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Là où chantent les écrevisses

Couverture du livre « Là où chantent les écrevisses » de Delia Owens aux éditions Seuil
  • Date de parution :
  • Editeur : Seuil
  • EAN : 9782021412864
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

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Articles (1)

Avis (40)

  • Delia Owens, après trois ouvrages consacrés à la nature et aux animaux, réussit un magnifique premier roman que j'ai eu la chance de découvrir grâce à Babelio et aux éditions du Seuil.
    En lisant Là où chantent les écrevisses, je me suis attaché aux pas de Kya, la Fille des marais. J'ai souffert...
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    Delia Owens, après trois ouvrages consacrés à la nature et aux animaux, réussit un magnifique premier roman que j'ai eu la chance de découvrir grâce à Babelio et aux éditions du Seuil.
    En lisant Là où chantent les écrevisses, je me suis attaché aux pas de Kya, la Fille des marais. J'ai souffert avec elle. J'ai tremblé. J'ai espéré. J'ai été pétri d'inquiétude. J'ai été révolté mais j'ai vibré et j'ai surtout été émerveillé en découvrant toute les vies pullulant dans ces marais de la côte de Caroline du Nord, aux États-Unis.
    Enfant, Kya qui se nomme en réalité Catherine Danielle Clark, est traumatisée par la violence d'un père qui boit et frappe cruellement femme et enfants. Ils vivent dans une cabane, loin de la petite ville de Barkley Cove, au coeur du marais. Un jour, Ma, sa mère, part sans se retourner et c'est le premier grand abandon subi par Kya avant que Jodie, le frère si précieux qui la protégeait, s'en aille à son tour.
    Au fil des pages, Kya m'a entraîné dans les chenaux, dans cette nature sauvage, préservée – pour combien de temps ? – où elle ne cesse d'observer et d'apprendre. Ce livre regorge de descriptions vivantes, imagées, au fil des découvertes et des habitudes de Kya et je me suis régalé à chaque fois malgré une certaine tension omniprésente, même dans les moments les plus calmes.
    Les services sociaux tentent de l'envoyer à l'école mais elle ne supporte pas les moqueries plus d'une journée, préférant continuer à apprendre au coeur de la nature, donner à manger aux oiseaux sur la plage, recueillir, observer mais elle souffre de la faim et ne sait ni lire, ni écrire.
    Sans révéler trop de détails, je dois parler de ces deux amours : Tate et Chase. L'un est toute discrétion, dévouement, lui apprend à lire, à écrire et à compter mais doit partir à l'université. L'autre est la coqueluche des jeunes filles de Barkley Cove et c'est justement sur la découverte de son cadavre que débute le roman, en 1969.
    Les dates sont très importantes, précisées au début de chaque chapitre puisque l'auteure remonte en 1952 et c'est la vie de Kya (six ans) qui défile en alternance avec ces mois décisifs de 1969. Solitude est le mot qui revient le plus souvent et j'ai été déchiré à chaque abandon, à chaque raté, à chaque occasion gâchée. le bonheur semblait à portée d'un sourire, d'un contact accepté mais l'héroïne, désabusée par tant d'échecs, préfère la fuite, préfère disparaître dans cette nature qu'elle connaît mieux que les plus grands scientifiques. Elle se réfugie aussi dans la poésie lorsqu'elle est au plus mal ou lorsqu'elle veut conserver quelque secret mais… pour savoir, il faut lire Delia Owens !
    Je n'oublie pas de citer Jumping et Mabel, ce couple admirable, si important pour Kya. Enfin, il faut le dire, il y a un procès, une tension insoutenable où le défilé des témoins et leur questionnement révèlent une fois de plus toute la fragilité d'une justice rendue par des humains, sur des mots plus ou moins habilement exploités.
    Magnifique découverte, Là où chantent les écrevisses, ce lieu isolé où la nature et Kya retrouvent calme et tranquillité, a été un régal de lecture !

