La salle de bal

Couverture du livre « La salle de bal » de Anna Hope aux éditions Gallimard
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Avis(29)

  • Je garde du premier roman d’Anna Hope « Le chagrin des vivants » le souvenir d’un coup de cœur pour l’histoire de trois vies de femmes après la guerre de 1914. Tout en pudeur et en retenue ce livre m’avait bouleversée.
    C’est donc avec une certaine impatience que j’ai ouvert ce nouvel opus....
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    Je garde du premier roman d’Anna Hope « Le chagrin des vivants » le souvenir d’un coup de cœur pour l’histoire de trois vies de femmes après la guerre de 1914. Tout en pudeur et en retenue ce livre m’avait bouleversée.
    C’est donc avec une certaine impatience que j’ai ouvert ce nouvel opus. L’auteure s’intéresse à nouveau au début du 20ème siècle en nous emmenant en 1911 dans l’asile de Sharston où Ella est internée pour avoir brisé dans un moment de révolte une vitre de l’entreprise pour laquelle elle travaillait. Convaincue d’être là sans raison puisqu’elle n’est pas folle, elle se lie peu à peu d’amitié avec Clem Church qui a eu le front de refuser un mariage arrangé.
    Les idées eugénistes font leur chemin dans la société, dont la castration obligatoire comme mesure curative : et si on stérilisait les fous et puis aussi les pauvres, assimilés à des faibles d’esprit ? Il y a là un jeune médecin ambitieux, Charles Fuller, qui n’accepte pas encore ces dérives. Il y oppose les mérites de la musique, de la danse et du travail, des facteurs de régénération. Grâce à lui, hommes et femmes peuvent se rencontrer quelques heures lors d’un bal hebdomadaire attendu avec fébrilité. Le reste du temps les hommes sont aux champs, les femmes aux tâches domestiques. Ne restant que les lettres clandestinement échangées pour communiquer. A petit pas et en dépit de leurs blessures individuelles, Ella et John s’apprivoisent. De sa position de chef d’orchestre, Fuller ne pourra guère freiner l’évolution de leurs sentiments, ni même la détérioration avilissante de ses idées liées à sa propre frustration sexuelle.
    Anna Hope signe un très beau roman à trois voix, celle d’Ella, de John et de Charles qui nous donnent chacun leur point de vue et brosse une reconstitution saisissante des conditions de vie dans les hôpitaux psychiatriques au début du 20me siècle.

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  • La salle de bal – avis page 100
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    « La salle de bal » est un livre polyphonique racontant des histoires parallèles et des destins qui se croisent. Anna Hope nous immerge dans le...
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    La salle de bal – avis page 100
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    « La salle de bal » est un livre polyphonique racontant des histoires parallèles et des destins qui se croisent. Anna Hope nous immerge dans le cadre sinistre d'un asile avec des personnages cabossés à leur entrée puis cassés par l'enfermement et l'aliénation des traitements ; elle laisse s'exprimer le ressenti des principaux protagonistes. A travers eux vont émerger des raisons d'espérer dans la fuite ou la redécouverte de beaux sentiments.

    A ce stade du livre, deux équations sont à résoudre :
    - le bal du vendredi soir permet aux plus méritants de la semaine de se rencontrer ; ce rassemblement sera-t-il suffisant pour lutter contre la pesanteur de l'institution ?,
    - au fil de l'évocation des réflexions du médecin, se profile la mise en œuvre du projet gouvernemental de contrôle voire d'élimination des faibles d’esprit. Deux écoles s'affrontent dans un enjeu terrible entre les partisans de la guérison des malades et ceux de leur stérilisation .

    Quelle sera la solution à toutes ces inconnues ??.

