La terre invisible

Couverture du livre « La terre invisible » de Hubert Mingarelli aux éditions Buchet Chastel
Résumé:

En 1945, dans une ville d'Allemagne occupée par les alliés, un photographe de guerre anglais ne parvient pas à rentrer chez lui. Alors qu'il couvrait la défaite allemande, il a assisté à la libération d'un camp de concentration. Depuis, il ne trouve plus les mots.
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En 1945, dans une ville d'Allemagne occupée par les alliés, un photographe de guerre anglais ne parvient pas à rentrer chez lui. Alors qu'il couvrait la défaite allemande, il a assisté à la libération d'un camp de concentration. Depuis, il ne trouve plus les mots.
Logé dans le même hôtel que le colonel qui commandait le régiment qui a libéré le camp, il tisse avec ce dernier des liens d'amitié, fondés sur la vision commune de l'horreur. Un soir, le photographe expose son idée : il veut partir à travers l'Allemagne pour photographier les gens devant leur maison.
Il espère ainsi, peut-être, découvrir qui sont ceux qui ont per- mis l'existence des camps. Le colonel met à sa disposition une voiture et un chauffeur de son régiment. C'est un très jeune soldat qui vient d'arriver et qui n'a rien vu de la guerre.
Ils partent au hasard sur les routes. Le photographe est hanté par ce qu'il a vu, le soldat par des évènements intimes sur- venus chez lui, en Angleterre. La Terre invisible raconte ce voyage.

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Avis(7)

  • Tonitruant de virtuosité, « La Terre invisible » est un livre d’images dans lequel chaque paragraphe vibre sous une photographie éclatante de talent. Un diamant. Un livre joyau.

    Hubert Mingarelli est fidèle à sa facture, en campant deux personnages choisis parmi des gens ordinaires au sortir...
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    Tonitruant de virtuosité, « La Terre invisible » est un livre d’images dans lequel chaque paragraphe vibre sous une photographie éclatante de talent. Un diamant. Un livre joyau.

    Hubert Mingarelli est fidèle à sa facture, en campant deux personnages choisis parmi des gens ordinaires au sortir d’un traumatisme et étirer l’encre de sa plume sur le très haut de la crête de l’âme humaine avec un silence bruyant de non-dits. Au-delà de nous entrainer dans les méandres de l’inconcevable, il va nous embarquer en terre étrangère et dans la grande Histoire.

    Il va situer ses deux héros dans l’Allemagne de 1945 occupée par les armées alliées, un mois après l’armistice.
    L’un est un reporter photographe de guerre anglais qui aura été un des premiers témoins de la libération d’un camp d’extermination des juifs par les nazis, image ombrée par quelques touches non appuyées qui avec peu de mots dégage une atmosphère d’horreur.
    L’autre, O’Leary, est un tout jeune appelé mais qui arrivera dans son bataillon alors que les combats ont déjà pris fin. Ce sera un soldat novice, ignorant tout de la guerre, et qui sera désigné par son chef pour être le chauffeur du photographe.
    Ce photographe qui ne parvient pas à rentrer chez lui car choqué par ce qu’il a vu, il veut prendre des photos de cette population allemande de retour en temps de paix et comprendre qui sont ces gens qui ont laissé faire, voire participé et servi, à un tel génocide.

    Avec brio, Hubert Mingarelli nous offre un album de photos bruyantes de la guerre qui vient tout juste de finir. Des photos qui nous rattrapent dans la distance pour venir nous bouleverser encore.

    Ces deux personnages se découvrent dans un relief de non-dits qui donne une résonance tonitruante au silence des photos qui parlent d’elles-mêmes.
    Des citoyens allemands devant leurs maisons qui sont passés de la folie meurtrière à la tranquillité mais ce très récent répit est auréolé d’un flou d’inquiétude devant ceux qui hier étaient encore leurs ennemis et aujourd’hui se présentent en amis.
    Comment tout cela a-t-il pu arriver ? Comment va-t-on revivre ensemble? Comment cette misère, cette plaie misérable laissée béante et à vif devant chaque maison va-t-elle se résorber pour faire oublier l’horreur, pour revivre ensemble, se côtoyer à nouveau sans haine et sans crainte l’un de l’autre, sans reproche dans les regards méfiants de chacun, ennemis passés qui lavés par les grosses pluies d’un orage terrifiant vont recréer une belle lumière amie et chaleureuse qui réunira les gens dans la quiétude du long voyage qui nous attend tous, symbolisé par ce trajet tracé en Terre invisible. Inconnue. Imprévue.

