La peur des barbares ; au-delà du choc des civilisations

Couverture du livre « La peur des barbares ; au-delà du choc des civilisations » de Tzvetan Todorov aux éditions Robert Laffont
Résumé:

Comment répondre au terrorisme sans faire, hors de chez soi, un usage abusif de la force en s´engageant dans des actions militaires aussi disproportionnées qu´inefficaces (exemplairement incarnées par la guerre en Irak) ? Comment réagir, sur son territoire, face à ce que l´on considère comme une... Voir plus

Comment répondre au terrorisme sans faire, hors de chez soi, un usage abusif de la force en s´engageant dans des actions militaires aussi disproportionnées qu´inefficaces (exemplairement incarnées par la guerre en Irak) ? Comment réagir, sur son territoire, face à ce que l´on considère comme une atteinte aux valeurs démocratiques sans montrer cette « fermeté » qui est un autre nom pour l´intolérance ?
Sans baisser les bras face aux dangers ni céder à l´angélisme, les démocraties occidentales doivent veiller à ne pas se laisser entraîner par la peur dans une réaction excessive, qui risque ? et a parfois déjà commencé ? de les faire sombrer à leur tour dans la barbarie. L´enjeu : refuser, d´une part, de perdre son âme en piétinant les valeurs mêmes que l´on défend, éviter, d´autre part, d´envenimer des conflits dont l´embrasement ? à une époque où les moyens de destruction massive sont à la portée de chacun ? pourrait mettre en danger la survie de l´espèce humaine.
Pour discuter ces questions sensibles, Tzvetan Todorov a fait appel à sa connaissance intime de l´histoire des cultures et des idées ; il nous livre un essai lumineux où les différentes approches ?, philosophique, anthropologique, politique ?, se mêlent à l´observation critique de l´actualité dans un va-et-vient constant entre présent et passé. Une véritable « boîte à outils » pour appréhender les enjeux du monde contemporain.0400 À l´intérieur des pays occidentaux, et singulièrement européens, où habite depuis plusieurs décennies une importante minorité provenant des « pays du ressentiment », on retrouve des situations qui illustrent la formule du remède pire que le mal. Cette minorité pratique une religion, l´islam, différente de celle de la majorité ; et, surtout, dans l´organisation de sa vie sociale, elle lui accorde une place qui ne correspond pas à celle que les démocraties libérales contemporaines réservent à la religion, quelle qu´elle soit. Il en résulte, sur toute une série de questions touchant à la vie quotidienne, des frictions entre différentes parties de la population. Comment diminuer ces frictions ? C´est ici qu´apparaît une réaction malencontreuse, à savoir la « fermeté », euphémisme pour l´intolérance.
Personne n´est entièrement satisfait des conditions dans lesquelles il vit, on a même souvent l´impression que ces conditions se dégradent. À qui la faute ? L´on est tenté de chercher une réponse simple et un coupable facile à identifier : c´est cette tentation qui produit les mouvements et partis populistes. Le populisme de gauche répond : c´est la faute aux riches, il faut prendre leurs biens et les distribuer aux pauvres. Le populisme de droite défend non une classe sociale mais une nation et, à la même question, répond : c´est la faute aux étrangers. La xénophobie constitue le programme minimum des partis d´extrême droite, qui ont dû abandonner leurs autres thèmes de prédilection, l´anticommunisme et le racisme. Depuis quelques années, ces partis ont renforcé leur audience dans une bonne moitié des pays membres de l´Union européenne. Ils ne jouent nulle part le premier rôle mais, ici et là, sont devenus indispensables aux coalitions qui détiennent le pouvoir. Si celles-ci veulent le garder, elles doivent satisfaire les exigences de l´extrême droite en matière d´immigration et de cohabitation ? autrement elles risquent de perdre les voix des électeurs.
Cette xénophobie générale se double de ce qu´il faut bien appeler une islamophobie, même si le terme est parfois employé abusivement. Les deux formes de rejet ne se recoupent que partiellement : l´islamophobie ne concerne qu´une partie des immigrés, mais elle ne s´arrête pas aux frontières du pays ; néanmoins, la majorité des immigrés actuels en Europe sont bien d´origine musulmane. Or attaquer les immigrés est politiquement incorrect, alors que critiquer l´islam est perçu comme un acte de courage ; l´un peut donc venir à la place de l´autre.
Ce choix particulier de tradition à repousser a des raisons multiples et pour une part anciennes. L´islam est longtemps apparu comme un rival du christ

Donner votre avis

Les derniers avis

Ce livre n'a pas encore d'avis. Donnez le vôtre et partagez-le avec la communauté de lecteurs.com

Donnez votre avis sur ce livre

Pour donner votre avis vous devez vous identifier, ou vous inscrire si vous n'avez pas encore de compte.

Où trouver ce livre en librairie ?

Service proposé en partenariat avec Place des Libraires

Ils ont lu ce livre

Discussions autour de ce livre

Il n'y a pas encore de discussion sur ce livre

Soyez le premier à en lancer une !

Forum

Afficher plus de discussions