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La treizième heure

Couverture du livre « La treizième heure » de Emmanuelle Bayamack-Tam aux éditions P.o.l
  • Date de parution :
  • Editeur : P.o.l
  • EAN : 9782818055861
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Farah, adolescente, a toujours connu L'Église de la Treizième Heure pour la bonne raison que Lenny, son père, en est le fondateur. Elle vit en communauté dans cette Église millénariste un peu spéciale : féministe, queer, animaliste. On y récite Nerval ou Rimbaud. Lenny rassemble ses ouailles... Voir plus

Farah, adolescente, a toujours connu L'Église de la Treizième Heure pour la bonne raison que Lenny, son père, en est le fondateur. Elle vit en communauté dans cette Église millénariste un peu spéciale : féministe, queer, animaliste. On y récite Nerval ou Rimbaud. Lenny rassemble ses ouailles autour de messes poétiques et d'ateliers de déparasitage psychique. La Treizième Heure, c'est aussi l'heure de la révélation, du déclenchement merveilleux, le moment où le monde basculera dans un état apaisé, le triomphe des pauvres, des dominés, des humiliés. Les membres de la communauté l'espèrent d'autant plus qu'ils sont fragiles, angoissés devant les menaces qui pèsent sur la planète : épidémies, guerres, réchauffement climatique... Leader incontesté des « treiziémistes », Lenny élève seul sa fille Farah. Hind, son grand amour, l'ayant abandonné à la naissance du bébé.
Le roman se divise en trois parties, racontées par chacun des membres de cette famille à la fois déglinguée et très contemporaine. Farah, née intersexuée, est d'abord inconditionnelle de son père, acquise à sa cause délirante, mais devient plus critique en grandissant : son père lui a menti sur sa filiation. En menant l'enquête, elle comprend qu'elle n'avait pas une mère mais deux ! Hind et Sophie. Comment est-ce possible ? Lenny prend la parole ensuite. Il raconte deux coups de foudre successifs : la poésie d'abord, Hind ensuite. Mais on s'aperçoit que les deux ne font qu'une : Hind est une chimère, une illumination, une fée baudelairienne. Lenny fondera l'Église de la Treizième Heure après le départ de son amour. La troisième partie est donc celle de Hind. Femme trans d'origine algérienne, elle avoue l'histoire violente de son parcours pour gagner sa liberté sexuelle et individuelle. Elle a aimé Lenny et voulu un enfant de lui, mais quittera Lenny et Farah pour vivre une passion amoureuse vouée à l'échec.
La Treizième Heure est un roman millénariste ultra contemporain, inspiré par les bouleversements d'identité et de genre, et traversé par nos angoisses de fin du monde comme par notre espoir d'un ordre social plus juste.

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Avis (16)

  • C'est un prix Médicis bien mérité qu'a reçu l'auteure française – marseillaise, Emmanuelle Bayamack-Tam. Je l'avais déjà connue avec « Arcadie » (chroniqué ? oui, je viens de vérifier et puis… je ne sais plus).

    Ici, avec "La Treizième Heure", elle nous offre un roman ponctué d'emprunts à la...
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    C'est un prix Médicis bien mérité qu'a reçu l'auteure française – marseillaise, Emmanuelle Bayamack-Tam. Je l'avais déjà connue avec « Arcadie » (chroniqué ? oui, je viens de vérifier et puis… je ne sais plus).

    Ici, avec "La Treizième Heure", elle nous offre un roman ponctué d'emprunts à la poésie.

