La saison des feux

Couverture du livre « La saison des feux » de Celeste Ng aux éditions Sonatine
  • Date de parution :
  • Editeur : Sonatine
  • EAN : 9782355846502
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

À Shaker Heights, banlieue riche et tranquille de Cleveland, tout est soigneusement planifié pour le bonheur des résidents. Rien ne dépasse, rien ne déborde, à l'image de l'existence parfaitement réglée d'Elena Richardson, femme au foyer exemplaire.
Lorsque Mia Warren, une mère célibataire et... Voir plus

À Shaker Heights, banlieue riche et tranquille de Cleveland, tout est soigneusement planifié pour le bonheur des résidents. Rien ne dépasse, rien ne déborde, à l'image de l'existence parfaitement réglée d'Elena Richardson, femme au foyer exemplaire.
Lorsque Mia Warren, une mère célibataire et bohème, vient s'installer dans cette bulle idyllique avec sa fille Pearl, les relations avec la famille Richardson sont d'abord chaleureuses. Mais peu à peu, leur présence commence à mettre en péril l'entente qui règne entre les voisins. Et la tension monte dangereusement à Shaker Heights.

Après Tout ce qu'on ne s'est jamais dit (Sonatine Éditions, 2016), Celeste Ng confirme avec ce deuxième roman son talent exceptionnel. Rarement le feu qui couve sous la surface policée des riches banlieues américaines aura été montré avec tant d'acuité. Cette comédie de moeurs, qui n'est pas sans rappeler l'univers de Laura Kasischke, se lit comme un thriller. Avec cette galerie de portraits de femmes plus poignants les uns que les autres, c'est aussi l'occasion pour l'auteur d'un constat d'une justesse étonnante sur les rapports sociaux et familiaux aujourd'hui.

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  • Les Richardson paraissent bien sous tous rapports et ils sont l’image même de la famille idyllique. Elena, son mari et leurs quatre enfants vivent dans une banlieue chic et paisible à Shaker Heights. Une ville où chaque chose est régie par des normes bien précises, où tout semble lisse et...
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    Les Richardson paraissent bien sous tous rapports et ils sont l’image même de la famille idyllique. Elena, son mari et leurs quatre enfants vivent dans une banlieue chic et paisible à Shaker Heights. Une ville où chaque chose est régie par des normes bien précises, où tout semble lisse et parfait.

    Le récit s’ouvre sur un drame car la maison des Richardson a pris feu. Izzy, l’une des filles, serait la responsable de cet incendie. Mais comment cette famille en apparence parfaite en est-elle arrivée là?

    C’est par le biais d’un bond dans le passé que nous aurons la réponse à notre question. Nous faisons ainsi la connaissance de Mia, une mère célibataire artiste, et de sa fille adolescente Pearl, qui posent leurs valises à Shaker Heights après des années d’itinérance. Cette dernière va peu à peu tisser des liens étroits avec les enfants Richardson.

    Au fil des pages, le suspense monte, l’intrigue prend de l’épaisseur, les secrets de famille se dévoilent et le passé refait surface. Si ce roman s’apparente au thriller, le rythme est plutôt lent avec peu de rebondissements.

    L’atout majeur de ce livre, ce sont les personnages dépeints par l’auteure. Ils sont d’une grande richesse, finement travaillés et laissent la part belle aux femmes. Des protagonistes ambivalentes, complexes mises en avant grâce à une construction très efficace. Celeste Ng, de manière habile, fait ainsi évoluer notre perception des personnages au cours de notre lecture.

    Elle explore également de nombreux thèmes comme l’adoption, l’adolescence, ou l’avortement mais c’est principalement la relation mère/fille qui est abordée dans ce récit.

    Celeste Ng dresse avec subtilité une passionnante fresque des mœurs américaines en nous embarquant dans ce drame familial fascinant. Une lecture addictive et captivante.

