La salle de bal

Couverture du livre « La salle de bal » de Anna Hope aux éditions Gallimard
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  • C’est sur la pointe des pieds que l’on pénètre dans cette salle de bal où nous convie Anna Hope, impressionné par la grandiloquence du lieu, angoissé par le contexte qui ne se prête guère à la légèreté d’un pas de danse.
    Très vite, cependant, on se laisse amadouer, emporter, et délaisser la...
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    C’est sur la pointe des pieds que l’on pénètre dans cette salle de bal où nous convie Anna Hope, impressionné par la grandiloquence du lieu, angoissé par le contexte qui ne se prête guère à la légèreté d’un pas de danse.
    Très vite, cependant, on se laisse amadouer, emporter, et délaisser la piste pour reprendre pied dans la vie devient un arrachement. John, Ella, Charles, Clem, on fait couple avec chacun, trois petits tours à tour et puis s’en vont, et s’en reviennent après un petit pas de côté ou un pas chassé.
    A mots discrets, pesés, mesurés comme les pas d’un bon danseur, Anna Hope construit son récit comme une partition musicale ou une chorégraphie où l’on voit chacun progresser d’un état de pensée à un autre, d’un sentiment à un autre, d’une situation à une autre . Au lent crescendo du début succède une sorte de pause miraculeuse, suspendue dans le temps, où tout semble en équilibre, à sa place, tendu vers un avenir radieux possible. Sous les premiers rayons d’un agréable soleil de printemps éclosent enfin sérénité, attirances, confiance en soi et projets humanistes. Puis le destin se fait facétieux et, imperceptiblement, quelque chose se met à jouer faux et le decrescendo du récit s’amorce inéluctablement, entraînant chacun vers la fin de son rêve, tel un danseur qui, lâchant brutalement les mains de son partenaire, se trouve éjecté loin de la ronde.
    D’une manière âpre, claire, sans fioriture, à l’image de son style d’une belle simplicité, l’auteure fait affleurer les émotions, les ressentis d’un regard, d’une attitude ou d’un mot de l’un de ses personnages. « A quoi tout cela tient-il ? », semble-telle nous murmurer entre deux éléments de décors posés : contexte géographique, historique, familial, climatique…rien n’est anodin, tout compte, tout pèse.
    Dardant sans relâche son œil précis sur ses personnages ainsi que le soleil sans pitié qui jamais ne cède et exacerbe les tensions jusqu’à la folie, elle rend à chacun sa part d’humanité avec tout ce qu’elle implique de lumière et d’ombre. Lumière pour John et Ella qui s’éclairent l’un l’autre et se tirent vers le haut, vers l’avant, vers l’avenir. Ombre terrible et grandissante pour Clem et Charles qui sombrent peu à peu dans la solitude morbide vers laquelle les poussent leurs démons intérieurs.
    C’est avec beaucoup d’humanité et une grande finesse psychologique qu’Anna Hope nous invite à suivre cette construction fragile et précaire qu’est un être humain dans son lien aux autres et, surtout, à lui-même. La sobriété lumineuse de son roman suscite une émotion sincère dont les échos semblent ne pas vouloir s’éteindre, bien longtemps après sa lecture.

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  • Un livre sublime! Une histoire d'amour dans un asile en Angleterre au début du siècle. C'est beau, c'est bien écrit, c'est vraisemblable. Un chef d'œuvre que je propulse illico dans mon top 10!

    Un livre sublime! Une histoire d'amour dans un asile en Angleterre au début du siècle. C'est beau, c'est bien écrit, c'est vraisemblable. Un chef d'œuvre que je propulse illico dans mon top 10!

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  • Que voilà un livre épatant, comme aurait dit Jean d'Ormesson, épatant à plus d'un titre :

    C'est une belle histoire d'amour et de haine qui s'étend sur vingt cinq ans dans une région déshéritée et rurale de l'Angleterre au début du XXeme siècle, le Yorkshire.
    Où nous découvrons l'...
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    Que voilà un livre épatant, comme aurait dit Jean d'Ormesson, épatant à plus d'un titre :

    C'est une belle histoire d'amour et de haine qui s'étend sur vingt cinq ans dans une région déshéritée et rurale de l'Angleterre au début du XXeme siècle, le Yorkshire.
    Où nous découvrons l' épouvantable réalité des asiles, rendus célèbres par Dickens ou encore Charlie Chaplin. Il nous introduit dans un monde douloureux où les gens «  bien » ont la haute main sur les «  pauvres, d'esprit ou de moyens » ;ainsi nous y apprenons ce qu'était l’eugénisme, qui avait débuté bien avant les expériences de Hitler et non pas en Allemagne mais en Angleterre,
    Mais surtout il nous enchante par les descriptions charmantes et pleines de détails oubliés de nous citadins, de la campagne environnante, tout en approfondissant la connaissance de l'âme humaine et de ses recoins sombres ou de ses zones claires et lumineuses.
    Une histoire d'amour dis-je, entre deux rejetés, deux naufragés de la vie, enfermés là, laissés au bon plaisir, au bon désir, des autorités, au milieu de dizaines, de centaines d'autres, soumis aux mêmes rigueurs pour des raisons tout aussi obscures.

    Trois personnages principaux dont les voix s'accordent ou se désaccordent sur un même événement, un chapitrage facile et clair, une histoire tortueuse pour chacun d'eux et une jalousie qui se transformera en haine de la part du «  puissant », dans les mains duquel un scalpel… révélera toute la frustration et la honte enfouie au fond de son âme.

    Tout ceci servi par une langue merveilleuse, excellemment traduite par Elodie Leplat qui a su mettre en français toute la poésie nécessaire pour rendre lisible et supportable l'horreur de cette vie .
    L'auteure nous explique que les recherches nécessaires à l'écriture de ce roman lui ont révélé ce qu'avait pu être le quotidien de son arrière arrière grand-père, enfermé dans un de ces asiles d'où il n'était pas ressorti vivant.
    De nombreuses citations médicales et politiques émaillent ce livre , nous lisons ainsi les signatures de Léonard Darwin, fils de, également celle de Winston Churchill alors ministre de l'intérieur et nous allons vérifier, enfin je suis allée vérifier ces dires car les termes choisis sont à peine croyables, penser stériliser hommes et femmes, pour une fois les hommes car c'est plus facile !! afin de résoudre le problème de la pauvreté.

    Bref.. une lecture enrichissante, passionnante jusqu'à la fin.

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  • Un petit bijou! Ce livre basé sur des faits réels est un vrai plaisir de lecture. Les personnages sont très touchants et l'on s'attache à eux comme s'ils appartenaient à notre famille. les conditions de "détention" dans les asiles au début du siècle étaient épouvantables, il ne faisait pas bon...
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    Un petit bijou! Ce livre basé sur des faits réels est un vrai plaisir de lecture. Les personnages sont très touchants et l'on s'attache à eux comme s'ils appartenaient à notre famille. les conditions de "détention" dans les asiles au début du siècle étaient épouvantables, il ne faisait pas bon avoir été déclaré fou par un membre de son entourage.
    Je recommande chaudement ce livre que j'ai adoré!

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