La langue des bêtes

Couverture du livre « La langue des bêtes » de Stephane Servant aux éditions Rouergue
  • Date de parution :
  • Editeur : Rouergue
  • EAN : 9782812609268
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Au fond des bois, vit une communauté d'anciens membres d'un cirque. Depuis très longtemps ils ne donnent plus de spectacle. Un jour, de grands travaux grignotent le territoire autour d'eux, et on oblige l'enfant de la famille, La Petite, à rejoindre l'école du village. Dans la continuité de son... Voir plus

Au fond des bois, vit une communauté d'anciens membres d'un cirque. Depuis très longtemps ils ne donnent plus de spectacle. Un jour, de grands travaux grignotent le territoire autour d'eux, et on oblige l'enfant de la famille, La Petite, à rejoindre l'école du village. Dans la continuité de son roman précédent, Le Coeur des louves, Stéphane Servant raconte une fable contemporaine, sur la perte de nos origines primitives, le rapport aux animaux et à la nature dans notre monde contemporain.

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Avis(4)

  • Il est de ces livres qu’on aime tellement qu’il nous est tout simplement impossible d’en continuer la lecture. Je sais, dit comme cela, c’est étrange, mais laissez-moi vous expliquer. Ce livre, il m’a fallu presque deux semaines pour le terminer, pour la simple et bonne raison que j’en savourais...
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    Il est de ces livres qu’on aime tellement qu’il nous est tout simplement impossible d’en continuer la lecture. Je sais, dit comme cela, c’est étrange, mais laissez-moi vous expliquer. Ce livre, il m’a fallu presque deux semaines pour le terminer, pour la simple et bonne raison que j’en savourais le moindre paragraphe, que je devais me retenir pour ne pas en recopier toutes les phrases sur mon carnet de citations, que je voyais avec angoisse la fin se rapprocher inexorablement à chaque phrase. Ce livre, il m’a secouée, clairement, indéniablement, au point que cela fait presque une semaine que je retarde l’écriture de cette chronique, car je sais que je vais avoir toutes les peines du monde à vous en parler, à trouver les mots pour exprimer les émotions et les sensations qu’ont fait naitre en moi ces mots mis bout à bout, ces lettres ordonnées en une histoire aussi féérique que terrible. Une histoire dont on ne sort pas indemne, quoi qu’on fasse pour se prémunir de ce bouleversement radical entrainé par ce conte qui fait réfléchir sur notre monde, sur notre vie.

    La Petite a toujours vécu là, au Puit des Anges, avec Belle, le Père, Franco le lion et les autres. A vrai dire, la Petite ne sait pas vraiment ce que cela veut dire, toujours. La Petite voit les jours qui passent sans chercher à les compter, voit le temps qui défile sans chercher à l’arrêter.  La Petite vit entourée d’histoires, sans savoir que les histoires sont des histoires, car pour la Petite, la vie est une histoire, et les histoires sont la vie. La Petite sait les choses telles qu’elles sont, sans avoir jamais eu besoin d’apprendre. Elle sait les liens qui unissent les hommes entre eux et avec la nature, elle sait que l’homme n’est qu’une bête privée du langage fondamental. Mais un jour, elle ne sait plus, tout son monde s’évapore dans les rugissements d’une machine terrible venue détruire la forêt et les arbres et les animaux. Et pour sauver le Puit des Anges, la Petite ne voit qu’une solution : réveiller la Bête, celle qui a volé la langue des bêtes aux hommes, celle qui a sauvé l’Enfant de la colère du Patron. Quand les histoires se mêlent à la réalité, quand la réalité devient une histoire comme les autres, tout bascule et tout s’écroule.

    Ce roman est très probablement l’un des récits les plus étranges qu’il m’ait été donné de lire. C’est à la fois beau et horrible, léger et dramatique. On sort des sentiers battus pour atterrir au cœur de l’inconnu. On se laisse surprendre par cette narration si particulière, cette narration qui va à l’essentiel sans jamais le dire vraiment, cette narration qui raconte sans jamais raconter. Les scènes se déroulent devant nous, en nous. Car finalement, l’histoire que nous raconte cette histoire n’est rien d’autre que notre histoire : quand vint le temps de quitter définitivement l’enfance insouciante (mais emplie d’une sagesse bien plus profonde qu’on ne le pense), notre monde s’écroule douloureusement pour se voir remplacer par un univers aux règles incompréhensibles, nos yeux s’ouvrent à ce qu’on préférait jusqu’à présent éviter de voir, nos oreilles comprennent ce qu’elles s’obstinaient à reformuler différemment pour préserver notre joie. Cette histoire, c’est ça : la Petite découvre qu’elle n’est plus la Petite d’hier, sans pour autant savoir ce que sera la Petite de demain. Cette histoire, c’est la douleur de cette enfant que tout oblige à grandir, brutalement, cruellement, sans y avoir été préparée, sans l’avoir demandé. Cette histoire raconte la mort de l’enfance.

