La salle de bal

Couverture du livre « La salle de bal » de Anna Hope aux éditions Gallimard
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Avis(29)

  • J’ai découvert avec plaisir cette autrice anglaise grâce au prix ELLE, elle a d’ailleurs reçu le Grand Prix des lectrices ELLE dans la catégorie ROMAN pour ce livre. Il s’agit de son deuxième roman paru chez Gallimard dans la collection Du Monde Entier. Son premier roman, Le chagrin des vivants,...
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    J’ai découvert avec plaisir cette autrice anglaise grâce au prix ELLE, elle a d’ailleurs reçu le Grand Prix des lectrices ELLE dans la catégorie ROMAN pour ce livre. Il s’agit de son deuxième roman paru chez Gallimard dans la collection Du Monde Entier. Son premier roman, Le chagrin des vivants, est déjà sur ma liste de livres à lire !
    Ce roman mêlant faits historiques et histoire d’amour est une très belle découverte ! Comme trame de fond, l’autrice a choisi la situation dans les asiles d’aliénés au début du siècle en Grande-Bretagne. Dans ces établissements, les patients étaient traités d’une manière inhumaine et j’ai découvert cette partie sombre de l’histoire britannique. On suit trois personnages, Ella, John et le Dr. Fuller. Ce dernier s’intéresse aux thèses eugénistes en vogue à l’époque et j’ai aimé la façon dont l’autrice a traité ce sujet. On y apprend l’implication de Churchill, alors ministre de l’Intérieur et c’est assez édifiant, je ne connaissais pas ces prises de position. L’Histoire ainsi présente en toile de fond dans le roman est une composante que j’aime beaucoup dans les romans, cela donne une autre dimension au récit et le rend plus réaliste. La salle de bal du titre est le lieu où se retrouvent Ella et John, chacune de ses scènes est très sobre et l’histoire d’amour entre eux n’est pas niaise et se construit petit à petit dans cet environnement sombre. J’ai aimé cette retenue et cette subtilité de la part de l’autrice.

    L’écriture est magnifique, recherchée et je veux souligner la qualité de la traduction d’Élodie Leplat. J’ai adoré le style et j’ai trouvé le roman très abouti. Je me suis laissé complètement emporter par l’histoire, les deux personnages Ella et John sont particulièrement attachants et j’ai aimé détester le médecin au fur et à mesure qu’il se laissait tenter par l’eugénisme. La fin est très réussie et je n’ai pas pu le lâcher jusqu’à l’épilogue. En bonus, on en apprend plus sur la réalité historique de ces asiles dans les notes de l’autrice à la fin du livre et c’était très appréciable.

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  • Un roman comme je les aime, une fiction basée sur des faits réels qui commence pour l’auteure par la découverte de son histoire familiale (le roman est dédié à son arrière-arrière grand-père ayant été interné), agrémenté de personnages attachants, le tout porté pour une très belle écriture et...
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    Un roman comme je les aime, une fiction basée sur des faits réels qui commence pour l’auteure par la découverte de son histoire familiale (le roman est dédié à son arrière-arrière grand-père ayant été interné), agrémenté de personnages attachants, le tout porté pour une très belle écriture et une émotion palpable au fil des pages.
    Tout d’abord Ella, toute jeune fille sans autre avenir depuis ses 8 ans que celui de travailler tous les jours dans une filature et de mener une vie rude, qui se retrouve un jour dans cet asile de Sharston en 1911 tout simplement pour avoir brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait.
    Elle y rencontre Clem d’un milieu social plus privilégié, cultivée, grande lectrice qui a refusé un mariage arrangé.
    Ella va faire l’expérience d’une autre vie rude, privée de liberté puisque les femmes ont interdiction de sortir du bâtiment.
    Elle croisera John un irlandais taciturne qui lui travaille à l’extérieur, à creuser des tombes des anonymes qui sont enterrés, puis aux champs.
    Ces deux-là ne devraient pas se rencontrer puisqu’hommes et femmes vivent séparés.
    Pourtant, chaque vendredi le Docteur Fuller anime un bal. Il sélectionne les patients et les scrute testant une méthode visant à utiliser la musique pour mieux les observer. Il est convaincu par les théories eugénistes de l’époque pas loin de confondre indigence et folie.
    Après tout, procéder à la stérilisation des pauvres et faibles d’esprit pourrait résoudre le problème de la pauvreté. Fuller est très tourmenté, il lutte aussi contre ses démons, sa carrière modeste, le manque de reconnaissance de sa famille et le trouble qu’il combat à la vision de certains hommes, notamment John.
    Une belle maîtrise de l’écriture, une émotion palpable, des personnages attachants y compris les personnages secondaires, même Fuller et ses obsessions.
    Il est aussi question de la condition des femmes, la punition réservée à Clem sera de la priver de lecture, car Fuller est persuadé que « la lecture pratiquée avec excès est dangereuse pour l’esprit féminin ».
    Un vrai coup de cœur que ce roman !
    Je conseille également de lire attentivement la note de l’auteure en fin du roman qui éclaire sur ses motivations, son travail, ses recherches et donne un éclairage intéressant sur les théories de l’époque, reprises quelques années plus tard par le IIIème Reich, jamais vraiment oubliées. J’ai d’ailleurs été très étonnée d’apprendre que Churchill (alors ministre) était ouvert à ces théories eugénistes.
    Lu dans le cadre du Jury Lectrices de Elle 2018

