La serpe

Couverture du livre « La serpe » de Philippe Jaenada aux éditions Julliard

4.571428571

7 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Julliard
  • EAN : 9782260029397
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Le 24 octobre 1941 au soir, quatre personnes sont présentes au château d'Escoire, tout près de Périgueux. Au réveil, Henri Girard, jeune homme de vingt-sept ans, découvre les corps de son père, de sa tante et de la bonne, sauvagement assassinés à coups de serpe. Pour la police, puisque personne... Lire la suite

Le 24 octobre 1941 au soir, quatre personnes sont présentes au château d'Escoire, tout près de Périgueux. Au réveil, Henri Girard, jeune homme de vingt-sept ans, découvre les corps de son père, de sa tante et de la bonne, sauvagement assassinés à coups de serpe. Pour la police, puisque personne n'a pu entrer ni sortir de la demeure, le meurtrier est forcément le survivant, Henri. Connu pour son caractère fantasque, ses moeurs dissolues, ses démêlés avec une famille fortunée dont il est l'héritier direct, son arrogance insupportable et son caractère dispendieux, tout l'accable : non seulement les circonstances, mais aussi le mobile tout trouvé et jusqu'à l'arme du crime - qu'il a empruntée aux voisins. Malgré ses protestations d'innocence, on le jette en prison. Pendant ses dix-neuf mois d'incarcération, le jeune homme fait preuve d'une désinvolture inqualifiable, attitude qui lui vaut la réprobation générale et la promesse de la guillotine. Au terme d'un procès retentissant, maître Maurice Garçon, as du barreau de l'époque, obtient pourtant son acquittement, jugement qui suscite l'indignation de tous. Dès lors, Henri passe quelques années à dilapider la fortune familiale puis s'exile en Amérique latine. En 1950, il rentre en France avec le manuscrit du Salaire de la peur qu'il publie sous le pseudonyme de Georges Arnaud. Le roman connaît un succès considérable grâce à l'adaptation cinématographique qu'en tire Henri-Georges Clouzot, avec dans les rôles principaux Yves Montand et Charles Vanel.
Un fait divers aussi mystérieux et un personnage aussi fascinant que Georges Arnaud ne pouvaient laisser Philippe Jaenada indifférent. Comme il l'a déjà fait avec Bruno Sulak et Pauline Dubuisson, il s'est plongé dans les archives, a avalé quatre mille pages de documents, traqué le moindre détail, déniché les indices les plus ténus, mis ses pas dans ceux de ses protagonistes, pour nous livrer ce récit fascinant qui pourrait bien résoudre une énigme vieille de soixante-quinze ans. Et comme à son habitude, Philippe Jaenada ne s'est pas privé de sortir du cadre, de se lancer dans de brillantes et surprenantes improvisations et, surtout, de tracer de ce personnage singulier et extravagant qu'était Georges Arnaud un portrait éblouissant.