    « La salle de bal » a tous les ingrédients pour devenir le scénario d'un film dramatique ; l'action se situe dans le Yorkshire. Anna Hope ne nous invite pas à une visite bucolique des terres très verdoyantes de l'Angleterre mais à naviguer en eaux troubles. Les landes sont à l'unisson de l’ambiance générale de désolation d’une maison d'aliénés.
    Des hommes et des femmes y sont enfermés, séparément souvent contre leur gré. Anna Hope excelle dans l'expression de leur incompréhension, puis de leur chute dans la torpeur et la routine. Le seul espace de liberté reste le bal hebdomadaire où ils peuvent se rencontrer.
    L'ambiance est pesante et renforcée par l'absence de dialogues. On sent qu’une menace rôde dans l'établissement : tels des naufragés sur une île, les malades ne savent plus conjuguer l'avenir. On y meurt généralement broyé par lassitude, épuisement des traitements et absence de tout espoir.
    La situation semble sans issue lorsque le médecin se mue en bras armé du diable. Le guérisseur abandonne sa thérapie musicale et dérive dans une folie vengeresse. Il se veut le pionnier de la mise en place d'un asile transformé en hôpital de stérilisation des plus faibles.
    Une résistance larvée va se lever en même temps que la menace de l'eugénisme se précise de plus en plus.

    La dureté de l'existence est décrite avec un réalisme saisissant. L'auteur pourrait laisser le lecteur désemparé si quelques éclairs d'amour ne venaient éclairer le tableau. La psychologie des principaux personnages est particulièrement soignée. Jusqu’au dénouement final, on est lié aux héros de l'histoire par une inquiétude grandissante.
    Cet épisode méconnu de l'histoire d'Angleterre n'est pas le plus glorieux mais les choses du passé se doivent d'être racontées. Anna Hope a un talent énorme et une capacité descriptive impressionnante. Le lecteur est ligoté comme certains malades. Un livre poignant qui secoue. Bouleversant !

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  • Chronique d'une Exploratrice de la rentrée littéraire

    Comment ne pas tomber sous le charme de ce roman puissant où les sentiments humains sont mis à l’honneur ? Tiré de faits historiques, il gagne en intensité à travers des personnages graves, une profondeur d’esprit qui ne peut lui conférer...
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    Chronique d'une Exploratrice de la rentrée littéraire

    Comment ne pas tomber sous le charme de ce roman puissant où les sentiments humains sont mis à l’honneur ? Tiré de faits historiques, il gagne en intensité à travers des personnages graves, une profondeur d’esprit qui ne peut lui conférer qu’une grandeur d’âme et en faire un roman nécessaire. Avec un esprit filmographique tel que Vol au-dessus d’un nid de coucou ou encore Magdalene sisters, il souligne le périlleux et sinistre sujet de l’aliénation mentale où la figure du patient prend autant d’importance que le point de vue médical.

    Anna Hope nous entraîne en 1911 dans les pas d’Ella Faye, internée malgré elle à l’asile de Sharston en Angleterre. Fileuse de métier depuis l’âge de huit ans, elle se plaisait à rêver de voir le ciel à travers les vitres crasseuses de l’usine où elle travaille sans relâche, et avait alors décidé pour ce faire d’en briser une. Malheur à qui sortent des sentiers battus où la norme est à l’attitude docile et la servitude à la tenue de son rang. La voici donc forcée de s’adapter à ce nouvel environnement, l’asile, où elle côtoie une galerie de personnages et se lie d’amitié avec Clem, fille de bourgeois intelligente et lettrée, qui cache un profond mal être. Seule bulle d’oxygène à ce cadre anxiogène : le bal dirigé par le docteur Charles Fuller comme expérimentation de thérapie par la musique, tous les vendredis soirs dans une somptueuse salle, où elle retrouve John, un Irlandais mélancolique, pensionnaire de l’aile masculine. John et Ella vont apprivoiser leurs craintes et surtout renouer avec l’amour.

    Roman choral très bien écrit et régulier, il est d’une surprenante finesse psychologique et émotionnelle. Les trois protagonistes que sont le docteur Fuller, Ella et John livrent tour à tour leurs pensées, leur passé et leurs désirs de liberté. En créant le personnage d’Ella, l’auteure souligne la force d’intention, la soif d’indépendance et démontre l’intelligence d’une remise en question de la classe populaire. Tandis qu’avec John elle révèle les méandres de la dépression, ses conséquences, et les conditions de la guérison. En travaillant le caractère ambivalent du docteur Fuller, elle crée, selon moi, le protagoniste le plus intéressant et le plus complexe. Mélomane confirmé, issu d’une famille aristocrate donc exigeante sur ses attentes de carrière, il se considère comme le sauveur des pensionnaires, utilise la musique comme instrument de guérison, et s’oppose à l’eugénisme, une idée qui semble pourtant séduire les élites du pays. Mais il porte en lui des ombres, des amertumes et des menaces qui font se demander si la frontière entre le soignant et les aliénés est aussi solide qu’on peut le croire.

