment, avec l’âge, le caractère se complexifie, cherchant de plus en plus à se faire une place dans les tréfonds de l’âme humaine. Au-delà des plus de deux-mille pages retraçant la vie ordinaire, le quotidien des italiens pendant six décennies, il s’agit là d’une véritable épopée romanesque qui touche à l’essence même de l’existence de tout un chacun. Une épopée avec ses défauts bien sûr : il y a toujours certains passages plus poussifs, plus répétitifs et donc plus ennuyeux, comme si l’auteure était en mode « écriture automatique » avec sa machine bien (et trop ?) huilée. Je devrais même rajouter –si j’étais entièrement honnête avec moi-même- qu’à mon avis, il y a beaucoup plus de moments « moins passionnants » dans ce dernier tome et alors même que certains parlent de rythme trépidant ou de rythme effréné, ce sont précisément ces passages qui m’ont un peu déçue quant au style d’Elena Ferrante.

    Oui, je trouve que dans ce roman, elle a peut-être voulu aller trop vite ; oui, je suis un peu désolée de ne pas avoir retrouvé Naples comme un véritable personnage principal ; oui, l’écriture manque encore parfois d’aboutissement. MAIS…

    Reste le mystère de ce lien si fort entre ces deux femmes.

    L’essentiel ne peut pas toujours être dit, pas toujours être écrit. Et avec cette fin inattendue et très prenante (Parce que surprenante ? Parce resserrée, condensée ? Parce que plus humble dans l’écriture et dans le rapport à l’autre ?) où elle mêle l’allégorique, le symbolique et le quotidien « terre à terre » d’une vie approchant inexorablement de la porte de sortie, nous sommes emportés loin, dans les sombres profondeurs de cette relation unique, en nous laissant le soin d’en faire ce que bon nous semble. Chacun peut y lire des sentiments distincts, contradictoires, éloignés.

    C’est cela que j’aime le plus. Ce qui est sous-entendu, en filigrane… Ce qui, parfois, est là, en nous, avant même que nous en ayons conscience.

    Lisez Elena Ferrante, Lisez L’amie prodigieuse, Lisez les quatre tomes de L’amie prodigieuse. Je vous fais une promesse, dans le creux de l’oreille : vous allez les aimer, Lenù et Lila, autant qu’elle vous mettront hors de vous, qu’elles vous feront pleurer et rire ; elles vous surprendront, par leur culot ou leur manque de confiance, elles vous rendront impatients, vous tourmenteront et vous donneront du baume au coeur… Comme les gens qu’on aime.
    (chronique qui vient de mon blog: https://unbouquindanslapocheblog.wordpress.com/2018/03/21/lenfant-perdue-elena-ferrante/ )

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