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La danse du vilain

Couverture du livre « La danse du vilain » de Fiston Mwanza Mujila aux éditions Metailie
  • Date de parution :
  • Editeur : Metailie
  • EAN : 9791022610612
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Sanza, exaspéré par la vie familiale, quitte ses parents et rejoint le Parvis de la Poste, où vivent d'autres gamins de la rue. Commence la dolce vita, larcins petits et grands, ciné avec Ngungi l'enfant-sorcier et voyages en avion vers l'infra-monde... Mais les bagarres et les séances de colle... Voir plus

Sanza, exaspéré par la vie familiale, quitte ses parents et rejoint le Parvis de la Poste, où vivent d'autres gamins de la rue. Commence la dolce vita, larcins petits et grands, ciné avec Ngungi l'enfant-sorcier et voyages en avion vers l'infra-monde... Mais les bagarres et les séances de colle finissent par le mettre vraiment sur la paille et l'obligent à céder au mystérieux Monsieur Guillaume et à sa police secrète.

Lubumbashi est en plein chaos, on conspire dans tous les coins, on prend des trains pour nulle part, on se précipite dans l'Angola en guerre pour aller traquer le diamant sous la protection de la Madone des mines de Cafunfu, un écrivain autrichien se balade avec une valise pleine de phrases, le Congo devient Zaïre et le jeune Molakisi archevêque. Mais la nuit, tous se retrouvent au « Mambo de la fête », là se croisent tous ceux qui aiment boire et danser ou veulent montrer leur réussite et leur richesse. Là on se lance à corps perdu dans la Danse du Vilain.

On retrouve avec bonheur le punch poétique et l'univers échevelé de Fiston Mwanza Mujila, son humour tendre, ses personnages retors, son bazar urbain, on part s'encanailler dans la joie.

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Avis (3)

  • L’écriture de ce roman est volubile, elle rehausse la richesse de l’oralité.
    Deux grandes figures se détachent : Tshiamuena, une femme puissante, sans âge et une sagesse acquise par l’expérience de la vie ; Sanza un gamin qui a fui sa famille pour intégrer la rue congolaise, la vie qui grouille...
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    L’écriture de ce roman est volubile, elle rehausse la richesse de l’oralité.
    Deux grandes figures se détachent : Tshiamuena, une femme puissante, sans âge et une sagesse acquise par l’expérience de la vie ; Sanza un gamin qui a fui sa famille pour intégrer la rue congolaise, la vie qui grouille au centre-ville car le parvis de la Poste est le carrefour de « l’expérience du dehors ».
    Dans les sociétés africaines, la tradition est d’obéir aux anciens, l’interdiction de se rebeller est intrinsèque. Une fois à la rue Sanza doit survivre. L’enfant a osé choisir son groupe, il s’invente une vie passée, la sienne lui paraissant trop banale. Jusqu’à la rencontre.
    Lubumbashi, chef-lieu de la province du Katanga au Congo, est une croisée et un réservoir de tout ce qui peut se développer en Afrique. Un pays miné par des groupuscules qui grouillent, rien n’y est clair, franc, le lecteur ressent pertinemment l’attraction de la rue pour les enfants mais aussi combien ils sont des proies.
    Il y a Frantz, écrivain, venu pour raconter l’extraordinaire vie de la Madone, mais qui se perd en route. Quand il est persuadé de tenir le bon fil de l’écheveau, la Madone s’amuse à le retourner comme une crêpe et à le mettre face à sa vie qui le pousse d’indécision en indécision. Il y a Monsieur Guillaume, un bon samaritain ou une pourriture ?
    Dans tout cela, un moment un seul, fait que tout s’oublie, c’est la danse du vilain.
    Quel est le contexte social ? Les ressources minières ne profitent pas à ceux qui en font le travail le plus dur. Les mômes des rues se diluent dans la colle qu’ils sniffent.
    L’auteur permet au lecteur de situer cette histoire dans la temporalité seulement vers la fin du roman. J’ai interprété cet indice comme un indice de fatalité, rien ne change, les politiques passent ; comme les vagues il y a le flux et le reflux et les déchets sur la plage.
    Ce roman est mieux qu’une page d’Histoire, il grave dans la mémoire du lecteur, avec poésie et savoir-faire, un pan de vie d’un pays où la jeunesse n’a pas de modèle à suivre. L’espoir n’est nulle part sauf dans cette fausse liberté qu’ils prennent à bras le corps.
    Ce roman montre à quel point ceux qui sont aux responsabilités oublient que les enfants d’aujourd’hui seront les adultes de demain.
    Ici c’est l’Afrique mais ne nous leurrons pas, le constat est le même un peu partout.
    Un livre qui nous livre son histoire comme un conte aux multiples facettes, avec la beauté et l’attirance du désespoir : « Nous n’étions plus des enfants. Les enfants n’ont pas l’expérience du dehors. De la colle, des bagarres, de la pluie nocturne… Nous étions des maîtres, nos propres maîtres. Nos propres prophètes de malheur. »
    ©Chantal Lafon-Litteratum Amor pour Les Explos 2020.