    Farah, une secte, son gourou, voilà qui me rappelait Arcadie le précédent roman.
    Ici, pas vraiment de secte, plutôt « une confrérie » dont le message est « peu ou prou celui de Jésus, en plus écologiste, en plus féministe et en plus queer »
    De sexe, il en est question, mais sous l'angle de « l'ambiguïté anatomique », du « désordre organique », de la transidentité et de la filiation (un peu compliquée compliquée, ici ).
    Les questions abordées au travers de trois récits complémentaires : celui de Farah, adolescente à la recherche d'une mère « qui s'est volatilisée » peu de temps après sa naissance - de Lenny, qui l'élevée : son père pour l'état civil et non son géniteur - enfin celui de Hing, sa mère d'intention. Il y manque celui de la mère porteuse, mais elle apparaît seulement comme un personnage des deux autres récits
    Certes, le roman présente des longueurs, mais qui sont liées au contenu de chacun des récits
    * Celui de Farah est l'enquête que l'adolescente, qui, telle un détective, mène sur l'identité de sa mère, n'ayant de cesse de chercher à d'obtenir des indices sur son identité.
    * Celui de Lenny est une sorte de plaidoyer dans lequel il explique les circonstances de la rencontre avec la mère, la montée du désir d'enfant et les moyens de le mettre en oeuvre.
    * Enfin celui de Hing est une confession, un mea culpa, un acte de contrition.
    De plus, la question de l'ambiguïté anatomique impose des passages de commentaire médical qui n'ont rien de romanesque.

    Mais cela n'a pas suffi à altérer mon plaisir de lecture.
    J'ai d'abord apprécié la manière dont l'auteure a su aborder le sujet délicat de la transidentité, avec tact et délicatesse, en nous faisant partager le vécu intérieur de chaque personnage face à sa singularité.

    Ce qui, pour moi, a fait de la lecture de ce livre un véritable plaisir, c'est la récurrence des références à la littérature en général et en particulier à la poésie. S'y ajoutent des références au cinéma, à la chanson et enfin dans les pages 276 à 279, au pouvoir magique du chant d'opéra.

    Le roman est régulièrement ponctué d'extraits de poèmes qui s'intègrent parfaitement à la narration en prose, comme si Lenny « vampirisé » dès son enfance par la poésie classique, et dont les prêches étaient ponctués de ses « obsessions lyriques », avait contaminé le discours de sa fille et de sa compagne.

    Quel plaisir de retrouver, parfaitement intégrés à la prose, des extraits de poèmes de Victor Hugo – Charles Baudelaire – Arthur Rimbaud – Gérard de Nerval et de bien d'autres dont la liste complète figure en dernière page.

    C'est comme un hommage à de grands noms de la littérature qui continuent au travers des siècles à alimenter notre imaginaire.

    Tout en étant un roman d'aujourd'hui par son thème central - par son appel à l'acceptation de la différence - c'est aussi une œuvre qui par ses emprunts au patrimoine littéraire relie le présent au passé.

    Emmanuelle Bayamack-Tam a bien mérité le Prix Landerneau des Lecteurs 2022 qui lui a été décerné en plus du Médicis.

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  • Ce roman rappelle « Arcadie » (Prix du Livre Inter 2019) du même auteure. On retrouve les mêmes thèmes.

    E. Bayamack-Tam a reçu le Prix Landerneau des lectures 2022 pour 'la 13e heure'. Je faisais partie du jury et je n'ai pas voté pour elle. L'histoire ne m'a pas passionné autant que...
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    Ce roman rappelle « Arcadie » (Prix du Livre Inter 2019) du même auteure. On retrouve les mêmes thèmes.

    E. Bayamack-Tam a reçu le Prix Landerneau des lectures 2022 pour 'la 13e heure'. Je faisais partie du jury et je n'ai pas voté pour elle. L'histoire ne m'a pas passionné autant que d'autres lecteurs-jurés.

    Malgré quelques longueurs, le livre apporte des réflexions intéressantes sur la trans-identité et la place des individus dans notre société.

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  • C'est avec une certaine appréhension que j'ai commencé la lecture de LA TREIZIEME HEURE..... Farah, une secte , son gourou , voilà qui me rappelait ARCADIE le précédent roman de Emmanuelle Bayamack-Tam dont je n'avais pas apprécié l'atmosphère .

    Ici, pas vraiment de secte, plutôt « une...
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    C'est avec une certaine appréhension que j'ai commencé la lecture de LA TREIZIEME HEURE..... Farah, une secte , son gourou , voilà qui me rappelait ARCADIE le précédent roman de Emmanuelle Bayamack-Tam dont je n'avais pas apprécié l'atmosphère .

