La plus précieuse des marchandises ; un conte

Couverture du livre « La plus précieuse des marchandises ; un conte » de Jean-Claude Grumberg aux éditions Seuil
  • Date de parution :
  • Editeur : Seuil
  • EAN : 9782021414196
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron.
Non non non non, rassurez-vous, ce n'est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de... Voir plus

Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron.
Non non non non, rassurez-vous, ce n'est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons...
Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s'abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale.
La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.

J.-Cl. G.

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Avis (33)

  • « On choisit le conte parce que raconter la vérité est impossible. » Jean-Claude Grumberg.
    Voici le postulat de départ.
    Voir ce monsieur dans diverses émissions de télévision, entendre sa voix et se dire quel chemin !
    Il a fait le pari de la vie.
    Cet auteur multi-primé fait preuve de la plus...
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    « On choisit le conte parce que raconter la vérité est impossible. » Jean-Claude Grumberg.
    Voici le postulat de départ.
    Voir ce monsieur dans diverses émissions de télévision, entendre sa voix et se dire quel chemin !
    Il a fait le pari de la vie.
    Cet auteur multi-primé fait preuve de la plus délicieuse des impertinences, d’une insolente malice, pour dire ce qui ne pourrait pas l’être autrement. Probablement que ce récit restera dans plus de mémoires que les nombreux documentaires même si ceux-ci sont nécessaires.
    La différence, le vécu.
    Ce couple de juifs français déportés à Drancy d’un un train à bestiaux.
    La guerre mondiale.
    La narration prend le ton léger du conte, il narre une femme qui regarde un train de marchandises qui passe devant chez elle. Un train unique où le mot marchandises lui fait voir la profusion là où son dénuement, sa faim est criante.
    « Et maintenant, cahotés dans ce train, elle était là, sur la paille, serrant contre elle ses enfants, sans lait pour les nourrir. Drancy avait eu raison, enfin, de son lait, de sa confiance et de sa foi. Là, dans cette cohue, dans cette panique, dans ces cris, dans ces pleurs, le père, le mari, le faux coiffeur, le pas encore médecin, mais déjà le vrai juif, cherchait un endroit pour abriter sa famille. »
    Ce texte ne nous apprend rien, surtout si l’on a lu pléiade d’ouvrages sur le sujet. Mais ce conte n’est pas fait pour cela.
    Je crois qu’il est là pour susciter une émotion à l’état pur, une poussée épidermique pour dire attention : plus jamais ça.
    Jean-Claude Grumberg est hanté. Il devient passeur de la plus belle des façons, faire un pied de nez à l’horreur pour célébrer la vie.
    Un conte, trois petits tours et puis s’en vont… Non, les images, les mots transportés par les émotions des lecteurs, font que ce conte restera en mémoire. Une mémoire collective.
    ©Chantal Lafon-Litteratum Amor 22 janvier 2020.

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  • Un conte émouvant sur la Shoah.

    Un beau message d'espoir et d'amour.

    À découvrir.

    Un conte émouvant sur la Shoah.

    Un beau message d'espoir et d'amour.

    À découvrir.

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  • Très beau conte sur un sujet difficile. Merci de m'avoir fait découvrir ce livre ! À lire et à faire découvrir à d'autres personnes

    Très beau conte sur un sujet difficile. Merci de m'avoir fait découvrir ce livre ! À lire et à faire découvrir à d'autres personnes

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  • Ma première rencontre avec La plus précieuse des marchandises date d’une soirée pour le Prix Orange du livre durant laquelle Jean-François Marthouret en avait fait une lecture vibrante d’émotion.

    Jean-Claude Grümberg a sous-titré son livre « un conte ». Et c’est bien sous cette forme qu’il...
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    Ma première rencontre avec La plus précieuse des marchandises date d’une soirée pour le Prix Orange du livre durant laquelle Jean-François Marthouret en avait fait une lecture vibrante d’émotion.

    Jean-Claude Grümberg a sous-titré son livre « un conte ». Et c’est bien sous cette forme qu’il traite un épisode terrifiant de notre époque.

