Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

La discrétion

Couverture du livre « La discrétion » de Faiza Guene aux éditions Plon
  • Date de parution :
  • Editeur : Plon
  • EAN : 9782259282444
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Yamina est née dans un cri. À Msirda, en Algérie colonisée. À peine adolescente, elle a brandi le drapeau de la Liberté. Quarante ans plus tard, à Aubervilliers, elle vit dans la discrétion.
Pour cette mère, n'est-ce pas une autre façon de résister ?
Mais la colère, même réprimée, se transmet... Voir plus

Yamina est née dans un cri. À Msirda, en Algérie colonisée. À peine adolescente, elle a brandi le drapeau de la Liberté. Quarante ans plus tard, à Aubervilliers, elle vit dans la discrétion.
Pour cette mère, n'est-ce pas une autre façon de résister ?
Mais la colère, même réprimée, se transmet l'air de rien.

Donner votre avis

Avis (8)

  • Je suis cette auteure depuis son premier roman en 2004, « Kiffe kiffe demain », que j’avais beaucoup aimé. Les primo-romanciers ont souvent la pression avec la sortie d’un deuxième roman. Et je dois dire que Faïza Guène m’embarque à chaque nouveau roman. Elle a un style particulier, presque...
    Voir plus

    Je suis cette auteure depuis son premier roman en 2004, « Kiffe kiffe demain », que j’avais beaucoup aimé. Les primo-romanciers ont souvent la pression avec la sortie d’un deuxième roman. Et je dois dire que Faïza Guène m’embarque à chaque nouveau roman. Elle a un style particulier, presque parlé mais tout en restant bien écrit, et de l’humour ou une certaine autodérision pour parler de sujets difficiles.
    Dans ce nouveau roman, les chapitres alternent entre deux temporalités : la vie de Yamina, née à Msirda en Algérie en 1949 et la vie de Yamina aujourd’hui à Aubervilliers.
    Yamina a vécu une enfance difficile, pauvre. Son père, résistant, était parti au combat. Elle aurait voulu aller à l’école et étudier mais son père avait besoin d’elle pour subvenir aux besoins de la famille. Alors elle s’est occupée de ses petits frères, du jardin collectif et elle a été couturière. Jusqu’à ce que son père se résolve à la marier avant qu’elle ne deviennent une vieille fille.
    Elle est mariée à Brahim, un homme qu’elle ne connaît, plus âgé qu’elle qui a émigré en France pour y travailler (mines, chantiers). La voilà donc séparée de sa famille, de son père qu’elle admire et de sa terre. Son arrivée en France n’a pas le goût de paradis. Ils vivent dans des immeubles insalubres mais elle ne se plaint pas.
    C’est le portait d’une femme forte et courageuse mais qui restera discrète toute sa vie. Yamina veut que ses enfants réussissent, qu’ils ne manquent de rien. Elle a quatre enfants, trois filles et un garçon.
    Omar est le petit dernier. Il est chouchouté par sa mère. Il est chauffeur VTC, habite toujours chez ses parents à 30 ans. Au fur et à mesure du roman, on découvre les 3 filles également, Malika, Hannah et Imane. On ressent le poids de la culture des parents sur les enfants. Leur peur de décevoir leurs parents. Pourtant, aucun des quatre n’a mal tourné. Le père est un bon mari, il n’est pas violent. La religion est aussi un thème évoqué dans le livre.
    Un roman où il est question de transmission, de liberté, d’intégration. Comment toute une génération d’enfants français issus de parents immigrés tente de trouver sa place dans la société. Ils ne se sentent nulle part chez eux. La mère leur transmet toute sa colère contenue en leur disant de rester discrets lors de toutes les petites humiliations vécues au quotidien. Cette colère ressortira chez Hannah.
    J’ai beaucoup aimé la façon dont Faïza Guène raconte l’histoire de cette famille, son intimité, avec une part certainement autobiographique. En tout cas un bel hommage. J’ai bien aimé également le regard tendre entre le mari et la femme : les petites attentions de Brahim, le jardin familial, les « Benti ». J’ai ressenti tout l’amour de Yamina pour ses enfants, mais aussi tout l’amour et le respect des enfants pour leurs parents. Il y a de très beaux passages sur l’enfance de Yamina en Algérie.
    Un très beau roman qui m’a touchée et dont je vous conseille la lecture.

    comment Commentaire (0)
  • Dans La discrétion, le lecteur part à la rencontre de Yamina, et de différents membres de sa famille.
    Yamina est née dans l'Algérie colonisée, dans la province de Msirda Fouaga. En 1949, famine, sécheresse, fragilité des récoltes et dureté de la vie sont le lot quotidien pour ses parents, puis...
    Voir plus