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  • Le feu brule entre ces pages ! Il consume le lecteur, comme il consume les personnages…

    Des personnages vivants dans une autre sphère, qui pensent avoir tous les droits mais surtout toutes les réponses… Il suffit d’un grain de sable pour que tout parte en fumée, à l’image de ces non-dits et...
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    Le feu brule entre ces pages ! Il consume le lecteur, comme il consume les personnages…

    Des personnages vivants dans une autre sphère, qui pensent avoir tous les droits mais surtout toutes les réponses… Il suffit d’un grain de sable pour que tout parte en fumée, à l’image de ces non-dits et des secrets qui jalonnent le récit.

    Une intrigue que l’auteur construit sur des bases que l’on pourrait penser branlantes, mais tout est étudié, millimétré pour que le récit soit d’une rare qualité. La plume, raconte détaille, décortique avec minutie, pour terminer sa course folle avec une psychologie des personnages qui enflamme le lecteur.

    Chacun sera touché par la grâce… La grâce ou la révélation de leur identité propre… Ils vont passer d’êtres lisses, insipides pour prendre de l’épaisseur et trouver leur identité. Une identité qui sera gravée en eux… Mais leur sera peut-être salvatrice un jour… Sans qu’eux même ne sachent réellement d’où leur vient ce goût amer… Une amertume qui devient palpable au fil du récit et qui prend tout son sens… Mais les regrets sont-ils salvateurs ? Les regrets corrigent-ils la trajectoire que l’on peut prendre ?

    Parfois oui ! Parfois les regrets, nous font prendre conscience de nos erreurs et nous tentons de corriger le futur. Mais certaines personnes, ne sont pas prêtes à assumer leurs erreurs et leurs regrets les consumeront. Jamais ce feu ne s’éteindra…

    La saison des feux est non seulement physique et réelle avec cette maison qui se consume littéralement… Mais c’est surtout un feu, que chaque être de cette intrigue va effleurer. Chacun aura sa part de doute, sa part de remise en cause… Mais parfois le feu laisse des cicatrices indélébiles qui marquent au fer rouge, et celles qui font le plus souffrir ne sont pas les plus apparentes.

    J’ai plongé dans cette histoire qui m’a prise dans ses filets, pour me recracher en deux jours, sonnée, meurtrie au même titre que ces personnages que l’auteur malmène, mais qu’elle va faire évoluer, grandir et cela d’une manière lente, douce, emplie de rage. Chacun sortira différent, le lecteur aussi… Un lien ténu mais invisible se créé, non pas avec des révélations qui laissent sur le carreau, mais par cette trame, ce tissage solide que les êtres arrivent à créer…

    Avec sa plume, l’auteur dissèque l’existence lisse d’une certaine frange de la population américaine, en livrant une vraie étude sociétale mais surtout livre un thriller d’une rare densité.

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  • https://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2018/05/la-saison-des-feux-de-celeste-ng.html

    Le roman commence par une scène où une femme en chemise de nuit se tient devant sa maison en flammes, son mari et ses enfants sont sains et saufs mais manque à l'appel leur dernière fille Izzy qui est...
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    https://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2018/05/la-saison-des-feux-de-celeste-ng.html

    Le roman commence par une scène où une femme en chemise de nuit se tient devant sa maison en flammes, son mari et ses enfants sont sains et saufs mais manque à l'appel leur dernière fille Izzy qui est soupçonnée d'avoir provoqué l'incendie. L'auteure commence son récit par le drame qui frappe cette famille, elle va ensuite nous raconter comment on en est arrivé là...