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Les derniers avis

  • 0.2

    Cher Père Noël,
    Oui, je sais, c'est tôt, mais quand on a une commande particulière, il vaut mieux s'y prendre de bonne heure...
    Cher Père Noël, donc, comme j'ai été un lecteur très sage cette année, j'aimerais trouver au pied du sapin, dans ces merveilleux chaussons offerts avec amour par mes proches, une panoplie de Philippe Jaenada. La plus belle, la complète, celle avec le talent, le style, l'humour, celle avec tous ses codes. Un truc que j'enfile et qui me permet de rédiger mes chroniques le coeur léger. (Si un jour, je le rencontre, je demanderai à Philippe Jaenada si j'ai raison de penser qu'il a l'écriture facile).
    Deuxième roman de cet auteur que je découvre, après son "Sulak", à la lecture duquel je m'étais déjà régalé.
    La serpe, est l'outil qui a servi en octobre 41 à massacrer trois personnes dans un château en Dordogne. C'est le petit-fils d'Henry Girard, principal accusé de ce triple homicide, qui à raconté à son ami Jaenada cet épisode dramatique de la vie de son grand-père.
    L'auteur s'est donc rendu sur les lieux mêmes de la tragédie afin de relire les minutes du procès, d'éplucher les témoignages et d'essayer d'imaginer l'atmosphère de l'époque.
    Ce roman c'est son enquête. Mais une enquête façon Philippe Jaenada, c'est Columbo, le chien en moins (la femme y est, elle, et il y a même un fils adoré, absent lui, chez le célèbre lieutenant ).
    Pour avoir une idée de l'écriture de cet auteur, si vous n'avez pas la chance de la connaître, c'est simple, Philippe Jaenada il va de Marseille à Lyon mais en passant par.....Lille.
    Alors certes, La serpe est un pavé, mais la raison en est très simple, si l'écrivain s'était focalisé sur son seul sujet, je pense qu'il aurait perdu des lecteurs en route. Parce que même moi, à un moment, je me suis égaré, faut dire qu'il y a du détail, rien ne lui échappe, il y a de la répétition aussi et ça, il vous prévient à l'avance, c'est pas qu'il vous prenne pour des imbéciles, mais c'est qu'il veut être sûr que vous ne loupez rien, parce que le récit et riche et surtout, il a quelque chose à vous raconter, lui, il a résolu l'énigme. Bon sang mais c'est bien sûr ! Alors, pour alléger son récit, il rajoute des pages, des petites anecdotes, des trucs dont on n'a rien à faire... mais c'est drôle, ça égaye un roman qui pourrait être très noir. C'est son style, et surtout, qu'il ne change rien, c'est trop bon. En tout cas, moi, j'en redemande. D'ailleurs tout au long de son livre, il m'a conseillé de lire La petite femelle , son précédent opus et je vais écouter son conseil. (Ah oui, parce qu'il faut que je vous dise, vous pouvez compter sur lui pour faire la promo de ses ouvrages, il a les mots et les clins d'oeil faciles, il sait les glisser dans le fil de sa narration).

  • 0.15

    On se croirait dans un roman d’Agatha Christie, sauf qu’ici tout est vrai. Nous sommes en octobre 1941, quatre personnes, Georges le père, Henri le fils, Amélie la tante et Louise la bonne sont cloîtrés dans un château. Le matin Henri trouve le cadavre des trois autres tués à coups de serpe. Il n’y a aucune trace d’effraction, rien n’a été volé et le fils a emprunté récemment la serpe à une voisine. Accusé Henri crie son innocence mais s’inquiète de savoir s’il sera guillotiné si par hasard il est coupable. Henri, à la loterie de la vie, on peut dire que côté physique, il n’a fait pas partie des gagnants, c’est un sale individu, capricieux, violent, cynique, fils unique d’une bonne famille Pour ce qui est de dépenser, les billets de 1000 francs fondent dans sa main. Il pompe tout l’argent de son père et de sa tante. Il aime les femmes, l’alcool et les belles voitures.

    L’auteur nous fait revivre l’ambiance nauséabonde de l’occupation, la méfiance des juifs, les restrictions, les attentats contre l’occupant, les éxécutions en représailles. Il part enquêter dans le Périgord sur les lieux mêmes de l’affaire. Avec sa petite pelle il tente de déterrer certains détails négligés par les enquêteurs. Tout y passe, nous voici la veille du drame, puis sur la scène du crime, une description minutieuse des cadavres et de leurs multiples blessures. On se replonge dans le dossier d’instruction, le procès avec un président du tribunal complaisant, les plaidoiries des avocats, le talent de l’avocat de la défense qui petit à petit va semer le doute parmi les jurés, comme un illusionniste en deux mouvements il transforme un foulard rouge en un vert et un accusé en innocent. Tout l’accuse et personne ne comprend ce qui a pu se passer lors du procès. Mais surtout Philippe Jaenada démontre qu’il s’agit d’une des enquêtes les plus désastreusement menées de l’histoire de la police et de la justice.