    Un bûcheron et une bûcheronne vivent dans la forêt. Nous sommes en pleine seconde guerre mondiale, la vie est difficile. Au milieu de leur forêt passent des rails de chemin de fer sur laquelle transite chaque jour un train que la bûcheronne croit être de marchandises. Un jour tombe de ce train un « paquet » dans lequel se trouve un bébé que ramasse la bûcheronne. Un enfant que son père a préféré jeter hors du train. Car lui-même, sa femme et ses jumeaux sont emprisonnés dans ce train, comme des centaines d’autres personnes en route pour l’un des camps de la mort.

    C’est un conte cruel que nous livre Jean-Claude Grümberg. Cruelle comme seule la vraie vie sait l’être. Et pourtant, une lueur d’espoir se lève grâce à ces gens simples qui accueillent la petite fille comme un cadeau du ciel.

    Ce roman est un concentré de toutes les émotions en 100 pages. La tristesse, la douleur, la peur, l’horreur se mêlent au sourire provoqué par cette petite fille, à l’espoir et à l’amour suscités par ces personnages.

    C’est peu de dire que ce livre est prenant. J’ai été incapable de le lâcher jusqu’à la fin.

    Par la façon de traiter l’histoire, je n’ai pas pu m’empêcher de le rapprocher de cette fabuleuse chanson des Rita Mitsouko, Le petit train, qui traite aussi de ce thème sur un mode léger.

    Car parfois, il est des choses trop douloureuses ou trop intimes (dans le cas de Jean-Claude Grümberg notamment dont le grand-père et le père ne sont pas revenus des camps de la mort) pour être dites frontalement.
    Ce livre est pour moi l’un de ceux qui s’ajoute aux témoignages de cette époque terrifiante, et qui comme les livres de Primo Levi, Simone Veil, Marceline Loridan-Ivans, Elie Wiesel, Claude Lanzmann, Jorge Semprun et tant d’autres, doit continuer d’être lus par les jeunes générations.

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  • J'ai beaucoup aimé le texte de monsieur Grumberg.
    Raconter la déportation et la Shoah à la manière d'un conte pour enfants alors que ces évènements ne sont pas imaginaires mais authentiques, sublime les moments d'humanité et accable les Hommes et leurs barbaries. Un "conte" à lire et à faire lire.

    J'ai beaucoup aimé le texte de monsieur Grumberg.
    Raconter la déportation et la Shoah à la manière d'un conte pour enfants alors que ces évènements ne sont pas imaginaires mais authentiques, sublime les moments d'humanité et accable les Hommes et leurs barbaries. Un "conte" à lire et à faire lire.

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  • Un conte commence par le traditionnel Il était une fois et Jean-Claude Grumberg ne déroge pas à la règle, il nous offre un court texte bouleversant sur la Shoah sans jamais écrire les mots juif ou nazi, sans donner de lieu ni de date. On sait qu'il y a la guerre, que c'est l'hiver, qu'il fait...
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    Un conte commence par le traditionnel Il était une fois et Jean-Claude Grumberg ne déroge pas à la règle, il nous offre un court texte bouleversant sur la Shoah sans jamais écrire les mots juif ou nazi, sans donner de lieu ni de date. On sait qu'il y a la guerre, que c'est l'hiver, qu'il fait froid, qu'il fait faim. Mais on sait bien sûr de quoi, de qui il nous parle...

    Un conte universel, un hymne à l'amour, pour amorcer la discussion avec enfants ou ados comme on peut le faire avec la lecture de Matin brun de Frank Pavloff, ou Inconnu à cette adresse de Kreismann Taylor. Pour ne jamais oublier, pour transmettre l'histoire.
    Et pour ceux qui veulent des histoires vraies les chiffres de la page 105 rappellent brutalement à la réalité.

    C'est un petit bijou à lire, à faire lire. Il sera adapté en film d'animation par Michel Hazanavicius.

    "Voilà la seule chose qui mérite d'exister dans les histoires comme dans la vie vraie. L'amour, l'amour offert aux enfants, aux siens comme à ceux des autres."