    Ce roman se fait le messager d’un regard sur le monde, d’un regard qui remet en question bon nombre de nos attitudes, de nos comportements. Ici, l’humanité est présentée comme « enfermée dans des cages de bêton avec pour seule fenêtre l’écran des télévisions », esclave volontaire de ces « paradis colorés, bruyants et artificiels ». Prisonniers de l’inutile, dirait Manset. La Petite vit loin de tout cela, loin de ce Village et de cette Ville qui se font ici le reflet de tous les Villages et de toutes les Villes du monde, et à ses yeux ces individus sont des sauvages, qui ne respectent ni la nature ni les animaux ni les hommes, qui se sont enfermés dans leur vision du monde sans songer une seule seconde que c’est la diversité qui fait la richesse de l’humanité. Tout le monde devrait lire ce livre une fois dans sa vie. Car ce livre fait réfléchir. Ce livre nous invite  à nous poser cette essentielle question : « qu’est-ce que l’essentiel ? ». L’essentiel, est-ce l’argent, est-ce la normalité, est-ce l’essentiel présenté par les médias ? Mais ce livre, c’est aussi une invitation à laisser tomber notre vision purement rationnelle du monde pour se laisser emporter par les histoires et les rêves, par les intuitions et les émotions, par tout ce qui se passe du matériel pour exister. Ce livre nous invite à ouvrir les yeux et le cœur.

    Et quand bien même on déciderait de lire ce roman comme n’importe quel autre roman, sans chercher à se laisser entrainer par ces réflexions sous-jacentes à l’histoire, croyez-moi, il vaut le détour. C’est beau. Chaque mot de ce livre a trouvé sa juste place pour faire de chaque phrase une poésie. On pourrait passer des vies entières à savourer ces phrases, à les murmurer, à les crier, à les chanter. Les mots et les phrases et les paragraphes sont emplis d’une fluidité rare, d’un rythme délicat, d’une harmonie parfaite. Tout dans ce roman invite à la lecture à voix haute, au coin du feu ou au cœur de la forêt, pour soi-même ou pour un public. Le langage occupe dans ce récit une place primordiale, centrale, cruciale, et cela se ressent dans la narration. Les mots ont été choisis avec soin, autant pour leur signification que pour leur sonorité, pour leur connotation que pour leur beauté. Je ne peux que vous encourager à lire ce roman, ne serait-ce que pour découvrir cette plume si singulière, cette plume qui vous fait retenir votre souffle à chaque instant, cette plume qui fait vibrer tout votre corps et votre cœur d’émotions brutes. 

    Dire que ce livre est un coup de cœur serait à la fois un euphémisme et un mensonge. Ce livre, c’est une expérience que vous ne voulez pas manquer. Jusqu’à présent, je n’ai jamais rencontré un livre tel que celui-là, et je doute fortement en rencontrer un autre un jour. Car ce livre ne ressemble à aucun autre livre, autant par son fond que par sa forme. Je peine à exprimer avec précision ce que je pense à propos de ce livre, pour la simple et bonne raison que les mots ne suffisent pas toujours à décrire les émotions et les sensations. Ce livre bouleverse, mais il réconforte aussi, ce livre ébranle, mais il amuse également. Ce livre n’est ni une comédie ni une tragédie, ni un roman ni une poésie, ce livre est tout et rien à la fois. N’hésitez plus et laissez-vous appeler par ce livre unique en son genre, qui ne vous décevra pas.

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  • Au fond des bois, dans le Puit aux Anges, vit la Petite. Fille d'un ogre et d'un funambule, elle n'a reçu aucune éducation. Elle vit depuis toujours entourée,de Colodi, Pipo, Franco, Major Tom et ses parents, tous sont d'anciens artistes de cirque. Petite n'a jamais mis les pieds dans une école,...
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    Au fond des bois, dans le Puit aux Anges, vit la Petite. Fille d'un ogre et d'un funambule, elle n'a reçu aucune éducation. Elle vit depuis toujours entourée,de Colodi, Pipo, Franco, Major Tom et ses parents, tous sont d'anciens artistes de cirque. Petite n'a jamais mis les pieds dans une école, tout ce qu'elle le sait, elle le tient de la forêt et des histoires dont on la berce depuis toujours. Mais un jour, un chantier gigantesque vient bouleverser la petite vie tranquille de la jeune fille et elle va devoir faire appel au forces obscures de la forêt pour sauver les siens.

