La petite communiste qui ne souriait jamais

Couverture du livre « La petite communiste qui ne souriait jamais » de Lola Lafon aux éditions A Vue D'oeil
  • Date de parution :
  • Editeur : A Vue D'oeil
  • EAN : 9782846668606
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

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Articles (4)

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    Après "La petite communiste qui ne souriait jamais", Lola Lafon nous captive avec son nouveau roman de "Mercy, Mary, Patty"

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    Cinq romans sont en lice pour le Prix Orange du Livre 2014. Cinq romans sélectionnés par le jury pour leurs indéniables qualités littéraires. Cinq romans soumis au vote des internautes pour déterminer qui sera le lauréat de cette 6e édition. Mais qui se cache derrière ces pages, cette plume, cette verve ? Comment ont réagi les auteurs à l'annonce de leur nomination ? Hubert Mingarelli, Lola Lafon, Marc Lambron et Maylis de Kerangal ont accepté de répondre à quelques questions.

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    La petite communiste qui ne souriait jamais (Actes Sud) est le quatrième roman de Lola Lafon. Véritable succès de librairie, elle évoque le destin de Nadia Comaneci, véritable icône des années 70, petite gymnaste roumaine championne hors pair restée une légende avec la note maximale qu'elle obtint aux Jeux Olympiques. L'auteure s'est d'abord consacrée à la danse avant d'opter pour l'écriture, d'où certainement cette connaissance précise du corps qu'elle évoque dans son roman. 

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Les derniers avis

  • J'ai pris ce livre à la bibliothèque, dans un premier temps je dois l'avouer pour découvrir l'auteure dont le dernier livre Mercy Mary Patty sort durant cette rentrée littéraire. le sujet, en lisant la 4ème de couverture au début m'a paru un peu austère et pas forcément passionnant et puis au...
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    J'ai pris ce livre à la bibliothèque, dans un premier temps je dois l'avouer pour découvrir l'auteure dont le dernier livre Mercy Mary Patty sort durant cette rentrée littéraire. le sujet, en lisant la 4ème de couverture au début m'a paru un peu austère et pas forcément passionnant et puis au fil des pages on découvre un personnage, car oui il s'agit bien d'une sacré personnalité que cette petite gymnaste, Nadia Comaneci, découverte lors des Jeux Olympiques de 1976. Une inconnue qui a explosé sur nos écrans en décrochant pour le première fois un 10 en gymnastique.
    Cette frêle gamine, déterminée, sûre d'elle au fil des recherches et documentations faites par Lola Lafon apparaît comme une personne assez froide, insensible, double et mystérieuse…. Qui est-elle réellement. Elle dit tout et son contraire. Elle sait ce qu'elle veut mais elle rêve aussi de libertés dans un pays où, à l'époque, tout est sous contrôle. On suit l'enfant, l'adolescente qui se transforme et qui ne trouve plus la grâce de ses débuts, dont le corps ne correspondra plus aux critères recherchés, que la célébrité va rendre un peu incontrôlable. Alors elle s'enfuira, laissant médailles, famille, pour un El Dorado où elle se retrouvera à nouveau prisonnière mais cette fois-ci de son image et des médias.
    Bien écrit, facile à lire et très instructif sur la Roumanie, son régime autoritaire et dictatorial, sur la fin de celui-ci. Rédigé à la manière d'un compte-rendu journalistique, on se perd peut être un peu dans le déroulement des évènements car il y a de nombreux aller-retours mais cela ne gêne en rien la lecture (il faut simplement bien regarder les dates). J'ai revu la vidéo de ses exploits et c'est vrai que cette petite « bonne femme » androgyne est ambiguë : précision des gestes, sourire figé mais peu d'émotion….. Pas ou peu de relations familiales, amicales.
    Gros travail de recherches de la part de l'Auteure mais on ressent malgré tout un regret : ne pas avoir réussi à percer le mystère Nadia Comaneci.
    Bon et bien cela me confirme que Lola Lafon est une auteure que je vais suivre, lire……

