La peur

Couverture du livre « La peur » de Gabriel Chevallier aux éditions Puf
  • Date de parution :
  • Editeur : Puf
  • EAN : 9782130227571
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
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    Le véritable courage de Gabriel Chevallier n'est peut-être pas d'avoir combattu en première ligne dans les tranchées de 14-18, mais d'avoir publié ce roman acerbe. A travers l'expérience d'un soldat de 2ème classe, des feux de l'Artois aux rigueurs glacées des sommets vosgiens, dans un style...
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    Le véritable courage de Gabriel Chevallier n'est peut-être pas d'avoir combattu en première ligne dans les tranchées de 14-18, mais d'avoir publié ce roman acerbe. A travers l'expérience d'un soldat de 2ème classe, des feux de l'Artois aux rigueurs glacées des sommets vosgiens, dans un style incisif étonnamment moderne et audacieux, Chevallier décrit la souffrance d'un homme harassé, terrorisé et animé d'une profonde colère, qui lutte quotidiennement pour sa survie près de 5 longues années durant. Ne manquez pas ce remarquable témoignage, publié pour la première fois en 1930, que le Dilettante a eu la justesse de sortir de l'ombre.

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    Le véritable courage de Gabriel Chevallier n'est peut-être pas d'avoir combattu en première ligne dans les tranchées de 14-18, mais d'avoir publié ce roman acerbe. A travers l'expérience d'un soldat de 2ème classe, des feux de l'Artois aux rigueurs glacées des sommets vosgiens, dans un style incisif étonnamment moderne et audacieux, Chevallier décrit la souffrance d'un homme harassé, terrorisé et animé d'une profonde colère, qui lutte quotidiennement pour sa survie près de 5 longues années durant. Ne manquez pas ce remarquable témoignage, publié pour la première fois en 1930, que le Dilettante a eu la justesse de sortir de l'ombre.

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    Le véritable courage de Gabriel Chevallier n'est peut-être pas d'avoir combattu en première ligne dans les tranchées de 14-18, mais d'avoir publié ce roman acerbe. A travers l'expérience d'un soldat de 2ème classe, des feux de l'Artois aux rigueurs glacées des sommets vosgiens, dans un style incisif étonnamment moderne et audacieux, Chevallier décrit la souffrance d'un homme harassé, terrorisé et animé d'une profonde colère, qui lutte quotidiennement pour sa survie près de 5 longues années durant. Ne manquez pas ce remarquable témoignage, publié pour la première fois en 1930, que le Dilettante a eu la justesse de sortir de l'ombre.