    Une bonne dose d’humour ,rend cette sordide histoire plus légère. L’intérêt principal de ce récit est de nous faire découvrir cet homme atypique que fut Henri Girard, sale gosse, fils indigne, aventurier en Amérique du Sud, qui deviendra un écrivain célèbre sous le pseudonyme de Georges Arnaud et finira sa vie comme pourfendeur des injustices. Pour le reste si Philippe Jaenada même une enquête minutieuse, démontrant les erreurs commises par les enquêteurs,les mensonges et les contradictions des uns et des autres, tout ce qu’il avance n’est que des suppositions et ne présente que peu d’intérêt 75 ans après les faits d'autant plus que tous les protagonistes ont disparus.

  • 0.25

    https://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2017/10/la-serpe-de-philippe-jaenada.html

    Philippe Jaenada a entendu parler d'Henri Girard par son ami Manu, père d'un copain de son fils. Henri Girard, grand-père de Manu, a écrit "Le salaire de la peur" sous le pseudonyme de Georges Arnaud publié chez Julliard, maison d'édition que Philippe Jaenada connaît bien. Mais c'est surtout un homme qui a été soupçonné en octobre 1941 d'avoir massacré à coups de serpe son père, sa tante et la bonne dans le château familial d'Escoire dans le Périgord, Henri avait alors vingt-quatre ans. Seul survivant dans un château dont toutes les portes étaient fermées et où aucune effraction n'a été constatée, Henri était le seul héritier et deux jours plus tôt, il avait emprunté l'arme du crime aux gardiens du château. Pourtant, défendu par Maurice Garçon, un grand avocat parisien, il sera acquitté au terme d'un procès retentissant. C'est donc à un fait-divers sordide jamais élucidé et à un personnage pour le moins antipathique que s'attaque l'auteur qui s'est plongé dans les archives de l'affaire et a reconstitué l'enquête.

    Intéressé par le profil ambigu de cet homme, Philippe Jaenada part mener son enquête minutieuse, ainsi en parallèle, une autre histoire se déroule sous nos yeux : celle du détective Philippe Jaenada qui mène ses recherches en 2016. De plus, cet auteur à nul autre pareil, parsème son récit d'informations sur Sulak et Pauline Dubuisson, les deux personnages de ses précédents romans dont il nous donne ainsi des nouvelles. Car Philippe Jaenada est le roi des digressions, il parvient même à placer des parenthèses à l'intérieur de parenthèses...

    Philippe Jaenada déroule d'abord la vie d'Henri avant d'en venir au crime. Henri, né en 1917, perd sa mère, atteinte de tuberculose alors qu'il n'a que neuf ans. Ses grands-parents paternels qui n'ont jamais accepté le mariage refusent de contribuer à payer les frais de séjour en sanatorium, Henri sera élevé par son père Georges, un homme perdu qui n'a pas appris à être père. Un drame qui explique la colère permanente qui habite Henri. D'un physique ingrat, maladif, il se comporte en enfant gâté et colérique, il mène la grande vie, entretenu par son père. Après guerre et après son acquittement, alors que l'opinion publique reste convaincue de sa culpabilité, Henri s'exile au Vénézuela où il devient chercheur d'or. Il rentre en France en 1950 avec le manuscrit du "Salaire de la peur" puis devient une grande personnalité du monde culturel, riche et célèbre après avoir dilapidé la fortune familiale. C'est un homme qui a eu mille vies, s'est marié quatre fois et a eu quatre enfants. Haut en couleurs, il a eu une vie incroyable " il ne mue, instantanément, qu'en anéantissant la fortune familiale, et se transforme en nomade combatif qui ne possède rien et vient en aide à ceux qui en ont besoin". Autant il était provocateur et cynique, en un mot extrêmement antipathique avant le crime, autant il devient sympathique ensuite notamment quand il lutte contre certaines injustices.