    Nous sommes en 1998 à Cleveland dans l'Ohio, dans le quartier de Shaker Heights, banlieue parfaite qui abrite une communauté où tout est planifié, une belle ville ordonnée où tout le monde s'entend bien et obéit aux règles "où tout devait paraître beau et parfait de l’extérieur, qu'importe le désordre à l’intérieur". Elena Richardson, mère de quatre adolescents, vit dans ce quartier où sa famille réside depuis trois générations. Elena est le symbole de la mère en quête de perfection pour qui tout doit être sous contrôle, elle a une maison qu'elle loue à Mia Warren, une artiste photographe bohème qui a jusqu'à présent toujours mené une vie itinérante sans attaches avec sa fille Pearl. Vivant pour son art et survivant grâce à de petits boulots, Mia a déménagé à chaque fois qu'elle avait besoin de nouvelles idées pour ses créations artistiques mais Pearl, devenue adolescente, est ravie de se poser un peu et est rapidement fascinée par la famille Richardson. Elle se lie d'amitié avec leurs enfants dont elle envie l'aisance tandis qu'Izzy, la dernière des filles Richardson, sauvage et rebelle, mouton noir dans sa famille, se rapproche de Mia, intéressée par ses créations photographiques.

    Mais Elena, aidée par son métier de journaliste, entreprend un jour d'enquêter sur Mia, une femme à la personnalité et à la vie totalement opposées à la sienne, une femme dont le passé semble avoir quelques zones d'ombre...

    J'avais été enthousiasmée par le premier roman de Céleste Ng, Tout ce qu'on ne s'est jamais dit, l'auteure confirme ici son talent en nous offrant un roman parfaitement maîtrisé. Un décor bien planté, une mise en place habile des personnages, des psychologies bien fouillées, une histoire parfaitement ficelée et crédible, une écriture fluide font de ce roman un texte complètement addictif.
    Comme dans son premier roman, Céleste Ng explore finement la période de l'adolescence et les relations familiales. Dans une société des apparences où le poids des convenances est extrême, elle aborde la question de la maternité, du désir d'enfant, des choix qui s'imposent dans une vie... Est-il mieux pour un enfant de vivre auprès d'une mère naturelle pauvre et seule ou auprès d'une mère adoptive très aisée qui vit en couple stable? La question se complexifie encore plus quand la question de la race et de la culture s'immisce... Qu'est-ce qu'une bonne mère? Qu'est-ce qui fait de quelqu'un une mère? La biologie seule ou l'amour? L'auteure questionne sans aucun jugement de nombreuses questions fondamentales en brossant le portrait de plusieurs femmes, des filles, des mères, des femmes aisées et des femmes pauvres, les rares hommes restent à la périphérie du récit. Un thriller psychologique que je trouve très réussi.

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  • Tout d'abord je remercie Sonatine Editions et Babelio.com de m'avoir envoyé ce roman.
    J'ai eu beaucoup de mal a le lire, je crois que je ne suis pas la cible de ce type de roman, et pourtant je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé car en y repensant j'ai pleins de bonnes choses qui me...
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    Tout d'abord je remercie Sonatine Editions et Babelio.com de m'avoir envoyé ce roman.
    J'ai eu beaucoup de mal a le lire, je crois que je ne suis pas la cible de ce type de roman, et pourtant je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé car en y repensant j'ai pleins de bonnes choses qui me reviennent.
    Le point négatif c'est le rythme, des chapitres trop longs et un manque d'action, une histoire lente qui prend son temps à démarrer.
    Mais les points positifs sont les personnages et la morale de l'histoire.
    Le roman commence par la fin et ensuite on repart environ un an plus tôt pour expliquer comment on en est arrivé la.
    L'histoire se passe dans un quartier américain, le type de quartier avec des maisons clonées alignées au millimètre prêt, les pelouses parfaitement tondu, des poubelles invisibles... Un quartier en apparence parfait avec des familles parfaites mais ou derrière ces apparences il y a les secrets de familles, les jalousies et surtout les ragots et jugements les uns sur les autres. C'est un peu "wisteria lane" en faite, la rue des "desperate housewives". c'est dans cet univers la que les personnages évoluent.
    On part avec beaucoup de clichés mais ils vont êtres malmenés par l'auteure.
    Dans la saison des feux on a surtout une série de portraits de femmes car les hommes sont présents mais l'auteure en parle très peu.
    il y a des personnages très intéressants, très différents les uns des autres. J'ai beaucoup aimé celui de Mia, l'artiste photographe qui aime voyager sans arrêt avec sa fille dans les bagages et mon coup de cœur c'est Izzy, une ado anticonformiste dans une famille très conformiste, elle n'y trouve pas sa place.
    D'ailleurs, je ne sais pas si c'est un hasard ou non mais dans cette famille il y a deux ados, Lexie et Izzie qui ont pas mal de point commun avec leurs homonymes de Grey's anatomy.
    Si J'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire au final j'en garderai un bon souvenir.