    Dans La discrétion, le lecteur part à la rencontre de Yamina, et de différents membres de sa famille.
    Yamina est née dans l'Algérie colonisée, dans la province de Msirda Fouaga. En 1949, famine, sécheresse, fragilité des récoltes et dureté de la vie sont le lot quotidien pour ses parents, puis Yamina va naître dans ce pays soumis aux affres de la guerre. de son enfance, Yamina retient les années d'école, le bonheur d'apprendre, puis la retour à la maison, seule fille, elle doit aider la mère et abandonner cartable et cahiers. Ce sera plus tard la fuite vers le Maroc, puis l'exil vers la France avec Brahim, ce mari plus âgé qu'elle qu'on lui a choisi.

    Yamina déborde d'amour pour les siens, vit discrètement, accepte son sort et celui imposé aux émigrés, jamais vraiment acceptés dans ce pays qui pourtant devient aussi le leur, même si la génération d'après née sur le sol français est toujours une génération d'étrangers. Yamina et Brahim ont eu des filles et Omar, le fils chéri. Des années plus tard, Omar est taxi Uber. Pas facile de gagner sa vie, même quand on est issu d'une famille qui a toujours eu du travail et où l'on a toujours mangé à sa faim, et que l'on a fait des études.
    Le mariage de l'aînée est un échec retentissant et inacceptable pour les parents. Et quand leur plus jeune fille décide de quitter le domicile familial sans être mariée c'est totalement incompréhensible pour ces parents aux traditions encore fortement ancrées,malgré une vie passée en région parisienne.

    Le roman alterne les récits de plusieurs époques et différents personnages, montrant ces disparités familiales, ceux qui suivent encore la tradition, ceux qui essaient de s'en libérer, le divorce comme un fléau pour les femmes, mais pas pour les hommes, la place des filles, à la maison, les études, les mariages arrangés, des règles que tous appliquent avec plus ou moins de rigueur, en pensant faire au mieux pour le bonheur de tous. Toujours présent également l'amour des parents pour leurs enfants, et l'amour filial et le respect qui empêchent parfois un enfant de vivre pleinement sa vie. Enfin, ce cruel dilemme des enfants de la deuxième génération qui ne trouvent leur place ni dans le pays d'origine de leurs parents, ni dans leur pays de naissance. Jusqu'à quand ? Combien faudra-t-il de générations avant que chacun accepte l'autre pour ce qu'il est, et arrête de voir uniquement d'où il vient.

    L'écriture est précise, sans fioriture, elle décrit sans jugement, sans partis pris, sans rancune. Elle donne l'exacte dimension des sentiments de Yamina, son amour pour ses enfants, leur réussite, les souffrances de l'enfance, les regrets, mais aussi un bonheur simple enfin accessible.

    comment Commentaire (0)
  • Je remercie les éditions Plon et la revue Fémina de m’avoir offert ce roman.
    Le livre m’a beaucoup touchée par son écriture vraie et sensible autour du personnage central de Yamina, très discrète. (D’où le titre). Avec son époux Brahim, elle se dépense sans compter pour que ses quatre enfants...
    Voir plus

    Je remercie les éditions Plon et la revue Fémina de m’avoir offert ce roman.
    Le livre m’a beaucoup touchée par son écriture vraie et sensible autour du personnage central de Yamina, très discrète. (D’où le titre). Avec son époux Brahim, elle se dépense sans compter pour que ses quatre enfants soient heureux, indépendants.
    Yamina a le grand regret d’avoir dû arrêter l’école pour aider sa famille, elle fait tout son possible pour que ses enfants réussissent. Le destin de sa famille est semblable à celui de milliers d’immigrés d’Algérie.
    Un très beau portrait de femme.

    comment Commentaire (0)
  • Ne connaissant pas l’auteure qui apparemment n’en est pas à son premier roman, j’ai lu ce livre comme j’aurais pris un café avec elle. L’écriture en langage parlé offre cette facilité d’immersion dans le récit, qu’on peut aimer ou trouver excessif, ce qui a été je l’avoue parfois mon cas par...
    Voir plus