    J'ai adoré ce roman pour de multiples raisons. La première est certainement la découverte de Philippe Jaenada, écrivain hors normes qui se met en scène avec un sens de l'auto dérision et un humour incroyables. Ses digressions sur sa famille, son fils, ses petites habitudes, les scènes désopilantes qu'il nous raconte (comme celle du restaurant chinois) m'ont vraiment amusée et ont contribué à alléger le récit d'une histoire bien sordide. Philippe Jaenada possède un réel talent de conteur, même si de temps en temps il doit faire appel à Balzac pour l'aider à être clair dans ses descriptions...
    Par ailleurs, j'ai trouvé ce fait-divers vieux de 75 ans intéressant, le jugement qui a suivi pour le moins surprenant, le personnage d'Henri Girard assez fascinant et l'enquête minutieuse menée par Philippe Jaenada passionnante. Il a cherché à comprendre qui était vraiment Henri Girard derrière ses apparences de mauvais garçon et a mené une enquête très rigoureuse à la recherche du moindre détail, de la moindre incohérence aboutissant à des questions pertinentes et pleines de bon sens. Il nous raconte une enquête qui nous tient en haleine, qui nous plonge dans la France de Vichy et qui nous fait croiser, entre autres, Léo Ferré et Henri Charrière, le légendaire Papillon.
    Philippe Jaenada a écrit un livre passionnant sur un crime sordide et sur un personnage aux multiples facettes et a abouti à des conclusions qui interpellent.
    Un régal !

  • 0.25

    Dans « la Serpe », il y a Henri Girard, le grand père d’Emmanuel, un ami de l’auteur. Il a connu l’occupation, puis bourlingué en Amérique du sud, est revenu avec un roman « Le salaire de la peur » écrit sous le nom de George Arnaud, il a vécu des vies multiples, au service des autres en particulier.
    Gorge Arnaud est un aventurier au grand cœur, mais dans sa jeunesse c’était un homme capricieux, violent, qui a fait les 400 coups et dépensé sans compter l’argent de papa, un petit morveux peu recommandable. Il est accusé en 1941 d’avoir sauvagement assassiné à coups de serpe son père, sa tante, la bonne, de façon violente. Enquête, bâclée, coupable évident… Procès, et surprise, acquittement et changement complet de vie pour Henri Girard.
    Pas la peine d’en dire plus, à vous de lire, car Philippe Jeanada est bel et bien parti enquêter sur les traces d’Henri Girard. On l’imagine, Sherlock Holmes, de temps modernes qui mène une enquête minutieuse, s’embarque dans les sentiers comme dans les impasses, ne laisse aucun indice de côté, aucun interrogatoire, chaque mot est pesé, analysé, comparé.
    On est loin du thriller classique, et pourtant ce roman est un véritable régal. Quel plaisir de lire cette enquête, cet humour détonnant et décapant. Car l’auteur nous embarque dans son vécu, dans la voiture, en famille, tout y est, c’est dense, précis, et en même temps, on rigole, on éclate de rire, on craint, on cherche à comprendre. Et il nous trouble, on se laisse emporter par sa faconde, son style, son enquête, ses mots, un régal que je ne peux que vous conseiller.

