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La familia grande

Couverture du livre « La familia grande » de Camille Kouchner aux éditions Seuil
  • Date de parution :
  • Editeur : Seuil
  • EAN : 9782021472660
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

« Souviens-toi, maman : nous étions tes enfants. » C.K.

C'est l'histoire d'une grande famille qui aime débattre, rire et danser, qui aime le soleil et l'été.

C'es le récit incandescent d'une femme qui ose enfin raconter ce qui a longtemps fait taire la familia grande.

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Avis (6)

  • Difficile de résumer ou commenter un livre qui fait le récit d’un inceste, celui qui aurait été subi par Victor, le frère jumeau de l’autrice, par leur beau-père, le politologue Olivier Duhamel. La familia grande est un livre de malaise, comme une comédie bourgeoise provinciale (bien que ses...
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    Difficile de résumer ou commenter un livre qui fait le récit d’un inceste, celui qui aurait été subi par Victor, le frère jumeau de l’autrice, par leur beau-père, le politologue Olivier Duhamel. La familia grande est un livre de malaise, comme une comédie bourgeoise provinciale (bien que ses protagonistes soient des guévaristes patentés, une ancienne maîtresse de Fidel Castro et un "french doctor" alors tiers-mondiste, père absent et silencieux). L’écriture n’est pas littéraire, le livre n’est même pas très bien écrit – c’est un récit plutôt chirurgical où les détails comptent. Sauf les détails juridico-judiciaires, ce qui est étrange pour une juriste qui ne qualifie jamais vraiment les éléments du crime dont elle accuse son beau-père. « Peut-être », écrit-elle même d’une fellation dont elle laisse planer le doute : est-elle réelle ou supposée ? C’est sans doute la statut de sa parole (elle s’exprime au nom de son frère qui reste silencieux et n’entendrait pas porter plainte – les crimes ou délits en question sont de toute façon prescrits). Au-delà de cette question, le récit décrit bien la « liberté libre » de soixante-huitards pas du tout attardés ; ils passent très vite du « col Mao au Rotary Club », pour reprendre le titre d’un pamphlet qui a beaucoup à voir avec celui-ci. Les portraits d’Evelyne Pisier et de Bernard Kouchner, les parents de Camille Kouchner, sont fascinants, complexes et débordants d’amour. Tout est assez confus dans ce grand livre de la confusion comme dans cette « liberté libre » que les soixante-huitards s’autorisent avec leurs enfants sans pudeur et sans honte. Les enfants des soixante-huitards se reconnaitront à chaque page de ce beau livre, même s’ils n’ont pas connu l’inceste ou les soirées nudistes, sans culottes ni soutien-gorges !

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  • Janvier 2020, tsunami dans le monde littéraire avec la parution du récit Le consentement, janvier 2021, tsunami dans la petite bourgeoisie de gauche avec la publication du récit de Camille Kouchner La familia grande. En ce monde où beaucoup de choses semblent régresser, s’il y a bien un progrès,...
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    Janvier 2020, tsunami dans le monde littéraire avec la parution du récit Le consentement, janvier 2021, tsunami dans la petite bourgeoisie de gauche avec la publication du récit de Camille Kouchner La familia grande. En ce monde où beaucoup de choses semblent régresser, s’il y a bien un progrès, c’est celui de la libération de la parole. Le XXIème siècle annonce la fin de l’omerta, la fin des silences qui rongent et détruisent. Certains y verront un grand déballage, des règlements de compte, le linge sale que l’on lave en dehors de la sphère privée; moi j’y vois la vraie liberté, celle que les conventions, l’éducation ont étouffée dans l’oeuf.

    Couverture du livre « La familia grande » de Camille Kouchner aux éditions Seuil
    La culpabilité s’est immiscée en moi comme un poison et a bientôt envahi tout l’espace de mon cerveau et de mon coeur.

    Ma culpabilité est celle du consentement. Je suis coupable de ne pas avoir empêché mon beau-père, de ne pas avoir compris que l’inceste est interdit.