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  • 10/10 et l'ordinateur s'emballe !!!
    Une exo-fiction qui nous entraîne des années 70 à nos jours sur les pas de Nadia Comaneci. Le texte démarre avec l’ordinateur qui perd les pédales quand il faut afficher un 10/10 pour une jeune enfant qui vient de réaliser un exercice parfaitissime. Nous...
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    10/10 et l'ordinateur s'emballe !!!
    Une exo-fiction qui nous entraîne des années 70 à nos jours sur les pas de Nadia Comaneci. Le texte démarre avec l’ordinateur qui perd les pédales quand il faut afficher un 10/10 pour une jeune enfant qui vient de réaliser un exercice parfaitissime. Nous sommes en 1976 à Montréal et la planète va découvrir une petite fille roumaine qui va révolutionner la gymnastique car tout semble possible de faire comme mouvement avec ce grêle corps. Une narratrice est en relation avec Nadia qui vit actuellement aux Etats Unis après sa carrière. Ce texte nous parle aussi de ses années des années 70 à nos jours et de la Roumanie, du bloc soviétique, de la fin de la guerre froide. L’Histoire avec un grand H à travers l’histoire d’une petite athlète, qui va devenir le symbole d’un pays. J’ai beaucoup apprécié ces aller retours entre l’histoire personnelle, sportive de Nadia et l’histoire de la Roumanie et aussi et surtout des rapports sportifs lors des rencontres internationales. Mais ce texte parle aussi du rapport personnel de Nadia avec sa carrière, son image. Etait elle une simple marionnette pour son coach, pour la fédération sportive roumaine ou par son charismatique entraîneur et même de Ceausecu ou alors était elle vraiment si passive face aux situations de se vie. Un texte très intéressant qui nous parle donc d’une histoire d’une personne happée par la grande Histoire.

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  • Lola Lafon entreprend de retracer la vie de la jeune prodige roumaine NadiaComaceni.
    Un phénomène que cette incroyable gymnaste.
    Je me souviens que quand ce livre est sorti, j’avais très envie de le lire, et puis j’ai oublié.
    Je viens de tomber dessus par hasard dans une brocante.C’est très...
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    Lola Lafon entreprend de retracer la vie de la jeune prodige roumaine NadiaComaceni.
    Un phénomène que cette incroyable gymnaste.
    Je me souviens que quand ce livre est sorti, j’avais très envie de le lire, et puis j’ai oublié.
    Je viens de tomber dessus par hasard dans une brocante.C’est très bien documenté.
    Au fur et à mesure qu’elle écrit ses pages, elle les soumet à Nadia Comaceni qui lui fait part de ses remarques, approuve ou désapprouve, recadre……
    Certes on apprend beaucoup de choses, sur la gymnastique, sur la Roumanie, sur les compétitions….. mais j’ai trouvé le style narratif plutôt ennuyeux et les évènements sont parfoi mélangés.
    C’est dommage parce que c’est très fouillé et précis et l’intention de rendre hommage à Nadia Comaceni est plus que louable.

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  • Tes bon livre qui nous ramène aux Jo extraordinaire où cette jeune gymnaste prodige a ébahi le monde entier
    L idée extraordinaire de l auteur est d imaginer des suites par rapport à des faits réels au travers de discussion imaginaires

    Tes bon livre qui nous ramène aux Jo extraordinaire où cette jeune gymnaste prodige a ébahi le monde entier
    L idée extraordinaire de l auteur est d imaginer des suites par rapport à des faits réels au travers de discussion imaginaires