  • 0.25

    C'est une copine qui m'a mis la puce à l'oreille : « J'ai entendu parler d'un livre, c'est pour toi, il est question d'un type bizarre et d'un crime non élucidé, en plus l'auteur a l'air sympa... »
    Ah, les amis, pas de doute, on ne peut rien leur cacher…
    Eh bien, en plein dans le mille la copine, pas un millimètre à côté, le coeur du coeur, l'hyper centre de la cible. Dire que j'ai aimé relève de l'euphémisme, c'est beaucoup plus que ça…
    Je vous explique, enfin si j'en suis capable car je vous avoue que j'émerge doucement de ces 634 pages qui m'ont passionnée et qui maintenant m'empêchent de dormir, un parce que j'ai la trouille, deux parce que je retourne l'affaire dans tous les sens. D'ailleurs, je vais me fendre d'un petit message à l'auteur car cette nuit deux trois questions me sont venues à l'esprit...
    Reprenons : d'abord, vous en aurez pour votre argent, oui, les livres sont chers mais dans La Serpe vous avez en réalité QUATRE histoires :
    1. l'histoire du type bizarre, son meurtre (enfin, je devrais mettre des guillemets que je n'aurais évidemment pas mis au début de ma lecture...), son procès et l'enquête d'une infinie minutie de l'auteur Jaenada-Colombo qui part à Périgueux, loupe et bloc-notes en poche. Finalement, déjà, dans ce petit 1, vous avez quatre sous-parties, valable non ?
    2. des bribes de l'histoire de Pauline Dubuisson dont il est question dans le précédent roman de Philippe Jaenada : La Petite Femelle (que je n'ai pas lu… mais pourquoi, pourquoi???)
    3. de l'Histoire avec moult précisions sur les faits et gestes de moult acteurs de second et de premier plan au moment de l'Occupation.
    4. des éléments autobiographiques sous forme d'interventions régulières tendres, percutantes et souvent à mourir de rire de l'auteur sur, par exemple, un étrange et inquiétant voyant rouge - un point d'exclamation entre parenthèses - sur le tableau de bord de sa bagnole de location ou bien sur son fils Ernest, sa femme, ses parents, son pote flic Pupuce (j'adore), ses petites habitudes, sa façon de voir le monde, Paris et la Province, le tout servi avec un humour qui m'a complètement séduite. (J'allais oublier ses appels à feu Balzac pour qu'il l'aide à être clair dans ses descriptions!) (Et la scène désopilante du restau chinois… on ne doit pas s'ennuyer à vivre avec Philippe Jaenada!)
    Quelle partie ai-je préférée ? Difficile à dire tellement ces quatre histoires s'entremêlent génialement, l'art du conteur y est pour quelque chose… et je suis bien persuadée que Philippe Jaenada pourrait me parler de n'importe quoi, je trouverais le propos passionnant. Mais quand même, ses petites parenthèses (ah, vous verrez, il y en a, de la parenthèse!), ses digressions m'ont fait craquer. Irrésistibles…
    Un peu d'ordre dans tout ça, commençons par le commencement.
    Le père du copain du fils de Jaenada (ça va?), un certain Manu, tannait régulièrement ledit Jaenada au sujet de son grand-père, le sien, enfin celui de Manu. (C'est marrant comme en parlant de Jaenada, on fait du Jaenada - comprendront ceux qui comprendront, je poursuis). Et alors, qu'est-ce qu'il avait d'intéressant, le grand-père de Manu ? C'était un gars incroyable, une espèce de fou aventurier qui a parcouru le monde, a failli mourir un nombre incalculable de fois, a été écrivain, a fait de la politique, du journalisme, a milité pour défendre de nombreuses causes, bref, un gars hors du commun. « Moi, les gens hors du commun, s'excuse Jaenada, c'est pas trop mon truc... » Les années passent.
    Et puis un jour, revoilà le Manu qui attaque de front : « Au fait, j'ai oublié de te dire que mon grand-père a été inculpé d'un triple homicide : on l'a accusé d'avoir assassiné à coups de serpe son père, sa tante et la bonne. Il a été acquitté mais des doutes subsistent encore quant à son innocence... » Jaenada est ferré, cette histoire est pour lui, il va devoir jeter un coup d'oeil sur le grand-père de Manu…
    Et l'histoire commence… une histoire rocambolesque et terrible, effrayante même, ah, je vous jure, pas la peine de vous gaver de romans policiers suédois ou norvégiens, on a tout sur place, dans nos petites provinces françaises, à Trifouillis-les-Oies, du bien gore, du bien glauque, du sordide en barre, du mystère bien épais et du VRAI en plus, pas des trucs inventés, non, du RÉEL… de quoi rester les yeux ouverts la nuit quelque temps... (Quand je vous dis que vous en aurez pour votre argent…)
    D'abord, un homme : le fameux grand-père de Manu. Comment faire le portrait d'un tel homme ? Il faut avoir le talent de Jaenada pour ça ! Soudain, me vient un air de Cloclo, ça vous dit ? Non ? On y va quand même, rappelez-vous : « Un sale bonhomme, oh quelle sale personne, un monstre en somme, hou, hou, ce sale bonhomme... » Oui, c'est ça, et ça lui va très bien à cet… Au fait, avec tout ça, j'ai oublié de vous le présenter : un nom à retenir : Henri Girard (alias, Georges Arnaud… Ah, tiens, on dirait que ça vous dit quelque chose, je vous laisse chercher… )
    « Ce que j'en sais, je l'ai appris dans les livres. Sale gosse, sale type, des claques, insupportable, il ne mue, instantanément, qu'en anéantissant la fortune familiale ... » résume l'auteur au début du livre.