    A la lecture de ce récit, je n’imaginais pas une seule seconde que j’allais découvrir un page controversée de l’histoire britannique. L’aliénation est certes un sujet brûlant et terrifiant mais le projet de loi approuvé par Winston Churchill alors ministre de l’intérieur et favorable à la stérilisation des malades mentaux fait froid dans le dos. En appuyant son récit sur le traitement subi des classes pauvres et populaires en y incluant les ouvriers, les mendiants, hommes ou femmes, Anna Hope met en évidence le traitement réservé aux « hors normes » considérés comme rebuts de la société, et l’effrayant dessein d’éradiquer la pauvreté par la stérilisation.

    Anna Hope signe un roman fluide, agréable, au rythme d’abord léger pour passer à un tempo plus dense. Le bal n’est finalement qu’un objet de thérapie relégué au second plan pour affirmer le rôle de chaque personnage. Parfois un peu long et rébarbatif avant le basculement décisif, cette histoire bien documentée comme le prouvent les notes de l’auteure, est riche d’intensité dans une trame bouleversante et servie par un style harmonieux. Bref, j’ai beaucoup aimé !
    http://bookncook.over-blog.com/

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  • En 1911, l’asile de Shorsten est connu pour ses méthodes « avant-gardistes » : ici, en apparence, les patients travaillent, vivent en autarcie au grand air, sont nourris sainement, et rendez vous compte, une fois par semaine, ils ont même le droit de danser, un bal étant organisé tous les...
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    En 1911, l’asile de Shorsten est connu pour ses méthodes « avant-gardistes » : ici, en apparence, les patients travaillent, vivent en autarcie au grand air, sont nourris sainement, et rendez vous compte, une fois par semaine, ils ont même le droit de danser, un bal étant organisé tous les vendredis, pour les plus sages d’entre eux. La musique comme thérapie, la musique qui adoucit les mœurs dit-on.
    Shorsten, c’est là que vont se rencontrer Ella et John. Elle a voulu voir la lumière du jour, elle a brisé un carreau dans la filature où elle travaille, calfeutrée, et dans des conditions inhumaines, depuis l’enfance. Il a vécu un drame, un deuil, il fait partie des « chroniques ».
    Ces deux écorchés vifs, ces deux révoltés, ces solitaires, vont vivre une passion amoureuse fulgurante, jalonnée de moments d’une beauté à couper le souffle, comme ces lettres d’amour échangées furtivement, et lues à Ella par son amie Clem, qui jouera un rôle important dans le roman. Cette relation amoureuse ne sera pas du goût de l’ignoble Dr Fuller, partisan de l’eugénisme, et persuadé d’œuvrer pour le bien d’une nation dirigée par Churchill, lequel approuvera le programme que ce médecin (qu’on aurait tendance à trouver « bien sous tous rapports » en début de lecture), va lui soumettre.
    Ce roman choral, à trois voix , donne la parole tour à tour à chacun des protagonistes, et on tremble, on suffoque, on a mal, on s’indigne, on a envie de hurler. On imagine aisément la souffrance et la peur. On ressent la nuit, la misère, le cloaque des lieux, et la folie qui s’empare de celui qui est supposé la soigner.
    J’ai été bouleversée, et le mot est faible, par ce second roman d’Anna Hope. Vous dire combien j’ai haï le Dr Fuller est un euphémisme. Le pire, je pense, est de savoir que des Dr Fuller ont mutilé et massacré, réellement, pas dans un roman.
    Anna Hope livre là un témoignage glaçant et puissant sur une réalité immonde et dont j’ignorais l’existence ailleurs qu’en Allemagne, sous le régime nazi. Elle a les mots justes, la pudeur se faisant l’alliée de la douleur, dans une valse à 1000 temps. Elle a les mots uppercut, mais aussi les mots Tendresse, ceux de l’Amour plus fort que tout.

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