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    C'est un très grand livre, magnifique, sur la guerre de 14-18, paru pour la première fois en 1930, que le dilettante - cet éditeur audacieux, découvreur de talents présents et passés - vient de rééditer. Un témoignage peut-être encore plus terrifiant que Le Feu d'Henri Barbusse et Les Croix de...
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    C'est un très grand livre, magnifique, sur la guerre de 14-18, paru pour la première fois en 1930, que le dilettante - cet éditeur audacieux, découvreur de talents présents et passés - vient de rééditer. Un témoignage peut-être encore plus terrifiant que Le Feu d'Henri Barbusse et Les Croix de bois de Roland Dorgelès, qui sont depuis 90 ans les références historiques et littéraires du conflit alors que La Peur reste scandaleusement ignoré du grand public et même des spécialistes, écrit Bernard Pivot (J.D.D. 9/11/2008) qui pense que le succès de Clochemerle a donné de Gabriel Chevalier l'image d'un écrivain léger et rigolo, que l'on ne peut donc pas prendre au sérieux.
    Au-delà de la description du quotidien de la guerre, des tranchées, d'un réalisme absolu, souvent à la limite du soutenable, ce qui donne une dimension particulière à ce livre c'est que le narrateur nous fait part de ce qu'il fait, voit, ressent, pense. Nous sommes à ses cotés, corps et âme.
    S'il a toujours espéré échapper au service militaire, le narrateur redoute que la guerre, prévue pour être de courte durée, se termine sans lui. Il voit dans la guerre ni une carrière, ni un idéal mais un spectacle, le plus extraordinaire de l'époque, qu'il ne veut pas manquer. En caserne pour «l'instruction», il craint d'être inapte à cette guerre qui ne demande que passivité et endurance (...) J'ai ce malheur de ne pouvoir agir qu'en vertu d'un mobile approuvé par ma raison, et ma raison refuse des tutelles qu'on voudrait lui imposer (...) Puis c'est le départ pour le front, dix mois après ceux de 14. La population, un peu blasée, nous fêta encore très honorablement parce que nous n'avions guère que dix-neuf ans. À son arrivée au front, il creuse des «sapes russes» en vue de la prochaine offensive désormais imminente, et est déçu que sa fonction de combattant se borne à un rôle de terrassier travaillant sous le feu, exposé et passif. Vinrent les premiers obus, les morts, les blessés, les hommes étendus dans leur sang qui avaient, pour appeler, ces visages d'enfants battus et suppliants qu'on voit aux êtres que le malheur vient de frapper. La guerre cesse d'être un jeu. Cependant il reste convaincu que sa destinée ne peut avoir son terme sur un champ de bataille. Je n'avais pas encore pris la guerre (je pensais : leur guerre) au sérieux, la jugeant absurde dans ses manifestations, que j'avais prévues tout autres (...) Trouvant cette affaire mal montée, je la boudais. Ma bouderie me rendait fort et me donnait une sorte de courage. Les choses s'aggravent. Les obus s'abattent en pleine nuit. Les soldats se jettent dans la nuit froide. Courir, courir de toutes ses forces, les yeux dilatés mais prêts à les fermer pour ne pas voir le feu (...) La panique qui botte les fesses (...) Nous franchîmes comme des tigres les trous d'obus fumants, nous franchîmes les appels de nos frères, ces appels sortis des entrailles et qui touchent aux entrailles, nous franchîmes la pitié, l'honneur, la honte, nous rejetâmes tout ce qui est sentiment, tout ce qui élève l'homme, prétendent les moralistes - ces imposteurs qui ne sont pas sous les bombardements et exaltent le courage ! Nous fûmes lâches, le sachant, et ne pouvant être que cela. Le corps gouvernait, la peur commandait.
    Le grand mot est lâché : la peur, la peur qui décompose mieux que la mort, qui vous vide, vous berce à la folie.
    Vous l'avez compris c'est un livre poignant, d'une force peu commune, essentiel, salutaire, formidablement écrit, qui ne se raconte pas, qu'il faut lire absolument.

