L'amie prodigieuse t.3 ; celle qui fuit et celle qui reste

Couverture du livre « L'amie prodigieuse t.3 ; celle qui fuit et celle qui reste » de Elena Ferrante aux éditions Gallimard

4.421052631

19 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782070178407
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Après L'amie prodigieuse et Le nouveau nom, Celle qui fuit et celle qui reste est la suite de la formidable saga dans laquelle Elena Ferrante raconte cinquante ans d'histoire italienne et d'amitié entre ses deux héroïnes, Elena et Lila.
Pour Elena, comme pour l'Italie, une période de grands... Voir plus

Après L'amie prodigieuse et Le nouveau nom, Celle qui fuit et celle qui reste est la suite de la formidable saga dans laquelle Elena Ferrante raconte cinquante ans d'histoire italienne et d'amitié entre ses deux héroïnes, Elena et Lila.
Pour Elena, comme pour l'Italie, une période de grands bouleversements s'ouvre. Nous sommes à la fin des années soixante, les événements de 1968 s'annoncent, les mouvements féministes et protestataires s'organisent, et Elena, diplômée de l'École normale de Pise et entourée d'universitaires, est au premier rang. Même si les choix de Lila sont radicalement différents, les deux jeunes femmes sont toujours aussi proches, une relation faite d'amour et de haine, telles deux soeurs qui se ressembleraient trop. Et, une nouvelle fois, les circonstances vont les rapprocher, puis les éloigner, au cours de cette tumultueuse traversée des années soixante-dix.
Celle qui fuit et celle qui reste n'a rien à envier à ses deux prédécesseurs. À la dimension historique et intime s'ajoute même un volet politique, puisque les dix années que couvre le roman sont cruciales pour l'Italie, un pays en transformation, en marche vers la modernité.

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  • 0.25

    Une saga qui s'intensifie à chaque tome, j'ai laissé une critique plus détaillée sur le Tome 1. Impatiente du final à venir!

    Une saga qui s'intensifie à chaque tome, j'ai laissé une critique plus détaillée sur le Tome 1. Impatiente du final à venir!

  • 0.25

    Ahhhhh la saga d'Elena Ferrante et son petit goût d'Italie, cette amitié si unique, ce quartier typique Napolitain...voilà presque un an que je l'ai quitté et pourtant c'est toujours avec le même plaisir que de renouer le contact avec ses personnages et cette ambiance toute populaire. Après les...
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    Ahhhhh la saga d'Elena Ferrante et son petit goût d'Italie, cette amitié si unique, ce quartier typique Napolitain...voilà presque un an que je l'ai quitté et pourtant c'est toujours avec le même plaisir que de renouer le contact avec ses personnages et cette ambiance toute populaire. Après les deux premiers opus, l'un sur l'enfance et adolescence et l'autre sur la jeunesse, celui-ci aborde une époque intermédiaire, soit l'âge de la maturité. Plus politique, social et féministe, le troisième tome confirme les caractères dissociés et la rupture consommée entre Elena et Lina. Alors que l'une rêve encore à améliorer sa condition et soif de reconnaissance, l'autre se débat dans une éternelle recherche de soi. Alors qui reste et qui part? Celle qui fuit vaut-elle mieux que celle qui reste? Et si finalement les rôles étaient inversés? 

    De Milan à Naples en passant par Florence, Elena la narratrice reprend le fil de son amitié avec Lila dans une fresque qui cette fois-ci débute dans les années 60 pour se poursuivre pendant près de dix ans. Diplômée et fiancée elle poursuit sa quête de réussite et d'ascension sociale grâce à la publication de son livre qui jouit d'un succès retentissant. Travaillant toujours à l'usine de salaison, le destin de Lila bascule dans un marasme politique où Pasquale et Nadia l'entraîne malgré elle. Alors qu'Enzo ambitionne à devenir programmeur informatique et que Gennaro grandit, Lila semble plus fragile que jamais. Les deux jeunes femmes vont-elles retrouver leur complicité d'antan? Leur amitié survivra-t-elle au temps, aux unions et désunions, à la violence des mots et des actes? Dans un tourbillon d'amour et de haine, le quartier et ses habitants se transforment sous notre regard avide de curiosité.