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  • « La petite communiste qui ne souriait jamais », c’est la roumaine Nadia Comaneci, petite gymnaste surdouée qui, un jour d’été aux JO de Montréal, à battu l’ordinateur qui n’avait pas prévu qu’on puisse être parfaite sur des barres asymétriques. Le monde entier va tomber amoureux de cette gamine...
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    « La petite communiste qui ne souriait jamais », c’est la roumaine Nadia Comaneci, petite gymnaste surdouée qui, un jour d’été aux JO de Montréal, à battu l’ordinateur qui n’avait pas prévu qu’on puisse être parfaite sur des barres asymétriques. Le monde entier va tomber amoureux de cette gamine pré pubère si sérieuse, si parfaite, si lisse et maigre qu’elle en est presque effrayante. Le livre de Lola Lafon n’est pas une biographie, ni vraiment un roman, c’est un livre entre-deux. Sur la forme, il est un peu surprenant : flash back, flash forward, le récit alterne entre la vie de Nadia et l’écrivain qui écrit la biographie de Nadia. En fait, c’est une sorte de livre dans le livre, Lola Lafon se met en scène en train de questionner Nadia, en train de réfléchir sur ce qu’elle dit et sur ce qu’elle tait. C’est un peu déconcertant mais on s’y fait assez vite. Ce que Lola Lafon raconte, et il n’y pas de raison de douter de la véracité de son récit (au vu de la bibliographie en fin d’ouvrage), c’est l’histoire d’une petite fille bien sage et obéissante devenue rapidement, à force d’entrainement et d’obstination, une championne olympique comme les JO en ont connu bien peu. Mais l’intérêt n’est pas dans ce chemin vers la gloire (d’ailleurs le récit commence par Montréal, ce qui prouve que pour Lafon, c’est un point de départ et non un aboutissement), c’est bien l’après qui interpelle. Cette petite fille a révolutionné la gymnastique pour toujours, et elle en sera la toute première victime. La puberté est son premier ennemi, elle a beau tout faire pour la combattre, c’est un combat perdu d’avance : elle grandit, elle prend des formes, elle est réglée. C’est alors à coup de privations qu’elle tentera (avec quand même une certaine réussite) de rester au niveau. Son deuxième ennemi est plus pervers, c’est qu’en incarnant la pureté de l’enfance, elle sera pris au piège de cette image pour toujours, aux yeux des journalistes, des officiels, du public qui ne lui pardonnera jamais d’être devenu une femme. Il y a un machisme inouï, doublé de quelque chose de plus malsain, dans tout ce qu’on a écrit sur elle dans les années 80, à l’Est mais surtout à l’Ouest. Son troisième ennemi est encore plus pervers, c’est la façon dont Ceaucescu et son horrible Elena vont ériger Nadia en symbole, vont l’utiliser, vont essayer de modeler toute la Roumanie à son image fantasmée (et l’affamer littéralement). L’attitude de Nadia envers le régime du « Conducatore » est très ambigüe, elle profite largement du système, participe même très docilement à toute démonstration publique. Elle a même, sans que cela soit parfaitement établi, partagé la vie du fils Ceaucescu. Sa fuite très tardive à l’Ouest (très bizarre, entourée de beaucoup de mystère jamais résolu) 15 jours avant la mort du dictateur alors qu’elle avait eu une occasion énorme de fuite avec don entraineur Bela Karoli des années auparavant, rien ne lui sera pardonné et son exil aux USA, organisée par un type peu recommandable et de bien mauvais conseils, sera pour elle une épreuve plus qu’une libération. Avec « la petite communiste qui ne souriait jamais », Lafon nous emmène dans les gymnases roumains ou les gamines sont traitées avec une violence psychologique terrible, où elles sont affamées, ou on les oblige à concourir blessées. Toutes ces choses, Comaneci refuse de les condamner, tout comme elle refuse de condamner réellement la dictature dans laquelle elle a vécu. Cela donne à son personnage, et donc au livre, une complexité, une « couleur » qui en font une lecture intéressante et qui pose question : sommes-nous vraiment autorisée à juger la vie de cette gymnaste dépassée par sa propre image et sa propre reussite?