    La route parcourue par les deux Anglais est riche d’une belle nature estivale verdoyante et fleurie traversée par des artères d’eau. Elle mène à une grande Histoire vertigineuse où l’Humain, ce grand inconnu, peut devenir impitoyable envers son semblable et lui arracher sa tranquillité comme on arrache un poisson de l’eau en le laissant souffrir à l’agonie sur une herbe sèche, juste par cruauté gratuite ou ignorance de la souffrance, par petitesse d’esprit, veulerie ou peur et être habité par un élan barbare qui dénué d’intelligence et de pitié, vidé de toute empathie, ébranlera le monde jusqu’à une indignation démesurée.

    Avec une écriture juste et sans tache, l’auteur nous livre un texte intense mais sans pesanteur qui nous tient en haleine suspendus sur le haut d’une crête de l’âme humaine qui s’étire sous sa plume jusqu’à ce que j’en sorte essorée mais finalement rassurée face au nouvel horizon qui se profile devant nous, là-bas.
    « La mer n’est pas loin, O’Leary. »

    Ce dernier roman d’Hubert Mingarelli est en lice pour des prix en pagaille et retenu parmi les 9 finalistes en vue du prix Goncourt. Cela me ravit et me rassure que le talent d’un écrivain hors norme soit reconnu.

    Je tiens ce livre pour chef-d’œuvre avec sa part d’humanisme, gardien de notre fraternité, celle qui nous sauve de la haine.

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  • « Soudain je me penchai vers Collins et lui dis dans un demi-sommeil et sans vraiment réfléchir :
    Collins, qu'est-ce que nous avons vu là-bas ? »

    Juillet 1945, au bord du Rhin, aux fenêtres de l'hôtel le drapeau britannique est suspendu, depuis un mois la guerre est finie. le narrateur...
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    « Soudain je me penchai vers Collins et lui dis dans un demi-sommeil et sans vraiment réfléchir :
    Collins, qu'est-ce que nous avons vu là-bas ? »

    Juillet 1945, au bord du Rhin, aux fenêtres de l'hôtel le drapeau britannique est suspendu, depuis un mois la guerre est finie. le narrateur photographe de guerre, accompagné de O'Leary un jeune soldat qui lui sert de chauffeur, décide d'aller photographier les gens de ce foutu pays.

    J'avais eu beaucoup de plaisir à lire un repas en hiver, mais là je dois reconnaître que ce n'est qu'une fois ce court roman achevé que j'ai compris le sens de cet étrange récit. Hubert Mingarelli nous entraîne dans un voyage dans l'Allemagne vaincue et dévastée. L'auteur sait créer une atmosphère de fin de guerre où les images des camps de concentration libérés sont encore présentes. Rien n'est dit, tout est suggéré, c'est sans aucun doute ce qui fait la force de ce livre, mais aussi la difficulté à l'appréhender.
    L'errance d'un homme qui se demande comment poursuivre sa vie après avoir vu l'horreur et qui se demande comment cela à pu arriver.

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  • http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2019/08/la-terre-invisible-de-hubert-mingarelli.html

    Nous sommes en juillet 45, dans une ville d’Allemagne occupée par les alliés. Le narrateur est un photographe de guerre anglais qui a suivi la défaite allemande et qui a été traumatisé par ce qu'il a vu...
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    http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2019/08/la-terre-invisible-de-hubert-mingarelli.html

    Nous sommes en juillet 45, dans une ville d’Allemagne occupée par les alliés. Le narrateur est un photographe de guerre anglais qui a suivi la défaite allemande et qui a été traumatisé par ce qu'il a vu lors de la libération d'un camp de concentration.