    Dans la continuité de cette amitié sous haute tension si particulière, les liens se font et se défont, toujours. D'un réalisme des sentiments époustouflant et d'une plume lyrique, Elena Ferrante pousse ses personnages aux questionnements jusque dans leurs retranchements. La variation des personnages est saisissante, évoluant avec leur temps comme avec l'apparition de la pilule ou la libération sexuelle.

    La condition féminine, pan important de cet opus, souligne une volonté de l'auteure à faire entendre différentes opinions et libérer la parole de la femme. Le mariage, les enfants, le divorce comme la sexualité ont autant d'importances que le volet politique associé à la violence des situations. Fascinée par la liberté de penser et d'analyser la sexualité, le corps et le rapport aux hommes et la maternité dont fait preuve Elena, j'ai été séduite par sa clairvoyance comme ses malentendus.

    Roman sur l'échec et la réussite, la violence rurale, l'enfant devenu adulte, l'amitié bien sûr mais aussi l'inimitié, ce roman est à la hauteur de l'attente du lecteur! Le pouvoir politique, accentuant un sentiment de lenteur très présent au début, n’entache en rien cette lecture passionnante! Roman rare, l'attente du lecteur est toujours aussi vive...hâte de découvrir le dernier tome pour enfin savoir ce qu'est devenue la Lila vieillie? Elena sera-telle retrouver son amie? En attendant vous pouvez littéralement dévorer des petits beurres aux quatre épices et savourer un café latte...patience, sortie du quatrième et dernier tome courant janvier 2018!
    http://bookncook.over-blog.com/

  • 0.2

    C'est avec plaisir que j'ai retrouvé les deux amies Lila et Elena qui ont bien grandi, on les suit dans l'Italie des années 70 qui bruisse de révolution ouvrière, on en sent toute la violence dans les pages de ce roman. J'ai beaucoup aimé découvrir cette histoire de l'Italie que je ne...
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    C'est avec plaisir que j'ai retrouvé les deux amies Lila et Elena qui ont bien grandi, on les suit dans l'Italie des années 70 qui bruisse de révolution ouvrière, on en sent toute la violence dans les pages de ce roman. J'ai beaucoup aimé découvrir cette histoire de l'Italie que je ne connaissais pas, j'ai aimé retrouvé les personnages qui ont grandi et prennent des chemins différents. Elena m'a tout d'abord agacé par son comportement à toujours voir le côté noir des choses et au fur et à mesure m'a étonné par ses décisions (même si j'avoue mettre douté de la fin du roman...), j'ai hâte de lire le dernier tome!

  • 0.25

    Ce livre est vraiment mon coup de cœur de l'année !
    "Celle qui fuit et celle qui reste" est le troisième tome de la série l'Amie Prodigieuse. Cette histoire se déroule des années 50 aux années 80, en Italie et plus particulièrement à Naples. L'auteur raconte de façon autobiographique son...
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    Ce livre est vraiment mon coup de cœur de l'année !
    "Celle qui fuit et celle qui reste" est le troisième tome de la série l'Amie Prodigieuse. Cette histoire se déroule des années 50 aux années 80, en Italie et plus particulièrement à Naples. L'auteur raconte de façon autobiographique son histoire depuis le milieu pauvre de Naples, ses rencontres, en particulier son amitié forte avec Lila, son environnement, jusqu'à ses études et enfin son mariage et sa vie de famille. L'écriture est belle, on est totalement plongé dans l'histoire, dans l'Italie de l'après-guerre avec sa pauvreté, la présence encore forte du fascisme, le modèle patriarcal fort, la difficulté pour une fille de sortir de cadre et d'un destin écrit à l'avance.
    On a l'impression de lire le journal intime d'une amie, c'est sincère et poignant.

