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La vision de Bacchus

Couverture du livre « La vision de Bacchus » de Jean Dytar aux éditions Delcourt
Résumé:

Venise 1510. Giorgione est sur le point de mourir de la peste. Il jette ce qui lui reste de force dans un ultime tableau, hommage à sa première émotion picturale. Le récit plonge dans les méandres du passé de Venise en quête de cette référence disparue. Il se confronte à la question que tout... Voir plus

Venise 1510. Giorgione est sur le point de mourir de la peste. Il jette ce qui lui reste de force dans un ultime tableau, hommage à sa première émotion picturale. Le récit plonge dans les méandres du passé de Venise en quête de cette référence disparue. Il se confronte à la question que tout peintre se pose : comment faire surgir sur une surface plane le mystère bouleversant d'une présence ?

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Avis (6)

  • Immergez au cœur de Venise au XVème siècle, à la rencontre des grands peintres de la Renaissance.
    " La Vision de Bacchus " est le second opus de Jean Dytar paru aux Editions Delcourt dans la collection Mirages en 2014.
    Venise, 1510. Giorgione souffre de la peste. Mais il est déterminé à...
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    Immergez au cœur de Venise au XVème siècle, à la rencontre des grands peintres de la Renaissance.
    " La Vision de Bacchus " est le second opus de Jean Dytar paru aux Editions Delcourt dans la collection Mirages en 2014.
    Venise, 1510. Giorgione souffre de la peste. Mais il est déterminé à achever un tableau très spécial...
    p. 7 : " Un feu brûle en moi... Je ne sais pas si vous pouvez comprendre ce que c'est... la sensation d'être en mesure de créer quelque chose de grand. De beau. De vivant."
    Janvier 1475. Antonello de Messine est un grand peintre.
    p. 32 : " C'est l'effet de présence dont est capable la peinture que nous recherchons tous deux... Et le genre de relation intime que cet effet peut produire sur celui qui la contemple. "
    Son talent ne tarde pas à se faire connaître, grâce à une technique de production de portrait dont il est l'initiateur. Le Duché de Milan lui propose même de devenir leur peintre officiel.
    p. 42 : " Vous savez ce qu'on dit ? ... Antonello de Messine aurait refusé une proposition à Milan pour affronter Bellini sur son territoire : les églises de Venise !"
    Mais les propositions pleuvent, et Antonello accepte de réaliser une œuvre bien différente cette fois.
    p. 50 : " C'est pourquoi j'ai besoin de vous Antonello ! Fixez la beauté d'Anna pour l'éternité. "
    Dans cette bande dessinée, Jean Dytar utilise un concept graphique directement puisé chez les peintres du Quattrocento.
    L'auteur met en avant la notion de "présence" à travers la peinture de la Renaissance italienne.
    Le lecteur est capté par la finesse du trait et ce jeu d'ombres et de reliefs, caractérisé par une colorisation douce et efficace.
    Un bel ouvrage !

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  • J'ajouterai juste, suite aux excellents commentaires qui ont été faits sur cette BD, que c'est une petite merveille qui aiguise la curiosité. A peine l'album refermé, on cherche à en savoir un peu plus sur les peintres majeurs de la renaissance italienne, et à contempler la dernière œuvre de...
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    J'ajouterai juste, suite aux excellents commentaires qui ont été faits sur cette BD, que c'est une petite merveille qui aiguise la curiosité. A peine l'album refermé, on cherche à en savoir un peu plus sur les peintres majeurs de la renaissance italienne, et à contempler la dernière œuvre de Gorgione "La vénus endormie".

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  • La vision de Bacchus Jean Dytar


    Le titre semble décalé de la première impression que l’on a : un style un peu naïf aux couleurs sépia, terre de sienne, qui nous plongent entièrement dans le décor Vénitien de la Renaissance. Les personnages ont réellement existé pour la plupart et les...
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    La vision de Bacchus Jean Dytar


    Le titre semble décalé de la première impression que l’on a : un style un peu naïf aux couleurs sépia, terre de sienne, qui nous plongent entièrement dans le décor Vénitien de la Renaissance. Les personnages ont réellement existé pour la plupart et les ambiances picturales reposent sur des reproductions de tableaux réels. Les décors sont à la fois épurés et riches. Il ne manque plus que les bruits de la rue et la musique d’époque pour y être vraiment.
    Début en 1510 où l’on voit le peintre Giorgione, son élève Tiziano (Le Titien) et son maître Bellini. Giorgione est atteint de la peste, sa fin est proche.
    Une analepse nous ramène en 1475 où le personnage principal : Antonello de Messine débarque à Venise. Il apporte avec lui ses secrets de techniques picturales dont une, très novatrice. Son talent de portraitiste le fait très vite remarquer et une rivalité nait entre lui et Bellini.
    Il a les faveurs de la belle et libertine Claudia qui s’offre à lui, premier petit clin d’œil à Bacchus …
    Puis l’intrigue se met en place avec une commande qui lui est adressée pour un portrait de femme : Anna, qui doit être à la fois idéalisée, sublime et d’une charnelle évocation. Antonello, tout en continuant d’honorer des commandes pieuses, se plonge à corps perdu dans cette œuvre.
    La suite est une belle immersion dans le monde torturé de la création artistique jusqu’à ce qu’il ait une révélation qui nous fera comprendre le titre. Il va aller jusqu’au bout de sa passion, picturalement, sensuellement, et même charnellement …
    Les rebondissements sont nombreux, inattendus et bienvenus pour nous tenir en haleine jusqu’à la fin.
    La symbolique de la vision est omniprésente dans une grande partie de l’ouvrage ; il suffit d’être attentifs dans une lecture à plusieurs niveaux. Antonello et Giorgione par leurs tableaux, Anna, par l’intermédiaire d’un miroir, chacun dans leur parcours de vie en seront frappés.
    L’ouvrage nous ramènera en 1510 pour nous livrer les clefs de l’intrigue et la fin … d’une tragique beauté.