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    C'est un très grand livre, magnifique, sur la guerre de 14-18, paru pour la première fois en 1930, que le dilettante - cet éditeur audacieux, découvreur de talents présents et passés - vient de rééditer. Un témoignage peut-être encore plus terrifiant que Le Feu d'Henri Barbusse et Les Croix de...
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    C'est un très grand livre, magnifique, sur la guerre de 14-18, paru pour la première fois en 1930, que le dilettante - cet éditeur audacieux, découvreur de talents présents et passés - vient de rééditer. Un témoignage peut-être encore plus terrifiant que Le Feu d'Henri Barbusse et Les Croix de bois de Roland Dorgelès, qui sont depuis 90 ans les références historiques et littéraires du conflit alors que La Peur reste scandaleusement ignoré du grand public et même des spécialistes, écrit Bernard Pivot (J.D.D. 9/11/2008) qui pense que le succès de Clochemerle a donné de Gabriel Chevalier l'image d'un écrivain léger et rigolo, que l'on ne peut donc pas prendre au sérieux.
    Au-delà de la description du quotidien de la guerre, des tranchées, d'un réalisme absolu, souvent à la limite du soutenable, ce qui donne une dimension particulière à ce livre c'est que le narrateur nous fait part de ce qu'il fait, voit, ressent, pense. Nous sommes à ses cotés, corps et âme.
    S'il a toujours espéré échapper au service militaire, le narrateur redoute que la guerre, prévue pour être de courte durée, se termine sans lui. Il voit dans la guerre ni une carrière, ni un idéal mais un spectacle, le plus extraordinaire de l'époque, qu'il ne veut pas manquer. En caserne pour «l'instruction», il craint d'être inapte à cette guerre qui ne demande que passivité et endurance (...) J'ai ce malheur de ne pouvoir agir qu'en vertu d'un mobile approuvé par ma raison, et ma raison refuse des tutelles qu'on voudrait lui imposer (...) Puis c'est le départ pour le front, dix mois après ceux de 14. La population, un peu blasée, nous fêta encore très honorablement parce que nous n'avions guère que dix-neuf ans. À son arrivée au front, il creuse des «sapes russes» en vue de la prochaine offensive désormais imminente, et est déçu que sa fonction de combattant se borne à un rôle de terrassier travaillant sous le feu, exposé et passif. Vinrent les premiers obus, les morts, les blessés, les hommes étendus dans leur sang qui avaient, pour appeler, ces visages d'enfants battus et suppliants qu'on voit aux êtres que le malheur vient de frapper. La guerre cesse d'être un jeu. Cependant il reste convaincu que sa destinée ne peut avoir son terme sur un champ de bataille. Je n'avais pas encore pris la guerre (je pensais : leur guerre) au sérieux, la jugeant absurde dans ses manifestations, que j'avais prévues tout autres (...) Trouvant cette affaire mal montée, je la boudais. Ma bouderie me rendait fort et me donnait une sorte de courage. Les choses s'aggravent. Les obus s'abattent en pleine nuit. Les soldats se jettent dans la nuit froide. Courir, courir de toutes ses forces, les yeux dilatés mais prêts à les fermer pour ne pas voir le feu (...) La panique qui botte les fesses (...) Nous franchîmes comme des tigres les trous d'obus fumants, nous franchîmes les appels de nos frères, ces appels sortis des entrailles et qui touchent aux entrailles, nous franchîmes la pitié, l'honneur, la honte, nous rejetâmes tout ce qui est sentiment, tout ce qui élève l'homme, prétendent les moralistes - ces imposteurs qui ne sont pas sous les bombardements et exaltent le courage ! Nous fûmes lâches, le sachant, et ne pouvant être que cela. Le corps gouvernait, la peur commandait.
    Le grand mot est lâché : la peur, la peur qui décompose mieux que la mort, qui vous vide, vous berce à la folie.
    Vous l'avez compris c'est un livre poignant, d'une force peu commune, essentiel, salutaire, formidablement écrit, qui ne se raconte pas, qu'il faut lire absolument.