  • 0.2

    Dans ce troisième opus nos deux héroïnes découvrent les difficultes du monde du travail et les mouvements sociaux qui ont ébranlé l'Italie à la fin des années soixante ainsi que les affres de la maternité et de la vie de couple. Pendant que Lina rebondit et remonte en grâce, Lenu elle connaît un...
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    Dans ce troisième opus nos deux héroïnes découvrent les difficultes du monde du travail et les mouvements sociaux qui ont ébranlé l'Italie à la fin des années soixante ainsi que les affres de la maternité et de la vie de couple. Pendant que Lina rebondit et remonte en grâce, Lenu elle connaît un passage à vide et s'iegeind peu à peu dans une vie de famille ou elle ne s'épanouit pas.
    Même si j'ai moins été transportée que par le précédent tome, cet ouvrage m'a plu et jài eu du mal à le lâcher avant la dernière page. Comme il va être long d'attendre la dernière partie de cette série!

  • 0.2

    On attend la fin avec impatience.

    On attend la fin avec impatience.

  • 0.15

    Je donnerai mon avis sur la trilogie puisque je viens de lire les 3 : je suis à bout de souffle! Je ne suis pas excessivement déçue mais plutôt circonspecte et un tantinet agacée : quel message ( s'il y en a un) a voulu nous faire passer Elena Ferrante ?
    Certes, l'Italie des années 50 n'est que...
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    Je donnerai mon avis sur la trilogie puisque je viens de lire les 3 : je suis à bout de souffle! Je ne suis pas excessivement déçue mais plutôt circonspecte et un tantinet agacée : quel message ( s'il y en a un) a voulu nous faire passer Elena Ferrante ?
    Certes, l'Italie des années 50 n'est que misère et violence, la décennie suivante voit s'installer une confrontation sans merci entre archaïsme et révolution économique et sociale ; et ceci est assez bien exprimé dans ce roman.
    Mais était-il absolument nécessaire de l'alourdir par des personnages ou mièvres ou violents et l'agrémenter de passages épicés pour accrocher le lecteur ?? Moi, c'est ce qui m'aurait bien fait décrocher...

