La salle de bal

Couverture du livre « La salle de bal » de Anna Hope aux éditions Gallimard
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782072688720
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Lors de l'hiver 1911, l'asile d'aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, accueille une nouvelle pensionnaire : Ella, qui a brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait depuis l'enfance. Si elle espère d'abord être rapidement libérée, elle finit par s'habituer à la routine de... Voir plus

Lors de l'hiver 1911, l'asile d'aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, accueille une nouvelle pensionnaire : Ella, qui a brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait depuis l'enfance. Si elle espère d'abord être rapidement libérée, elle finit par s'habituer à la routine de l'institution. Hommes et femmes travaillent et vivent chacun de leur côté : les hommes cultivent la terre tandis que les femmes accomplissent leurs tâches à l'intérieur. Ils sont néanmoins réunis chaque vendredi dans une somptueuse salle de bal. Ella y retrouvera John, un « mélancolique irlandais ». Tous deux danseront, toujours plus fébriles et plus épris.À la tête de l'orchestre, le docteur Fuller observe ses patients valser. Séduit par l'eugénisme et par le projet de loi sur le Contrôle des Faibles d'Esprit, Fuller a de grands projets pour guérir les malades. Projets qui pourraient avoir des conséquences désastreuses pour Ella et John.Après Le chagrin des vivants, Anna Hope parvient de nouveau à transformer une réalité historique méconnue en un roman subtil et puissant, entraînant le lecteur dans une ronde passionnée et dangereuse.

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  • J'avais lu le précédent roman d'Anna Hope et j'avais eu l'impression que tout le monde l'avait aimé, sauf moi. Je m'y étais ennuyée, n'arrivant pas à m'attacher à ces femmes, touchée néanmoins par un ou deux passages. J'ai donc hésité mais le thème de celui-ci, le traitement des patients dans...
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    J'avais lu le précédent roman d'Anna Hope et j'avais eu l'impression que tout le monde l'avait aimé, sauf moi. Je m'y étais ennuyée, n'arrivant pas à m'attacher à ces femmes, touchée néanmoins par un ou deux passages. J'ai donc hésité mais le thème de celui-ci, le traitement des patients dans les asiles d'aliénés me tentait beaucoup. Le fait qu'il arrive entre mes mains par le biais du Prix Elle des lycéennes a précipité ma lecture. Tout commençait bien, la description de l'usine de filature et l'arrivée d'Ella à l'asile m'ont intéressée. Mais très vite, l'auteure centre toute son attention sur quatre personnages, Ella, Clem, John, trojs patients et un médecin. Or, j'aurais aimé en apprendre davantage sur la gestion des lieux plutôt que de ne suivre que le parcours d'un médecin raté mélomane, qui rêve de se faire remarquer par Churchill pour ses projets eugénistes. Certains morceaux de l'intrigue m'ont semblé bien convenus et je n'adhère pas à l'écriture. Et comme avec Ces rêves qu'on piétine, j'ai été gênée par la fausse lettre attribuée à Churchill (j'ai tout de même appris ici qu'il fut porté sur l'eugénisme). Si je finis pas lui laisser une dernière chance, je la lirai en version originale pour voir si l'effet est le même. Me voilà donc bien seule à rester insensible à la plume et aux intrigues de cette auteure. Sur le même thème, j'ai de loin préféré La disparition d'Esme Lennox de Maggie O'Farrell.

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  • « J’ai cassé une fenêtre. A la filature. Hier. Je suis désolée. Je rembourserai. Mais je ne suis pas folle. »
    Angleterre, hiver 1911, dans un sursaut d’humeur, Ella Fay, une jeune irlandaise, brise une vitre de la filature dans laquelle elle travaille depuis l’enfance. Un geste qui la conduit...
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    « J’ai cassé une fenêtre. A la filature. Hier. Je suis désolée. Je rembourserai. Mais je ne suis pas folle. »
    Angleterre, hiver 1911, dans un sursaut d’humeur, Ella Fay, une jeune irlandaise, brise une vitre de la filature dans laquelle elle travaille depuis l’enfance. Un geste qui la conduit tout droit à l’asile d’aliénés de Sharston dans le Yorkshire, une institution sordide où elle espère être rapidement libérée. Mais le temps passe et elle doit se frotter à cet univers qui sépare les hommes et les femmes, à la rudesse des infirmières, aux questions du Docteur Charles Fuller, aux autres pensionnaires dont Clem. Il y a tout de même les vendredis dans la salle de bal, une idée du Docteur Charles Fuller pour guérir les patients. Et surtout John Mulligan, un « irlandais mélancolique ».
    Au son du piano, Ella et John s’envolent dans une valse, puis deux, puis trois. Leur cœur s’emballe et les voilà loin de Sharston mais le Docteur Charles Fuller ne l’entend pas de cette manière.
    On se laisse enivré le temps d’une valse et l’on découvre avec plaisir une histoire d’amour dans un contexte d’études expérimentales sur les « faibles d’esprit ». Une valse à trois temps qui donne, tour à tour, la voix à Ella, John puis Charles.
    A travers ce récit romanesque plein de poésie, Anna Hope manie avec une grande dextérité toute une palette d’émotions. Elle nous invite également à réfléchir à la définition de la folie dans l’Angleterre des années 1900. Période de crise économique, durant laquelle, Winston Churchill, alors ministre de l’intérieur, s’intéressait fortement à l’eugénisme.
    Une écriture sublime. Un roman fort et intense. Un très bel hommage à l’arrière-arrière-grand-père d’Anna Hope qui a été interné en 1909 dans le Yorkshire. Je le recommande vivement !
    https://lamadeleinedelivres.blogspot.fr