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  • Quand le voile des apparences ne peut être déchiré, il faut parfois y mettre le feu ... ce magnifique roman s'ouvre ainsi sur l'incendie ( volontaire - on apprend très vite l'identité de la pyromane ) d'une maison de la banlieue huppée de Cleveland, début des années 1990. Dès le deuxième...
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    Quand le voile des apparences ne peut être déchiré, il faut parfois y mettre le feu ... ce magnifique roman s'ouvre ainsi sur l'incendie ( volontaire - on apprend très vite l'identité de la pyromane ) d'une maison de la banlieue huppée de Cleveland, début des années 1990. Dès le deuxième chapitre, l'auteur nous plonge dans les mois qui ont précédé cet incident.
    De fait, l'intrigue prend rapidement l'allure d'un thriller, on est avide de découvrir le fil des événements. Cette aura mystérieuse qui nimbe chaque personnage, le/ les drames qui couvent, le soin apporté aux personnages féminins m'ont évoqué les romans de Laura Kasischke que j'affectionne tant.
    Que de beaux portraits de femmes ! Cela fait longtemps que je n'en avais pas rencontré de si riches et puissants :
    - Mme Richardson, toute imprégnée de sa classe sociale favorisée, élevée pour suivre les règles, les ayant scrupuleusement suivi selon un plan pragmatiquement mis en oeuvre ( lycée, université, petit ami, mariage, emploi, emprunt immobilier, enfants )
    - Izzie, le coeur d'une radicale mais l'expérience d'une adolescente de 14 ans née dans une banlieue chic
    - Mia, l'artiste bohème, décalée dans ce quartier puisqu'elle se fiche du regard des autres, ce qui la rend d'autant plus dangereuse aux yeux des autres
    - Pearl, sa fille, irrésistiblement attirée par cet autre monde qu'elle découvre après une vie nomade
    Sur un sujet somme toute assez banal, dynamiter la trompeuse apparence qui règne dans des suburbs où tout le monde cache des secrets savamment enfouis, Céleste Ng dresse un portrait d'une rare acuité sur les relations familiales sur fond de lutte des classes. Elle prend le temps de poser le décor puis de déployer son intrigue avec finesse, complexité et évidence.
    Bref, coup de coeur !

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  • Plus apparenté au roman noir qu’au thriller, La Saison des feux s’immisce au cœur de trois familles, au plus intime de leurs membres. Il touche pleinement à la maternité, au sens large du terme.

    En effet, l’auteure nous plonge dans le désir d’enfant, dans le manque aussi, mais également au...
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    Plus apparenté au roman noir qu’au thriller, La Saison des feux s’immisce au cœur de trois familles, au plus intime de leurs membres. Il touche pleinement à la maternité, au sens large du terme.