  • 0.2

    Rendez-vous compte ! J’ai profité de quelques jours de vacances avec ma cousine qui avait eu la chance de recevoir comme cadeau d’anniversaire le tome 3 de L’amie prodigieuse pour la sommer de terminer sa lecture avant son départ. Je la scrutais, un peu plus chaque jour, me faisant presque...
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    Rendez-vous compte ! J’ai profité de quelques jours de vacances avec ma cousine qui avait eu la chance de recevoir comme cadeau d’anniversaire le tome 3 de L’amie prodigieuse pour la sommer de terminer sa lecture avant son départ. Je la scrutais, un peu plus chaque jour, me faisant presque insistante quand je la trouvais devant un moment d’oisiveté totale alors qu’elle n’avait pas encore terminé son roman (Mais, mais… Comment osait-elle ?). Car il m’était impossible de m’imaginer bredouille au moment de son départ, comme un beau Paris-Brest (ça marche aussi avec les religieuses au chocolat) qu’on vous mettrait sous le nez mais que vous n’auriez pas le droit de manger. Ma cousine reprenait la route un jeudi matin, très tôt : sa lecture prit fin un mercredi en toute fin d’après-midi et je revois encore ce grand moment de frustration de ne pouvoir échanger avec moi une fois la dernière page tournée parce qu’elle avait envie de partager ce bonheur de lecture tout de suite, ma cousine ! Plus égoïstement, c’est au même moment que je me dis en mon for intérieur : « je vais bientôt pouvoir goûter à nouveau à ce délicieux dessert, moi aussi ».
    Cela étant dit, comment faire pour ne pas me répéter après avoir déjà commenté L’amie prodigieuse et Le nouveau nom ? Oui, il y aura forcément des récurrences, quelques redites…
    Tout d’abord, parce que, comme pour les deux premiers tomes, le premier chapitre de Celle qui fuit et celle qui reste est consacré au passé proche et au présent de narration (et sert une nouvelle fois de prologue) ; le temps de quelques pages, nous sommes entre deux-mille cinq et deux-mille dix.
    Et puis, parce qu’on y retrouve une nouvelle fois tous les thèmes qui m’avaient déjà passionnée : le rôle crucial du quartier de l’enfance qu’aucune des deux protagonistes n’arrive vraiment à quitter, malgré ce que l’on pourrait croire en apparence car finalement, même celle qui est censée « fuir », Elena, finit toujours par y revenir : par une visite inattendue d’anciens amis dudit quartier, par un pas qui se fait parfois claudiquant comme celui de sa mère, par un voyage inéluctable à Naples.
    Nous sommes à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix et l’on continue de suivre cette histoire de l’Italie avec ses années de plomb et sa violence omniprésente, avec ses actions terroristes qu’elles soient d’extrême-gauche ou d’extrême-droite, avec une contestation estudiantine et ouvrière de plus en plus forte, avec la naissance du mouvement de libération des femmes : tout est politique dans cet univers, tout y est politique et tout y est impétueux. A cela se mêle forcément le thème de la condition sociale, inhérent à cette saga et faisant partie intégrante de son ADN, de ce fatalisme inexorable, comme s’il était impossible de s’affranchir de ses origines.
    Et puis, et puis il y a ce lien d’amitié si particulier entre Raffaella et Elena, entre Lila et Lenù. On pourrait croire que tout les sépare puisqu’il y a celle qui veut fuir quand l’autre veut revenir, puisqu’il y a les rondeurs qui continuent de s’arrondir quand l’autre n’a plus que la peau sur les os, puisqu’il y a une résignation désolante à être « mère au foyer » quand l’autre refuse même l’idée de reformer un couple ou une famille mais cette opposition n’est qu’une apparence, à mon avis, comme la première strate d’une lecture à plusieurs niveaux. D’après moi, les deux héroïnes aspirent secrètement à la même reconnaissance, ont la même soif de connaissance, de liberté et ont toutes les deux les mêmes difficultés à nommer ces désirs, font toutes les deux des choix qu’elles portent comme un fardeau et chacune semble subir sa propre vie. Et qu’importe si leurs chemins ne se croisent presque plus, qu’importe si l’une entre de plein pied dans le monde intellectuel bourgeois alors que l’autre a du mal à quitter son monde ouvrier et populaire, elles ne font qu’une. Et, dans ce troisième tome, on s’aperçoit que cela –le fait qu’elles ne fassent qu’une- est peut-être lié à la place centrale d’un troisième personnage, toujours présent (plus ou moins en filigrane) depuis le début.
    Je n’évoquerai que très peu le style, qui souffre à mon goût des mêmes travers que dans les livres précédents : l’écriture est parfois un peu « poussive », trop répétitive mais, par contre, je trouve que ces deux portraits se font de plus en plus précis et contrastés : Oui, l’être humain est multiple et plein de contradictions. Elena Ferrante, dans ce troisième volume, donne davantage de place à l’individu, qui tente sans doute de se construire grâce à soi et qui voudrait pouvoir se détacher de sa communauté, de son « groupe ».
    Mais sérieusement ? Il va falloir attendre octobre pour se replonger une dernière fois dans ce récit au long cours ?
    (chronique qui vient de mon blog : https://unbouquindanslapocheblog.wordpress.com/2017/05/27/celle-qui-fuit-et-celle-qui-reste-elena-ferrante/ )

  • 0.2

    Après L'amie prodigieuse puis Le nouveau nom, voila enfin le troisième tome de cette tétralogie napolitaine écrite sous pseudonyme (la révélation de sa véritable identité en octobre 2016 - non confirmée toutefois- fait-elle partie du buzz autour du livre ?
    Ce nouvel opus de la saga plonge cette...
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    Après L'amie prodigieuse puis Le nouveau nom, voila enfin le troisième tome de cette tétralogie napolitaine écrite sous pseudonyme (la révélation de sa véritable identité en octobre 2016 - non confirmée toutefois- fait-elle partie du buzz autour du livre ?
    Ce nouvel opus de la saga plonge cette fois au coeur de l'Italie de la fin des années 1960, au moment où commencent les "années de plomb" pendant lesquelles les partis extrémistes (communistes et fascistes) se mèneront une guerre violente marquée par les attentats. Années 1970 marquées par des révolutions multiples : vie ouvrière et conditions de travail, révolte contre la bourgeoisie, balbutiements de l'émancipation féminine.
    A Naples où se déroule le roman et où la Camorra règne, la tension ne peut que s'exacerber...
    Une tension politique et sociale qui semble révéler une fracture dans l'amitié entre Elena-Lenù et Raffaella-Lina, d'autant que les deux jeunes femmes ont des points de vue divergents sur la condition féminine.


