Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement ou connectez-vous pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

La plus secrète mémoire des hommes

Couverture du livre « La plus secrète mémoire des hommes » de Mohamed Mbougar Sarr aux éditions Philippe Rey
Résumé:

En 2018, Diégane Latyr Faye, jeune écrivain sénégalais, découvre à Paris un livre mythique, paru en 1938 : Le labyrinthe de l'inhumain. On a perdu la trace de son auteur, qualifié en son temps de « Rimbaud nègre », depuis le scandale que déclencha la parution de son texte. Diégane s'engage... Voir plus

En 2018, Diégane Latyr Faye, jeune écrivain sénégalais, découvre à Paris un livre mythique, paru en 1938 : Le labyrinthe de l'inhumain. On a perdu la trace de son auteur, qualifié en son temps de « Rimbaud nègre », depuis le scandale que déclencha la parution de son texte. Diégane s'engage alors, fasciné, sur la piste du mystérieux T.C. Elimane, se confrontant aux grandes tragédies que sont le colonialisme ou la Shoah. Du Sénégal à la France en passant par l'Argentine, quelle vérité l'attend au centre de ce labyrinthe ?

Sans jamais perdre le fil de cette quête qui l'accapare, Diégane, à Paris, fréquente un groupe de jeunes auteurs africains : tous s'observent, discutent, boivent, font beaucoup l'amour, et s'interrogent sur la nécessité de la création à partir de l'exil. Il va surtout s'attacher à deux femmes : la sulfureuse Siga, détentrice de secrets, et la fugace photojournaliste Aïda...

D'une perpétuelle inventivité, La plus secrète mémoire des hommes est un roman étourdissant, dominé par l'exigence du choix entre l'écriture et la vie, ou encore par le désir de dépasser la question du face-à-face entre Afrique et Occident. Il est surtout un chant d'amour à la littérature et à son pouvoir intemporel.

Donner votre avis

Avis (6)

  • "Je vais te donner un conseil : n'essaie jamais de dire de quoi parle un grand livre. Ou, si tu le fais, voici la seule réponse possible : rien. Un grand livre ne parle jamais que de rien, et pourtant, tout y est. Ne retombe plus jamais dans le piège de vouloir dire de quoi parle un livre dont...
    Voir plus

    "Je vais te donner un conseil : n'essaie jamais de dire de quoi parle un grand livre. Ou, si tu le fais, voici la seule réponse possible : rien. Un grand livre ne parle jamais que de rien, et pourtant, tout y est. Ne retombe plus jamais dans le piège de vouloir dire de quoi parle un livre dont tu sens qu'il est grand. Ce piège est celui que l'opinion te tend. Les gens veulent qu'un livre parle nécessairement de quelque chose. La vérité, Diégane, c'est que seul un livre médiocre ou mauvais ou banal parle de quelque chose. Un grand livre n'a pas de sujet et ne parle de rien, il cherche seulement à dire ou découvrir quelque chose, mais ce seulement est déjà tout, et ce quelque chose aussi est déjà tout".

    Je vais tâcher de ne pas faire injure à l'auteur en tentant de parler du contenu de son roman pour évoquer en quoi cette lecture peut être riche, captivante, piquante, insolente, intelligente, enthousiasmante, stimulante... et bien d'autres choses encore. D'abord, il faut être conscient qu'au fil de ces quelques 450 pages il n'est question que de littérature, de la quête de l'écrivain à travers les âges, par-delà les frontières et à l'aune des drames de l'Histoire. L'auteur nous invite à une sorte de jeu de piste, mettant en scène Diegane Faye, un jeune écrivain sénégalais qui va se passionner 80 ans après, pour un livre publié en 1938 : Le Labyrinthe de l'inhumain. L'auteur, T.C. Elimane a disparu mystérieusement après que son livre, d'abord encensé fut entaché d'un énorme scandale. Hypnotisé par sa lecture, Diegane se lance sur les traces d'Elimane et remonte le cours de l'histoire, entre la France et le Sénégal, en passant par l'Argentine sur fond de Shoah et de colonialisme. Rien que cette quête pleine de zigzags, de rencontres insolites et aux allures de conte teinté de magie suffirait à captiver. Mais il faut ajouter toute la verve stylistique et poétique de l'auteur, son humour, son regard acéré sur le petit monde de l'édition (qui nous vaut des pages délicieusement cruelles sur la critique "qui n'évalue plus les livres mais les recense"), l'intelligence de la construction et la portée de certaines saillies que l'on peut qualifier de brillantes (je vous passe le nombre de post-it qui ornent désormais mon exemplaire).