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  • Avis de la page 100 - Comme souvent lorsqu'il s'agit d'un auteur africain,le récit semble bavard, déborder de mots. S'il y a des héros de chair et de sang les lieux où se déroulent l'action Zaïre et Angola essentiellement et le Japon par bribes, sont eux aussi indissociables de l'action.On...
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    Avis de la page 100 - Comme souvent lorsqu'il s'agit d'un auteur africain,le récit semble bavard, déborder de mots. S'il y a des héros de chair et de sang les lieux où se déroulent l'action Zaïre et Angola essentiellement et le Japon par bribes, sont eux aussi indissociables de l'action.On découvre des personnages haut en couleurs ,mention spéciale à la Madone Tshiamuena, mégalomane et mythomane. Il me tarde de connaître la fin de l'histoire qui sera sans nul doute étonnante.

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  • Avis de la page 100 - Les Explos 2020 :

    Auteur totalement inconnu jusque là pour moi ; un style inédit mais dans la pure lignée des auteurs africains déjà lus. Bienvenue dans le monde de 4 personnages aux parcours croisés, le verbe haut et une part de mythe haute en couleurs. Bienvenue entre...
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    Avis de la page 100 - Les Explos 2020 :

    Auteur totalement inconnu jusque là pour moi ; un style inédit mais dans la pure lignée des auteurs africains déjà lus. Bienvenue dans le monde de 4 personnages aux parcours croisés, le verbe haut et une part de mythe haute en couleurs. Bienvenue entre Congo, Angola et Japon dans le monde des minerais et minéraux précieux. Le lecteur par des chapîtres courts est plongé dans le monde de la Madonne Tshiamuena gérante et mythomane dans le monde interlope des enfants perdus ou indépendants Molaksi, Ngungi, Sanza... des gangs où l'on survit par l'union mais aussi par la lutte et contre les trahisons sous influence de la colle. Quand la Madonne veut entretenir son mythe en narrant ses légendes auprès de Franz....l'écrivain en quête de personnage exceptionnel.

    Avis en fin de lecture :

    Un récit choral sur fond de fin de décolonisation de la région du Congo par la Belgique, et d'un conflit  avec l'Angola met en scène un trio d'enfants livrés à eux-mêmes au sein d'une petite communauté d'adultes tour à tour protecteurs, manipulateurs et pervers. 

    Pour Molakisi, Ngungi et Sanza, c'est l'heure de se confronter aux multiples turpitudes de cette région (recherche et trafic de diamants, violences de tout ordre, troubles politiques et guerre...)  soit par volonté de quitter un cocon familial trop étouffant, soit pour survivre et faire fortune. Nos trois jeunes personnages sont liés par un pacte de protection les liant les uns aux autres, partageant rapines, drogues, vols à la tire en mode survie. Mais chacun va connaître un destin différent sous les augures plus ou moins bienveillants d'une mère de substitution, "la Madonne" Tshiamuzena puis du trouble M Guillaume (recueillant avec bienveillance les enfants pour les associer à de basses manoeuvres) ou au contact du jeune Franz en quète de thème original pour son premier livre autour de la légende personnelle de Tshiamuzena faîte de e poésies, de violence et de vies multiples.

    Ce qui est attachant dans ce roman c'est évidemment la truculence avec laquelle Fiston Mwanza Mujila emmène son lecteur dans un monde interlope où violences, danses (Mambo, Salsa et la fameuse Danse du Vilain), fortunes, légendes locales et gloires éphémères rythment une région peu pacifique. Chacun des personnages séduit et révulse le lecteur ; les enfants devenus adultes trop vite,  Tshiamuzena, M Guillaume et l'iconoclaste Franz ... c'est la magie d'une certaine osmose pour le lecteur. Mais c'est surtout l'Afrique telle que l'on se l'imagine avec sa part de fantasmagorie, de poésies, de variété et de violences. C'est aussi la tragédie de ces enfants perdus telle que l'actualité encore quotidienne nous le rappelle régulièrement.

    Un livre qui n'est pas forcement facile d'accès, les pistes se suivent dans un rythme parfois saccadé, les digressions peuvent parfois déstabiliser mais au global c'est un récit attachant.

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