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    C'est un très grand livre, magnifique, sur la guerre de 14-18, paru pour la première fois en 1930, que le dilettante - cet éditeur audacieux, découvreur de talents présents et passés - vient de rééditer. Un témoignage peut-être encore plus terrifiant que Le Feu d'Henri Barbusse et Les Croix de...
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    C'est un très grand livre, magnifique, sur la guerre de 14-18, paru pour la première fois en 1930, que le dilettante - cet éditeur audacieux, découvreur de talents présents et passés - vient de rééditer. Un témoignage peut-être encore plus terrifiant que Le Feu d'Henri Barbusse et Les Croix de bois de Roland Dorgelès, qui sont depuis 90 ans les références historiques et littéraires du conflit alors que La Peur reste scandaleusement ignoré du grand public et même des spécialistes, écrit Bernard Pivot (J.D.D. 9/11/2008) qui pense que le succès de Clochemerle a donné de Gabriel Chevalier l'image d'un écrivain léger et rigolo, que l'on ne peut donc pas prendre au sérieux.
    Au-delà de la description du quotidien de la guerre, des tranchées, d'un réalisme absolu, souvent à la limite du soutenable, ce qui donne une dimension particulière à ce livre c'est que le narrateur nous fait part de ce qu'il fait, voit, ressent, pense. Nous sommes à ses cotés, corps et âme.
    S'il a toujours espéré échapper au service militaire, le narrateur redoute que la guerre, prévue pour être de courte durée, se termine sans lui. Il voit dans la guerre ni une carrière, ni un idéal mais un spectacle, le plus extraordinaire de l'époque, qu'il ne veut pas manquer. En caserne pour «l'instruction», il craint d'être inapte à cette guerre qui ne demande que passivité et endurance (...) J'ai ce malheur de ne pouvoir agir qu'en vertu d'un mobile approuvé par ma raison, et ma raison refuse des tutelles qu'on voudrait lui imposer (...) Puis c'est le départ pour le front, dix mois après ceux de 14. La population, un peu blasée, nous fêta encore très honorablement parce que nous n'avions guère que dix-neuf ans. À son arrivée au front, il creuse des «sapes russes» en vue de la prochaine offensive désormais imminente, et est déçu que sa fonction de combattant se borne à un rôle de terrassier travaillant sous le feu, exposé et passif. Vinrent les premiers obus, les morts, les blessés, les hommes étendus dans leur sang qui avaient, pour appeler, ces visages d'enfants battus et suppliants qu'on voit aux êtres que le malheur vient de frapper. La guerre cesse d'être un jeu. Cependant il reste convaincu que sa destinée ne peut avoir son terme sur un champ de bataille. Je n'avais pas encore pris la guerre (je pensais : leur guerre) au sérieux, la jugeant absurde dans ses manifestations, que j'avais prévues tout autres (...) Trouvant cette affaire mal montée, je la boudais. Ma bouderie me rendait fort et me donnait une sorte de courage. Les choses s'aggravent. Les obus s'abattent en pleine nuit. Les soldats se jettent dans la nuit froide. Courir, courir de toutes ses forces, les yeux dilatés mais prêts à les fermer pour ne pas voir le feu (...) La panique qui botte les fesses (...) Nous franchîmes comme des tigres les trous d'obus fumants, nous franchîmes les appels de nos frères, ces appels sortis des entrailles et qui touchent aux entrailles, nous franchîmes la pitié, l'honneur, la honte, nous rejetâmes tout ce qui est sentiment, tout ce qui élève l'homme, prétendent les moralistes - ces imposteurs qui ne sont pas sous les bombardements et exaltent le courage ! Nous fûmes lâches, le sachant, et ne pouvant être que cela. Le corps gouvernait, la peur commandait.
    Le grand mot est lâché : la peur, la peur qui décompose mieux que la mort, qui vous vide, vous berce à la folie.
    Vous l'avez compris c'est un livre poignant, d'une force peu commune, essentiel, salutaire, formidablement écrit, qui ne se raconte pas, qu'il faut lire absolument.