    En plus d'offrir la lecture d'une réjouissante enquête littéraire à l'aune de la relation culturelle compliquée entre la France et l'Afrique, La plus secrète mémoire des hommes est une éblouissante déclaration d'amour à la littérature. Qui semble n'avoir été livrée que pour mieux se délecter du plaisir des mystères qui entourent l'acte d'écrire, et qui semblent impossibles à saisir alors même que l'on pense s'en approcher au plus près. Un conseil : laissez-vous promener par la plume et l'esprit malicieux de Mohamed Mbougar Sarr, laissez-vous entraîner dans ce somptueux labyrinthe de l'écrivain dont on ressort ébloui et heureux.

    (chronique publiée sur mon blog : motspourmots.fr)

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • En 2018, Diégane, jeune écrivain Sénégalais vit à Paris et s’intéresse à un ouvrage et à son auteur publié en 1938, intitulé « Le labyrinthe de l’inhumain » qui a été très remarqué, au point qu’on a surnommé son auteur, T.C. Elimane  « le Rimbaud nègre ». Des critiques ayant identifié des...
    Voir plus

    En 2018, Diégane, jeune écrivain Sénégalais vit à Paris et s’intéresse à un ouvrage et à son auteur publié en 1938, intitulé « Le labyrinthe de l’inhumain » qui a été très remarqué, au point qu’on a surnommé son auteur, T.C. Elimane  « le Rimbaud nègre ». Des critiques ayant identifié des emprunts du texte à d’autres auteurs, il est accusé de plagiat et le succès de son livre sera éphémère, tous les exemplaires, ou presque étant retirés du marché, malgré la grande qualité que lui reconnaissent ceux qui considèrent que l’utilisation pour partie de textes existants n’empêche pas la création d’une œuvre originale. Marème Siga, une cousine de Diégane lui en confie un exemplaire rescapé et la recherche de l’auteur devenu fantôme commence. Cette quête, sous forme d’énigme policière avec la participation essentielle de Marème Siga et de la poétesse Haïtienne nous conduit en Hollande, en Argentine, avec un retour final au Sénégal. Le début de ce roman, très bon, avec un style brillant, beaucoup d’humour est prometteur, mais la confusion s’installe dans les propos, l’identification difficile des personnages (pourtant peu nombreux), les situations et la légèreté initiale se transforment, soumet à la tentation d’abandon de la lecture mais aussi à sa poursuite, pour voir si cela s’améliore. Ouf, enfin terminé !

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • Jeune écrivain sénégalais installé à Paris, Diégane Latyr Faye est depuis longtemps intrigué par l’auteur T.C. Elimane, disparu après la publication de son unique livre en 1938, Le labyrinthe de l’inhumain. Cet ouvrage reçu par certains comme un chef d’œuvre, a également été largement décrié par...
    Voir plus

    Jeune écrivain sénégalais installé à Paris, Diégane Latyr Faye est depuis longtemps intrigué par l’auteur T.C. Elimane, disparu après la publication de son unique livre en 1938, Le labyrinthe de l’inhumain. Cet ouvrage reçu par certains comme un chef d’œuvre, a également été largement décrié par d’autres, d’autant plus quand il s’est avéré que certains passages étaient des plagiats. Fasciné, Diégane, mène l’enquête pour savoir ce que T.C. Elimane est devenu. Sur son chemin, il rencontre deux femmes qui vont beaucoup compter pour lui. La première, Siga, aura beaucoup à lui apprendre sur l’histoire de T.C. Elimane. Pour la seconde, Aïda, il va éprouver des sentiments très forts.

    Ce roman est constitué de trois livres. Le premier livre se présente sous la forme d’un journal intime dans lequel Diégane explique les raisons de sa fascination pour T.C. Elimane. Il y relate aussi ses rencontres parisiennes. Le deuxième livre, le plus intéressant selon moi, remonte la généalogie d’Elimane. Enfin, le dernier, sous ses accents de polar, donne les clefs de toute l’histoire. Le récit est également accompagné de digressions, d’archives, d’articles de presse. Le tout donne un roman extrêmement dense.

