La plus précieuse des marchandises ; un conte

Couverture du livre « La plus précieuse des marchandises ; un conte » de Jean-Claude Grumberg aux éditions Seuil
  • Date de parution :
  • Editeur : Seuil
  • EAN : 9782021414196
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron.
Non non non non, rassurez-vous, ce n'est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de... Voir plus

Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron.
Non non non non, rassurez-vous, ce n'est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons...
Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s'abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale.
La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.

J.-Cl. G.

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  • « Il était une fois, dans un grand bois une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron » Cela commence comme Le Petit Poucet, mais que le lecteur ne s’y trompe pas, ce n’est pas le Petit Poucet, l’auteur s’en défend avec véhémence. Les parents n’abandonnent jamais leurs enfants Et puis, dans cette...
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    « Il était une fois, dans un grand bois une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron » Cela commence comme Le Petit Poucet, mais que le lecteur ne s’y trompe pas, ce n’est pas le Petit Poucet, l’auteur s’en défend avec véhémence. Les parents n’abandonnent jamais leurs enfants Et puis, dans cette histoire-là, les pauvres bûcherons n’ont pas d’enfant.
    Donc, dans ce conte-là qui n’en est pas un, on trouve du merveilleux au milieu d’une forêt profonde et silencieuse sous la neige. On y a faim aussi, comme dans la vraie vie et notre bûcheronne aimerait bien que tombe un paquet de ces trains de marchandise qui traversent la forêt sans s’arrêter. Mais, à part de petits bouts de papier griffonnés, jamais rien ne tombe des étroites fenêtre ou s’agitent parfois des mains.
    Les prières de la pauvre bûcheronne finiront par être entendues puisqu’un jour, un paquet enveloppé dans un châle tissé d’or et d’argent tombe sur la voie. La précieuse marchandise se révèlera être un bébé, une fillette qui hurle de faim.

    Les parents de la fillette et son frère jumeau, poursuivent, eux, leur voyage.
    « Le train de marchandise, désigné comme convoi 49 par la bureaucratie de la mort, parti de Bobigny-Gare, près de Drancy-Seine, le 2 mars1943, arriva le 5 mars au matin au cœur de l’enfer, son terminus. »
    Pendant que, dans les camps, s’amoncellent les ballots de cheveux, des blonds, des bruns, des roux, la pauvre bûcheronne tente de nourrir petite marchandise. Elle ira au cœur de la forêt, là où personne ne se hasarde, pour demander du lait à cet homme étrange qui possède une chèvre et a tout d’un ogre.
    Pendant que la chasse aux « sans cœur » s’intensifie, la fillette grandit.
    « Les jours, les mois passèrent et petite marchandise, un de ces jours plus heureux que d’autres, se tint soudain bien droite et fit ses premiers pas. »
    Bien sûr, même si ce conte n’en est pas un, il y a les répétitions, le temps qui passe : « Les jours succédèrent aux jours… » Il y aura toute une série d’épreuves à surmonter avant que n’arrive la fin de cette guerre terrible.

    L’auteur, Jean-Claude Grumberg, enveloppe de merveilleux le réalisme d’une tragédie. Il arrive à nous narrer l’atroce, la disparition de millions de gens, hommes, femmes, enfants, déportés dans des camps puis brûlés dans les fours.

    Tout au long de ce court roman, on sourit parfois mais on a le cœur serré et l’émotion est là, à chaque page.
    Ce livre prend aux tripes, il raconte avec une fausse douceur, avec les mots du conte, la plus terrible des histoires.

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  • consciences debout! à lire absolument pour que rien ne tombe dans l'oubli .
    Laissez vous conter cette terrible histoire si vrai puisque la notre!
    Curieux lisez .... je vous laisse le découvrir

    consciences debout! à lire absolument pour que rien ne tombe dans l'oubli .
    Laissez vous conter cette terrible histoire si vrai puisque la notre!
    Curieux lisez .... je vous laisse le découvrir

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  • Un livre court qui nous emmène aussitôt dans son histoire. Très beau livre à lire.

    Un livre court qui nous emmène aussitôt dans son histoire. Très beau livre à lire.

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  • « Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron »

    Tout commence ainsi. Comme dans un conte de Perrault. Comme dans une histoire imaginaire.

    1943 en Pologne.Des trains, des wagons à bestiaux, emportent femmes, hommes et enfants vers une abominable...
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    « Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron »

    Tout commence ainsi. Comme dans un conte de Perrault. Comme dans une histoire imaginaire.

    1943 en Pologne.Des trains, des wagons à bestiaux, emportent femmes, hommes et enfants vers une abominable destination. Dans le convoi 49, parmi les vivants, les agonisants, les cadavres que l’on jette à l’arrêt suivant, il y a un couple et leurs deux enfants, des jumeaux encore bébés. Il était alors préférable de ne pas naître juif.

    Lorsque le père, ex-étudiant en médecine et futur faux coiffeur, découvre l’indicible, à savoir la finalité du voyage, il décide d’essayer de sauver l’un des deux enfants. Profitant d’un arrêt du train, il le jette à travers les barreaux, l’enveloppant dans son châle de prières, après avoir aperçu une femme sur le talus proche.

    Cette femme, c’est la « pauvre bûcheronne . Lorsqu’elle aperçoit ce petit être , elle pense que les dieux du train de « marchandises » lui ont fait cette offrande inespérée , ce cadeau du ciel, elle qui rêvait d’être mère.

    « Alors apparaît, ô merveille, l’objet qu’elle appelait depuis tant de jours de ses vœux... Elle se sent devenir mère ».

    Le cadeau ne ravit guère le pauvre bûcheron, image même de la vox populi d’alors, qui honnissait la « race des sans cœur ». Toutefois, le temps passe, et l’amour, peu à peu, prend sa place entre ces trois-là.

    « Ils partagèrent tous trois un plein fagot de bonheur, orné de quelques fleurs que le printemps leur offrait pour éclairer leur intérieur »

    Hélas, comme bien souvent dans les contes, le méchant frappe et frappe encore….

    Ce tout petit livre évoque la Shoah sans la nommer. L’auteur a choisi l’univers du conte traditionnel pour narrer l’inénarrable, et un pan de son histoire familiale, puisque dans le convoi 49, le vrai , figurait Zacharie Grumberg, son père, ainsi que Sylvia Menkès, née le 4 mars 1942, et gazée un an plus tard, le jour de son anniversaire. C’est ce qui, selon moi, fait toute la force de cette lecture indispensable , d’une actualité saisissante en nos temps de haine, de violence, d’intolérance et d’ostracisme.

    Parce que l’Amour est la plus précieuse des marchandises, précipitez-vous pour découvrir cette pépite !

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