La tour abolie

Couverture du livre « La tour abolie » de Gerard Mordillat aux éditions Albin Michel

4.5

2 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Albin Michel
  • EAN : 9782226399151
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

« Quand les pauvres n'auront plus rien à manger, ils mangeront les riches. » La tour Magister : trente-huit étages au coeur du quartier de la Défense. Au sommet, l'état-major, gouverné par la logique du profit. Dans les sous-sols et les parkings, une population de misérables rendus fous par... Lire la suite

« Quand les pauvres n'auront plus rien à manger, ils mangeront les riches. » La tour Magister : trente-huit étages au coeur du quartier de la Défense. Au sommet, l'état-major, gouverné par la logique du profit. Dans les sous-sols et les parkings, une population de misérables rendus fous par l'exclusion. Deux mondes qui s'ignorent, jusqu'au jour où les damnés décident de transgresser l'ordre social en gravissant les marches du paradis.

Avec la verve batailleuse qui a fait le succès de La Brigade du rire, Gérard Mordillat, l'auteur de Vive la sociale ! et de Les Vivants et les morts, livre une fable prodigieuse sur la société capitaliste et la révolte de ceux qu'elle exclut.

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  • 0.2

    Telle la tour de Babel, la tour Magister, trente-huit étages, sept sous-sols, se dresse au cœur de la Défense. C’est l’ambition de l’architecte : relever le défi biblique. Cette tour a pour mission de réunir les hommes d’une même entreprise, le groupe d’assurances Magister.
    L’entreprise utilisent les méthodes de management les plus sauvages : « la concurrence fait rage, affûtez vos canines. Le cadre est un chef de bande. L’entreprise chasse en meute. Pas de sentimentalisme mal placé : c’est eux ou vous. C’est la loi du plus fort. »
    Cette loi du plus fort se retrouve à tous les étages et sous-étages. « L’homme est un loup pour l’homme ». Le libéralisme autorise tout au nom du profit. Les plus pauvres, ce sont ceux du 7e sous-sol : il y Trash, sa femme Trude et leurs enfants. Leurs conditions de vie sont innommables.
    Des vies suspendues aux déchets que l’on trouve dans les poubelles : les sans-papiers obligés d’accepter toutes les conditions de travail, les gens en intérim qui vivent dans leur voiture car leur salaire est trop faible pour pouvoir se loger décemment… tous ces hommes et femmes vivant au jour le jour, évoluent dans le même immeuble que des gens qui gagnent 700 000 euro annuel plus bonus, stock option…. Ils ont eux aussi leurs problèmes. Si pour les premiers, manger est une préoccupation pour les seconds il s’agit plutôt de leur vie sentimentale qui s’émiette ; en amour, il y a toujours un qui souffre et un qui s’ennuie. Leur vie aisée s’écoule entre chassés-croisés amoureux et chausse-trappes pour garder ou acquérir un poste plus prestigieux.
    Tous les occupants parlent la même langue mais les mots n’ont pas la même valeur. Pour les uns, ils désignent ce qu’il faut pour survivre, pour les autres, ce qu’il faut pour chasser l’ennui d’une existence où l’argent est la principale valeur.
    Les interventions de Thelma Lopez la compagne d’un des dirigeants de Magister, soulignent de façon plus didactiques les travers du libéralisme.
    Comme Fritz Lang dans Métropolis, l’auteur dénonce l’exploitation du prolétariat dans un récit apocalyptique.
    Plus de cinquante destins s’entrecroisent dans ce livre dont on ne lâche pas les pages avant la fin. J’ai adoré les interventions de Thelma qui mettent les mots sur les maux du capitalisme : « l’usage du terme « populiste » n’est pas anodin. C’est une arme de propagande, un fusil à deux coups. D’une part, il s’agit ouvertement de disqualifier le « peuple » dont on entend la voix dans « populiste » et de mettre dans le même sac médiatique des forces que tout oppose : l’extrême droite, des néofascistes et des néonazis et la gauche, la vraie, insurgée contre la dictature de la finance. »
    Comme Fritz Lang dans Métropolis, l’auteur dénonce l’exploitation du prolétariat dans un récit apocalyptique.

  • 0.25

    Lu dans le cadre de la Rentrée Littéraire Cultura.
    Quartier de La Défense, la tour Magister avec ses 38 étages qui s’élèvent vers le ciel et les étoiles qu’elle vise et ses 7 sous-sols qui s’enfoncent dans la noirceur, est le symbole de ce que notre monde produit de plus vil.
    Dans le jeu de Tarot, cette carte « la tour abolie a la signification suivante : Sombre et menaçant, la Tour est l'incarnation de la perturbation et du conflit. Pas seulement du changement, mais le mouvement brusque et les secousses provoquées par les événements imprévus et traumatiques qui font partie de la vie. La Tour dans votre main est toujours une menace, et implique inévitablement la tragédie, et vous devez décider si vous allez faire face avec grâce… » Gérard Mordillat ne pouvait pas trouver meilleure illustration.
    Ce roman foisonne de personnages, ce n’est pas rédhibitoire dans sa lecture, il y a une liste en fin de livre, mais finalement le lecteur n’a pas vraiment besoin de s’y reporter.
    Au sommet, 3R et ses larbins qui s’imaginent être le « bras droit » du patron, cela valse et la dégringolade est rude comme pour Nelson qui après avoir vécu par et pour son travail sans rien voir d’autre, perd tout : situation, argent et famille.
    Et aux sous-sols la hiérarchie s’établit naturellement avec la loi du plus fort. Au fond tout au fond la horde, ensuite les rats, les zombies toute une faune qui vit là mais qui risque fort d’ouvrir des mâchoires d’acier.
    Il y a Peggy qui a un emploi dans cette tour mais son salaire ne lui permet pas d’avoir un logement, alors elle dort dans sa voiture au -2, avec son frère un illuminé dont elle a la charge. Pour que personne ne sache, elle s’ingénie à trouver des astuces de survie.
    Tout ce monde souterrain se nourrit des trois containers de déchets du self, mais il est question de fermer le self pour en faire une salle de fitness…
    L’auteur décortique magistralement le fonctionnement de ces entreprises tentaculaires qui sous de faux prétextes, par exemple l’amélioration des conditions de travail et une meilleure connaissance entre collègues, promènent leurs salariés de séminaire en séminaire pour mieux les broyer. De plus l’émulation est si stimulante qu’ils se détruisent entre eux.
    L’écriture est aussi flamboyante que noire. La palette du vocabulaire est riche de la multitude des sujets.
    Un livre tellement réaliste qu’il nous concerne tous, car nous sommes tous acteurs de ce monde qui s’effondre, coupable de faire pour les uns mais responsables de laisser faire pour les autres, les sans voix…
    Car le sel de la vie a disparu au bénéfice du toujours plus de tout (ce qui se consomme, s’achète, ce qui fait le niveau social…) et de moins en moins de relations basées sur l’humain.
    Gérard Mordillat est un écrivain pour qui le sens des mots ne se perd pas et pour qui les maux de notre société méritent une mise en mots comme une mise en abyme.
    ©Chantal Lafon-Litteratum Amor 22 août 2017.

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