    Mais La familia grande ce n’est pas qu’un récit autour de l’inceste même s’il est au coeur de cette parole libérée. Les actes y sont horribles, la souffrance que cet homme a fait jaillir insoutenable pour ce fils, ce frère et toute sa famille, tous ceux qui n’ont pas été dans le déni, le refus et la condamnation des agissements d’un mari, d’un père d’un beau père. Ce récit, c’est aussi l’envers du décor d’une famille qui se voulait moderne, libre, affranchie des conventions sociales, où l’enfant, bien avant Montessori, grandissait comme bon lui semblait.

    Elle disait que l’important c’était de se parler, que tout s’expliquait.

    La liberté, les femmes, le couple, l’infidélité joyeuse, la modernité intelligente. Petite, j’étais bercée par ces histoires.

    Ce récit, c’est aussi une vibrante déclaration d’amour d’une soeur à son jumeau, qui en voulant tenir son serment, sa promesse a fait naître ce serpent qui n’a cessé de grandir pour devenir l’hydre, cet animal monstrueux dévorant tout, annihilant toute construction, tout épanouissement. C’est aussi un cri d’amour à cette mère qui n’a pas su écouter, aimer ses enfants, les a même accusés : « Il n’y a pas eu de violence. Ton frère n’a jamais été forcé. Mon mari n’a rien fait. C’est ton frère qui m’a trompée ».

    La familia grande c’est un cri, celui d’une femme, d’une soeur, d’une mère, d’une citoyenne, d’une juriste qui ne peut accepter que l’inceste ne soit pas puni ; c’est le cri qui brise la prison de silence.

    En dehors du battage médiatique, il faut lire ce récit, pour le sujet, pour que les victimes et leur famille soient entendues, pour l’écriture de Camille Kouchner qui a sans nul doute un vrai talent, une vraie plume, qui saisit, oppresse, bouleverse.

    C’est pour toutes les victimes que j’écris, celles, si nombreuses, que l’on n’évoque jamais parce qu’on ne sait pas les regarder.

    En résumé : ce récit, c’est un appel à ouvrir les yeux, à ne plus croire les bourreaux mais bien à soutenir et aider les victimes, qu’elles soient célèbres par leur famille ou d’illustres inconnues.

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  • Quand une sœur décide de rompre la promesse faite à son jumeau victime d'inceste commis pas son beau-père manipulateur...C'est le récit d'un secret de famille, d'une grande famille recomposée, d'un milieu aisé hautement intellectuel, qui se veut être de gauche et prône la liberté sexuelle à tout...
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    Quand une sœur décide de rompre la promesse faite à son jumeau victime d'inceste commis pas son beau-père manipulateur...C'est le récit d'un secret de famille, d'une grande famille recomposée, d'un milieu aisé hautement intellectuel, qui se veut être de gauche et prône la liberté sexuelle à tout va...C'est triste violent dévastateur...Et c'est rageant car les faits sont proscrits...L'inceste est un crime ! Je frémis à la pensée que tant d' enfants victimes de viols ne sont pas parvenus à parler laissant alors leur violeurs impunis et en liberté !