    Il faut savoir que j'avais déjà lu "Le cœur des louves" de cet auteur et que j'avais adoré ! Le style d'écriture, l'histoire..tout ! Aussi, j'attendais beaucoup de ce roman.

    La Petite est un personnage très intéressant, c'est une jeune fille sauvage qui voit le monde différemment de nous. J'ai beaucoup aimé sa manière d’interpréter les choses, elle et prête à tout pour sauver les siens et c'est époustouflant de voir à quel point elle est déterminée ! Elle accorde une confiance aveugle aux mythes qu'ont lui a raconté des centaines de fois, elle croit aux histoires et elle voit même en elles l'espoir d'un salut pour elle et sa famille.
    Il y a certains passages où elle se rend à l'école (je ne vous dirais pas pour quelles raisons :p) et sa réaction face à diverses situations contraste de manière flagrante avec celles de ses "amies" ! Je trouve que l'auteur a su construire un personnage très réaliste qui aurait très bien pu exister.
    Belle, sa mère, est un personnage très mélancolique. Elle surprotège sa fille car c'est un peu son unique raison d'être. Il y a un réel mystère autour de sa main tordue et c'est génial car sa nous pousse à continuer de lire l'histoire et à nous intéresser à elle. Je crois que c'était un peu mon personnage "chouchou" de l'histoire car c'est une personne très douce, mélancolique et mystérieuse auquel je me suis vraiment intéressée.
    Le père est assez spécial. J'ai trouvé que c'était un petit peu le stéréotype du gars baraqué qui n'a rien dans la tête et qui est très attaché à sa fille et sa femme. Mais sa colle parfaitement à l'histoire alors ça ne m'a trop derangée.
    Pipo, Colodi, Major Tom et Franco sont eux aussi des personnages très intéressants. Ils ont chacun des regrets et des doutes. Pipo par exemple, nous montre que les apparences sont trompeuses. Ancien clown, il est désormais triste et bien à plaindre, alors qu'un clown au départ, c'est l'incarnation même de la joie et du bonheur ! Colodi lui, est limite l'incarnation du regret et de l'amertume, il a toujours rêvé d'être marionnettiste mais le destin en a voulu autrement et il n'est désormais qu'un vulgaire ventriloque.. Je ne sais pas si vous voyez où je veux en venir, mais pour moi chaque personnage était un peu comme "l'incarnation" de quelque chose. :/.
    Tout au long du roman, on découvre un peu plus chaque personnage et sa m'a changée des romans où seul le personnage principal évolue.

    Tout ça pour dire que Stéphane Servant est incroyablement doué pour créer des personnages originaux, qui nous intriguent et nous donne parfois même une bonne leçon de vie si on prend la peine d'y réfléchir deux secondes.

    L'histoire. Parlons de l'histoire, cette enchevêtrement de mots si incroyable ! La particularité de Stéphane Servant, c'est qu'il arrive à faire "cohabiter" plusieurs mystères dans une même intrigue tout en nous berçant de douces légendes. Le tout avec une pointe d'originalité et de poésie qui fait la beauté de ses écrits !
    Et j'aime cet auteur pour ça. Dans "La langue des bêtes" on parle d'une enfant qui n'a quand même jamais connu l’école (au début du roman) ! Rien que pour ça l'histoire est super originale ! En plus, on parle aussi de forêt et de légendes inventées par l'auteur lui même (si ça c'est pas du talent hihi) !

    Pour revenir sur l'intrigue, dans le roman présent plusieurs mystères cohabitent, celui de la main de Belle, du Professeur et de Belle, de la Bête...je ne vous en dis pas plus :x
    Et le fait d'avoir toute ces intrigues, je trouve que c'est une super idée car ça nous permet de ne pas nous ennuyer.

    La plume de l'auteur est magnifique et nous emmène dans des endroits incroyables, on est rapidement envouté et c'est toujours un plaisir de lire ne serait-ce que quelques lignes de Stéphane Servant. De plus, loin des livres légers, sa plume est assez complexe et si l'on "creuse" un peu, on se rend compte que parfois certains paragraphes ont un double sens. Pour moi, lire un des romans de Stéphane Servant, c'est comme plonger dans un univers entre ombre et lumière, remplit de bonheur et de tristesse, de joies et de peine, d'espoir et de mélancolie tout en lisant de la poésie.