    Il décide de ne pas repartir en Angleterre et de parcourir l'Allemagne pour photographier les habitants devant leur maison, il part ainsi à la rencontre des hommes et des femmes qui ont permis l'existence de ces camps. Un ami colonel lui met à disposition une voiture et un chauffeur, un jeune soldat anglais de son régiment qui vient d'arriver en Allemagne et qui n'a donc rien vu de la guerre.

    Le roman raconte la déambulation au hasard des routes de ces deux hommes, le photographe est hanté par les horreurs auxquelles il a assisté et le jeune chauffeur apparaît très vite hanté par son propre passé en Angleterre.

    Cette histoire située en Allemagne juste à la fin de la guerre avait tout pour me plaire car je n'ai jamais rien lu sur l'immédiat après-guerre dans ce pays. Je savais de plus que Hubert Mingarelli avait une écriture très épurée comme je les aime.
    Il est vrai que l'auteur ne donne aucune description dramatique, qu'il est plus dans l'évocation que dans la description ce qui en général n'est pas pour me déplaire. Mais l'errance qu'il décrit est associée à une ambiance lourde et étrange qui m'a d'abord séduite avant de me déstabiliser. Ce récit lent, froid et sans émotions m'a hélas ensuite plongée dans l'ennui. Je n'ai pas compris où l'auteur voulait en venir et je suis ressortie de cette lecture avec l'impression d'être complètement passée à côté du message qu'il voulait transmettre. Je vais avoir l'occasion de l'entendre parler de son roman lors d'une présentation début septembre, ses propos m'éclaireront peut-être...

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  • Une nouvelle fois, Hubert Mingarelli prouve tout son talent pour créer une ambiance dans un roman minimaliste se déroulant dans un contexte qui aurait pu favoriser des envolées, des événements graves et tragiques, des surprises.
    Comme dans Un repas en hiver, il m'a emmené sur les pas de héros...
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    Une nouvelle fois, Hubert Mingarelli prouve tout son talent pour créer une ambiance dans un roman minimaliste se déroulant dans un contexte qui aurait pu favoriser des envolées, des événements graves et tragiques, des surprises.
    Comme dans Un repas en hiver, il m'a emmené sur les pas de héros qui n'en sont pas, me faisant vivre avec eux ce voyage improbable dans une Allemagne vaincue, sur les pas d'un photographe de l'armée britannique, accompagné d'un chauffeur, O'Leary.
    Alors que j'attendais à chaque page, un événement extraordinaire, je découvre, au fur et à mesure du récit, l'évolution des rapports entre les deux hommes. Cela va du respect tout militaire du subordonné jusqu'à des liens d'amitié très forts.
    Ces deux hommes sont hantés par des souvenirs très douloureux. Seul, le narrateur, le photographe de guerre, livre quelques éléments de ses cauchemars : tous ces morts sous une bâche, bâche qu'ils tentent de soulever de leurs bras et de leurs jambes. Ce sont des images d'un camp de concentration qu'il a vu libérer. Quant à O'Leary, il ne livre pas ce qui le traumatise, ne dit pas pourquoi il se réfugiait dans les dunes de Lowestoft, en Angleterre. Cet homme s'est engagé dans les transmissions mais n'a pas combattu, d'où le mépris de ses camarades.
    Enfin, il y a ces photos, ces rencontres avec des gens, au hasard de leur cheminement, en voiture. Ce peuple allemand, complice d'un des plus grands drames connus par l'humanité, tente de vivre après tant d'atrocités. La barrière de la langue ne facilite pas le contact mais le photographe parvient presque à chaque fois à ses fins, fait poser les gens devant leur maison et prend ses photos. C'est souvent tendu mais O'Leary a un fusil et il est en uniforme, ce qui favorise l'accord des gens.
    Lire Hubert Mingarelli, c'est plonger dans une ambiance très spéciale mais j'adore me laisser prendre par son style d'une simplicité sobre et belle et je remercie Masse Critique de Babelio et les éditions Buchet/Chastel pour m'avoir fait retrouver cet auteur.
    C'est une très bonne idée d'emmener son lecteur dans la campagne allemande d'après mai 1945 et ce roman dit beaucoup de choses sans être démonstratif. C'est un bon roman, plaisant à lire, intriguant, à la fin énigmatique mais moins intense qu'Un repas en hiver malgré le drame qui survient alors que tout semblait baigner dans le calme. Pourrait-il y avoir une suite à La Terre invisible ?