    En effet, l’auteure nous plonge dans le désir d’enfant, dans le manque aussi, mais également au plus profond de ce qu’est être mère et de ce que l’on est prête à faire pour le devenir, ou le rester…

    Mia Warren débarque avec sa fille Pearl dans une communauté millimétrée où tout semble parfait, en apparence. Après moult déménagements, Mia promet à sa fille qu’elles s’installeront ici pour de bon, à Shaker Heights, cette dernière semblant soulagée d’enfin trouver une certaine stabilité.
    C’est donc dans une maison en location, dont les propriétaires sont les Richardson, que nous allons faire la connaissance de ces deux électrons libres et bohèmes, leur passé mystérieux se dévoilant peu à peu au fil des chapitres.
    Dans le même temps, nous nous insinuons au sein de la famille modèle des Richardson. Il est évident que le contraste entre les deux familles est très fort, autant par la différence de niveau de vie que par les personnalités de leurs membres. Pourtant, doucement, les adolescents vont se lier de différentes manières jusqu’à bouleverser leur vie à tous. Mais quand la grande maison des Richardson part en fumée, alors les masques tombent…
    Parallèlement, nous suivons l’histoire du couple McCullough qui rêve d’enfant. À travers eux, c’est tout un pan des relations sociales de la communauté que nous découvrons.

    Ce n’est pas tant le suspense qui est intéressant dans ce roman mais bel et bien l’aspect psychologique des personnages ainsi que la construction habile du récit, un peu à la Laura Kasischke. L’auteure a vraiment réussi à créer cette ambiance presque oppressante dans laquelle les protagonistes évoluent doucement mais surement pour atteindre un point de non-retour. Pour une vie meilleure ?

    « Parfois il faut tout brûler et recommencer. Après avoir brûlé, le sol est plus riche, et la végétation peut repousser. Les gens sont pareils. Ils repartent de zéro. Ils trouvent un moyen. »

    Chapitre après chapitre, on comprend le pouvoir du feu, le sens qu’il contient et ce qu’il en reste après. C’est un roman maîtrisé, pas extraordinairement rythmé ni original par son thème, mais qui contient une atmosphère qui lui est propre avec des protagonistes forts. La femme tient une place essentielle et c’est un vrai plaisir de passer de l’une à l’autre : de la femme fortunée réglée comme une horloge à l’artiste bohème, de l’adolescente en crise d’identité à celle, posée, qui fait preuve de compassion… Malgré leurs différences, il est intéressant de voir comment les liens vont se créer et comment ils vont évoluer.

    Vous l’aurez compris, c’est un roman noir sur les liens filiaux et sur les relations sociales – et sociétales – en règle générale. Sans jamais apporter de jugement, Celeste Ng dépeint ces familles si différentes qui portent chacune leurs secrets, et dont la coque, solidifiée par les années, se craquelle jusqu’à se briser parfois.

    Dans les braises d’une société consumée subsiste une lueur d’espoir. Les personnages vont-ils réussir à s’y attacher ?

    Sur mon blog : https://ducalmelucette.wordpress.com/2018/05/22/lecture-la-saison-des-feux-de-celeste-ng/

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  • Mia Warren est photographe. Elle représente le monde tel qu’elle le ressent, et met en lumière ce qu’on voudrait parfois taire. À 36 ans, elle est incapable de tenir en place. Elle a déjà traversé une bonne partie des États-Unis accompagnée de sa fille, rien ne semble jamais pouvoir la retenir...
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    Mia Warren est photographe. Elle représente le monde tel qu’elle le ressent, et met en lumière ce qu’on voudrait parfois taire. À 36 ans, elle est incapable de tenir en place. Elle a déjà traversé une bonne partie des États-Unis accompagnée de sa fille, rien ne semble jamais pouvoir la retenir nulle part. Si Mia se satisfait de cette vie marginale, il serait temps pour Pearl de connaître autre chose. C’est à Shaker Heights, non loin de Cleveland, qu’elles décident de s’établir. La devise du quartier : « La plupart des communautés se développent au hasard, les meilleurs sont planifiées. » Était-ce l’endroit le plus approprié ? Shaker Heights a ses règles, et personne ne les discute. On dépose ses poubelles derrière la maison le vendredi matin, pour ne pas entacher le décor de film que constitue le quartier. L’exemple en dit long sur les Richardson. Bill et Elena Richardson, et leurs 4 enfants. Snobs, cultivés, bien élevés. La famille américaine idéale, où l’on se doit de prétendre défendre les droits de l’Homme et où l’on choisit son université avec soin. Pas de place pour l’imprévu, l’inconvenant, le déplaisant. Pas de place pour Izzy, la benjamine des Richardson, anticonformiste dans l’âme.