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  • Ce roman porte sur le destin d'une célèbre gymnaste roumaine : Nadia Comaneci, du début de sa carrière sportive jusqu'à sa fuite aux États-Unis, mais... également sur les conditions de vie de ce peuple roumain au temps du dictateur Ceausescu jusqu'à sa chute. Les premières pages nous décrivent...
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    Ce roman porte sur le destin d'une célèbre gymnaste roumaine : Nadia Comaneci, du début de sa carrière sportive jusqu'à sa fuite aux États-Unis, mais... également sur les conditions de vie de ce peuple roumain au temps du dictateur Ceausescu jusqu'à sa chute. Les premières pages nous décrivent ces fameux JO de Montréal en 1976 où Nadia Comaneci obtient un 10, note jamais obtenue en gymnastique et où les ordinateurs sont "détraqués" à cause de cette fabuleuse note.
    Entre fiction et biographie, ce roman est un bel hommage à celle qui a symbolisé, pour beaucoup de « petites filles », le modèle à atteindre, la perfection à avoir. Ce roman nous apprend beaucoup sur les sacrifices consentis et les tortures infligées au corps pour arriver à un si haut niveau mais aussi sur le désenchantement lorsque les résultats ne sont plus là. Il ne faut pas voir ce roman comme seulement un témoignage sur le parcours de cette célèbre gymnase mais c’est également le constat de la condition d’un corps d’adolescente devenant une femme.
    « La petite communiste qui ne souriait jamais » est mon coup de cœur de cette rentrée littéraire, un roman passionnant et fascinant qui m’a permis de me replonger dans le souvenir heureux de ma jeunesse mais également voir au-delà de l’image « parfaite » de Nadia Comaneci. Lola Lafon a su magnifiquement nous raconter le mythe et l’histoire de cette grande gymnase.

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  • Nadia Comaneci, jeune gymnaste roumaine qui éclaboussa de son talent les Jeux Olympiques de Montréal, en 1976, si vous ne connaissez pas, les vidéos mises en ligne permettent de découvrir ses exploits ou de se rafraîchir la mémoire. Avant elle, le 10 n’existait pas en gymnastique. Quand les...
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    Nadia Comaneci, jeune gymnaste roumaine qui éclaboussa de son talent les Jeux Olympiques de Montréal, en 1976, si vous ne connaissez pas, les vidéos mises en ligne permettent de découvrir ses exploits ou de se rafraîchir la mémoire. Avant elle, le 10 n’existait pas en gymnastique. Quand les juges ont voulu lui attribuer la note parfaite pour ce qu’elle venait de réaliser, la banque de données de Longines a sauté, le tableau lumineux ne pouvant afficher que : 1,00 !!!



    Nadia n’a que 14 ans mais Béla Károlyí et son épouse, Martá, la font travailler très dur depuis près de huit ans, avec d’autres filles d’Onesti, petite ville située à près de 500 km au nord de Bucarest. Nadia « ne sculpte pas l’espace, elle est l’espace… La grâce, la précision, l’amplitude des gestes, le risque et la puissance sans qu’on n’en voie rien ! »



    Lola Lafon connaît bien ce pays pour y avoir grandi. Elle raconte ce que fut Nadia jusqu’à sa fuite du pays quinze jours avant la chute de Ceausescu, plongeant dans la vie quotidienne des Roumains, leurs souffrances, leurs difficultés, sans oublier de mentionner les avantages d’un régime se voulant égalitaire avant de dériver, hélas, vers un totalitarisme ridicule.



    La lecture de ce roman est passionnante de bout en bout grâce au talent de l’auteure qui a su mener à bien un dialogue imaginaire avec Nadia C. qui vit maintenant aux États-Unis. Cela lui permet de confronter les différentes versions de la vie de la championne et du monde qui l’entoure. Dans une vie, tout n’est pas blanc ou noir comme on tente trop souvent de nous le faire croire mais c’est justement la confrontation entre des récits différents des mêmes faits qui permet de se forger une opinion.



