La salle de bal

Couverture du livre « La salle de bal » de Anna Hope aux éditions Gallimard
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782072688720
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Lors de l'hiver 1911, l'asile d'aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, accueille une nouvelle pensionnaire : Ella, qui a brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait depuis l'enfance. Si elle espère d'abord être rapidement libérée, elle finit par s'habituer à la routine de... Voir plus

Lors de l'hiver 1911, l'asile d'aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, accueille une nouvelle pensionnaire : Ella, qui a brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait depuis l'enfance. Si elle espère d'abord être rapidement libérée, elle finit par s'habituer à la routine de l'institution. Hommes et femmes travaillent et vivent chacun de leur côté : les hommes cultivent la terre tandis que les femmes accomplissent leurs tâches à l'intérieur. Ils sont néanmoins réunis chaque vendredi dans une somptueuse salle de bal. Ella y retrouvera John, un « mélancolique irlandais ». Tous deux danseront, toujours plus fébriles et plus épris.À la tête de l'orchestre, le docteur Fuller observe ses patients valser. Séduit par l'eugénisme et par le projet de loi sur le Contrôle des Faibles d'Esprit, Fuller a de grands projets pour guérir les malades. Projets qui pourraient avoir des conséquences désastreuses pour Ella et John.Après Le chagrin des vivants, Anna Hope parvient de nouveau à transformer une réalité historique méconnue en un roman subtil et puissant, entraînant le lecteur dans une ronde passionnée et dangereuse.

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  • Une lecture comme je les aime, riche, puissante, émotionnellement chargée, avec un vrai souffle romanesque qui court de page en page.
    La salle de bal, c'est celle de l'asile Sharston, une transposition littéraire de celui de Menston dans le Yorkshire qui a définitivement fermée en 2003. C'est...
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    Une lecture comme je les aime, riche, puissante, émotionnellement chargée, avec un vrai souffle romanesque qui court de page en page.
    La salle de bal, c'est celle de l'asile Sharston, une transposition littéraire de celui de Menston dans le Yorkshire qui a définitivement fermée en 2003. C'est là que l'arrière arrière grand-père de l'auteure a été interné, de 1909 à 1818, un homme déprimé qui « a du travailler très dur et s'est fait beaucoup de souci pour son travail. » Autant dire que c'est d'un sujet sensible que s'est emparé Anna Hope, un sujet qui résonne fort en elle.

    1911. La salle de bal, c'est comme une parenthèse incongrue dans la vie des patients de l'asile. Une fois par semaine, pour ceux qui ont été « sages », la possibilité de s'évader dans la danse et la rencontre avec l'autre sexe. C'est là qu'Ella, internée pour avoir cassé une vitre dans sa filature, rencontre John, brisé par un malheur familial. Mais c'est aussi là que le docteur Fuller les observe et cherche à expérimenter ces théories scientifiques.

    Ces trois personnages sont magnifiquement incarnés. Pas seulement le couple d'amoureux qu'on aime forcément d'emblée, mais aussi le docteur, mal aimable lui mais si complexe. C'est lui qui permet de faire entrer le roman dans une histoire peu connue et perturbante de l'histoire britannique : la notoriété de l'eugénisme qui s'étend, au début du XXème siècle, bien au-delà de la sphère scientifique pour toucher l'intelligentsia politique. Ou comment le ministre de l'intérieur Winston Chruchill s'est enthousiasmé un temps pour l'idée de stériliser les « inaptes » au système dans le but d'améliorer la « race » ( la loi de 1913 sur la déficience mentale a jusqu'au dernier moment inclus une clause sur la stérilisation forcée ).

    La Salle de bal est une oeuvre âpre sur la folie, qu'elle soit visible, attribuée ou cachée. Dans cet asile de Sharston, on peut se retrouver enfermé à vie parce qu'on est fou, mais aussi indigent, déprimé ou juste rebelle à la société. le destin d'Ella et de John est bouleversant, leur histoire d'amour contrariée somptueuse. Tout est subtil et intense dans ce roman, des premières lignes jusqu'à l'épilogue qui m'a profondément émue aux larmes.

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  • Pour son second roman, La salle de bal Anna Hope s'est inspirée de l’histoire de son arrière-grand père, qui a été interné en 1909 au West Riding, un asile dans le Yorkshire. Déprimé, il ne s'est jamais remis et est mort à l'âge de cinquante-six ans, en 1918. Anna Hope dédie ce roman à la...
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    Pour son second roman, La salle de bal Anna Hope s'est inspirée de l’histoire de son arrière-grand père, qui a été interné en 1909 au West Riding, un asile dans le Yorkshire. Déprimé, il ne s'est jamais remis et est mort à l'âge de cinquante-six ans, en 1918. Anna Hope dédie ce roman à la mémoire de son aïeul. La salle de bal a été récompensé par le grand prix des lectrices ELLE en 2018.