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    C'est un très grand livre, magnifique, sur la guerre de 14-18, paru pour la première fois en 1930, que le dilettante - cet éditeur audacieux, découvreur de talents présents et passés - vient de rééditer. Un témoignage peut-être encore plus terrifiant que Le Feu d'Henri Barbusse et Les Croix de...
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    C'est un très grand livre, magnifique, sur la guerre de 14-18, paru pour la première fois en 1930, que le dilettante - cet éditeur audacieux, découvreur de talents présents et passés - vient de rééditer. Un témoignage peut-être encore plus terrifiant que Le Feu d'Henri Barbusse et Les Croix de bois de Roland Dorgelès, qui sont depuis 90 ans les références historiques et littéraires du conflit alors que La Peur reste scandaleusement ignoré du grand public et même des spécialistes, écrit Bernard Pivot (J.D.D. 9/11/2008) qui pense que le succès de Clochemerle a donné de Gabriel Chevalier l'image d'un écrivain léger et rigolo, que l'on ne peut donc pas prendre au sérieux.
    Au-delà de la description du quotidien de la guerre, des tranchées, d'un réalisme absolu, souvent à la limite du soutenable, ce qui donne une dimension particulière à ce livre c'est que le narrateur nous fait part de ce qu'il fait, voit, ressent, pense. Nous sommes à ses cotés, corps et âme.
    S'il a toujours espéré échapper au service militaire, le narrateur redoute que la guerre, prévue pour être de courte durée, se termine sans lui. Il voit dans la guerre ni une carrière, ni un idéal mais un spectacle, le plus extraordinaire de l'époque, qu'il ne veut pas manquer. En caserne pour «l'instruction», il craint d'être inapte à cette guerre qui ne demande que passivité et endurance (...) J'ai ce malheur de ne pouvoir agir qu'en vertu d'un mobile approuvé par ma raison, et ma raison refuse des tutelles qu'on voudrait lui imposer (...) Puis c'est le départ pour le front, dix mois après ceux de 14. La population, un peu blasée, nous fêta encore très honorablement parce que nous n'avions guère que dix-neuf ans. À son arrivée au front, il creuse des «sapes russes» en vue de la prochaine offensive désormais imminente, et est déçu que sa fonction de combattant se borne à un rôle de terrassier travaillant sous le feu, exposé et passif. Vinrent les premiers obus, les morts, les blessés, les hommes étendus dans leur sang qui avaient, pour appeler, ces visages d'enfants battus et suppliants qu'on voit aux êtres que le malheur vient de frapper. La guerre cesse d'être un jeu. Cependant il reste convaincu que sa destinée ne peut avoir son terme sur un champ de bataille. Je n'avais pas encore pris la guerre (je pensais : leur guerre) au sérieux, la jugeant absurde dans ses manifestations, que j'avais prévues tout autres (...) Trouvant cette affaire mal montée, je la boudais. Ma bouderie me rendait fort et me donnait une sorte de courage. Les choses s'aggravent. Les obus s'abattent en pleine nuit. Les soldats se jettent dans la nuit froide. Courir, courir de toutes ses forces, les yeux dilatés mais prêts à les fermer pour ne pas voir le feu (...) La panique qui botte les fesses (...) Nous franchîmes comme des tigres les trous d'obus fumants, nous franchîmes les appels de nos frères, ces appels sortis des entrailles et qui touchent aux entrailles, nous franchîmes la pitié, l'honneur, la honte, nous rejetâmes tout ce qui est sentiment, tout ce qui élève l'homme, prétendent les moralistes - ces imposteurs qui ne sont pas sous les bombardements et exaltent le courage ! Nous fûmes lâches, le sachant, et ne pouvant être que cela. Le corps gouvernait, la peur commandait.
    Le grand mot est lâché : la peur, la peur qui décompose mieux que la mort, qui vous vide, vous berce à la folie.
    Vous l'avez compris c'est un livre poignant, d'une force peu commune, essentiel, salutaire, formidablement écrit, qui ne se raconte pas, qu'il faut lire absolument.

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    Le premier chapitre est éblouissant. Comme d'un long mouvement de caméra virtuose, Chevallier raconte la déclaration de guerre : tourbillonnant au dessus de l'Europe et de ses peuples en liesse, il pénètre ensuite dans les palais présidentiels, s'attarde sur une terrasse de bistro où se joue une...
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    Le premier chapitre est éblouissant. Comme d'un long mouvement de caméra virtuose, Chevallier raconte la déclaration de guerre : tourbillonnant au dessus de l'Europe et de ses peuples en liesse, il pénètre ensuite dans les palais présidentiels, s'attarde sur une terrasse de bistro où se joue une scène de folie patriotique pour terminer sur un défilé militaire de province.
    Puis se sont les longues années de guerre, les cadavres, les hommes détruits, blessés, l'incompréhension de l'arrière qui rend la permission insupportable, et surtout, la terreur, présente à chaque page, à chaque pas, dans chaque regard.
    Et c'est la grande force de ce roman autobiographique : nous entraîner dans ces quatre longues années d'horreur par ce qui fut l'affreux quotidien de vingt millions d'hommes : la peur.

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    Le premier chapitre est éblouissant. Comme d'un long mouvement de caméra virtuose, Chevallier raconte la déclaration de guerre : tourbillonnant au dessus de l'Europe et de ses peuples en liesse, il pénètre ensuite dans les palais présidentiels, s'attarde sur une terrasse de bistro où se joue une scène de folie patriotique pour terminer sur un défilé militaire de province.
    Puis se sont les longues années de guerre, les cadavres, les hommes détruits, blessés, l'incompréhension de l'arrière qui rend la permission insupportable, et surtout, la terreur, présente à chaque page, à chaque pas, dans chaque regard.
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