    L’auteure nous fait partager le quotidien de ces petites championnes, sportives de haut niveau obligées de calculer tout ce qu’elles mangent, de subir des entraînements de plus en plus poussés avec les conséquences qui s’appellent claquages, entorses et les médicaments qui suivent : anti-inflammatoires, antidouleurs, corticoïdes… Parfois, les figures les plus étonnantes sont créées à partir d’une erreur très dangereuse mais Nadia, parvenait à écarter le danger.



    Pour Nadia, le temps passe et elle devient femme. Elle a toujours envie de manger, rêve qu’elle mange alors que son corps subit les ampoules, les minuscules coupures, les bleus aux cuisses, les fibres musculaires qui lâchent, les tendons claqués et la codéine, la cortisone… Elle se sent laide, informe alors qu’elle subit cette « Maladie », ces règles qu’elle ne supporte pas. Ayant quitté Béla pour Bucarest, elle sort, danse, flirte avec un garçon, mange, ne s’entraîne plus. Elle est devenue « un monstre ».



    Lola Lafon parle alors du sort des Roumaines obligées d’avoir des enfants, subissant « la police des menstruations » jusque sur leur lieu de travail. Puis c’est la chute des Ceausescu, fin 1989, Nadia est aux USA « réfugiée politique » dont l’image est ternie. Elle a 28 ans… Une autre vie commence mais ce qu’elle a réalisé en tant que sportive ne s’effacera pas.

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  • J'ai un souvenir très précis de Nadia Comaneci aux jeux de Montreal qui nous laissa tous bouche bée et langue pendante devant la perfection de ses exécutions et sa grâce aérienne et enfantine malgré son air si sérieux.
    Lola Lafon nous livre le portrait ambivalent d'une petite fille « élevée »...
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    J'ai un souvenir très précis de Nadia Comaneci aux jeux de Montreal qui nous laissa tous bouche bée et langue pendante devant la perfection de ses exécutions et sa grâce aérienne et enfantine malgré son air si sérieux.
    Lola Lafon nous livre le portrait ambivalent d'une petite fille « élevée » en championne par un coach un peu hors normes, fierté et symbole d'un régime totalitaire ubuesque qui utilisait Nadia pour lustrer son image, une petite fille dressée à obéir silencieusement mais aussi dévorée par l'ambition de faire toujours mieux, devenue l'icône d'un peuple et du monde entier jusqu'à l'inévitable transformation de son corps gracile, déformé par la puberté…
    La narration de Lola Lafon est quelque peu déroutante, évoluant entre la fiction et la biographie, la partie fictive étant justement celle dont on pouvait penser qu'il s'agit d'une biographie !
    J'ai été tout particulièrement passionnée par l'évocation de la Roumanie et du couple démoniaque Ceausescu pendant la guerre froide, et aussi assez ahurie par des faits que j'ai découvert à postériori : à savoir l'attitude plus qu'ambivalente des puissances occidentales envers les Ceausescu, et en particulier de la France qui lui décerna la légion d'honneur, si si !!!
    Hommage à une sportive hors-norme qui enfiévra les petites filles et leurs mamans, comme les commentateurs des J.O., mais aussi documentaire sur un système monstrueux qui affamait sa population, qui avait créé une police de la procréation pour restreindre l'avortement, le système d'un couple mégalomane et démoniaque.
    A lire à coté d'un ordinateur pour visionner les performances de Nadia au cours des J.O. de Montréal.