    Et c’est ainsi que tout commence.

    La maison fume encore. Depuis sa « pelouse arborée », comme on dit ici, Elena Richardson observe la carcasse noircie. Trip, Lexie et Moody, juchés sur le toit de la voiture, réalisent qu’il ne reste rien de leur vie. Izzy a disparu. Ça ne fait aucun doute pour personne, ce feu, c’est elle qui l’a allumé, au sens propre du terme, après en avoir attisé bien d’autres dès ses plus jeunes années. L’auteur nous ramène alors à l’été précédent, lorsque les Warren ont emménagé dans la petite maison de location des Richardson. Elena se réjouissait de cette bonne action : une mère célibataire qui peine à joindre les deux bouts, il fallait lui tendre la main. Très vite, Pearl a sympathisé avec ses enfants jusqu’à faire partie de la famille. Moody a gagné son amitié, Lexie sa confiance, Trip feignait de ne pas remarquer ses regards enamourés. Elena et Mia, d’abord réticentes à voir se côtoyer les torchons et les serviettes, entretenaient des rapports cordiaux. Alors qu’un nouvel équilibre semblait s’être installé, Izzy s’est rapprochée de Mia, brisant plus que jamais le modèle maternel, idolâtrant chez elle ce que Pearl délaissait au profit des Richardson.

    Entre thriller psychologique et comédie de mœurs, La Saison des feux brosse un portrait de la société fascinant. Le titre original, Little Fires Everywhere, prend peu à peu tout son sens. Partant d’une histoire somme toute banale, le récit se structure doucement, porté par des personnages épatants. Tous sont travaillés avec le même soin. Chacun se révèle au contact de l’autre, hésitant entre se soustraire au carcan qu’il a toujours connu et la liberté qui lui fait des appels du pied. Le problème de la liberté, c’est qu’on ne sait pas jusqu’où elle peut nous conduire. Sont-ils prêts à tomber les masques ? Méfiance ou tolérance, sécurité et sincérité, aveux et secrets, chacun tente de préserver ce qu’il a. Celeste Ng décrypte la relation mère/fille avec piquant et confronte intelligemment les générations et pose un regard résolument féminin sur l’Amérique de Clinton. Une satire saisissante.




    Un grand merci à Babelio et aux éditions Sonatine pour la découverte de ce roman, et le joli carnet glissé dans l’enveloppe.

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  • LA SAISON DES FEUX de Céleste Ng
    Traduit par Fabrice Pointeau
    Éditions Sonatine

    Quand on connait LéaTouchBook (chef de file du formidable #PicaboRiverBookClub) et qu'elle a un coup de coeur pour un livre, il ne reste qu'une seule chose à faire... se précipiter sur le livre en question, en...
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    LA SAISON DES FEUX de Céleste Ng
    Traduit par Fabrice Pointeau
    Éditions Sonatine

    Quand on connait LéaTouchBook (chef de file du formidable #PicaboRiverBookClub) et qu'elle a un coup de coeur pour un livre, il ne reste qu'une seule chose à faire... se précipiter sur le livre en question, en l'occurrence "La saison des feux" de Céleste Ng. J'avoue que je ne connaissais par cette auteur, mais  son précédent livre "Tout ce qu'on ne s'est jamais dit" avait eu de très bons retours de la part des lecteurs... alors, zou, pas d'excuse pour laisser  ce livre dans ma PAL !