    Je n’ai pas du tout aimé le premier livre, son style décousu et trop détaillé. Par contre, j’ai apprécié le deuxième qui se présente un peu comme un conte dans lequel on découvre des personnages complexes, parfois antipathiques, parfois attachants, parfois les deux. Le dernier livre est plus rythmé, c’est une enquête qui lève enfin le mystère. L’ensemble donne un roman dépaysant, qui nous balade de Paris au Sénégal, inventif, original et parfois déroutant. Une lecture qui se révèle finalement plutôt intéressante.

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
    Avis page 100 Les explorateurs de la RL (avis complet ci-dessous)

    Après une mise en situation de l’intrigue un peu complexe, on rentre petit à...
    Voir plus

    ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
    Avis page 100 Les explorateurs de la RL (avis complet ci-dessous)

    Après une mise en situation de l’intrigue un peu complexe, on rentre petit à petit dans l’enquête. L’écriture se fait plus rythmée et les pages se tournent plus rapidement.
    Une très belle écriture (trop peut-être … ) beaucoup de références aux grands de La Littérature et une immersion dans le cercle des écrivains africains. Intéressant mais pour le moment la complexité du texte me garde un peu en retrait.

    ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

    C'est à Paris en 2018 que Diégane Latyr Faye, jeune écrivain sénégalais, entend parler pour la première fois du livre Le labyrinthe de l'inhumain. Paru en 1938, ce roman a pourtant défrayé la chronique avant d'être rapidement retiré de la vente afin d'étouffer le vent de scandale qu'il avait levé. Est-ce le fait que son auteur soit un "nègre" et semble avoir disparu depuis ? que la maison d'édition qui l'a publié soit dirigée par des Juifs ? ou est-ce tout simplement son contenu qui dérangeait ?
    Totalement fasciné par ce livre mystérieux, Diégane se lance alors dans une course éperdue sur les traces de son auteur dont on ne connait que la signature : T.C. Elimane.

    Si le roman au centre de cette fiction porte le nom de Labyrinthe, cela peut tout aussi bien décrire La plus secrète mémoire des hommes. On pourrait s'attendre à une enquête menée tambour battant, mais il n'en est rien. Ou plutôt si, mais entrecoupée d'un grand nombre de flashbacks, digressions et biographies de personnages ... J'avoue m'y être parfois perdue, voire quelque peu ennuyée, mais à l'image de notre jeune écrivain, ma soif de connaissances et mon désir de lever le voile sur cet auteur énigmatique m'ont permis de tenir le cap jusqu'au bout.

    Je referme donc ce livre satisfaite, mais pas totalement conquise. Et c'est bien dommage car ce livre constitue une mine d'informations sur l'émergence de la littérature africaine en France au cours du siècle dernier. On y devine la difficulté de ces auteurs à être reconnus, mais aussi à s'émanciper de leurs racines et des thématiques qu'on voulait leur réserver, même encore aujourd'hui.
    Grâce à cette histoire, Mohamed Mbougar Sarr prouve qu'au-delà des continents et des couleurs de peau, la littérature est un langage universel et un amour à partager. Toutefois si le style emphatique et le vocabulaire soutenu de certaines parties montrent toute la palette de cet auteur talentueux, ils rendent malheureusement son roman assez difficile d'accès.

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • Avis à la page 100.

    En 1938, un certain T.C.Elimane a écrit un livre qui « tenait de la cathédrale et de l’arène ». Cet opuscule n’est plus édité, son auteur établi en France a disparu. Diégane Latyr Faye, écrivain sénégalais, entame un long parcours sur les traces du « Rimbaud nègre » qui...
    Voir plus

    Avis à la page 100.

    En 1938, un certain T.C.Elimane a écrit un livre qui « tenait de la cathédrale et de l’arène ». Cet opuscule n’est plus édité, son auteur établi en France a disparu. Diégane Latyr Faye, écrivain sénégalais, entame un long parcours sur les traces du « Rimbaud nègre » qui suscite de nombreux questionnements dans les milieux littéraires et journalistiques.

    La complexité annoncée des recherches se retrouve sous la plume de Mohamed Mbougar Sarr à la laquelle je m’accroche. Il me semble que la littérature sera le pont entre deux cultures, l’Afrique et l’Occident.

    AVIS

    Pénétrer, analyser et mettre au grand jour « La plus secrète mémoire des hommes » ne peut être qu’un labeur dicté par la curiosité et le désir de connaître les origines d’un écrit -comme c’est le cas dans ce roman- de comprendre les sources du scandale qu’il a suscité. Et si les découvertes autour du parcours et de la personnalité de son auteur ouvraient la clé du mystère ?