    Ici, pas vraiment de secte, plutôt « une confrérie » dont le message est « peu ou prou celui de Jésus , en plus écologiste, en plus féministe et en plus queer »
    De sexe, il en est question, mais sous l'angle de « l'ambiguïté anatomique », du « désordre organique », de la transidentité et de la filiation ( assez compliquée, ici ).
    Questions abordées au travers de trois récits complémentaires : celui de Farah, adolescente à la recherche d'une mère « qui s'est volatilisée » peu de temps après sa naissance , de Lenny, qui l'élevée : son père pour l'état civil et non son géniteur, enfin celui de Hing, sa mère d'intention. Il y manque celui de la mère porteuse, mais elle apparaît seulement comme un personnage des deux autres récits .

    Certes, le roman présente des longueurs,, mais qui sont liées au contenu de chacun des récits
    Celui de Farah est l'enquête que l' adolescente , qui telle un détective, mène sur l'identité de sa mère, n'ayant de cesse de chercher à d'obtenir des indices sur son identité.
    Celui de Lenny est une sorte de plaidoyer dans lequel il explique les circonstances de la rencontre avec la mère, la montée du désir d'enfant et les moyens de le mettre en œuvre .
    Enfin celui de Hing est une confession , un mea culpa , un acte de contrition.
    De plus la question de l'ambiguïté anatomique impose des passages de commentaire médical qui n'ont rien de romanesque .

    Mais cela n'a pas suffi à altérer mon plaisir de lecture.
    J'ai d'abord apprécié la manière dont l'auteure a su aborder le sujet délicat de la transidentité, avec tact et délicatesse, en nous faisant partager le vécu intérieur de chaque personnage face à sa singuralité .

    Mais ce qui , pour moi, a fait de la lecture de ce livre une véritable gourmandise, c'est la récurrence des références à la littérature en général et en particulier à la poésie. S' y ajoutent des références au cinéma, à la chanson et enfin dans les pages 276 à 279, au pouvoir magique du chant d'opéra.
    Le roman est régulièrement ponctué d'extraits de poèmes qui s'intègrent parfaitement à la narration en prose, comme si Lenny « vampirisé » dès son enfance par la poésie classique, et dont les prêches étaient ponctués de ses « obsessions lyriques », avait contaminé le discours de sa fille et de sa compagne.
    Quel plaisir de retrouver, parfaitement intégrés à la prose, des extraits de poèmes de Hugo, Baudelaire ,Rimbaud , Nerval et de bien d'autres dont la liste complète figure en dernière page !
    C'est comme un hommage à de grands noms de la littérature qui continuent au travers des siècles à alimenter notre imaginaire .

    Tout en étant un roman d'aujourd'hui par son thème central, par son appel à l'acceptation de la différence, c'est aussi une oeuvre qui par ses emprunts au patrimoine littéraire relie le présent au passé .
    Emmanuelle Bayamack-Tam a bien mérité du Prix Landerneau des Lecteurs 2022 qui vient de lui être décerné .

    Roman lu dans le cadre du Prix Landerneau 2022

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  • Ce roman est sacrément culotté ! (ou pas).

    Ça commence doucement : une adolescente en quête d‘identité nous confie ses questionnements, et nous présente son décor : elle vit au sein d’une communauté millénariste, et son père en est le dieu vivant. L’historique, les caractéristiques des...
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    Ce roman est sacrément culotté ! (ou pas).

    Ça commence doucement : une adolescente en quête d‘identité nous confie ses questionnements, et nous présente son décor : elle vit au sein d’une communauté millénariste, et son père en est le dieu vivant. L’historique, les caractéristiques des adeptes, tout cela est traité avec humour par cette ado passionnée de littérature, ce qui ne saurait nuire. Le doute survient en fin de première partie lorsque Farah fait un état des lieux de la progression de sa puberté, et émet des doutes sur sa filiation .