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  • C'est ainsi qu'appelait les amis, les relations haut-placées ,le beau -père de l'autrice.
    Cette histoire d'inceste est relayée de partout par ceux en particulier qui sont exclus de cette élite qui meuble un quartier de Paris.
    Ce qui m'a intéressée, c'est le fait que ce ne soit pas l'ex enfant...
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    C'est ainsi qu'appelait les amis, les relations haut-placées ,le beau -père de l'autrice.
    Cette histoire d'inceste est relayée de partout par ceux en particulier qui sont exclus de cette élite qui meuble un quartier de Paris.
    Ce qui m'a intéressée, c'est le fait que ce ne soit pas l'ex enfant victime mais sa soeur jumelle qui défie ainsi l'omerta autour de cette malheureuse affaire. Ce qui en dit long sur les dégâts provoqués par le refus en particulier de la mère d'affronter la vérité.
    Cette catharsis aura t-elle un effet bénéfique sur les enfants de ces soixante-huitards, c'est à voir. Il était interdit d'interdire , résultat désastreux, les enfants ont besoin de murs solides sur lesquels s'appuyer(je n'affirme pas, je le pense, c'est tout)
    Lors du scandale d'Outreaux, les gens qui se taisent maintenant disaient "mais dans ces milieux, c'est sordide" en se pinçant le nez, mais ils faisaient exactement la même chose.
    Le tribunal médiatique est dévastateur certes,(dans ce cas ci l'agresseur admet les faits) mais n'oblige pas la victime à revivre les faits avec tous les détails qu'elle veut oublier. Autres temps ,même moeurs, nouvelle communication.
    Le plus triste là dedans est le fait que ces enfants adoraient leur mère et même aussi leur beau-père ce qui les éloignait avec joie de la nouvelle famille de leur père toujours absent mais doté d'une nouvelle épouse des plus cruelles., on l'appelait au 20h la reine Christine si je me souviens bien.

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  • https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2021/01/la-familia-grande-de-camille-kouchner.html

    Camille Kouchner est la fille de l'ancien ministre Bernard Kouchner et de l'universitaire et politologue Evelyne Pisier. Le titre de son récit, La familia grande, reprend le surnom que se donnait la...
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    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2021/01/la-familia-grande-de-camille-kouchner.html

    Camille Kouchner est la fille de l'ancien ministre Bernard Kouchner et de l'universitaire et politologue Evelyne Pisier. Le titre de son récit, La familia grande, reprend le surnom que se donnait la bande d'amis qui gravitait autour de leur couple puis de celui qu'Evelyne Pisier a ensuite formé avec son deuxième mari Olivier Duhamel, homme politique et médiatique célèbre, ancien député européen.

    Camille Kouchner révèle l'inceste dont son frère jumeau dit avoir été victime de la part de leur beau-père (dont le nom n'apparait jamais dans le livre) lorsqu'il avait 14 ans en 1988. Camille, alertée dès cette époque, a gardé le silence à la demande de son frère mais quand avec son frère ils commencent, des années plus tard, à parler de cette affaire pour protéger d'autres enfants de la famille, ils se rendent compte de l'omerta qui entoure les agissements de leur beau-père "des dizaines de personnes savaient", ils se heurtent à l'indifférence de leur entourage et au déni de leur mère dont certains propos sont glaçants "Il n'y a pas eu de violence. Ton frère n'a jamais été forcé. Mon mari n'a rien fait. C'est ton frère qui m'a trompée."

    Camille Kouchner raconte l'histoire de sa famille avec un père absent, une mère fragilisée par le suicide de ses parents qui sombre dans l'alcoolisme, un beau-père présent et aimant, une "familia grande" de la gauche caviar qui entoure le couple et qui, tous les étés, passe ses journées à rire, boire et débattre dans la propriété familiale de Sanary. Une famille où le principe de liberté prédomine, où la nudité n'est pas tabou, une famille qui ne protège pas ses enfants. Elle nous montre comment l'inceste a pu avoir lieu, comment le secret et la culpabilité ont pu s'installer dans cette famille marquée par les suicides, par le souci des enfants de protéger leur mère et par leur besoin de trouver appui, attention et réconfort auprès d'un beau-père attentionné. Camille Kouchner nous raconte comment cet inceste a provoqué l'explosion de la famille.