    Chronique à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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  • On ne peut échapper à ce livre. Il y a de nombreux articles qui paraissent régulièrement.Et ce n'est que mérité.
    Les principaux personnages, si l'on peut dire, c'est le marais et la nature. Tout au long des chapitres, il est là, présent, vivant. J'entends les bruits : les battements d'ailes,...
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    On ne peut échapper à ce livre. Il y a de nombreux articles qui paraissent régulièrement.Et ce n'est que mérité.
    Les principaux personnages, si l'on peut dire, c'est le marais et la nature. Tout au long des chapitres, il est là, présent, vivant. J'entends les bruits : les battements d'ailes, les ploufs des grenouilles, la vie des arbres au travers du bruissements de leurs feuilles. Et puis, il y a Kya qui vit et survit seule après l'abandon de sa mère puis de toute sa famille. Elle va, encore, connaître un déracinement, un nouvel abandon.
    C'est un livre vivant, très bien écrit, je vois à chaque page les lieux décrits comme si j'y vivais, moi même. Il y a beaucoup d'humanité dans ce marais, le cycle de la vie qui passe, une musique de lecture comme je les aime.

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  • Le bandeau de ce livre annonçait le succès fulgurant de ce premier roman. Intrigué par cette annonce d’une héroïne inoubliable, j’ai voulu en avoir le cœur net.

    Delia Owens est à l’origine une spécialiste en zoologie et en biologie et cela transpire dans son écriture. Son histoire se déroule...
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    Le bandeau de ce livre annonçait le succès fulgurant de ce premier roman. Intrigué par cette annonce d’une héroïne inoubliable, j’ai voulu en avoir le cœur net.

    Delia Owens est à l’origine une spécialiste en zoologie et en biologie et cela transpire dans son écriture. Son histoire se déroule dans un endroit retiré du monde, où la nature a gardé ses droits. On sent qu’elle connaît les marais et surtout qu’elle est passionnée par le sujet. Elle s’applique, dans de longues descriptions à la fois imagées et poétiques, à sublimer l’environnement où se déroule l’action. Le lecteur est donc immergé dans les lieux en compagnie de Kya.

    Suite à une succession d’évènements dramatiques, cette fille se retrouve abandonnée par tous ses proches. Livrée à elle-même, isolée du reste du monde, elle apprend à survivre. Pour se faire, elle doit combattre les éléments, l’environnement mais elle doit aussi composer avec le reste de la population, avec qui elle entre en contact sporadiquement. Ces personnes qui sont étrangères à son univers, la considère comme une pestiférée. Ils perturbent son quotidien et vont par leur intervention, transformer son paradis en enfer.

    Ce qui fait la véritable réussite de ce roman repose sur un astucieux mélange d’espaces sauvages et de drames romantiques, saupoudré d’une touche de polar. Au centre de cette aventure, « la fille des marais » se débat avec ses sentiments. Son rayonnement naturel, son caractère bien trempé et sa force de vivre la rendent terriblement attachante mais lui attirent aussi les plus grands ennuis. A ses côtés, entraîné dans la spirale de suspicions, je suis resté sous tension à la recherche d’éléments pouvant élucider l’affaire.

    Dans ce roman d’une beauté dépaysante, Delia Owens nous raconte un monde de préjugés et de manipulations dans lequel Kya apparaît comme une lueur d’humanité. Belle découverte que cette ode à la nature et à la différence !

    http://leslivresdek79.com/2020/01/31/delia-owens-la-ou-chantent-les-ecrevisses/

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  • Caroline du Nord, 1952. Kya a six ans et vit dans le marais avec sa famille. La vie n'y est pas facile, ils sont pauvres, vivent isolés et sont sous la coupe du père, alcoolique et violent. Un jour Kya voit sa mère s'engager sur le chemin qui mène à la ville avec une valise et s'en inquiète...
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    Caroline du Nord, 1952. Kya a six ans et vit dans le marais avec sa famille. La vie n'y est pas facile, ils sont pauvres, vivent isolés et sont sous la coupe du père, alcoolique et violent. Un jour Kya voit sa mère s'engager sur le chemin qui mène à la ville avec une valise et s'en inquiète quand sa mère ne se retourne pas comme d'habitude pour lui faire un petit signe de la main. Les jours passent, Kya attend mais sa mère ne revient pas, pire un à un ses frères et sœurs quittent eux aussi la cabane pour mener leurs vies ailleurs, loin du père. Quand Jodie son frère le plus proche décide de partir lui aussi, Kya se retrouve seule. Son père passe des jours loin de la cabane et ne s'occupe pas d'elle, elle doit se débrouiller pour se nourrir et entretenir la cabane. Et puis un beau jour il ne rentre plus du tout, elle a dix ans et doit subvenir seule à tous ses besoins. Elle explore le marais, sa faune et sa flore, vend des moules pour survivre, pêche, collectionne des plumes et des nids mais est désespérément seule. En ville les gens l'appellent la fille des marais et la prennent pour de la racaille. Sa rencontre avec Tate, un ancien ami de Jodie, va tout changer. Il va lui apprendre à lire et à écrire, lui faire découvrir l'amour jusqu'au jour où lui aussi l'abandonne pour aller à l'université. Ce nouvel abandon et la solitude de plus en plus pesante vont laisser le champ libre à un autre garçon qui lui promettra une nouvelle vie... Mais l'irréparable se produit et Kya va devoir à nouveau ne compter que sur elle-même.