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  • Romanesque, virtuose, bouleversant.
    Ce roman d'Anna Hope m'a emporté. Il souffle sur ce livre la force des grands écrivains. Un petit régal.
    L'intrigue se déroule dans l'asile de Sharston, dans le Yorkshire, en 1911. A cette époque, des maladies telles qu'un burn-out, une dépression ou...
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    Romanesque, virtuose, bouleversant.
    Ce roman d'Anna Hope m'a emporté. Il souffle sur ce livre la force des grands écrivains. Un petit régal.
    L'intrigue se déroule dans l'asile de Sharston, dans le Yorkshire, en 1911. A cette époque, des maladies telles qu'un burn-out, une dépression ou l'anorexie vous menaient tout droit à l'asile. Ainsi, trois personnages nous comptent chacun leur tour leur vie au sein de l'institution psychiatrique.
    Ella. Nouvelle internée après avoir brisée une vitre dans l'usine où elle travaille.
    John. Dont on comprendra petit à petit les raisons de son internement.
    Charles. Médecin de l'institution, musicien passionné.
    Et ce bal du vendredi soir qui les réunira ? Les détruira ? Je vous laisse en juger car vous devez lire ce livre, perle des sorties 2017.
    Anna Hope nous emporte à la suite de ses personnages. Je n'ai pu lâcher ce livre si subtilement écrit. Il se dévore. Littéralement. Un grand souffle romanesque traverse cet ouvrage. On passe d'émotion à consternation, les sentiments y sont subtils, la description de l'époque effarante.

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  • Après avoir été conquise par Le chagrin des vivants il y a peu de temps, j’ai été ravie d’apprendre que le dernier roman de Anna Hope faisait partie de la sélection du Prix des Lectrices Elle. L’occasion pour moi de retrouver la sublime plume de cette romancière qui m’a une fois de plus...
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    Après avoir été conquise par Le chagrin des vivants il y a peu de temps, j’ai été ravie d’apprendre que le dernier roman de Anna Hope faisait partie de la sélection du Prix des Lectrices Elle. L’occasion pour moi de retrouver la sublime plume de cette romancière qui m’a une fois de plus touchée.

    Ce récit nous plonge en plein cœur d’un établissement psychiatrique anglais au début du XXème siècle. A travers les points de vue de deux pensionnaires de l’asile et d’un médecin qui utilise la musique comme thérapie, le lecteur se retrouve immergé dans le quotidien sombre de cette institution.

    Les femmes et les hommes vivent séparément. Ces derniers travaillent dans les champs tandis que les patientes sont enfermées à l’intérieur de la bâtisse et s’occupent des tâches domestiques. Certains malades ont été internés à tort, contre leur volonté, et les pratiques opérées au sein de l’établissement, marquées par la pensée eugéniste, s’avèrent effroyables.

    Chaque vendredi soir, la majestueuse salle de bal s’anime et permet la rencontre des hommes et des femmes pour un moment fugace. Une lueur d’espoir qui brille le temps d’une danse avant de replonger dans la noirceur des journées de l’asile où la solitude domine.

    Le rythme est plutôt lent et j’ai pris le temps de savourer la plume sensible de l’auteure. Celle-ci nous livre une fresque historique et sociale de cette époque passionnante que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir. Les personnages prennent vie avec subtilité et le réalisme du lieu dépeint par la romancière m’a enthousiasmée.

    Anna Hope m’a une fois de plus emportée dans un tourbillon d’émotions avec ce roman vibrant qui nous révèle un pan méconnu de l’Histoire de l’Angleterre. Grâce à une atmosphère admirablement bien restituée et une narration parfaitement maîtrisée, cette lecture m’a fascinée de bout en bout. Une romancière que je vais désormais suivre avec beaucoup d’attention.

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