    Ne connaissant pas l’auteure qui apparemment n’en est pas à son premier roman, j’ai lu ce livre comme j’aurais pris un café avec elle. L’écriture en langage parlé offre cette facilité d’immersion dans le récit, qu’on peut aimer ou trouver excessif, ce qui a été je l’avoue parfois mon cas par moments. Même si on comprend l’intérêt des petits inserts pubs çà et là, laissant entrevoir un statut social et économique, à la longue cela m’a semblé « too much » et j’ai fini par les zapper, comme la pub à la télé. L’histoire est celle de sa famille, et de sa mère en particulier, Yamina, et j’ai surtout apprécié les retours arrière vers son enfance et adolescence en Algérie, lorsque, enfant, elle montrait déjà cette force tranquille en assumant les tâches de petite paysanne dans cette Algérie des années 1950.Ce livre témoignage écrit avec sincérité nous décrit le destin d’une famille d’immigrés algériens et de leurs enfants, nés en France. Un frère et trois sœurs et dont on pourrait penser qu’elle est Hannah cette révoltée, ou peut être bien les trois ensemble. N’ayant pas approfondi ce point, j’ai lu en souriant par moments, et à travers ses mots, sans doute beaucoup peuvent se reconnaître, même si les parcours et les ressentis sont toujours différents.
    On comprend l’exil forcé de Yamina, qui ne se retrouve pas dans cette tour de banlieue parisienne, et j’ai alors pensé au film « In challah dimanche » de Yamina Benguigui, où Zouina fraîchement débarquée en Picardie en 1974 ressentira le même mal être que Yamina. Ce sentiment d’avoir laissé sa vie est sans doute partagé par la plupart de ces hommes et femmes, et ici c’est de l’exil des mères dont il est question plus précisément. Elles qui ont suivi leur mari en bénéficiant de la politique de regroupement familial. Même si d’autres femmes n’ont pas hésité une seconde et rangé rapidement leur haik dans leur sac sitôt montées dans l’avion, c’est en traînant les pieds que Yamina suivra Brahim. J’ai aimé les personnalités des enfants de Yamina et Brahim, qui ont tous cette envie de réussir pour ne pas décevoir les parents, car ils font partie de cet avenir sur lequel ils ont misé. Un livre nécessaire s’ajoutant aux nombreux témoignages déjà existants.

    comment Commentaire (0)
  • Il y a des romans qui vous parlent, le livre de Faïza Guène en fait partie. Ce récit m'a vraiment touché, tout d'abord par la qualité de l'écriture, simple, toujours juste, toujours vraie, emplie d'une douceur, celle de l'amour ; et surtout par le personnage central Yamina.

    Faïza Guène va...
    Voir plus

    Il y a des romans qui vous parlent, le livre de Faïza Guène en fait partie. Ce récit m'a vraiment touché, tout d'abord par la qualité de l'écriture, simple, toujours juste, toujours vraie, emplie d'une douceur, celle de l'amour ; et surtout par le personnage central Yamina.

    Faïza Guène va donc nous conter l'histoire de cette femme algérienne de bientôt soixante-dix ans et en parallèle nous allons suivre ses quatre enfants. Yamina ne se plaint jamais, comme si cette option lui a été retirée à sa naissance. Elle n'a que son amour a offrir à ses enfants, avec un peu de chance l'amour leur fera oublier les humiliations.

    Omar, trente piges, le seul garçon est chauffeur Uber, un job temporaire depuis deux ans ; Malika l'aînée de la fratrie, elle a été mariée à dix-sept ans, elle est celle qu'on remarque le moins, elle n'a jamais fait de vague. Hannah elle a toujours un temps d'avance, elle a toujours pigé plus vite que les autres, particulièrement sensible, elle ne veut pas que ses futurs enfants futurs, héritent de cette colère qui lui dévore les tripes. Imane la cadette, elle aurait dû être un fils, elle a le sentiment de décevoir en permanence

    Et puis il y a Brahim, le père, il est encore beau, il ne dit pas nécessairement les mots qu'il faut, mais son réconfort est dans le coeur de Yamina.

    L'histoire d'une petite fille débrouillarde, privée de son enfance par la guerre d'indépendance, obligée d'arrêter l'école pour aider ses parents à la ferme et élever ses frères et soeurs. À soixante-dix ans, elle rêve encore qu'elle a un cartable sur le dos. Un mariage arrangé après la prière du vendredi avec Brahim, un immigré de dix ans son aîné, l'arrivée en France dans un taudis où les murs pleurent d'humidité, où les souris se faufilent, les blattes surgissent de partout, un appartement qui même propre a l'air sale. Ce livre est l'histoire d'un déracinement, d'un arrachement à la terre natale.

    « Je ne supporte plus que ma langue se meure de rester figée dans ma bouche, je ne supporte plus ma salive inutile, je meurs de ne pouvoir parler à personne, et même si la radio reste allumée toute la journée, je ne peux pas lui répondre. »

    L'histoire de braves gens travailleurs, qui se font discrets, car ils se sentent invités en France et leurs enfants, la seconde génération, celle qui porte la colère, nés en France et qui ont l'impression d'être nulle part chez eux, ni en Algérie ni en France. Toujours devoir se justifier, montrer patte blanche pour éviter l'amalgame.