    Un joli coup de cœur pour ce livre à la fois beau et triste. Kya vient rejoindre le panthéon de mes héroïnes préférées au côté de Turtle, Nell et Eva, Tracy et Sal. Kya est une fille pleine de ressources, courageuse, combative, écorchée, intelligente et innocente. Son histoire nous fait passer par toute une palette d'émotions, la tristesse et la joie bien sûr mais aussi l'émerveillement, la colère, la frustration, la peur, l'enchantement... Les descriptions du marais sont justes magiques, on découvre la végétation et les animaux qui le peuplent ainsi que des détails très intéressants sur leurs modes de vie. C'est une histoire qui nous habite tout au long de la lecture et encore après avoir refermer le livre.
    C'est un beau roman avec une héroïne forte et fragile, une histoire qui ne peut laisser insensible et qui a su mettre en avant la nature sauvage des marais de la Caroline du Nord. Un coup de cœur vous attend alors foncez.

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  • Abandonnée par sa mère et ses frères et sœurs, la petite Kya Clark se retrouve seule avec son père alcoolique et violent. Ils vivent chichement dans une pauvre cahutte posée au milieu des marais de Caroline du Nord.
    Le personnage de Kya n’est pas s’en rappeler celui de Tuttle dans « My...
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    Abandonnée par sa mère et ses frères et sœurs, la petite Kya Clark se retrouve seule avec son père alcoolique et violent. Ils vivent chichement dans une pauvre cahutte posée au milieu des marais de Caroline du Nord.
    Le personnage de Kya n’est pas s’en rappeler celui de Tuttle dans « My absolute darling », même abandon, même isolement au milieu d’une nature sauvage, sauf que le père de Kya finit par disparaitre complètement en laissant la fillette seule et sans ressources. Kya, devenue « la fille des marais » pour les gens de Barkley Cove, ville ségrégationniste, va devoir survivre avec sa débrouillardise et son instinct qui lui permettent d’échapper à tout prédateur, bêtes ou humains.
    Fuyant l’école, elle a pour seul ami Jumping, un noir à qui elle achète son essence pour le bateau et un peu d’épicerie en échange des moules qu’elle pêche, son seul moyen de subsistance. Elle se nourrit de gruau et de sa pêche, se contente de peu. Elle n’est heureuse que dans son domaine, le marais, peuplé d’oiseaux avec lesquels elle partage sa maigre pitance. Sa force de caractère et sa parfaite connaissance du marais vont lui permettre de survivre en se tenant à distance de la société. Elle va même apprendre à lire avec l’aide de son ami Tate. Mais lorsqu’elle va vivre les premiers émois de l’amour, elle découvrira la désillusion, l’abandon et le mensonge, comme sa mère avant elle.
    En parallèle de l’histoire de Kya se déroule une intrigue policière suite à la découverte du corps sans vie de Chase Andrews, beau gosse et grand séducteur.
    La force de ce roman réside dans la description très particulière de ce lieu étrange et mystérieux qu’est un marais.
    « Le marais, c’est un espace de lumière où l’herbe pousse dans l’eau, et l’eau se déverse dans le ciel. »
    Il est sillonné de ruisseaux, parsemé de marécages, de tourbières et de forêts de sycomores et de noyers blancs. De nombreux oiseaux, mouettes, goélands, oies des neiges, ainsi que des échassiers comme le héron bleu y ont trouvé refuge. Kya vit dans ce milieu encore sauvage, loin des tentations du monde.
    Á travers son regard, on découvre que le marais n’est pas cet espace hostile et pauvre qui n’abrite que des miséreux, c’est une nature jalouse de ses secrets, avec sa végétation luxuriante, ses animaux sauvages et libres, sorte de paradis originel.
    Á force de curiosité et d’observation, Kya va apprendre à connaitre la flore et la faune mieux que ce qui est écrit dans les livres. La nature sera son école. Elle vit à la manière des animaux du marais où chaque espèce a ses ruses pour se reproduire et pour échapper à ses prédateurs et dont elle a intégré les méthodes de survie.
    La vie du marais m’a enchantée et j’ai suivi les péripéties de l’héroïne avec un plaisir teinté de curiosité. Par contre, j’ai été moins convaincue par l’enquête policière qui laisse des zones d’ombre. La partie se déroulant au tribunal n’apporte pas grand-chose et rompt l’harmonie du récit. De plus j’ai trouvé que le dénouement, construit pour tenir en haleine le lecteur, n’était pas très vraisemblable.
    Sous la plume limpide de Delia Owens, ce formidable hymne à la nature est ensorceleur et empli de poésie. L’auteure a su rendre vivantes ses descriptions où s’intercalent des bribes de poèmes. Son personnage de Kya, la « fille des marais » est bouleversant et attachant.
    Rien que pour cela, il faut le lire