    Mohamed Mbougar Sarr entraîne son lecteur dans une sorte de road-movie pour raconter l’histoire de Diegane Latyr Faye, écrivain sénégalais qui se lance avec passion et détermination à la recherche de T.C. Elimane, auteur du labyrinthe de l’inhumain » . T.C. Elimane, avant de disparaître a laissé ses empreintes, celles d’un homme de belle prestance, mystérieux, doté de pouvoirs surnaturels ou qui sait, héritier d’une ascendance heurtée par l’exil?

    Proche de l’enquête policière, une telle recherche nécessite une documentation approfondie sur l’origine et le parcours familiaux, à travers « le précis des littératures nègres » qui qualifie le livre mythique de « chef d’œuvre d’un jeune nègre d’Afrique ». On plonge dans les archives, à travers les enquêtes des journalistes dont le bref récit de la journaliste B.Bollème qui s’interroge sur l‘identité du Rimbaud nègre, Siga D., écrivaine sénégalaise « ange noir de la littérature sénégalaise », en passant par la fascinante photo journaliste Aïda.

    Du Sénégal à la France en passant par les Pays-Bas, jusqu’à l’Argentine, on se croirait dans les cellules et autres plages d’un tableau croisé dynamique littéraire où s’insèreraient les branches d’un arbre généalogique, où les protagonistes se lieraient de sentiments, meurtris des traces de l’Histoire, colonialisme et shoah.

    Le roman n’a rien d’un polar de vacances. Le plus étonnant réside dans une prouesse de l’écrivain qui ne cesse de toujours relier les faits à la littérature, ainsi érigée à la hauteur du personnage principal.
    De nécessaires retours en arrière, parfois déstabilisateurs, m’ont été nécessaires pour ne pas perdre le fil de l’histoire inspirée notamment des sujets impliquant la perversité de l’Occident dans la colonisation et les guerres. Aussi, de ce roman assez sombre, ne puis-je émettre qu’un avis mitigé, positif sur l’intérêt des sujets mais plus réservé sur sa complexité.

    Roman plutôt atypique de la rentrée littéraire, loin des plages et de l’insouciance !

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • « Le hasard n’est qu’un destin qu’on ignore » … Le hasard fait qu’un jeune écrivain découvre une œuvre, Le labyrinthe de l’inhumain, roman écrit par un auteur, T.C. Elimane, qui fit scandale à l’époque et que l’on nommait le « Rimbaud nègre ». Quête devenue véritable obsession pour notre jeune...
    Voir plus

    « Le hasard n’est qu’un destin qu’on ignore » … Le hasard fait qu’un jeune écrivain découvre une œuvre, Le labyrinthe de l’inhumain, roman écrit par un auteur, T.C. Elimane, qui fit scandale à l’époque et que l’on nommait le « Rimbaud nègre ». Quête devenue véritable obsession pour notre jeune écrivain sénégalais, quête qui le mènera vers l’Argentine, en passant par la France, dans la mémoire du colonialisme et de la Shoah.
    Ce n’est pas un texte facile à lire, le poids des mots et celui des tragédies pèse lourd. Dense, peu de dialogues, des articles de presse, des commentaires historiques, il faut vraiment s’intéresser au(x) sujet(s) pour avoir l’envie et l’énergie de poursuivre. J’avoue qu’au-delà de la page 100, après l’enthousiasme du début, j’ai eu à me bousculer un peu pour ne pas abandonner.
    Trop de sujets sont ici concernés : l’identité même de l’écrivain et de son ambition de postérité est mise en jeu. Pour certains, Elimane est un génie, pour d’autres un imposteur, on parle même de la bave d’un sauvage pour évoquer son roman. Et d’ailleurs, un africain est-il capable d’écrire un roman et même « d’écrire tout court » ?
    De nombreuses questions se posent au-delà des symboles d’humanité et de liberté que Mohamed Mbougar Sarr veut coûte que coûte sauver. A quoi sert l’écriture dans une vie ? Quel sens donner à sa vie pour ne pas la rater ? La vérité du cœur est-elle universelle ? … Au final, je ne savais plus très bien de quoi on parlait et j’ai un sentiment étrange de ne pas avoir compris où l’auteur voulait me mener.

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)

Donnez votre avis sur ce livre

Pour donner votre avis vous devez vous identifier, ou vous inscrire si vous n'avez pas encore de compte.