    « Brahim a encouragé ses enfants, n'a jamais levé la main sur eux, les a poussés à étudier. La seule chose qu'ils peuvent lui reprocher est d'avoir été pauvre, et épuisé par le travail. »

    C'est surtout une formidable histoire d'amour d'une mère pour ses enfants, elle a tenu pour qu'ils réussissent, qu'ils soient heureux et surtout indépendants. Un livre d'une grande sensibilité, tout en retenue. D'un petit village berbère à la banlieue parisienne un magnifique portrait de femme.

    Faïza Guene a dédié son roman à son père, Abdelhamid, « mort de discrétion », voilà tout est dit… Un grand merci aux éditions Plon de m'avoir offert l'opportunité de lire ce livre.
    « La Discrétion » de Faïza Guène. #rentreelitteraire2020 #NetGalleyFrance

    comment Commentaire (0)
  • « La discrétion » ne se contente pas de livrer l’histoire d’une famille entre l’Algérie et la France, avec ce tiraillement entre deux cultures, celle de l’éducation et des origines, face à celle de la naissance et de l’imprégnation. C’est un texte plus profond qu’il n’y paraît, à travers le...
    Voir plus

    « La discrétion » ne se contente pas de livrer l’histoire d’une famille entre l’Algérie et la France, avec ce tiraillement entre deux cultures, celle de l’éducation et des origines, face à celle de la naissance et de l’imprégnation. C’est un texte plus profond qu’il n’y paraît, à travers le microcosme familial, l’auteure aborde des sujets de société très intéressants. De manière parfois grave, pour décrire certaines humiliations couvertes par une fausse bienveillance, mais aussi de manière humoristique, comme pour ne pas étrangler le lecteur.

    La plume simple et directe, rend le texte accessible à toutes les personnes qui souhaitent mieux comprendre, ressentir les émotions et interrogations d’une partie de la population française. Être né français, mais ne pas se sentir à sa place, être né algérien et ne pas se sentir algérien… Une éternelle dualité que vit une partie de la population française que l’on peut difficilement comprendre si l’on ne l’a pas vécu soi-même.

    Même si je n’ai jamais eu à me sentir exclue, car née française, de parents français, j’ai grandi en Tunisie, et je dois dire que je connais ce sentiment de ne pas se sentir à sa place. Ce sentiment a été très présent lors de notre retour en France, je ne savais plus qui j’étais et surtout, je vivais ce retour comme un exil. Je pleurais tout le temps et j’ai mis du temps, beaucoup de temps à me sentir à place. En France, je n’avais qu’une envie, c’est de rentrer en Tunisie et lorsque je retournais en Tunisie, je n’avais qu’une envie, c’est d’y rester. Tiraillée entre mes deux cultures, mes deux vies. J’ai retrouvé dans « La discrétion » de Faïza Guène, cet exil latent, sous-jacent avec la description du mal-être que l’on ressent.

    Faïza Guen à travers son récit, rend hommage à ces femmes qui éduquent, discrètement, qui sont dépassée, car elles ne connaissent pas ces enfants qui réclament une identité, une reconnaissance et crient leur appartenance à cette France, qui parfois, les renvoie à ces origines qu’ils ne connaissent qu’à travers des vacances toujours heureuses, mais pendant lesquelles ils sont considérés comme étranger et français. L’exclusion est des deux côtés de la méditerranée, ils ne sont ni algériens ni français.

    Comment construire son identité face à cette dualité ? On ne fait pas de vague, on se fait discret, ou alors on se révolte, on crie pour montrer que l’on existe.

    Notre société a du mal à comprendre cette dualité, et ne fait que creuser le fossé. La grande mode, qui ne fait qu’attiser la haine et largement véhiculée, est de demander à une personne de quelle origine elle est ! L’extrême droite se nourrit du terreau de cette dualité.

    Certains passages m’ont particulièrement touchés, notamment celui de la sœur aînée qui travaille dans une mairie et qui aide une personne en lui parlant en arabe, elle est dénoncée par ses collègues. Je sais, pour l’avoir vécu, que si l’anglais, l’espagnol, l’allemand avaient été utilisés, cela n’aurait incommodé personne. C’est une profonde injustice qui se vit au quotidien et à moins d’avoir vécu ou assister une scène de ce genre, on a du mal à comprendre.