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  • Les marais proches de la ville de Barkley Cove, en Caroline du Nord, ont de tout temps abrité une population marginale et misérable venue y chercher refuge. La famille de la jeune Kya y vit des maigres revenus tirés de la pêche par le père, alcoolique et violent. En 1952, lorsque la mère finit...
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    Les marais proches de la ville de Barkley Cove, en Caroline du Nord, ont de tout temps abrité une population marginale et misérable venue y chercher refuge. La famille de la jeune Kya y vit des maigres revenus tirés de la pêche par le père, alcoolique et violent. En 1952, lorsque la mère finit par s'enfuir, les frères et soeurs ne tardent pas à déguerpir eux aussi, laissant Kya, âgée de six ans, aux seules mains paternelles. Puis le père disparaît à son tour, et l'enfant se retrouve livrée à elle-même. Elle grandira dans le plus grand dénuement et la plus profonde solitude, tirant sa subsistance du marais et restant en marge de la petite ville voisine, où se développent à son encontre les pires rumeurs et préjugés. Mais le monde de Kya et celui de ses voisins finiront bien par se rencontrer, et de nouveaux drames surgiront...

    Construit en de multiples allers retours entre les jeunes années de Kya et 1969 où la police cherche à élucider un meurtre, le récit comporte ce qu’il faut de péripéties pour maintenir constamment éveillé l’intérêt du lecteur, même si le fond de l’intrigue se laisse assez rapidement entrevoir. A vrai dire, le point fort du roman ne m’a pas tant semblé l’histoire qu’il raconte, agréable mais quand même moyennement crédible et très centrée sur une romance plutôt convenue, mais bien davantage sa tonalité à dominante nettement naturaliste : biologiste spécialisée dans le comportement animal et la recherche sur les espèces en danger, l’auteur nous convie à une véritable immersion au sein de la faune et de la flore de ce grand marais américain, au fil de dépaysantes évocations d’un environnement à la beauté singulière, et d’observations éthologiques curieusement assorties de comparaisons aux agissements humains.

    Ce qui aurait risqué de demeurer une romance insipide et peu crédible devient ainsi un agréable voyage dans une contrée sauvage, en compagnie d’un guide biologiste capable de vous faire découvrir les lieux les plus secrets et les plus magiques, là où chantent les écrevisses.

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  • e vais essayer de démêler un peu les différents fils de mon ressenti sur ce roman car je dois avouer que même si la lecture a été plaisante, j'ai malgré tout quelques réserves mais qui ne tiennent finalement peut-être qu'au fait que ce roman entre dans une catégorie où les ressorts et intrigues...
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    e vais essayer de démêler un peu les différents fils de mon ressenti sur ce roman car je dois avouer que même si la lecture a été plaisante, j'ai malgré tout quelques réserves mais qui ne tiennent finalement peut-être qu'au fait que ce roman entre dans une catégorie où les ressorts et intrigues se ressemblent à la seule différence que celui-ci se déroule dans un environnement particulier, un marais de Caroline du Nord, où une enfant va grandir, pratiquement seule, et se forger un caractère grâce à la nature et la faune qui l'entourent.