    C’est ensuite Lenny, le père, le gourou charismatique, qui va lever le voile sur la naissance de sa fille. Avec des révélations fracassantes que je me garderai bien de révéler !

    Le clou du numéro arrive avec la dernière narratrice, Hind, mère de Farah, qui fait un come-back remarqué dans ce foyer qu’elle avait quitté avec perte et fracas quelques jours après la naissance de sa fille. Cette fois c’est la révolution, l’inversion de l’ordre des choses, les retournements de situation (sic), déstabilisants, pour une fin en feu d’artifice.

    Dans cette histoire, ce ne sont pas tant les particularités de chaque personnage qui étonnent, mais leur coexistence. Ce qui permet à l’autrice de faire un point documenté autour de la problématique de l’identité sexuelle.

    Sans oublier le ton humoristique qui allège le propos et qui permet aussi de faire passer des scènes explicites et crues sans choquer.

    Surprise par le sujet, la façon de le traiter et l’univers très différent du roman Il est des hommes qui se perdront toujours, j’ai vraiment beaucoup apprécié !

    512 pages POL 18 août 2022
    Sélection Landerneau 2022

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  • https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2022/10/la-treizieme-heure-demmanuelle-bayamack.html

    Dans ce nouveau roman Emmanuelle Bayamack-Tam place Farah, son héroïne d'Arcadie, dans une nouvelle configuration familiale. Son père, Lenny, est le fondateur de l'Eglise de la Treizième heure, une...
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    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2022/10/la-treizieme-heure-demmanuelle-bayamack.html

    Dans ce nouveau roman Emmanuelle Bayamack-Tam place Farah, son héroïne d'Arcadie, dans une nouvelle configuration familiale. Son père, Lenny, est le fondateur de l'Eglise de la Treizième heure, une congrégation millénariste qui se rassemble autour de messes poétiques. Lenny est un homme bienveillant, "champion du monde de la philanthropie", qui s'est donné pour objectif de répandre l'amour à travers le monde grâce à Nerval.
    La Treizième heure, Eglise inclusive et queer, recueille "des âmes en peine, déracinées, persécutées". Une récente pandémie a contribué à grossir les rangs de la communauté, la centaine de membres, essentiellement des femmes, considèrent que la série de cataclysmes que connaît la planète est un signe avant-coureur du retour de Dieu parmi les hommes.

    Après un an d'amour avec Lenny, la mère de Farah, Hind, s'est volatilisée une semaine après sa naissance laissant Lenny complètement dévasté. Depuis il élève seul leur fille au sein de la communauté qu'il a fondée peu de temps après le départ de la jeune femme. Arrivée à l'adolescence Farah interroge son père sur sa mère et sur son propre genre car elle est née intersexuée. Alors que son père a mis le mensonge au centre de son combat, Farah découvre à seize ans qu'il lui a menti et qu'elle n'a pas une mère mais deux, une mère d'intention Hind et une mère porteuse Sophie. Elle va mener son enquête comme les détectives des romans qu'elle affectionne tant et déclare la guerre à son père qui était jusqu'alors son héros, d'autant plus qu'un jour elle rencontre Hind et comprend que son père ne lui a pas encore tout dit car Hind est transexuelle.