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  • Très belle découverte que ce livre!
    Dans un 1er temps séduite par la couverture (où je n'avais pas reconnu Nadia Comaneci au 1er coup d'oeil), je le fus d'autant plus par le style d'écriture de Lola Lafon.
    L'histoire, nous fait remonter aux années Ceaucescu; période pas toute rose pour les...
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    Très belle découverte que ce livre!
    Dans un 1er temps séduite par la couverture (où je n'avais pas reconnu Nadia Comaneci au 1er coup d'oeil), je le fus d'autant plus par le style d'écriture de Lola Lafon.
    L'histoire, nous fait remonter aux années Ceaucescu; période pas toute rose pour les roumains (régime communiste totalitaire du blog de l'Ouest où les moindres faits et gestes sont épiés, scrutés - soit on se plie aux règles soit ..., le choix était-il possible? oui comme toujours mais à quel prix?).
    Et soudain, lors des JO de Montréal, surgit une jeune fille de 14 ans, minois de fillette mais corps d'athlète qui voltige, qui retombe toujours sur ses pieds sans une once d'hésitation, de tremblement et qui réalise l'impensable (puisque même les techniciens n'avaient pas envisager cet exploit pour l'affichage du tableau) : un 10, puis suivront une ribambelle de 10 et de médailles.
    Lola Lafon revient sur cet exploit, sur la personnalité, le mental d'acier de cette gymnaste, le couple d'entraîneurs, tant décriés pour leurs méthodes mais admirés par leurs résultats (les américains ne les ont-ils pas fait venir de Roumanie pour être champion? qu'importe le flacon, pourvu qu'on est l'ivresse ...). Elle décortique les rapports de Nadia avec le pouvoir en place : où commence le libre-arbitre? où s'arrête la soumission ? On la suit tel un pantin désarticulé, marionnette aux mains du Conducator, qui échappe à ses parents, à son entraîneur même, pour représenter La Roumanie, toute puissante face à l'URSS et au monde occidental. Elle pointe le régime Ceaucescu dans son contrôle des femmes, de la menstruation au nombre d'enfants obligatoires.
    Dans tous ces sujets abordés, Lola Lafon nous laisse le libre-arbitre justement et elle utilise intelligemment ses conversations fantasmées pour nous apporter d'autres points de vue, nous faire questionner : Béla était dur, oui, mais Nadia avait des prétentions au-delà des siennes encore ! La Roumanie était liberticide, oui mais les sociétés occidentales ne sont-elles pas pire car ne donnons-nous pas nous-même le fouet, avec tous nos appareils géolocalisés ou pucés (téléphone, carte bleue, carte vitale, carte transport, ...) ?
    Lola Lafon utilise l'écriture comme la gymaste utilisait ses agrès ou la musicienne qu'elle est, utilise son instrument: elle virevolte, rebondit, nous fait passer par toutes les émotions : tendresse, sarcasme, naïveté, réalisme, compassion, haine.
    Durant toute cette lecture, me restaient deux images de mon enfance/adolescence, les pirouettes de Nadia et les corps des Ceaucescu. Ce livre, c'est cela : on passe de la fascination à ce petit bout de femme, véritable OVNI de la gymnastique, du sport même, au mal l'aise, au dégoût (voire la nausée) des circonstances dans lequel tout est arrivé, il reste un gout amer ...

    pour aller plus loin : http://chezsabisab.blogspot.fr/2015/12/la-petite-communiste-qui-ne-souriait.html

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  • Nous sommes le 26 juin 1976 aux jeux olympiques de Montréal. J'avais onze ans et demi à l'époque et je garde en mémoire ce prodige, cet exploit. Nadia Comaneci âgée d'à peine quatorze ans vient de réaliser l'incroyable. Elle a même semé le trouble dans les ordinateurs car jamais ce n'était...
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    Nous sommes le 26 juin 1976 aux jeux olympiques de Montréal. J'avais onze ans et demi à l'époque et je garde en mémoire ce prodige, cet exploit. Nadia Comaneci âgée d'à peine quatorze ans vient de réaliser l'incroyable. Elle a même semé le trouble dans les ordinateurs car jamais ce n'était arrivé, elle réalise le score parfait, un 10. La perfection est incarnée par cette petite roumaine qui renouvellera l'exploit tant aux barres asymétriques qu'au cheval d'arçon, à la poutre et au sol. Elle éblouit le jury et conquit la planète. Mais à quel prix réalise-t-elle ses exploits ?