    Kya est une fillette observatrice, possédant un fort caractère et les événements vont la forcer à ne compter que sur elle dès l'âge de 6 ans suite au départ de sa mère, Ma. S'inspirant de ses connaissances en zoologie et biologie où Delia Owens fit carrière, elle imagine pour son héroïne analphabète une école permanente faite surtout d'observations d'oiseaux pour comprendre et s'adapter au monde et aux êtres humains dont elle ne possède pas tous les codes.

    Ce qui transpire de cette "Fille des Marais" c'est sa solitude qu'elle va apprendre à aimer, comprenant peu à peu qu'elle y est plus à sa place que parmi les humains mais aussi son attente, ses espoirs de revoir ceux qu'elle aime ne comprenant que tardivement que leur fuite n'a pas forcément été un abandon.

    Même si l'histoire est assez prévisible sur son déroulé et ses personnages, et bien qu'il s'agisse d'une fiction, j'ai trouvé certaines situations assez improbables en particulier les conditions de survie d'une si jeune enfant. Mais c'est une fiction, tout est possible. Tout l'intérêt réside dans le milieu où vit cette fillette.

    Pour donner un peu de "sel" l'auteure alterne l'enfance de Kya et la découverte du corps  sans vie de Chase Andrews au pied d'une tour de guet, un garçon avec lequel elle a eu une histoire d'amour, les deux périodes se rejoignant dans une salle de tribunal. Pour moi, l'histoire de Kya se suffisant à elle-même, je n'ai pas trouvé l'ajout d'une intrigue "policière" forcément utile.

    Il faut être adepte de ce genre de roman où dès les premiers chapitres vous avez presque tous les tenants et les aboutissants. L'intérêt du récit réside plus dans l'immersion dans la nature, au milieu des oiseaux principalement, que Kya côtoie, étudie, analyse et les paysages qui sont finalement les principaux acteurs. Delia Owens permet d'ailleurs à son héroïne à plusieurs reprises, de faire le parallèle entre les comportements animaliers et humains, permettant ainsi à celle-ci de trouver des réponses à ses questionnements et c'est ce que j'ai trouvé très intéressant.

    "Le langage du tribunal n'était évidemment pas aussi poétique que celui du marais. Pourtant, Kya leur trouvait quelques ressemblances de nature. Le juge, manifestement le mâle alpha, était assuré de sa position, par conséquent sa stature était imposante, mais il se comportait de façon détendue et sans aucune agressivité, comme un sanglier régnant sur son territoire. (p415)"

    L'auteure installe parfaitement le climat de cet état de Caroline du Nord : racisme, exclusion, différences des classes sociales que comporte le village, où la ségrégation règne, où chacun se connait, sait, voit mais avec distance et offre à son héroïne des alliés bienveillants avec le couple noir que forment Jumping et Mabel. La présence d'un duo de garçons attirés par sa beauté et sa différence, l'un doux et attentionné, l'autre plus vil finalise l'ensemble apportant la touche sentimentale, assez convenue à ce genre de récit.

    Le titre fait référence à un conseil de Ma, la mère de Kya, qui l'encourageait à toujours aller plus loin dans le marais, là où vivent les animaux, les vrais à la différence des humains qui peuvent devenir, parfois, se transformer en bêtes.

    "Ça veut dire aussi loin que tu peux dans la nature, là où les animaux sont encore sauvages, où ils se comportent comme de vrais animaux." (p151)"

    Delia Owens fait de Kya une jeune fille attachante, secrète, débrouillarde, à la fois forte et fragile, au caractère bien trempé mais qui peut fondre tant elle est dans la recherche de ce qui lui manque : l'amour, l'attention. Ne possédant pas les codes "humains", elle va se forger une existence basée sur son environnement, faisant parfois preuve de naïveté et parfois d'une grande maîtrise.

    La mise en parallèle du comportement animal et des réactions humaines dans cette bourgade du sud des Etats-Unis, est particulièrement habile, instructive parfois.