    Emmanuelle Bayamack-Tam nous livre ici un roman ultracontemporain dans lequel elle décortique la question de la transidentité, des nouvelles familles et des nouveaux modes de procréation car Farah est issue d'une GPA. La toile de fond est aussi très contemporaine avec la pandémie, le réchauffement climatique et les angoisses de fin du monde.
    C'est un roman choral dans lequel les voix de Farah puis de Lenny puis de Hind nous font découvrir progressivement l'histoire de cette famille vue par chacun de ses protagonistes. La première partie est imprégnée de romanesque, la deuxième de poésie et la troisième de chansons et de danse, suivant les passions de chacun. Chacune de ces trois voix va apporter sa vérité et nous faire découvrir peu à peu les particularités de cette famille hors normes dans laquelle les rôles sont redistribués ainsi que l'histoire d'amour entre Lenny, un homme terne au physique ordinaire élevé par des parents dépressifs et Hind, une algérienne flamboyante, fantasque et compliquée. "Hind ne me rendait pas heureux, elle me rendait vivant."
    Comme toujours, Emmanuelle Bayamack-Tam choisit des thèmes sociétaux graves et les traite de façon très vivante, distillant avec un humour vivifiant des passages savoureux sur la haine de Lenny pour le roman, sur la vieillesse, sur le désir... Le délire de Lenny, complètement illuminé, est particulièrement bien restitué, la flamboyance et le franc parler de Hind enflamment la troisième partie du roman qui regorge de dialogues qui sonnent toujours très juste. Hind est incontestablement l'héroïne de ce roman. Excentrique, libre, égocentrique, solaire, inconstante elle émeut par ses excès et ses blessures d'enfance.
    Un roman sur l'identité très audacieux, drôle et à la fois grave, qui sort des sentiers battus. Un plaidoyer pour la tolérance très réussi, mené sur un rythme virevoltant.

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  • Ah ! préférons cette chimère
    À leur froide moralité
    Après Arcadie, l’auteur continue de creuser le sillon de la transsexualité dans La Treizième Heure, et par la fiction elle nous offre l’œil de l’arbitre sur un court de tennis où le troisième joueur attendrait d’entrer dans le jeu pour...
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    Ah ! préférons cette chimère
    À leur froide moralité
    Après Arcadie, l’auteur continue de creuser le sillon de la transsexualité dans La Treizième Heure, et par la fiction elle nous offre l’œil de l’arbitre sur un court de tennis où le troisième joueur attendrait d’entrer dans le jeu pour affronter le gagnant du premier simple.
    Dans cette communauté queer et millénariste Farah raconte son parcours, récit auquel Lenny, le père donnera sa version ainsi que Hind sa mère. Raccourci volontaire car les liens de ce trio sont beaucoup plus complexes.
    Lenny se nourrit de poésie et le premier acte d’indépendance de Farah est de lire le plus de romans possible.
    « Moi qui bois ses paroles et obéis à toutes ses injonctions, je me suis pourtant promis de lire tous les romans, et tant pis si c’est mission impossible : je sens bien qu’il faut que je me gagne un espace de liberté — car l’inconvénient d’avoir un père extraordinaire, c’est qu’il est à la fois omniprésent, insurpassable, et tyrannique à son corps défendant. »
    Dans cette communauté on y célèbre la différence, les familles composites et tout ce qui diffère de la sacro-sainte norme.
    Farah est aussi fascinante que dans Arcadie mais en même temps elle est plus sombre, sa quête est portée sur ses origines plus que sur son identité, car elle s’assume et finalement cette communauté l’enrichit, elle approfondit et oscille en permanence entre mauvais esprit et lucidité, ce qui met l’accent sur la complexité ou la simplicité à accepter la différence.
    L’auteur par la profondeur et l’humour qu’elle met dans ses romans, nous offre une multiplicité de regards et offre une formidable fenêtre sur un monde qui change sans que nous puissions arrêter ce mouvement perpétuel.
    Les bouleversements du monde nous pouvons les accompagner ou les rejeter, mais ils se feront.
    Cela signifie-t-il la fin du monde ?
    Peut-être seulement un monde plus juste s’il intègre la diversité.
    C’est aussi un livre qui rend un merveilleux hommage à la littérature :
    « Car l’humanité peut bien allée à sa perte, tant que j’aurais mes livres, je m’en soucierai somme toute assez peu. »
    Je me suis posé une question qui reste sans réponse à ce jour, le nom de cette communauté est-il un clin d’œil au titre du quatrième volume des mémoires d’Élisabeth de Gramont ?
    Je trouve le travail d’Emmanuelle Bayamack-Tam remarquable car elle réussit à mettre en scène des personnages forts avec une somme de connaissances sur le sujet sans lasser, la lecture se fait avec un intérêt soutenu. Impression qui s’est confirmée alors que je pensais que ce n’était pas un sujet pour moi, ma génération.
    L’écriture est belle car elle joue sur plusieurs registres, la poésie, l’identité des protagonistes, la culture et l’humour, notamment dans le titre des chapitres.
    Faire ressortir la force sans masquer les faiblesses, mettre au jour la multiplicité des êtres dans le monde mais dans aussi la multiplicité dans l’unicité.
    Lu dans le cadre du Prix Landerneau 2022.
    ©Chantal Lafon
    https://jai2motsavousdire.wordpress.com/2022/10/08/la-treizieme-heure/