    Anna Hope nous invite à pénétrer dans l'asile de Sharston situé dans le comté du Yorkshire. Ici, les patients, des dégénérés, des niaiseux, sont corvéables à merci. Ils travaillent d'arrache pied. Hommes et femmes ne se croisent jamais. Jamais, à l'exception des plus chanceux d'entre eux qui se retrouvent le vendredi soir dans La salle de bal. L'orchestre est dirigé par le Dr Charles Fuller, le médecin du lieu, amateur de musique, violoniste et adepte de l'eugénisme. Les bals sont pour lui l'occasion d'observer les patients et de conduire secrètement ses travaux. Alors même qu'il n'est dévoué qu'à ses ambitions, un homme, John, et une femme, Ella, vont découvrir ce qu'il y a de plus doux, de plus beau au monde, l'amour. Malgré l'hostilité des lieux, malgré leurs conditions de détention, parce que c'est bien de cela in fine qu'il s'agit, ils vont échanger une correspondance avant de succomber l'un à l'autre. Chaque missive de John révélera à Ella, par l’intermédiaire de Clem, son amie passionnée de littérature, la beauté des lieux. De leur noirceur, surgiront des bulles bucoliques, des touches de couleur qui permettront de faire naître l'espoir d'une vie meilleure. D'une vie faite de liberté et de respect de l'autre. Pourtant, Ella sait qu'il y a peu d'espoir. Son amie Clem lui a indiqué les trois façons de sortir d'ici. « Tu peux mourir. C'est facile. Les gens meurent tout le temps. Tu peux t'enfuir. Presque impossible. Ou tu peux les convaincre que tu es suffisamment saine d'esprit pour partir. » Ella y parviendra t-elle ?

    Outre le fait qu'Anna Hope a écrit un très beau roman, elle dénonce à travers La salle de bal non seulement les conditions d'internement des personnes dites faibles d'esprit en Angleterre au début du XXe siècle, mais de surcroît, elle rappelle qu'à cette époque, un certain Winston Churchill alors ministre de l’intérieur s’intéressait à la meilleure façon de protéger la « race » britannique des risques de dégénérescence. Il se montrait favorable à l’enfermement des déficients mentaux et à leur stérilisation. D'ailleurs, il fut l'un des rédacteurs de la Mental Deficiency Law de 1913. Mais toute la subtilité de l'auteure réside dans le fait qu'à cette noirceur elle oppose la lumière de l'amour laquelle irradie tout au long du roman au même titre que la force de l'espoir. La salle de bal est un roman choral d’une finesse psychologique et émotionnelle.

    Un conseil, entrez dans La salle de bal et dansez maintenant !
    Quant à moi, je remercie vivement Folio de m'avoir entraînée dans cette ronde passionnée et dangereuse.

    https://the-fab-blog.blogspot.com/2019/05/mon-avis-sur-la-salle-de-bal-de-anna.html

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  • Wouah ! Un homme et une femme, parce qu'ils sont nés pauvres, sont à la merci d'être humains cruels. Injuste. Une histoire d'amour, qui m'a fait valser, et pleurer à la fois. Un roman qui mérite qu'on en parle !

    Wouah ! Un homme et une femme, parce qu'ils sont nés pauvres, sont à la merci d'être humains cruels. Injuste. Une histoire d'amour, qui m'a fait valser, et pleurer à la fois. Un roman qui mérite qu'on en parle !

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  • Une histoire forte et romanesque dans un asile du Yorkshire en 1911 autour de trois personnages dont le destin va s'entremêler.
    On découvre avec effarement le monde de l'asile en Angleterre au début du 20ème siècle; on pouvait s'y retrouver enfermé suite à un deuil difficile, pour un vol, pour...
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    Une histoire forte et romanesque dans un asile du Yorkshire en 1911 autour de trois personnages dont le destin va s'entremêler.
    On découvre avec effarement le monde de l'asile en Angleterre au début du 20ème siècle; on pouvait s'y retrouver enfermé suite à un deuil difficile, pour un vol, pour un comportement asocial, pour indigence sans aucun garde-fou. Et encore l'asile de Sharston, décrit dans le roman, est un modèle de modernisme car pratiquement auto-suffisant grâce à une ferme, des champs que les patients hommes cultivent, une buanderie où travaillent les femmes.
    On apprend également que l'eugénisme était en vogue à cette époque et que Churchill, alors ministre de l'Intérieur, en était partisan; l'idée était de stériliser les aliénés, les dépravés, les indigents pour "nettoyer"la société.
    C'est dans ce contexte peu propice que vont naître amité et amour autour de Ella, enfermée car elle a brisé une vitre dans la filature où elle travaillait pour sentir l'air de la liberté, John, l'irlandais qu'un deuil a abattu et Charles, médecin raté mais mélomane passionné.
    Les hommes et les femmes sont rigoureusement séparés mais se retrouvent un jour par semaine dans la salle de bal pour danser ensemble; c'est une récompense dont tous les internés ne bénéficient pas; Charles est persuadé que la musique peut apporter un mieux à la condition des pensionnaires. Et cela fonctionne et pas seulement pour Ella et John qui vont se rapprocher en ces occasions. Un amour, qui traversera les années malgré l'éloignement, naît entre ces deux personnages épris de liberté et d'absolu.
    Puis brusquement, plus de bal car Charles ne veut plus jouer; il se rapproche du courant eugéniste et veut, exalté, que Sharston devienne précurseur en la matière en stérilisant ses patients en commençant par John ; c'est sa façon à lui de combattre l'attirance qu'il ressent à l'égard de John ; c'est cette culpabilité qui décide du destin de Ella, John et Charles.
    Roman prenant, puissant où l'on ressent de l'empathie pour les personnages, où on tremble pour eux, où on espère, on aime, on se révolte avec eux
    Ce roman a reçu le Grand Prix des Lectrices de Elle.

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