    En conclusion l'histoire est au moins aussi incroyable et à couper le souffle que les personnages. Et tout ça ajouté à la plume si poétique et complexe de Stéphane Servant ça donne un chef d’œuvre ! Et non le mot n'est pas un peu fort. Ce livre c'est limite mon Graal haha ! x)

    Vous l'aurez compris, je suis littéralement tombée amoureuse de ce bouquin ! C'est une véritable pépite que je ne saurai que conseiller !!

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  • Lechoixdeslibraires.com

    On se laisse emporter par le récit, on entre dans l'histoire sans s'en rendre compte, et on finit par se laisser happer avec plaisir et émotion... La Langue des bêtes est un hommage à la nature, aux bêtes des forêts, aux âmes d'enfants, aux contes, loin de laisser indifférent. Dans la lignée du...
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    On se laisse emporter par le récit, on entre dans l'histoire sans s'en rendre compte, et on finit par se laisser happer avec plaisir et émotion... La Langue des bêtes est un hommage à la nature, aux bêtes des forêts, aux âmes d'enfants, aux contes, loin de laisser indifférent. Dans la lignée du Coeur des Louves, son précédent roman au Rouergue, l'écriture de Stéphane Servant nous bouscule et nous émeut une nouvelle fois.

  • Petite vit heureuse au Puits aux Anges, sous un vieux chapiteau troué. Belle, sa mère, ancienne trapéziste à la main tordue et au corps meurtri de cicatrices et d'hématomes, n'est ni chaleureuse ni tendre, mais l'enfant ne manque pas de tendresse pour autant : le Père, un ogre aux mains...
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    Petite vit heureuse au Puits aux Anges, sous un vieux chapiteau troué. Belle, sa mère, ancienne trapéziste à la main tordue et au corps meurtri de cicatrices et d'hématomes, n'est ni chaleureuse ni tendre, mais l'enfant ne manque pas de tendresse pour autant : le Père, un ogre aux mains gigantesques, Major Tom le nain, Colodi le ventriloque, Pipo le clown et Franco le tigre, l'entourent d'amour et l'élèvent dans l'idée qu'il faut croire aux histoires.
    Ce bel équilibre est rompu le jour où les bulldozers débarquent pour construire une route. Petite est alors sommée d'aller à l'école où elle doit faire face à la méchanceté des enfants du Village. Quant à Belle, elle noue une idylle avec le Professeur, pour le plus grand désespoir du Père.
    Alors que tout s'écroule peu à peu autour d'elle, Petite décide d'en appeler à la Bête de la légende du Puits aux Anges...
    Petite hésite entre ces deux mondes qui s'opposent : celui des animaux sauvages et des histoires, et celui de la Ville, si fascinant. Elle cherche aussi à comprendre Belle, cette mère si distante dont l'amour lui manque tant et qui fait chavirer le cœur des hommes. Quel secret cache-t-elle derrière toute cette tristesse ?
    Une histoire à l'aura indéniable. Mais force est de constater que le fait de vivre marginalement a une incidence profonde sur le comportement et les actions de Petite. Elle est vraiment enfermée dans une bulle concoctée par ses parents et ils ne s'inquiètent pas de savoir comment elle va bien pouvoir survivre sans eux, face au monde réel, elle qui a toujours vécu à travers les histoires qu'ils lui ont racontées.
    Avec de la réflexion et du recul, ce livre nous confronte avec la réalité et la difficulté de l'insertion sociale pour les gens vivant ou ayant vécu en marge de la société et de la "normalité".
    Quel regard portons -nous sur ces personnes? Ferions-nous quelque chose si nous étions confrontés à cette situation? Quelle éducation donner à nos enfants pour qu'ils soient préparés et prêts dans l'avenir parce que, au vu des événements actuels, la question se pose tous les jours.
    Mais je garde en première impression que, dans une langue poétique et envoûtante, La langue des bêtes nous rappelle qu'il est essentiel de croire à la magie des histoires et donc de nourrir l'imaginaire de nos enfants avec des contes fantastiques et merveilleux; de leur raconter des histoires dès leur plus jeune âge et de les faire rêver à travers des mots et des images.
    Un vrai coup de coeur pour ce livre.

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