    "La saison des feux" commence par son dénouement. Mme Richardson, en peignoir, regarde sa maison brûler et on apprendra dès la première page que le feu a été volontairement allumé par Izzy, la plus jeune fille de Mme Richardson. Le but du livre étant ensuite de revenir en arrière pour que le lecteur comprenne comment une famille respectable et bien pensante (père associé dans un cabinet d'avocats, mère journaliste dans un quotidien local et leur quatre enfants) a pu se retrouver dans cette situation. Mais attention aux faux semblants car Céleste Ng excelle dans l'art de la manipulation. Au fur et à mesure de la lecture, on se rend compte que les personnages, de la même manière que  des personnes de la vie réelle, ne sont pas tels que les apparences voudraient le faire croire. Par exemple, cette Mme Richardson est-elle, au fond, aussi bienveillante que les apparences semblent le montrer et qu'elle-même le pense ?

    Sur les 150 premières pages, j'étais plutôt mitigée sur cette lecture car Céleste Ng prend le temps de nous faire connaître les différents personnages et de les mettre en situation. Donc il ne faut surtout pas s'impatienter et continuer sa lecture car l'intrigue se met progressivement en place pour finalement nous interpeller avec des questions pertinentes, telles que de savoir où se situent le bien et le mal et quelle est la conséquence de nos actes sur nos proches.

    ATTENTION SPOILER !
    Une mère a-t-elle encore des droits sur son enfant après l'avoir abandonné ? Une femme américaine dans l'aisance financière est-elle une meilleure mère qu'une femme étrangère en situation de précarité ? Une mère porteuse a-t-elle des droits sur l'enfant qu'elle porte ? Mais surtout qui détient la vérité, qui est apte à répondre à ces questions et à se mêler de ce qui ne le regarde pas vraiment ? La justice, les médias, vous, moi,... ? Céleste Ng ne donne aucune réponse, elle nous met face à la situation et nous laisse réfléchir par nous-mêmes à une solution, pour autant qu'elle existe, ce qui n'est pas garanti !

    Un livre profond, d'une grande humanité et extrêmement intelligent.

    Un vrai coup de coeur pour moi aussi !

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  • Il y a feux et feux : le feu de l’incendie qui débute l’ouvrage – les feux de l’amour ou de la passion– la braise qui couve sous les feux – les feux de la haine – les feux des manifestations – les étincelles sous les feux qui ne demandent qu’à se rallumer….
    Voilà de retour Céleste Ng pour son...
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    Il y a feux et feux : le feu de l’incendie qui débute l’ouvrage – les feux de l’amour ou de la passion– la braise qui couve sous les feux – les feux de la haine – les feux des manifestations – les étincelles sous les feux qui ne demandent qu’à se rallumer….
    Voilà de retour Céleste Ng pour son second roman « La Saison des feux » que The New York Times a jugé comme : « Encore plus ambitieux et accompli que son premier roman ». Cela est donc bien prometteur et on plonge dans ces pages flamboyantes. », « Un roman qui met le feu à la littérature américaine. »

    Mais ici, il y a aussi des femmes, beaucoup de femmes, des adolescentes, leurs mères, des amies, des femmes riches (bien établies dans la société), d’autres pauvres (qui triment pour joindre les deux bouts et tenter d’avoir une vie un brin décente).
    On trouve également quelques garçons, amis des jeunes filles en fleur et en proie à leurs premiers émois, en bute avec les adultes, leurs parents.

    L’histoire se déroule à Shaker Heights où arrivent Mia Warren (passionnée de photographie) et sa fille Pearl (quinze ans), qui ont eu jusqu’à présent une vie nomade et pensent pouvoir enfin s’installer dans cette ville avec ses nombreuses règles, « de nombreuses règles, qui régissaient ce que vous pouviez et ne pouviez pas faire » (page 20. Des règles qu’elles découvrent rapidement et d’autres par la suite car « A Shaker Heights, il y avait un plan pour tout ». (page 21).

    C’est dans ce contexte que Pearl va évoluer, se faire quelques amis avec Izza, Lexie, Moody, Trip…
    Dans cette riche et tranquille banlieue de Cleveland, un mystère s’installe au sujet de Mia Warren mais un autre également sur une adoption, celle de Mirabelle.