    Ce n’est pas un texte à charge, c’est une tranche de vie, aux côtés de cette famille ordinaire, où chaque membre trouve sa place, traverse la vie d’une manière discrète pour ne pas se faire remarquer ou d’une manière plus visible pour montrer qu’il existe. Chacun s’appropriant cette Histoire qui les marque au fer rouge, pour enfin s’apaiser et trouver se construire.

    comment Commentaire (0)
  • Je connaissais la plume de Faïza Guène car j’ai lu et fait lire à mes élèves son premier roman Kiffe kiffe demain. Avec cette rentrée littéraire, je retrouve le sujet de prédilection de cette auteure mais avec une plume plus mûre. Je vais donc vous parler de La discrétion, son nouveau roman où...
    Voir plus

    Je connaissais la plume de Faïza Guène car j’ai lu et fait lire à mes élèves son premier roman Kiffe kiffe demain. Avec cette rentrée littéraire, je retrouve le sujet de prédilection de cette auteure mais avec une plume plus mûre. Je vais donc vous parler de La discrétion, son nouveau roman où littérature et sociologie sont étroitement liées.


    Yasmina est née en Algérie, une Algérie pauvre, miséreuse mais une Algérie où elle était heureuse. Arrachée à sa terre par son mariage, elle vit désormais à Aubervilliers où elle se sent comme une étrangère. Ses enfants y sont nés, elle y a fait sa vie mais une vie en toute discrétion pour ne pas gêner même si la colère gronde face à ce mépris de la société française qui croit tout savoir de l’histoire des immigrés mais qui n’en sait absolument rien. Ses enfants ont hérité de son histoire, une de ses filles de sa colère et nous lecteurs, nous découvrons Yasmina, son passé, son présent et portons désormais un autre regard sur ces femmes, ces mères qui baissent le regard, se dissimulent derrière leur voile.

    La discrétion a une place méritée en cette rentrée littéraire. Ce récit de vie est un doux et vibrant hommage aux mères, aux sacrifices qu’elles ont fait et font pour leur famille. Yasmina, en quittant l’Algérie dans les années 50, a sacrifié son pays pour vivre dans ce pays qui ne l’accepte pas vraiment. L’histoire de Yasmina c’est aussi l’histoire de notre France, de son héritage, de cette terre d’accueil qui ne l’est plus vraiment, de celle qui oublie désormais les hommes et les femmes qui sont venus chercher un peu d’espoir et de qui on exige qu’ils se fassent discrets. On comprend la colère de sa fille Hannah, elle qui voit les sacrifices de ses parents et l’absence terrible de reconnaissance. J’ai été touchée par tous les portraits de cette famille et j’ai aimé l’évolution de l’écriture de Faïza Guène. Même si la colère de kiffe kiffe demain est toujours présente, elle a pris une autre dimension. En étant dans la discrétion, elle en est peut être plus forte.

    En résumé : Un hommage aux mères, un portrait de famille émouvant

    comment Commentaire (0)
  • Yamina Taleb est une femme de 70 ans vivant à Aubervilliers. Elle ne s’est jamais sentie abîmée par le mépris qui l’entoure. C’est sa forme de résistance à elle. Mais, la colère filtre et se transmet à ses enfants qui exigent que l’on reconnaisse, sous son foulard et ses yeux baissés, la femme...
    Voir plus

    Yamina Taleb est une femme de 70 ans vivant à Aubervilliers. Elle ne s’est jamais sentie abîmée par le mépris qui l’entoure. C’est sa forme de résistance à elle. Mais, la colère filtre et se transmet à ses enfants qui exigent que l’on reconnaisse, sous son foulard et ses yeux baissés, la femme courageuse qu’elle est.
    Faïza Guène présente dans « La discrétion » ce portrait de femme née en Algérie dans les années 50 et venue à plus de trente ans en France. Elle le dédie à sa mère et à toutes les mères. Car, comme souvent font les filles, Faïza Guène donne une histoire à la femme qu’elle aime tant et qui lui a tant appris.
    En alternant les chapitres entre sa vie en Seine-Saint-Denis et le récit de son passé dans son pays natal, se dessine la détermination, le courage mais aussi le silence et la place de la religion dans la vie de cette femme, mère de quatre enfants nés en France, qui a combattu le colonialisme qui a gangréné son pays. Sa personnalité va l’aider à choisir de, toujours, de vivre sa liberté même si les contingences extérieures la contraignent.
    La suite ici
    https://vagabondageautourdesoi.com/2020/08/27/faiza-guene/

    comment Commentaire (0)

Donnez votre avis sur ce livre

Pour donner votre avis vous devez vous identifier, ou vous inscrire si vous n'avez pas encore de compte.