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  • J’ai découvert avec plaisir cette autrice anglaise grâce au prix ELLE, elle a d’ailleurs reçu le Grand Prix des lectrices ELLE dans la catégorie ROMAN pour ce livre. Il s’agit de son deuxième roman paru chez Gallimard dans la collection Du Monde Entier. Son premier roman, Le chagrin des vivants,...
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    J’ai découvert avec plaisir cette autrice anglaise grâce au prix ELLE, elle a d’ailleurs reçu le Grand Prix des lectrices ELLE dans la catégorie ROMAN pour ce livre. Il s’agit de son deuxième roman paru chez Gallimard dans la collection Du Monde Entier. Son premier roman, Le chagrin des vivants, est déjà sur ma liste de livres à lire !
    Ce roman mêlant faits historiques et histoire d’amour est une très belle découverte ! Comme trame de fond, l’autrice a choisi la situation dans les asiles d’aliénés au début du siècle en Grande-Bretagne. Dans ces établissements, les patients étaient traités d’une manière inhumaine et j’ai découvert cette partie sombre de l’histoire britannique. On suit trois personnages, Ella, John et le Dr. Fuller. Ce dernier s’intéresse aux thèses eugénistes en vogue à l’époque et j’ai aimé la façon dont l’autrice a traité ce sujet. On y apprend l’implication de Churchill, alors ministre de l’Intérieur et c’est assez édifiant, je ne connaissais pas ces prises de position. L’Histoire ainsi présente en toile de fond dans le roman est une composante que j’aime beaucoup dans les romans, cela donne une autre dimension au récit et le rend plus réaliste. La salle de bal du titre est le lieu où se retrouvent Ella et John, chacune de ses scènes est très sobre et l’histoire d’amour entre eux n’est pas niaise et se construit petit à petit dans cet environnement sombre. J’ai aimé cette retenue et cette subtilité de la part de l’autrice.

    L’écriture est magnifique, recherchée et je veux souligner la qualité de la traduction d’Élodie Leplat. J’ai adoré le style et j’ai trouvé le roman très abouti. Je me suis laissé complètement emporter par l’histoire, les deux personnages Ella et John sont particulièrement attachants et j’ai aimé détester le médecin au fur et à mesure qu’il se laissait tenter par l’eugénisme. La fin est très réussie et je n’ai pas pu le lâcher jusqu’à l’épilogue. En bonus, on en apprend plus sur la réalité historique de ces asiles dans les notes de l’autrice à la fin du livre et c’était très appréciable.

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  • Un roman comme je les aime, une fiction basée sur des faits réels qui commence pour l’auteure par la découverte de son histoire familiale (le roman est dédié à son arrière-arrière grand-père ayant été interné), agrémenté de personnages attachants, le tout porté pour une très belle écriture et...
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    Un roman comme je les aime, une fiction basée sur des faits réels qui commence pour l’auteure par la découverte de son histoire familiale (le roman est dédié à son arrière-arrière grand-père ayant été interné), agrémenté de personnages attachants, le tout porté pour une très belle écriture et une émotion palpable au fil des pages.
    Tout d’abord Ella, toute jeune fille sans autre avenir depuis ses 8 ans que celui de travailler tous les jours dans une filature et de mener une vie rude, qui se retrouve un jour dans cet asile de Sharston en 1911 tout simplement pour avoir brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait.
    Elle y rencontre Clem d’un milieu social plus privilégié, cultivée, grande lectrice qui a refusé un mariage arrangé.
    Ella va faire l’expérience d’une autre vie rude, privée de liberté puisque les femmes ont interdiction de sortir du bâtiment.
    Elle croisera John un irlandais taciturne qui lui travaille à l’extérieur, à creuser des tombes des anonymes qui sont enterrés, puis aux champs.
    Ces deux-là ne devraient pas se rencontrer puisqu’hommes et femmes vivent séparés.
    Pourtant, chaque vendredi le Docteur Fuller anime un bal. Il sélectionne les patients et les scrute testant une méthode visant à utiliser la musique pour mieux les observer. Il est convaincu par les théories eugénistes de l’époque pas loin de confondre indigence et folie.
    Après tout, procéder à la stérilisation des pauvres et faibles d’esprit pourrait résoudre le problème de la pauvreté. Fuller est très tourmenté, il lutte aussi contre ses démons, sa carrière modeste, le manque de reconnaissance de sa famille et le trouble qu’il combat à la vision de certains hommes, notamment John.
    Une belle maîtrise de l’écriture, une émotion palpable, des personnages attachants y compris les personnages secondaires, même Fuller et ses obsessions.
    Il est aussi question de la condition des femmes, la punition réservée à Clem sera de la priver de lecture, car Fuller est persuadé que « la lecture pratiquée avec excès est dangereuse pour l’esprit féminin ».
    Un vrai coup de cœur que ce roman !
    Je conseille également de lire attentivement la note de l’auteure en fin du roman qui éclaire sur ses motivations, son travail, ses recherches et donne un éclairage intéressant sur les théories de l’époque, reprises quelques années plus tard par le IIIème Reich, jamais vraiment oubliées. J’ai d’ailleurs été très étonnée d’apprendre que Churchill (alors ministre) était ouvert à ces théories eugénistes.
    Lu dans le cadre du Jury Lectrices de Elle 2018

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