    "Avant le jeu des plumes, la solitude était devenue une partie d'elle-même, un peu comme un bras supplémentaire. Maintenant, ses racines poussaient à l'intérieur et se pressaient contre sa poitrine. (p137)"

    J'ai trouvé la partie consacrée au tribunal assez longue, n'apportant que peu de faits nouveaux et j'ai eu le sentiment qu'elle n' était là que pour faire durer le suspense quant à la résolution du meurtre qui est pour moi, comme je l'ai dit, qu'anecdotique.

    Il y a une langueur qui transpire de l'écriture semblable à la moiteur sur la peau de Kya lors de ses périples sur les eaux de ses canaux qu'elle connait par cœur, elle en a fait son domaine où elle règne et dont elle se fait la gardienne. Delia Owens parsème le récit de poèmes d'Amanda Hamilton dans lesquels Kya trouve la force de résister et du réconfort, sa petite musique de fond et tient jusqu'à la dernière ligne le mystère qui entoure cette fille des marais.

    C'est une lecture dépaysante, de pure détente, avec ce qu'il faut de rebondissements pour tenir le lecteur, pour qui veut s'immerger dans un monde inconnu et bénéficier de l'expérience et des connaissances de l'auteure dans les domaines de la zoologie et de la biologie sur lesquels elle a d'ailleurs publié plusieurs non-fictions et qu'elle rend accessibles grâce à son écriture. Elle possède tous les ingrédients d'une fiction, rien à lui reprocher sauf justement d'avoir peut-être trop reproduit les stéréotypes du genre mais j'ai suivi Kya avec plaisir, pour découvrir tous ses secrets et elle a déjà conquis de nombreux lecteurs.

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  • Octobre 69, le corps de Chasse est retrouvé dans le marais, c'était le fils unique du garage Western autos, un bel homme qui avait épouser la plus belle fille. Il était toujours à courir les jupons excité comme un taureau qu'on sort de l'enclos. Son corps a été retrouvé en bas de la tour de...
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    Octobre 69, le corps de Chasse est retrouvé dans le marais, c'était le fils unique du garage Western autos, un bel homme qui avait épouser la plus belle fille. Il était toujours à courir les jupons excité comme un taureau qu'on sort de l'enclos. Son corps a été retrouvé en bas de la tour de guet, une mort plutôt suspecte.

    C'est dans ce marais que vit Kya, une sauvageonne qui parle aux mouettes et aux goélands. En 1952, elle avait six ans quand elle a vu Ma s'éloigner avec sa grosse valise bleue et ses chaussures à talons imitation alligator.
    « Dans tous les traités de biologie, elle cherchait une explication au départ de sa mère : comment était-il possible d'abandonner sa progéniture ? »

    Le marais est devenu sa mère. Lassés aussi par les accès de colère et les coups de poing d'un père alcoolique, les quatre aînés ont aussi quitté la maison, laissant Kya seule avec Pa. L'hiver 56, alors qu'elle avait 10 ans, Pa ne revint plus à la maison. Elle n'avait jamais eu d'amis et maintenant elle ressentait le besoin d'en avoir un. Faire partie d'un groupe, avoir une famille. En pénétrant dans le grand estuaire, elle aperçut un garçon qui pêchait.
    « Elle avait déjà vu des oiseaux mâles offrir des cadeaux aux femelles pour les séduire. Mais elle était bien jeune pour faire son nid. »

    Ce magnifique roman nous conte donc l'histoire d'une petite fille abandonnée par sa famille et qui va survivre dans le marais elle devient pour tous La Fille du marais, sauvageonne aux pieds nus qui vit en symbiose avec la nature, elle collectionne les plumes et elle est capable d'entendre un lapin qui dort. Rejetée par tous, elle vit dans une cabane isolée au fond du marais, elle est analphabète, mais elle sait lire la nature qui l'entoure. Portée par ses désirs et son envie de briser sa solitude.
    Une réflexion sur la différence, sur le passage à l'âge adulte, sur la solidarité et sur l'amour avec des métaphores sur le comportement animalier de l'homme.

    Des poèmes parsèment le récit de-ci de-là et ajoutent encore à la poésie de l'écriture. Des yeux d'enfant qui nous font découvrir les merveilles secrètes de la nature. Deux personnages qui portent ce roman, Kya symbole de la liberté et le marais omniprésent, avec sa flore et sa faune. Un roman émouvant, rempli d'humanité, habilement construit, L'auteur a su mêler une histoire romantique avec une enquête policière. Un hymne à la nature et à sa beauté sauvage.

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