• Un vrai coup de cœur, un roman qui m’a percutée de plein fouet, un livre que j’ai lu d’une traite et qui m’accompagne encore alors que je l’ai refermé.
    Le monde de la narratrice, jamais nommée, une petite fille de 10 ans et de son petit frère, Gilles, 6 ans, est tout sauf aseptisé. Un pavillon de banlieue dans un quartier terne, gris dont le nom est Démo (à une lettre près, démon…), une famille en apparence normale mais à l’intérieur, une pièce est réservée aux trophées de chasse du père, dont une hyène empaillée qui hante les enfants de ses yeux jaunes. Le ton est donné et on devine que ce semblant de normalité va, à un moment ou un autre voler en éclat. Une bombe à chantilly va être le catalyseur.
    Le père est violent, indifférent aux enfants, il bat sa femme à la moindre contrariété. La seule émotion qu’il manifeste est due à l’écoute de Claude François ; la mère est soumise, sans volonté, surnommée l’amibe par sa fille qui la méprise. Les enfants tentent de survivre dans cette atmosphère délétère en se créant leur petite bulle à eux.
    Un terrible accident dont ils sont témoins fait exploser cette bulle : Gilles, le petit garçon, devient absent, comme vidé de tout sentiment ; il devient cruel avec les animaux, s’éloigne de sa sœur, se rapproche de son père auquel il commence à ressembler. La narratrice va se battre pour sauver son frère, pour qu’il retrouve l’innocence, le sourire, la joie d’avant le drame mais aussi se sauver elle-même. Elle s’échappe de cette atmosphère étouffante en se passionnant pour la physique quantique dans laquelle elle excelle mais son père n’accepte pas qu’elle échappe à son emprise. Pour son père, elle n’est qu’une fille qu’il faut soumettre, une proie, ce qu’elle sera d’ailleurs physiquement au cours d’une partie de chasse.
    On suit son combat pendant 5 ans, le développement de sa volonté, de sa hargne, de son désir, de son amour pour son petit frère.
    Le rapport aux animaux, à leur vie et à leur mort, est omniprésent dans ce roman et est symbolique de la relation aux autres ; le père ne les voit que comme des proies à abattre, le fils comme des jouets de sa cruauté alors que la mère trouve auprès d’eux l’amour dont elle est privée dans sa famille et que la fillette fait d’une chienne, Dovka, sa compagne, sa confidente.
    On est happé, sonné par la force de ce roman au climat lourd, lugubre, malsain et dérangeant. L’écriture est tellement tendue, ciselée, percutante qu’on sait que la violence va apparaître et le lecteur est aussi tendu que l’écriture. Le style est âpre mais il sait se faire doux lorsque la fillette évoque son petit frère. Et pourtant, ce roman se termine sur l’espoir : la fille se rapproche de sa mère car co

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus

Où trouver ce livre en librairie ?

Service proposé en partenariat avec Place des Libraires

Discussions autour de ce livre

Il n'y a pas encore de discussion sur ce livre

Soyez le premier à en lancer une !

Forum

Afficher plus de discussions

Récemment sur lecteurs.com