    Les relations amicales au début, vont finir par être tendues. Le mystère autour de Mia et de la naissance de Pearl prend beaucoup de place. Mais il arrive bien d’autres soucis tragiques pour tout le monde.

    Ce roman est certes une comédie de mœurs et « quand le voile des apparences ne peut être brisé, il faut parfois y mettre le feu ».
    A première vue ce n’est pas un thriller mais il y règne bien du suspense avec cette galerie de portraits de femmes toutes plus émouvantes les unes que les autres. Chacune a son petit (ou grand) secret.
    L’intrique est très bien menée – on entre dans la plus grande intimité des personnages (il n’y a qu’à pousser la porte) – on assiste à quelques passages comiques (par exemple les farces des jeunes gens lorsqu’ils trouvent une façon radicale de bloquer les cent vingt-six portes de leur école en moins de dix minutes : un record).

    Mais il y a plus grave : une grossesse inattendue et traumatisante – le pays enflammé par des manifestations, des émeutes un peu partout (« En 1968, à quinze ans, elle avait allumé la télévision et regardé le chaos enflammer le pays comme un feu de broussailles. Marthin Luther King Jr., puis Robert Kennedy. Des étudiants en révolte à Columbia. Des émeutes à Chicago, Memphis, Baltimore, Washington – partout, partout, les choses allaient à vau-l’eau. Et au fond d’elle, couvait une étincelle, une étincelle qui s’embraserait des années plus tard en Izzy. (…) Des images granuleuses, mais néanmoins terrifiantes : des épiceries en feu, de la fumée s’élevant de leur toit, des murs réduits à des poutres par les flammes. » page181) – l’imbroglio causé par Lexie qui se fait avorter en donnant comme nom celui de Pearl qui se retrouve dans le pétrin et dont la mère, Mia, décide qu’il faut fuir cette ville alors qu’elle commençait un grand amour avec Trip et croyait avoir enfin trouvé La Terre Promise…

    Un roman de femmes sur des vies de femmes si différentes mais soudées et j’ai pensé à la chanson de Julien Clerc (avec aussi comme parolier Jean-Loup Dabadie) : « Femmes, je vous aime », dont j’ai extrait quelques lignes, par ci par là :
    ♫♫♫♫ « Quelquefois si douces / Quelquefois si dures / Que chaque blessure / Longtemps me dure / Je n’en connais pas de faciles / Je n’en connais pas de fragiles / Et difficiles / Quelquefois si drôles / Quelquefois si seules . » ♫♫♫♫

    Céleste Ng rend donc un bel hommage à toutes les femmes dans ce roman intimiste, aux relations mère/fille si touchantes et où le feu aux poudres se déclenche facilement. « La Saison des feux » qui parle bien ainsi de l’apparence si trompeuse des banlieues que l’on croit tranquilles et riches en les explorant sous leur surface.
    Quant aux feux, ils brûlent partout dans cet ouvrage où la plus petite étincelle peut enflammer un quartier avec divers événements tragiques et importants dans l’Histoire de ce pays. D’ailleurs l’auteure en profite pour faire une critique sociale et avec ce roman elle confirme son talent grâce à son audace.

    Paula Hawkins a écrit que c’est : « Une merveille ».
    Le New York Magazine lui, a un peu plus détaillé avec : « Le roman de Céleste Ng sur les tensions entre classes sociales est un drame bien calibré pour faire des étincelles ».

    Et croyez-moi, on trouve le long de la lecture ces fameuses étincelles. Il suffit de tourner les pages en essayant de ne pas se brûler les doigts.

    Au final, « Un magnifique portrait de femmes poignantes. Un roman qui se lit comme un thriller et qu’on ne souhaite pas lâcher ! » (Anne-Charlotte / Librairie Cheminant).

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