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  • Sous l’intitulé « conte », ce texte bouleversant dépeint cette haine stupéfiante des nazis à l’encontre du peuple juif. Au-delà de l’histoire en elle-même, ce qui m’émeut beaucoup, est que l’auteur âgé de 80 ans ressente toujours le besoin d’extérioriser cette effroyable épreuve, ce crime...
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    Sous l’intitulé « conte », ce texte bouleversant dépeint cette haine stupéfiante des nazis à l’encontre du peuple juif. Au-delà de l’histoire en elle-même, ce qui m’émeut beaucoup, est que l’auteur âgé de 80 ans ressente toujours le besoin d’extérioriser cette effroyable épreuve, ce crime génocidaire qu’a été la Shoah. « Né sous une bonne étoile jaune », Jean-Claude Grumberg a été marqué au fer rouge et ce, tout au long de sa vie d’écrivain et il n’en sort pas de cette fichue question « Pourquoi ? Comment peut-on en arriver là ? » Meurtri à vie.

    « Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons… »

    Un bébé fille jetée du train de l’enfer par son père qui ne voit que cette solution (sa solution finale à lui, pauvre hère) pour peut-être la sauver. Bonne décision. L’enfant sera récupérée le long de la voie ferrée par une brave paysanne qui deviendra sa maman. Elle ne verra en elle qu’une enfant sans se soucier de son origine.

    « Voilà la seule chose qui mérite d’exister dans les histoires comme dans la vie vraie. L’amour, l’amour offert aux enfants, aux siens comme à ceux des autres. L’amour qui fait que, malgré tout ce qui existe, et tout ce qui n’existe pas, l’amour qui fait que la vie continue »

    Qui aujourd’hui, peut prétendre ne pas avoir de sang juif dans les veines ? Tant de réfugiés et d’enfants juifs cachés… sans que jamais, eux et leurs descendances, ne se doutent de leurs origines véritables… Au nom de la survie… Être juif ou non, être un être humain avant toute chose et aimer comme Brel le chantait :
    Aimer jusqu'à la déchirure - Aimer, même trop, même mal, -Tenter, sans force et sans armure, - D'atteindre l'inaccessible étoile.

    Et surtout ne plus jamais voir cette saleté d’étoile jaune dégueulasse que des crétins sanguinaires obligeaient d’autres humains à porter dans la plus honteuse des discriminations raciales que la Terre ait portée. Que les négationnistes sont ridiculisés face aux mille et une preuves de ce génocide et ses méthodes barbares et incroyablement inhumaines.

    On a envie de le prendre dans ses bras Monsieur Grumberg. Lui dire que tout ça, c’est fini. C’est du passé… On a envie de lui ôter sa crainte et lui assurer que nous sommes une grande famille d’êtres humains et qu’on a bien entendu son message d’amour. Maintenant on sait que les « sans cœurs » ont un cœur, eux aussi…Que nous savons maintenant que les enfants sont la plus précieuse des marchandises de nos existences. Que nous nous aimons tous. Que maintenant, la paix est sur terre et que l’amour est devenu notre politique universelle… Et que nous nous aimons les uns les autres…

    L’amour plus fort que la mort sera toujours le meilleur rempart face à la haine.

    Un livre que je n’aurais pas lu si on ne me l’avait pas prêté car les histoires des génocides me mettent en colère et m’attristent trop. Tant d’impuissance et de honte face à ces passés terrifiants, des absolues horreurs pour lesquelles je n’ai aucune fascination. (Shoah, Rwanda, Khmers rouges, Chine rouge, Algérie, génocides Congo, Arménie, Cambodge, etc.), mais ce livre avant d’être une dénonciation est surtout un magnifique message à la force de l’amour par lequel nous survivons tous.

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  • Jean-Claude Grumberg est né en 1939. Il est dramaturge, scénariste et écrivain. Enfant, il a assisté à Paris à la rafle de son père et de ses grands-parents. Ils ont tous été déportés et ne sont jamais revenus. Ce traumatisme est présent dans toute son œuvre.
    Alors que nous venons de célébrer...
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    Jean-Claude Grumberg est né en 1939. Il est dramaturge, scénariste et écrivain. Enfant, il a assisté à Paris à la rafle de son père et de ses grands-parents. Ils ont tous été déportés et ne sont jamais revenus. Ce traumatisme est présent dans toute son œuvre.
    Alors que nous venons de célébrer le soixante-quinzième anniversaire du débarquement et qu'une enquête de l’Ifop révèle qu'un français sur dix (oui, vous avez bien lu !) déclare n'avoir pas entendu parler de la Shoah, comment faire pour ne pas oublier ? Et si un conte était une des réponses, s'il permettait de convaincre que La plus précieuse des marchandises était l'être humain, quelles que soient ses origines, ses croyances.

    Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron.
    Non non non non, rassurez-vous, ce n’est pas Le Petit Poucet !
    Pas du tout.
    Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule.
    Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons…
    Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s’abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale. La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.

    Ainsi commence La plus précieuse des marchandises. Le ton est donné, le contexte, posé. Ce conte, si tant est qu'il en soit bien un, débute dans un bois et se poursuit dans un camp de concentration. Il y a des bûcherons, mais aussi des nazis et ceux que l’on appelle "les sans-cœur", les juifs. Dans ce bois, il y avait un couple de bûcherons, très pauvres. Chaque jour, à l’orée de la forêt, la bûcheronne voit passer un train. Elle ignore ce qu’il transporte, ramasse les petits papiers jetés par les fentes des wagons, mais comme elle ne sait pas lire, elle imagine un monde merveilleux. Elle espère qu’un jour, quelque chose lui arrivera de ce train, peut-être de la nourriture. Aussi, quand un père transporté finit par comprendre quel funeste sort les attend, il prend au hasard un de ses jumeaux et, lorsque le train s'immobilise, lâche par la lucarne du wagon La plus précieuse des marchandises enveloppée dans un châle brodé d'or et d'argent. Pauvre bûcheronne qui n'a jamais pu avoir d'enfant récupère cette précieuse marchandise qu'elle considère comme un cadeau des dieux du train qui lui offrent le bonheur d'être enfin mère. Mais pauvre bûcheron comprend que cet enfant est de la race des sans-cœur.

    Qui d'autre que Jean-Claude Grumberg pour avoir l'audace d'utiliser cette forme littéraire pour conter une telle horreur, pour dire l'indicible en une centaine de pages ? Il a l’art de la formule, il sait attirer l’attention par des détails qui confinent au merveilleux. La plus précieuse des marchandises est sinistre pour l’adulte, mais probablement très marquant pour l’enfant. Difficile de ne pas y voir une volonté pédagogique de son auteur pour contrer tous les sondages et rétablir une vérité de notre Histoire, n'en déplaise aux négationnistes.

    Voilà, vous savez tout. Pardon ? Encore une question ? Vous voulez savoir si c’est une histoire vraie ? Une histoire vraie ? Bien sûr que non, pas du tout. Il n’y eut pas de trains de marchandises traversant les continents en guerre afin de livrer d’urgence leurs marchandises, ô combien périssables. Ni de camp de regroupement, d’internement, de concentration, ou même d’extermination. Rien, rien de tout cela n’est arrivé, rien de tout cela n’est vrai, affirme Jean-Claude Grumberg dans son épilogue. La seule chose vraie, vraiment vraie, ou qui mérite de l’être dans cette histoire, car il faut bien qu’il y ait quelque chose de vrai dans une histoire sinon à quoi bon se décarcasser à la raconter, la seule chose vraie, vraiment vraie donc, c’est qu’une petite fille, qui n’existait pas, fut jetée de la lucarne d’un train de marchandises, par amour et par désespoir, fut jetée d’un train, enveloppée d’un châle de prière frangé et brodé d’or et d’argent, châle de prière qui n’existait pas, fut jetée dans la neige aux pieds d’une pauvre bûcheronne sans enfant à chérir, et que cette pauvre bûcheronne, qui n’existait pas, l’a ramassée, nourrie, chérie, et aimée plus que tout. Plus que sa vie même. Voilà.
    Voilà la seule chose qui mérite d’exister dans les histoires comme dans la vie vraie. L’amour, l’amour offert aux enfants, aux siens comme à ceux des autres. L’amour qui fait que, malgré tout ce qui existe, et tout ce qui n’existe pas, l’amour qui fait que la vie continue.

    Que dire après cela, si ce n'est, Vive l'amour !
    La plus précieuse des marchandises est un récit à lire, à relire et surtout à offrir.

    https://the-fab-blog.blogspot.com/2019/06/mon-avis-sur-la-plus-precieuse-des.html

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