    Michel Ramadier

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  • « La Vision de Bacchus » paru le 19 février dernier est le deuxième album, après «Le Sourire des Marionnettes » de mai 2009, créé de bout en bout par Jean Dytar.
    Cet auteur travaille seul et ce n’est qu’après des recherches approfondies qu’il élabore son scénario, dessine et monte ses planches....
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    « La Vision de Bacchus » paru le 19 février dernier est le deuxième album, après «Le Sourire des Marionnettes » de mai 2009, créé de bout en bout par Jean Dytar.
    Cet auteur travaille seul et ce n’est qu’après des recherches approfondies qu’il élabore son scénario, dessine et monte ses planches. Pour permettre au lecteur de mieux saisir la portée artistique et historique de l’histoire, une liste des œuvres référencées est même proposée en fin d’ouvrage.
    Cet album, au-delà de présenter la vie de Giorgione agitée par des secrets de famille dans l’Italie de la Renaissance, traite des vraies questions qui ont taraudé les grands peintres de cette époque : la recherche de la perfection picturale, la façon de donner vie au modèle, la permanence de la couleur et de la lumière émanant de la toile.
    L’autre force de ce recueil est la présentation que nous propose Jean Dytar de cet univers dans lequel évoluaient les artistes en ce début de XVI° siècle dans le Duché Vénitien. Que ce soit le rapport avec les puissants, les commandes des nobles et des princes, ou la vive animation qui régnait dans l’atelier des grands peintres, rien ne semble lui avoir échappé. Cette volonté d’offrir un maximum d’éléments au lecteur pour plonger et s’immerger totalement dans l’ambiance de l’histoire racontée est un atout majeur du livre. Les vignettes sont toutes dessinées avec précision et baignent dans une lumière où le clair-obscur domine. L’auteur excelle dans sa capacité à faire évoluer ses personnages et à faire surgir sur leurs visages les affres du temps.
    Sans vouloir dévoiler les dessous de l’intrigue, il faut reconnaître que l’auteur nous entraîne habilement avec lui pour nous dévoiler progressivement, un à un, les petits et grands secrets qui ont lié Antonello de Messine à Giorgio de Castelfranco dit Giorgione, sous l’œil éveillé du maître Bellini. Le seul petit bémol que je mentionnerai, concerne les dialogues échangés entre les personnages. Le texte est assez basique et très peu élaboré, ce qui est d’autant plus frappant que tous les autres éléments, iconographiques, historiques et artistiques relèvent d’une telle attention épistémologique.
    Pour conclure, je dirai de cet album qu’il parvient avec délicatesse à nous transporter tout au long de ces 126 pages, dans le monde foisonnant de l’Italie de la Renaissance. Et envers et contre tout, il parvient à nous transmettre successivement les différents ressentis des différents personnages sans jamais tomber dans la caricature ou l’excès.

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  • Cette BD nous introduit dans l'intimité des peintres de la renaissance à Venise au 16ème siècle. A travers plusieurs personnages, dont nous découvrons à la fin ce qui les relie, Jean Dytar construit une belle histoire sur l'amour de la peinture, mais aussi sur l'amour filial ou encore l'amour...
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    Cette BD nous introduit dans l'intimité des peintres de la renaissance à Venise au 16ème siècle. A travers plusieurs personnages, dont nous découvrons à la fin ce qui les relie, Jean Dytar construit une belle histoire sur l'amour de la peinture, mais aussi sur l'amour filial ou encore l'amour tout court.
    Le personnage principal, celui autour duquel tout converge, est un peintre talentueux, Antonello de Messine, personnage qui a réellement existé et qui laissé des toiles célèbres, reproduites en partie dans cette BD. Jean Dytar s'inspire de la vie de ce peintre pour construire son récit. Il imagine qu'à son arrivée à Venise, après avoir vécu en Sicile, Antonello suscite la curiosité de ses pairs par son talent et les secrets de fabrication qui entourent ses tableaux. En effet, ses portraits, étonnants de maîtrise et de dextérité, forcent l'admiration et ne passent pas inaperçus. Le fait que ses modèles ne posent que très peu de temps intrigue, à une époque où l'on devait rester de longues heures immobile face au portraitiste. Ce secret de fabrication sera levé au cours du récit.