    Voilà un livre qui fait la une des médias après un lancement médiatique de l'éditeur assez irritant. J'ai hésité à le lire par crainte d'être dans le voyeurisme, l'année dernière j'avais eu les mêmes craintes vis à vis du consentement de Vanessa Springora que j'avais finalement trouvé très fort et courageux. Le livre de Camille Kouchner, comme celui de Vanessa Springora, m'est apparu digne, sincère, lucide et mesuré. Sortir du silence comme elle le fait, libérer "l'hydre" qui la ronge depuis des années me semble très courageux, elle brise le tabou de l'inceste et nous livre un témoignage bouleversant que j'ai lu en apnée, un témoignage très éclairant sur l'engrenage du silence et de la culpabilité.
    J'ai trouvé qu'elle faisait preuve de beaucoup de sobriété et les quelques phrases mises en exergue dans la presse ne sont absolument pas le reflet de son récit, elles ne représentent que quelques phrases sur 208 pages, si le livre n'avait été constitué que de propos hargneux, que de détails scabreux j'aurai très vite abandonné ma lecture. Camille Kouchner évoque l'inceste subi par son frère au milieu du livre en quelques phrases, "Il m'a caressé et puis tu sais...", sans aucune description sordide, elle ne tombe jamais dans le voyeurisme.
    Dans ce livre Camille Koucner met en évidence l'omerta à laquelle elle et son frère se sont trouvés confrontés, une omerta qui va hélas au-delà de la famille et du cercle des intimes. En effet le psychiatre de la DDASS qui suivait les deux enfants chiliens adoptés par leur mère et leur beau-père a refusé d'entendre le frère de Camille qui voulait protéger son petit frère et sa petite sœur. De même, les juges qui ont enquêté sur la mort de Marie-France Pisier, la seule qui voulait que l'affaire soit révélée, n'ont pas exploité les informations sur l'inceste découvertes dans la correspondance entre les deux sœurs Pisier. On comprend pourquoi Camille Kouchner n'a pas eu d'autre choix que de passer par l'écriture.
    Dans Et soudain la liberté, Caroline Laurent nous faisait découvrir le parcours d'Evelyne Pisier et de sa mère, leur engagement, leur féminisme, leur liberté revendiquée haut et fort. Camille Kouchner nous montre ici l'envers du décor et les conséquences sur les enfants de certains choix de leurs parents. C'est un cri envers une mère adorée, perdue à plusieurs reprises, une mère qui n'a pas su protéger ses enfants et qui a même fini par rejeter sur eux la responsabilité du drame " Souviens-toi, maman : nous étions tes enfants. "
    Un témoignage sobre et essentiel et, cerise sur le gâteau, comme avec Vanessa Springora, la qualité littéraire est au rendez-vous !

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  • C'est bien plus que la révélation d'un secret de famille, c'est bien plus que l'histoire d'un inceste subi par le jumeau de l'auteur. C 'est l'histoire d'une famille, d'une très grande famille, de sang, de chair, de lourds passés, de recomposition surtout, d'apparences sociale, intellectuelle,...
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    C'est bien plus que la révélation d'un secret de famille, c'est bien plus que l'histoire d'un inceste subi par le jumeau de l'auteur. C 'est l'histoire d'une famille, d'une très grande famille, de sang, de chair, de lourds passés, de recomposition surtout, d'apparences sociale, intellectuelle, médiatique, culturelle, qui se veut "libre", de "gauche" et qui en réalité trompe le monde et abuse de ses enfants. Des enfants obligés de voir et de subir la vie sexuelle des adultes dans un certain milieu. C'est un jeu de domino dont les pièces noires et lourdes tombent les unes sur les autres au fil des pages que l'on tourne. C'est le récit de Camille Kouchner qui durant toute son enfance va voir les adultes faire fausse route sous prétexte de "liberté et d'indépendance", dont le paradigme va les mener à la décadence et aux suicides. L'attitude criminelle d'un beau-père qui s'est d'abord fait adoré par les enfants d'un autre, la manipulation d'un milieu entier, où dominent les intérêts de chacun, le silence, le secret, le mensonge vont engluer l'auteur dans un rôle de témoin coupable. Son frère lui avait demandé de garder le secret pour ne pas que la famille s'écroule. Mais la Familia Grande est aujourd'hui noyé sous le soleil de Sanary. Le suicide de l'actrice Marie-France Pisier révèle tout l'horreur de ce secret. La mère de Camille qui n'est pas capable de réagir ni de supporter la révélation de l'inceste, demande de garder le silence encore ! et fait un choix de tragédie grecque : elle restera aux côtés de son mari (celui qui a abusé de son fils) et rejettera ses propres enfants de façon odieuse...

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