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  • Que dire ... c'est une lecture complexe qui ne me laisse certes pas indifférente, mais ne me séduit pas totalement non plus. A priori, je suis plutôt ravie à chaque roman choral, c'est pour moi un jeu de pistes psychologique auquel j'adhère volontiers. Ici, les trois chapitres se succèdent,...
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    Que dire ... c'est une lecture complexe qui ne me laisse certes pas indifférente, mais ne me séduit pas totalement non plus. A priori, je suis plutôt ravie à chaque roman choral, c'est pour moi un jeu de pistes psychologique auquel j'adhère volontiers. Ici, les trois chapitres se succèdent, trois protagonistes qui vont pouvoir s'exprimer, dans la suite d'Arcadie, roman déjà bien singulier. Mais, cette histoire de secte qui tire son nom d'un poème de Nerval m'a mise un peu mal à l'aise et m'a gâché le plaisir de lecture. De secrets en confidences, j'ai perdu le fil. Probablement agacée par cette volonté évidente de l'auteure de vouloir à tout prix sortir du cadre.

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  • Chaque famille a ses particularités, ses secrets, ses blessures mais il y en a certaines qui sortent de tous les cadres.

    Farah est une adolescente de 16 ans passionnée de romans policiers, son père Lenny est le fondateur d’une congrégation millénariste La Treizième Heure et sa mère Hind est...
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    Chaque famille a ses particularités, ses secrets, ses blessures mais il y en a certaines qui sortent de tous les cadres.

    Farah est une adolescente de 16 ans passionnée de romans policiers, son père Lenny est le fondateur d’une congrégation millénariste La Treizième Heure et sa mère Hind est maquilleuse pour le théâtre et le cinéma.

    Mais dans cette famille, rien n’est ce qu’il paraît et ce roman nous entraîne dans un tourbillon d’illusions où l’anticonformisme est de mise.

    Rythmée par les enquêtes romanesques de Farah, les messes poétiques de Lenny et les paroles de chansons de Hind, ce livre nous parle de transgenre, d’hermaphrodisme, de GPA mais aussi de secte, de manipulation et de prosélytisme.

    L’autrice consacre une partie à chacun de ces trois personnages atypiques et construit progressivement l’histoire de cette famille en la faisant raconter de trois points de vue différents. Leur vécu s’éclaire un peu plus à chaque page et fait monter notre empathie pour ces êtres marginaux qui vivent dans un monde d’exclusion.

    Ce roman d’Emmanuelle Bayamak-Tam monte crescendo en densité et nous parle de tolérance, d’acceptation de soi et de résilience, pour finir en une apothéose de sentiments parfois opposés mais toujours bouleversants.

    Pourtant, seule la troisième partie consacrée à Hind m’a vraiment passionnée et j’ai éprouvé beaucoup d’empathie pour cette femme exubérante et excentrique mais fragile et blessée par la vie. J’ai découvert avec elle avec, tout ce que les personnes LGBT+ vivent comme rejet, haine et violence, dans une société qui manque encore cruellement d’ouverture d’esprit.

    En mêlant deux sujets d’actualité sensibles, j’ai trouvé que l’autrice avait fait un mélange des thèmes contre-productif et, autant le sujet de la transidentité m’a semblé captivant, autant je suis restée dubitative sur celui des sectes qui est assez galvaudé et me hérisse souvent.

    Un roman original que j’ai lu avec un intérêt inégal et pour lequel je conserve quelques réserves.

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