La tentation de clarisse

Couverture du livre « La tentation de clarisse » de Jean-Guy Soumy aux éditions Robert Laffont
Résumé:

Quarante-huit heures d'aventure intense et d'émotion pure.0500La nuit a conquis la montagne. Une faible luminescence demeure, prolongeant les à-pics, avivant les arêtes, creusant les ravins. Pour la première fois depuis le départ de Montfranc, elles ont une chance de se fondre au vide et de... Voir plus

Quarante-huit heures d'aventure intense et d'émotion pure.0500La nuit a conquis la montagne. Une faible luminescence demeure, prolongeant les à-pics, avivant les arêtes, creusant les ravins. Pour la première fois depuis le départ de Montfranc, elles ont une chance de se fondre au vide et de s´échapper. Une légèreté les gagne, comme une ivresse. Tout semble de nouveau possible.Soudain, dans un virage à cinq cents mètres, elles devinent la masse sombre de plusieurs voitures en travers de la chaussée. Elles ne disent rien. Elles ont compris.Katia ralentit et s´arrête. Clarisse est blême. Elle n´a plus envie d´exhorter Katia à se rendre. Elle regrette de l´avoir fait.? Ils nous ont suivies..., murmure Katia.Clarisse ne répond pas. Son coeur bat très vite. La plénitude de la nuit leur parvient par les vitres baissées. Devant elles, un déval immense, à perte de vue, des pentes d´estive sans trace d´occupation humaine. Katia se tourne vers Clarisse. Son regard exprime ce genre d´émotion qui précède les adieux.? On s´amuse bien ensemble, pas vrai?? C´est la première fois que je m´amuse autant, répond Clarisse, la gorge nouée.La faible lumière venue du ciel, où pourrissent les étoiles, éclaire le profil de Katia. C´est bien sa marque que d´être resplendissante dans les moments tragiques. En même temps qu´elle le contemple, Clarisse comprend que, quoi qu´il advienne, le souvenir de ce visage ne la quittera jamais. Il accompagnera ses nuits, ses jours et tout le temps qui n´est ni la nuit ni le jour.? On va passer, n´est-ce pas?C´est Clarisse qui a parlé.? Bien sûr...? Ils ne vont pas nous empêcher de rejoindre Medvéditskaïa !? Qui pourrait nous empêcher?Chaque mot leur arrache un lambeau de chair.? Ça ne fait rien, dit Katia. Ils sont tout de même forts.? Parce que nous le sommes, dit Clarisse. Pour une belle chasse, il faut un beau gibier.? Tu peux encore descendre, dit Katia.Clarisse ne répond pas.Katia pose la main sur la crosse de son automatique. Clarisse entend le cran de sûreté qui glisse.? Je voulais te dire...? Que voulais-tu me dire, Clarisse?La voix est grave et tendre comme pourrait l´être celle d´une maîtresse. Clarisse sait que Katia est le seul être sur cette terre qui peut entendre ce qu´elle a à dire, que cet instant ne se reproduira jamais plus. Et l´on aura beau prétendre plus tard que Katia l´a prise en otage et l´a forcée, tous ces mensonges dans le prolongement d´une éducation qui ne lui a enseigné que la méfiance et la haine, elle n´en croira rien.Brusquement, les gyrophares incendient la nuit de leurs étincelles d´arc électrique. Katia fait rugir le moteur comme elle éperonnerait une monture. Elle enclenche la marche arrière et recule. À fond. Les voitures de police démarrent. Katia s´est dégagée de son demi-tour et repart dans un hurlement de moteur et une odeur de gomme brûlée. Dans le rétroviseur, Clarisse voit briller les feux. La meute est à leurs trousses.? Accroche-toi!La voiture bondit dans les virages, toujours aux limites du dérapage. Chaque tournant est une loterie. Le vide les accompagne, prêt à les engloutir. Mais Katia se maintient en équilibre, funambule, négocie avec les lois de la dynamique, tergiverse avec la pesanteur. Conduire ainsi est un don.Moins d´un kilomètre plus loin, à un croisement, elles aperçoivent d´autres gyrophares qui convergent vers elles. La charge, dans l´immensité des pentes désertiques, dégage une puissance hallucinante. Elles n´ont pas le choix et prennent à gauche dans le sens de la montée. Quelques minutes encore, elles gardent l´illusion d´échapper à leurs poursuivants lorsqu´elles découvrent d´autres véhicules barrant la route. C´est fini. De la tristesse s´empare de Clarisse. Tristesse est le mot le plus juste pour désigner ce qu´elle éprouve. Ni violence ni colère. Une infinie tristesse.Au lieu de ralentir, Katia fonce. Elle a passé le bras à la portière et Clarisse voit l´automatique qui brille à son poing. Une gerbe de feu sort de sa main. Le moteur hurle. Des silhouettes dans les phares se jettent par côté. Des tirs retentissent dans la nuit, Clarisse est en

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