    Si la narration est toujours aussi dense (la sensation d'étouffement n'est pas loin) et aussi captivante, et si j'ai été passionnée par la manière qu'a l'auteur de conter l'histoire de l'Italie, je me suis un peu agacée de l'attitude d'Elena.
    Alors qu'elle semble satisfaite d'avoir réussi sa vie (ce qui consiste pour elle à avoir réussi à trouver un mari intelligent avec une situation reconnue et issu d'une famille aisée, à jouir de la célébrité consécutive à la parution de son roman pour se retrouver parmi des personnes "en vue" et qui la flattent...), elle se retrouve à ressasser sans cesse son infériorité par rapport à Lina.
    Jamais contente, toujours frustrée, elle s'englue dans une vie grise, donne l'impression de toujours devoir faire un effort pour être à la hauteur des gens qu'elle côtoie alors que Lina parait plus libre (mais à quel prix !?), déjà affranchie de tout ce qui emprisonne la femme italienne de cette époque...
    Ne reste plus qu'à attendre le tome 4 pour voir à quoi le coup de folie d'Elena va la mener !

  • 0.25

    Je connais un excellent remède contre la déprime hivernale. Il a pour nom L’Amie prodigieuse et vous guérira sans aucun effet secondaire. En revanche, il faudra vous préparer à un marathon de lecture, surtout si vous décidez de commencer la saga par le tome I (Avec la parution du troisième...
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    Je connais un excellent remède contre la déprime hivernale. Il a pour nom L’Amie prodigieuse et vous guérira sans aucun effet secondaire. En revanche, il faudra vous préparer à un marathon de lecture, surtout si vous décidez de commencer la saga par le tome I (Avec la parution du troisième volume, Celle qui fuit et celle qui reste, les deux premiers sont désormais disponibles en poche chez Folio).
    Rien ne vous empêche toutefois de commencer avec le volume II, voire avec le volume III car Elena Ferrante est comme le bon vin, elle se bonifie au fur à et mesure.
    Partant de ce principe, la rédaction du magazine Lire va devoir se préparer à décerner pour la seconde année consécutive son prix du meilleur roman de l’année à l’auteur qui veut rester anonyme puisque Le Nouveau nom a été couronné en 2016 et qu’à mon sens Celle qui fuit et celle qui reste est jusqu’à présent le meilleur des trois… en attendant le quatrième et dernier tome de la série !
    Mais commençons par le commencement et L’amie prodigieuse qui nous entraîne dans le Naples des années 50. C’est là que va naître une indéfectible amitié – même si elle va subir de nombreux accrocs – entre Elena Greco, dite Lenù ou Lenuccia, la narratrice, et Rafaella Cerullo, dite Lina ou Lila. Deux gamines qui vivent dans un quartier pauvre de la ville et que nous verrons grandir jusqu’à l’adolescence.
    Grâce au choix de deux filles au passé, à la famille et à la psychologie bien différente, le classique roman de formation prend une dimension sociale, voire politique. Lina la petite rebelle aime bien provoquer et prendre des initiatives, mais aussi profiter de son statut d’élève surdouée pour vouloir tout régenter. Lenù la timide semble se complaire dans le rôle de suivante, même si – aiguillonnée par son amie – elle va également réussir sa scolarité. Alors que Lina se transforme en femme fatale et va davantage s’intéresser aux garçons qu’à ses études, Elena tente de cacher ses rondeurs et son acné derrière des lunettes d’intellectuelle.
    Voici venu le moment de dire que de nombreux personnages, pas si secondaires que cela puisqu’on va en retrouver beaucoup dans les volumes suivants, viennent enrichir le roman et le rendre quelquefois aussi un peu difficile à suivre.
    Choisissons-en quelques-uns dans la famille de Lila pour commencer. La jeune fille rêve de sortir de la misère en imaginant que son père cordonnier pourrait ouvrir une boutique de chaussures de luxe que son frère Rino aurait créées.
    Sa mère, dont le rôle le plus joyeux semble être de surveiller sa progéniture avec extrême rigueur. Le père de Lenù est appariteur à la mairie de Naples, sa mère peut être apparentée à une sorcière. Ajoutons-y Don Achille, à qui on confiera le rôle de l’ogre, Mme Oliviero l'institutrice qui sera la bonne fée, Donato Sarratore dont le métier ne cheminot ne va pas enpêcher de taquiner la muse, Pasquale le maçon communiste, Antonio le mécanicien courageux et Stefano le charcutier-épicier qui va jeter son dévolu sur Lina et finir par l’épouser.
    La noce qui clôture ce premier tome restera sans doute longtemps dans votre mémoire, notamment en raison de la présence de deux frères qui vont s’inviter à la fête.