    Chronique à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/2019/08/hubert-mingarelli-la-terre-invisible.html

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  • Allemagne, juillet 1945. Démobilisés, les soldats anglais quittent peu à peu le pays vaincu et exsangue. Un photographe de guerre ne peut se résoudre à rentrer chez lui, hanté par les images d'un camp de concentration libéré par les troupes anglaises. Dans l'espoir insensé de comprendre une...
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    Allemagne, juillet 1945. Démobilisés, les soldats anglais quittent peu à peu le pays vaincu et exsangue. Un photographe de guerre ne peut se résoudre à rentrer chez lui, hanté par les images d'un camp de concentration libéré par les troupes anglaises. Dans l'espoir insensé de comprendre une telle barbarie, il part sur les routes allemandes à la rencontre d'un peuple qui a laissé faire. Le soldat O'Leary qui vient d'arriver et n'a pas connu les combats lui sert de chauffeur. Le périple commence et les deux hommes échangent peu, partageant seulement les rations militaires et l'inconfort des nuits passées dans la voiture. Au fil du fleuve qu'ils longent, ils rencontrent des hommes, des femmes, des enfants, toujours méfiants, parfois hostiles, rarement amicaux. Le photographe prend des clichés, le chauffeur l'interroge sur cette démarche qu'il ne comprend pas tout en distillant des confidences sur sa vie avant la guerre. Unis par les expériences partagées lors de cet improbable périple, les deux Anglais évoluent dans une ambiance de fin du monde, dans un pays qui panse ses plaies.

    Deux hommes hantés, un pays dévasté, un drame. Minimaliste, l'écriture d'Hubert Mingarelli nous entraîne, à coup de phrases sèches et concises, dans un road-trip dans l'Allemagne de 1945. A la rencontre des Allemands dont on ne sait s'il faut les mépriser, les haïr ou les plaindre.
    Deux solitaires qui échangent leurs silences, un environnement figé et des questions sans réponses. Que cherche le photographe en fixant sur la pellicule ces familles devant leurs maisons ? Une trace d'humanité alors qu'il a vu que les hommes étaient capables du pire ? Dans sa rétine des images de morts, des corps entassés, des êtres martyrisés, la barbarie nazie, dans son objectif monsieur et madame tout le monde esquissent un sourire timide, pas conscients encore du fait que demain le monde entier les jugera...
    Un livre étrange, une ambiance lourde, des personnages qui gardent leur mystère jusqu'au bout...une lecture qu'on termine avec soulagement pour retrouver un peu de soleil, de joie, de bonheur.

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  • Un grand merci à Babelio et aux Editions Buchet-Chastel pour ce roman reçu dans le cadre d'une Masse Critique exceptionnelle !

    C'est un point de vue singulier sur la Seconde guerre mondiale que nous offre "La Terre invisible". De cette guerre elle-même, peu est finalement dit, puisque le...
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    Un grand merci à Babelio et aux Editions Buchet-Chastel pour ce roman reçu dans le cadre d'une Masse Critique exceptionnelle !

    C'est un point de vue singulier sur la Seconde guerre mondiale que nous offre "La Terre invisible". De cette guerre elle-même, peu est finalement dit, puisque le récit se situe en juillet 1945. Les armées alliées occupent le territoire allemand. Un photographe de guerre, le narrateur, suit un régiment britannique jusqu'à Dinslaken, en Bavière. Les hommes restent tous hantés par ce qu'ils ont vu lors de la libération d'un camp de concentration. Qu'est-ce qui a rendu possible cette monstruosité ? Quelle sorte d'hommes et de femmes ont pu laisser faire ?