    En très bref : du côté du père d'Henri, une famille friquée, traditionnelle qui n'a pas du tout apprécié de voir leur rejeton s'amouracher d'une femme de gauche, prof de français (on les comprend, quelle misère!!!). Georges et Valentine se marient et donnent naissance à Henri (grand-père de Manu). La mère tombe malade : tuberculose, et la famille de Georges refuse d'aider à payer les séjours en sana. Elle meurt et Henri se retrouve à vivre avec un père désespéré, aimant de tout coeur son gamin mais pas franchement capable de l'élever.
    Henri est un enfant intelligent mais plutôt inconstant, capricieux, colérique, méprisant, violent, mystificateur… et je suis loin d'être exhaustive ! Une vraie tête à claques ! Enfin, c'est ce qu'on en dit...
    Il en voudra toujours à la famille de son père d'avoir refusé d'aider davantage sa mère malade.
    Plus il grandit et plus ces vices s'accentuent : il aime dépenser de l'argent et en demande sans cesse à sa famille, la menace si elle refuse, fréquente des filles, fait la fête, ne travaille pas, commence une vie de bohème. C'est le petit enfant chéri : le père résiste un peu mais finit par lui donner tout ce qu'il veut. La tante Amélie (sœur du père) fait de même. Henri s'amuse comme un fou. En réalité il souffre, il ne faut pas être fin psychologue pour le deviner. Je ne vais pas raconter le détail de ses frasques mais dans le genre personnage de roman, il se pose là ! En plus, il a de l'imagination (vous verrez…)
    La famille possède un château à Escoire dans le Périgord (jetez un coup d'oeil sur Wikipédia), il s'y rend régulièrement et en octobre 1941 (Henri a 24 ans), il contacte son père Georges qui est archiviste au Ministère des Affaires Étrangères du gouvernement de Vichy, il veut le voir, il faut qu'ils discutent. Sa tante Amélie est sur place ainsi que Louise, la domestique. Cela n'arrange vraiment pas Georges de passer un week-end à Escoire mais bon, comme on ne refuse rien à ce sale gosse (ouh là, là, c'est mal, je m'emporte…), bonne poire, il vient.
    Le lendemain, dans un château fermé à clef de l'intérieur, on retrouve le père, la tante, la domestique baignant dans leur sang et - ce n'est pas une métaphore - déchiquetés par une vingtaine de coups d'une serpe qu'Henri avait empruntée la veille aux gardiens du château pour couper des sapins (dommage). Il a même des traces du manche dans la main droite. Une petite trentaine d'autres preuves contre Henri s'ajouteront à ces deux éléments déjà bien béton. Tout accuse le seul survivant et donc, le seul héritier… d'une belle fortune.
    Mais le plus incroyable dans tout ça, c'est qu'il va être relaxé ! Ben oui, se trouvant à la tête d'une fortune colossale, il a pu s'offrir les services d'un grand avocat parisien : Maurice Garçon. En dix minutes, ce fut plié : les jurés avaient voté. Henri est acquitté et déclaré innocent !
    Comment comprendre ce revirement ? Que s'est-il réellement passé dans les coulisses du tribunal ?
    Finalement, la question centrale que va tenter d'élucider Jaenada-Colombo est : qui était vraiment Henri Girard ? Parce que le mystère est bien là. Était-il celui que l'on décrit partout comme un siphonné brutal, agressif, irascible et avide d'argent ? N'était-il pas quelqu'un d'autre en réalité ? Correspond-il à la légende qu'il s'est plus ou moins volontairement forgée ? C'est là qu'intervient notre Jaenada qui se rend sur place, à Périgueux, dans sa voiture de location, descendant à l'hôtel Mercure, incognito, son petit sac matelot à la main, allant rôder autour du château, fréquentant quotidiennement les Archives, épluchant minutieusement la correspondance, relisant les actes du procès, essayant de reconstituer le déroulement des faits, observant sur photos les scènes de crime, notant scrupuleusement les incohérences, vérifiant tel ou tel détail, cherchant à comprendre, inlassablement…
    Un travail énorme, archi méticuleux... Franchement, je suis bluffée par cette recherche et surtout par les questions très pertinentes que Jaenada se pose avec une logique et un bon sens imparables. S'il a du mal à vivre de ses bouquins, qu'il n'hésite pas à proposer ses services à la police. Quelle perspicacité! (Même si j'avoue que parfois j'avais un peu de mal à le suivre…)
    Si vous avez l'impression que je vous ai raconté plein de choses et tout révélé, sachez que PAS DU TOUT, vous avez tout à découvrir sur Henri Girard et les autres et je me suis bien gardée de vous dire l' ESSENTIEL, vous pensez bien…)
    Quand on dit que la réalité dépasse la fiction…
    J'ajoute encore une remarque parce qu'autrement, l'article va être trop long et les articles trop longs, c'est bien connu, on ne les lit pas…
    S'il est bien évident que vous allez être soufflés par cette histoire incroyable, mais vraiment, une histoire passionnante que vous n'êtes pas près d'oublier, vous allez aussi rencontrer un homme : Henri ? Non, Philippe Jaenada. Un ton, une voix, une omniprésence, un humour irrésistible (qu'est-ce que je me suis marrée!!! Enfin, dans la première partie du livre car après, c'est la tension qui domine, comme une petite angoisse qui serre la gorge), un sens poussé de l'auto-dérision, un coeur grand comme ça, humain, attachant, captivant… Bon, j'arrête là parce qu'après on va croire que… mais, je peux vous dire qu'autant le gars Henri, j'ai eu un peu de mal - au début en tout cas - après, je ne dis pas... (désolée, Manu, pour votre grand-père, même si je veux bien croire qu'il était doué, sensible, généreux et avait cent mille qualités, et puis, est-on responsable de ce que l'on est?), autant le gars Jaenada, pas la peine de me l'emballer, je le prends tout de suite, c'est pour une consommation immédiate… je parle du livre, bien entendu...

