La petite conformiste

Couverture du livre « La petite conformiste » de Seyman Ingrid aux éditions Philippe Rey
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  • Cela se passe dans les années 70
    « drôle et grave, absurde et bouleversant »
    Des chapitres courts, beaucoup de dialogues, une écriture simple et vive, une construction chronologique...tout cela conduit à un bon moment de lecture.
    Esther à peine âgée de trois ans se démarque déjà de sa...
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    Cela se passe dans les années 70
    « drôle et grave, absurde et bouleversant »
    Des chapitres courts, beaucoup de dialogues, une écriture simple et vive, une construction chronologique...tout cela conduit à un bon moment de lecture.
    Esther à peine âgée de trois ans se démarque déjà de sa famille et cela ira croissant au fil des ans. Elle est conformiste dans une famille loufoque : on y vit nu, on est de gauche, surtout la mère profondément anticapitaliste ; le père l’est de moins en moins même s’il stigmatise a priori les gens de droite (qui votent forcément Le Pen, sont racistes etc.) Il faut dire qu’il est juif pied-noir et craint un nouvel holocauste : il transmet sa peur à Esther. Lui et ses parents ont la nostalgie de l’Algérie que ce »nazi » de de Gaulle leur a fait abandonner. Mai 68= pan dans sa gueule !
    Paradoxalement on l’inscrit à l’école catholique du quartier avec son étrange petit frère, Jeremy gaffeur et maladroit ; nul à l’école alors qu’Esther est excellente. Quand les mères décident que sa meilleure amie va venir chez elle, c’est la panique mais Agnès aime tout et découvre un nouveau monde où tous sont en djellaba (pas à poil devant une étrangère) et où les poissons carrés n’ont pas d’arête etc
    Esther se fait baptiser !!ce qui rend dingue son juif de père.
    Patrick et Babeth s’aiment mais se chamaillent sans arrêt, les assiettes volent. Esther espère toujours un divorce : son père est trop insupportable.
    Le père fait des crises et est interné.
    La fin est inattendue et brutale. Ce qui m’étonne le plus, c’est la froideur d’Esther devant ce drame

    Beaucoup d’humour.
    Un anachronisme : le père ne peut être bipolaire car ce terme est récent en psychiatrie où on parlait de psychose maniaco-dépressive
    Curieusement ce livre m'a donné une furieuse envie d'écrire tant les situations soulevaient de souvenirs pourtant très différents...

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  • «Je suis née d’une levrette, les genoux de ma mère calés sur un tapis en peau de vache synthétique. Je n’en suis pas certaine mais j’ai de fortes présomptions. D’abord parce que mes parents étaient aux sports d’hiver lorsqu’ils m’ont conçue. Surtout parce qu’ils n’ont jamais caché leur passion...
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    «Je suis née d’une levrette, les genoux de ma mère calés sur un tapis en peau de vache synthétique. Je n’en suis pas certaine mais j’ai de fortes présomptions. D’abord parce que mes parents étaient aux sports d’hiver lorsqu’ils m’ont conçue. Surtout parce qu’ils n’ont jamais caché leur passion pour cette position.» D'emblée le ton est donné. On va beaucoup s'amuser avec ce premier roman qui met en scène une enfant qui regarde comme un jeu ses parents se déchirer. Ingrid Seyman réussit une émouvante plongée dans la France des années 70-80.