    * * * * * * * *

    Avec Le Nouveau nom nous avons basculé dans les années soixante. Lina semble devoir être la reine du quartier, mais on comprend assez vite que sa nouvelle vie de couple n’est pas précisément ce à quoi elle aspirait : «Si rien ne pouvait nous sauver, ni l’argent, ni le corps d’un homme, ni même les études, autant tout détruire immédiatement. »
    Voilà Lina jalouse de Lenù qui continue à suivre ses études et n’a pourtant pas non plus une vie facile. Si le parcours des deux amies semblent les éloigner l’une de l’autre, elles vont finir par se retrouver pour des vacances communes à Ischia. C’est là, dans un décor idyllique au bord de la mer, qu’Elena Ferrante a choisi de nous offrir l’épisode choc de ce second tome. On y verra la grandeur et surtout la décadence de la belle Lila et la chrysalide Lenù se transformer en papillon et entamer la danse de la séduction, empruntant par la même occasion les habits de la Fée bleue. Cette histoire, imaginée par Lila et saluée par Mme Oliviero, est le symbole de leurs parcours croisés. Lila aurait dû être écrivain, mais c’est Lenù qui endosse le rôle et va chercher à devenir une intellectuelle reconnue, une bourgeoise établie, même si elle promène aussi un sentiment de culpabilité vis à vis de cette amie-ennemie. Car on le sait bien, qui aime bien châtie bien.
    Il n’est par conséquent pas étonnant de voir ce second tome se clore sur une double naissance: celui d’un fils pour Lila, celui d’un livre pour Elena.

    * * * * * * * *
    Comme je l’ai souligné en introduction de cette chronique qui présente les trois tomes de cette saga, Celle qui fuit et celle qui reste est une superbe réussite et peut très bien se lire sans avoir mis le nez dans les deux premiers tomes, d’autant que l’auteur nous offre un résumé et la galerie des personnages dès le début du récit. Nous sommes désormais au seuil des années 1970, au moment où il semble bien que l’amitié entre Elena et Lila a volé en éclats. Éloignées géographiquement et sentimentalement, les deux femmes ont désormais des trajectoires diamétralement opposées, même si leur aspiration à la liberté reste toujours aussi forte et aussi difficile. Après la parution de son roman, Elena va rejoindre son fiancé Pietro à Florence, tandis que Lila, qui a réussi à se séparer de son mari violent, doit subvenir à ses besoins et à ceux de son fils Gennaro en travaillant dans une usine de charcuterie non loin de chez elle, en banlieue napolitaine. Alors que l’une tente d erefaire sa vie avec Enzo, l’autre essaie d’oublier le beau Nino. Autour d’elles, l’Italie est aussi en train de basculer dans la violence, les révoltes étudiantes et les années de plomb.
    La grand talent d’Elena Ferrante – et c’est sans doute ce qui rend son roman aussi addictif – est justement de parvenir à faire de petits détails biographiques un matériel historique qui nous permet de littéralement «vivre» la période traversée. L’influence de la camorra dans les quartiers populaires de Naples, les tensions entre groupuscules fascistes et révolutionnaires d’extrême-gauche sont ici incarnées, tout comme le machisme que l’on dépeint trop souvent comme ordinaire et qui aliène pourtant la presque totalité des femmes, y compris lorsqu’elles ont un statut social plus élevé.
    Rendez-vous à la rentrée littéraire de septembre pour découvrir L’Enfant perdue, le dernier volet de cette tétralogie.
    http://urlz.fr/4Ieh

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