    Pour tenter de comprendre qui sont ces gens qui ont continué à vivre leur quotidien sans réagir, à quelques pas des camps de concentration, le narrateur décide de partir au hasard des routes et de photographier ces familles, comme pour saisir dans leurs regards et leurs attitudes figés sur la pellicule la frontière entre civilisation et barbarie. Un jeune soldat anglais, O'Leary, l'accompagne dans son périple et lui sert de chauffeur. Nouvellement arrivé, celui-ci n'a pas vécu les combats, mais possède aussi une part d'ombre qu'il garde secrète. Sans comprendre les raisons du voyage, ni la quête du photographe, il ne peut s'empêcher de réprouver la froideur et l'insensibilité de son compagnon face aux personnes rencontrées.

    Peu de compassion dans ce récit impitoyable, hanté par les images de mort, qui nous met face à l'énigme du mal. Très visuelle, l'écriture agit à la manière d'un révélateur photographique : l'image est nette, les détails apparents, les postures distinctes, mais au-delà de cette représentation, le secret des personnes reste hermétique, comme l'est O'Leary qui ne laisse percer son histoire qu'à travers la violence d'un geste.

    Les questions que pose le roman d'Hubert Mingarelli dépassent le cadre historique de la seconde guerre mondiale et s'attachent à la nature humaine et aux variations que peut prendre notre conception de la morale, de ce qui semble juste ou injuste dans des circonstances et des situations exceptionnelles. La lecture de "La Terre invisible" m'a placée dans une situation inconfortable car tantôt, comme O'Leary, je blâmais la brutalité du photographe, mais à d'autres moments, je comprenais (voire approuvais ?) cette rudesse vis-à-vis des gens rencontrés. Alors, oui, c'est un roman d'une force et d'une âpreté remarquables, un roman qui s'aventure bien plus loin que les routes qu'arpentent les deux personnages. Une lecture qui m'a chahutée et qui continue de me troubler par toutes ses implications.

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  • À Dinslaken, dans l’Allemagne vaincue de juillet 1945, un photographe de guerre n’arrive pas à se décider à rembarquer et à retourner chez lui. Quelque chose le retient sur place. Le hasard de ses promenades lui fait rencontrer de pauvres gens partis sur les routes à la recherche d’un abri....
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    À Dinslaken, dans l’Allemagne vaincue de juillet 1945, un photographe de guerre n’arrive pas à se décider à rembarquer et à retourner chez lui. Quelque chose le retient sur place. Le hasard de ses promenades lui fait rencontrer de pauvres gens partis sur les routes à la recherche d’un abri. Quand il reçoit l’ordre de pendre un procureur, son supérieur, le colonel Collins, refuse d’obtempérer en prenant le prétexte que son unité ne dispose d’aucun charpentier. Le photographe est obsédé par un rêve récurrent : il voit des bâches recouvrant des morts se soulever toutes seules. Un jour, profitant de la voiture réquisitionnée du procureur, il part en voyage vers le Nord en compagnie du seconde classe O'Leary qui lui servira de chauffeur. Dans les fermes et dans les villages, il prend en photo les gens qu’il rencontre, souvent des femmes, des enfants et des vieillards mutiques. Il leur demande parfois de l’eau et des œufs pour améliorer l’ordinaire…
    « La terre invisible » est un roman intimiste comme sait si bien en écrire Hubert Mingarelli avec son style minimaliste inimitable. L’auteur ne semble s’attacher qu’aux détails insignifiants de la vie de tous les jours. Ses personnages ressemblent un peu à des ombres, tant il leur donne peu de consistance. Ce voyage quasi inutile et peut-être sans retour donne surtout une impression de poésie mélancolique. Pas de théories, peu de descriptions, pas de grandes déclarations ou explications psychologique, juste l’essentiel pour que le lecteur puisse se faire son film tout seul dans sa tête. De livres en livres, Mingarelli continue donc imperturbablement sur ce même sillon. Ça finit par faire un peu procédé « breveté », d’autant qu’on retrouve presque les mêmes personnages, les mêmes situations et les mêmes décors (ou de similaires comme dans « Quatre soldats »). Le lecteur pourrait finir par se lasser, mais il n’en est rien. La petite musique si particulière de l’auteur garde encore pas mal de sa magie…

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