    C'est un peu l'enquête que va mener Lola Lafon. Un procédé original et ambitieux : durant plus d'un an elle va échanger téléphoniquement et par mail avec Nadia et construire ce récit à la fois historique et journalistique. Chapitre après chapitre, au fil des échanges s'écrit ce récit sensible, juste, captivant et poignant pour nous conter le destin de cette petite fée adulée par son pays tout entier.

    Je ne suis pas particulièrement férue de gymnastique et ce n'est pas nécessaire pour être embarqué dans ce récit magnifique. On y découvrira comment et par quels sacrifices, cette fillette d'Onesti est devenue ce qu'elle est. C'est à l'âge de six ans qu'elle a débuté les entraînements longs et durs imposés par son coach et entraîneur Bela Karoly aux méthodes pas toujours orthodoxes.

    On découvrira la détermination, le perfectionnisme de Nadia, mais aussi les rouages du communisme de Ceaucescu qui fit de Nadia sa chose , l'icône adulé de la nation, le symbole de la réussite roumaine. Le rôle et la place prépondérante de la Securitate, la peur, les manques de nourriture, les magasins vides, la soumission, l'obéissance au régime seront également abordés.

    Nadia deviendra l'image du pouvoir, soumise au régime, exhibée partout en compagnie du roitelet (le fils de Ceaucescu, elle vivra par procuration, à travers les autres même pour communiquer). On la suivra jusqu'à sa fuite, la fin du régime et sa "mauvaise" entrée aux Etats-unis.

    Un livre encensé souvent. J'avoue avoir adoré le premier tiers, la force de l'écriture, l'écriture sensible, un texte intelligent et instructif. Je me suis un peu perdue dans la seconde partie du récit même si je suis contente d'avoir fait cette lecture très instructive retraçant l'histoire d'un mythe, d'une reine déchue et l'histoire d'un peuple, d'un pays.

    Ma note : 7/10


    Les jolies phrases

    Ce qu'elle accomplit ce jour là, personne ne sera capable de le raconter, ne restent que les limites des mots qu'on connaît pour décrire ce qu'on n'a jamais imaginé.

    Ces étages d'horaires, d'aliments immuables, de gestes et d'odeurs. Et leur soumission tranquille à toutes les restrictions parce qu'elles savent que chaque poussière d'envie, chaque déviation possible, un samedi à flâner, à jouer dans la chambre, un goûter trop copieux, chacun de ces virages penche vers une autre vie, celles des enfants ordinaires, sans but ni avenir.

    Nadia, elle est une plante carnivore de dangers dont il faut la gaver.

    Tous les sportifs qui gagnent des symboles politiques. Ils promeuvent des systèmes. Communisme à l'époque, capitalisme aujourd'hui.

    Barres, magnésie et sueur, ce mélange, la trilogie de son existence.

    Sa vie, dure comme un vaillant train télécommandé, s'enraye. L'obéissance n'est qu'une des pièces détraquées et manquantes du puzzle parfait de sa vie précédente, parmi celles-ci : cette faim permanente qui rend le sommeil difficile (rêver qu'on mange et s'éveiller à l'aube terrorisée d'avoir failli manger), les mains entamées d'ampoules et de minuscules coupures jamais refermées, les cuisses tatouées de bleus ancrés dans les veines et ces muscles dont les fibres lâchent, tendons claqués toujours rattrapés de justesse par les indispensables codéine et cortisone.

    Je ne vais pas tourner le dos à ce qui me fait peur. Je fais face, parce que la seule façon d'échapper à ma peur est de la piétiner.

    http://nathavh49.blogspot.be/2015/08/la-petite-communiste-qui-ne-souriait.html

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