    Lire au lit: http://lireaulit.blogspot.fr/

  • 0.25

    De l’auteur, j’avais beaucoup aimé Sulak, et pas lu son précédent La petite femelle sur Pauline Dubuisson. Je savais donc que l’auteur écrit beaucoup sur les erreurs judiciaires, et je ne connaissais pas cette « affaire »-çi.

    On peut dire que j’ai appris pleins de choses qui n’ont pas forcément à voir avec le sujet principal : Maryline dormait avec son soutien-gorge ; le premier bébé élu Bébé Cadum est devenu un grand résistant déporté à Auschwitz ; Henri Girard, le principal inculpé dans l’affaire va devenir l’auteur à succès du « Salaire de la peur » Georges Arnaud ;Simone Signoret avec une maîtrise de philo la jouait proche du peuple ; l’auteur et sa femme ont un fils prénommé Ernest.

    Si j’ai bien aimé la première partie du roman (mais est-ce un roman ?) qui nous décrit les faits tels que parus et perçus en lieu et place, j’ai moins aimé la seconde partie qui innocente Henri Girard – non pas parce qu’elle l’innocente, mais parce qu’il y a foule de détails et de longueurs, comme pour bien enfoncer le clou.

    J’ai aimé les coïncidences qui jalonnent les recherches de l’auteur : les prénoms Pauline et Ernest qui reviennent, les lieux des précédentes enquêtes pas si éloignées de l’enquête actuelle.

    J’ai aimé les digressions de l’auteur, avec moultes parenthèses dans la parenthèse, mais je conçois que l’irruption des problèmes personnels de Monsieur Jaenada dans son récit peut agacer. Moi, cela m’a plu et fait sourire.

    Me voilà partante maintenant pour lire son précédent roman.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de l’attachement d’un père à son fils, ce que personne n’a vu, à l’époque.

    http://alexmotamots.fr/la-serpe-philippe-jaenada/

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