    Esther est cette «petite conformiste» qui va grandir au sein d’un couple anticonformiste. Son père Patrick est un juif pied-noir qui oublie souvent qu’il est juif, mais ne peut oublier l’Algérie française et cette ville de Souk-Ahras qu’il a été contraint de quitter pour se retrouver à Marseille. C’est en compagnie d’Elizabeth qu’il va essayer de construire une nouvelle vie. Cette Babeth qui aime les levrettes et mai 68, cette secrétaire qui va lui donner deux enfants, Esther puis, trois ans plus tard, Jérémy. Qui aurait pu ne jamais arriver. Car l’harmonie du couple vacille: «J’ignore les raisons qui poussèrent Elizabeth à se séparer de mon père alors que j’avais trois ans. Je sais par contre que cette séparation ne dura pas. En lieu et place du divorce de mes parents, j’eus un frère.»
    Ingrid Seyman réussit parfaitement à se fondre dans l’esprit de cette enfant espiègle et bien innocente pour retracer la chronique familiale, pour raconter à sa façon les années Giscard, puis les années Mitterrand. Après avoir appris à connaître certains membres de la famille, la tante – qui déteste son père – et la grand-mère Fortunée – qui ne voit pas d’un bon œil l’idée de partir en vacances en Algérie – Esther va brosser un panorama savoureux des relations sociales, en commençant par son parcours scolaire dans une école privée catholique. Arrivée à Jeanne d’Arc, elle se sent mise sur la touche: «Autour de nous, tout le monde se connaissait. Des filles en robes marine se racontaient leurs vacances. Et des mères en tailleur s’invitaient à boire le thé au bord de leur piscine sur le coup des 15 heures. Personne n’avait l’accent marseillais.» Fort heureusement pour elle, Agnès – qui va devenir sa meilleure amie – va lui permettre de découvrir les nouveaux codes de ces familles si différentes de la sienne. Des codes qu’elle va vouloir intégrer jusqu’à se faire baptiser, au grand dam de son père.
    Au fil de ces années où elle cherche sa place et tente de comprendre comment fonctionnent ses parents, entre une permissivité déclarée – on se promène tout nu dans la maison, Patrick se prend pour Jacques Brel, Babeth ne veut pas que sa fille saute une classe par souci d’égalité républicaine – et un traumatisme qui est loin d’être soldé, Esther va se construire grâce à ses amies, quitte à se fâcher contre elles quand le racisme sourd dans les conversations de leurs parents. Il n’y a guère que les séparations successives de ses parents – qui finissent toujours par se rabibocher – qu’elle prend comme un jeu, peut-être aussi pour se rassurer et rassurer son petit-frère. À l’image de ce dossier trouvé dans un placard et dont elle pressent qu’il renferme quelque chose de grave, elle préfère ne pas savoir, continuer sa vie de petite fille. Mais il est des jeux dangereux, comme l’épilogue de ce roman écrit d’une plume allègre va nous le rappeler. Et nous fermer passer de la comédie à la tragédie.
    https://urlz.fr/aCPT

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  • En librairie le 28 août 2019. Rentrée Littéraire.

    Oh bon sang, quelle rigolade ! Comme quoi on peut parfaitement aborder des sujets profonds comme sa place dans la société, le bipolarisme, l'hyperactivité, sans se prendre au sérieux.
    L'humour dévastateur et le style vif de Ingrid...
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    En librairie le 28 août 2019. Rentrée Littéraire.

    Oh bon sang, quelle rigolade ! Comme quoi on peut parfaitement aborder des sujets profonds comme sa place dans la société, le bipolarisme, l'hyperactivité, sans se prendre au sérieux.
    L'humour dévastateur et le style vif de Ingrid Seyman font mouche à chaque page, et nous emportent, au point de nous surprendre par une fin, dont je ne dirai rien ici bien sûr.
    J'ai adoré et je suis heureuse de pouvoir partager ça avec vous et vous inciter à vous procurer ce bouquin dès sa sortie.

    #lecture #livres #chroniques #LaPetiteConformiste #IngridSeyman #EditiinsPhilippeRey

    Le quatrième de couverture :

    Esther est une enfant de droite née par hasard dans une famille de gauche, au mitan des années 70. Chez elle, tout le monde vit nu. Et tout le monde – sauf elle – est excentrique.

    Sa mère est une secrétaire anticapitaliste qui ne jure que par Mai 68. Son père, juif pied-noir, conjure son angoisse d’un prochain holocauste en rédigeant des listes de tâches à accomplir. Dans la famille d’Esther, il y a également un frère hyperactif et des grands-parents qui soignentleur nostalgie de l’Algérie en jouant à la roulette avec les pois chiches du couscous. Mais aussi une violence diffuse, instaurée par le père, dont les inquiétantes manies empoisonnent la vie de famille.

    L’existence de la petite fille va basculer lorsque ses géniteurs, pétris de contradictions, décident de la scolariser chez l’ennemi : une école catholique, située dans le quartier le plus bourgeois de Marseille.

    La petite conformiste est un roman haletant, où la langue fait office de mitraillette. Il interroge notre rapport à la normalité et règle définitivement son sort aux amours qui font mal. C’est à la fois drôle et grave. Absurde et bouleversant.

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