    Parallèlement, une autre intrigue surgit au cœur de la BD, qui éclaire le titre de l'album : un riche banquier, Filippo Barbarelli, demande à Antonello un portrait de sa femme actuelle, qui ressemble fort à sa première femme idolâtrée et morte plus tôt. Antonello doit s’exécuter tous les soirs sous les yeux du banquier jaloux qui surveille les séances. Mais le peintre ne parvient pas à saisir la beauté d'Anna et à la reproduire sur la toile. Quelque chose lui échappe... Une référence à la mythologie, Bacchus qui découvre Ariane au petit matin, sera d'une aide précieuse pour Antonello : il va finir par terminer son tableau et le livrer mais il devra alors quitter Venise...

    Cette BD passionnante est intéressante à plusieurs titres. Tout d'abord c'est une réflexion habilement menée sur la quête de perfection des artistes, sur leur désir de créer des œuvres uniques, semblables à la vie. Jean Dytar greffe sur ce terreau une très belle histoire d'amour qui se double d'un témoignage très réaliste sur la vie à Venise au 16ème siècle. Ainsi, le lecteur pénètre dans plusieurs ateliers de peintres de l'époque, remplis d'apprentis ou au contraire désert comme celui d'Antonello où seul son fils évolue. Les reproductions de certaines œuvres, adaptées par l'auteur pour pouvoir être insérées dans la bande dessinée, sont très fidèles aux peinture originales, que l'auteur d'ailleurs cite en fin d'ouvrage, pour le lecteur curieux d'approfondir certains éléments présentés dans l'album. Quelques cases sont travaillées comme des miniatures de tableaux de l'époque. L'auteur réalise un très beau travail, qui mêle la peinture classique à la bande dessinée. A souligner également : l'aspect pédagogique de l'ensemble, qui nous permet de mieux saisir l'époque. Un très bel album, à ne pas réserver aux seuls amateurs de peinture classique.

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  • Il y a d’abord ce titre qu’il faut bien éclaircir d’un petit retour à la mythologie gréco-romaine. Rappelons-nous d’Ariane, qui, d’un fil salutaire, viendra extraire Thésée du labyrinthe après que ce dernier eut occis le cannibalesque Minotaure. Les jeunes amants quittent la Crète vers l’île de...
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    Il y a d’abord ce titre qu’il faut bien éclaircir d’un petit retour à la mythologie gréco-romaine. Rappelons-nous d’Ariane, qui, d’un fil salutaire, viendra extraire Thésée du labyrinthe après que ce dernier eut occis le cannibalesque Minotaure. Les jeunes amants quittent la Crète vers l’île de Naxos. Mais Thésée abandonne sa belle pour Athènes. C’est là que Bacchus de retour des Indes découvre une Ariane délaissée, prostrée et infiniment belle. De cette vision originale naîtra un amour conjugal éternel - Bacchus obtiendra de Zeus l’immortalité pour Ariane.

    Octobre 1510, en pleine Renaissance – La Sérénissime est le théâtre d’une effervescence créatrice à nulle autre pareille. Des œuvres magnifiques décorent les palaces et les églises des puissants. Les maîtres ambitieux aidés de leurs disciples se disputent âprement le prestige d’être le peintre officiel de la Sérénissime.

    Cette vision de Bacchus, cette émotion extraordinaire, le peintre Giorgione veut la faire naître dans l’œil de son spectateur. Malade de la peste, il consacre fébrilement ses dernières forces pour y parvenir dans ce qu’il sait être sa dernière œuvre. Sa quête est solitaire, dévorante, ultime. Il vit au plus profond de son être ce qu’Antonello de Messine lui aussi, en son temps, avait vécu en répondant à une commande bien étrange : celle « d’incarner par les pouvoirs de la peinture, la grâce absolue d’un être ». Antonello de Messine, un nom qui poursuit Bellini, le maître de Giorgione. Il nous faudra retourner 35 ans en arrière en 1475, date de l’arrivée d’Antonello Messine à Venise pour le comprendre.

    L’attrait de ce « one-shot » de Jean Dytar réside pour beaucoup dans sa construction précise et parfaitement documentée. L’auteur vient habilement combler les trous de la biographie d’Antonello de Messine pour y tisser une intrigue pleine de mystère, d’injustice et de trahison. C’est un prétexte à un voyage en Renaissance particulièrement instructif et plaisant. Des œuvres célèbres, des secrets y sont distillés au fur et à mesure des planches. La mise en scène, les décors fourmillent de clins d’œil aux œuvres d’antan. Et, au-delà des techniques pointues et des dosages savants, c’est ce feu destructeur de la création que Jean Dytar nous fait toucher du doigt avec subtilité et élégance. Un album très réussi.

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