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La chance de leur vie

Couverture du livre « La chance de leur vie » de Agnes Desarthe aux éditions Editions De L'olivier
Résumé:

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Avis (11)

  • Hector, professeur de philosophie et poète est nommé pour un an aux Etats-Unis.
    Il part donc s’y installer avec Sylvie, sa femme, et Lester, leur fils.
    Le roman raconte les liens entre ces trois êtres et l’adaptation à leur nouvelle vie.
    C’est très fouillé au niveau de chaque...
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    Hector, professeur de philosophie et poète est nommé pour un an aux Etats-Unis.
    Il part donc s’y installer avec Sylvie, sa femme, et Lester, leur fils.
    Le roman raconte les liens entre ces trois êtres et l’adaptation à leur nouvelle vie.
    C’est très fouillé au niveau de chaque personnage
    Chacun très attachant à sa manière.
    Leurs relations sont belles.
    J’ai beaucoup aimé cette famille, avec ses qualités et ses défauts, ses forces et ses faiblesses.
    Il en résulte un sentiment de positivisme, et ça fait du bien.
    Le titre en revanche ne me semble pas tellement approprié.

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  • Roman sélectionné et lu en tant que membre du jury du prix roman France Télévisions 2019.

    Lu, il y a plus d'un mois, je ne sais quoi dire sur cette lecture qui m'a ennuyé, j'ai trouvé l'histoire peu interessante, lente, sans intérêt. Les personnages ne sont pas attachants, un homme volage a...
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    Roman sélectionné et lu en tant que membre du jury du prix roman France Télévisions 2019.

    Lu, il y a plus d'un mois, je ne sais quoi dire sur cette lecture qui m'a ennuyé, j'ai trouvé l'histoire peu interessante, lente, sans intérêt. Les personnages ne sont pas attachants, un homme volage a son arrivée aux Etats Unis, une femme sans intérêt, un enfant.

    Ce fut une déception, car la quatrième de couverture avait l'air intéressante. Plusieurs jurés du jury du prix roman France Télévisions étaient du même avis que le mien. Un roman sans réel importance, lent, aux personnages non attachants. Un roman que je me suis forcé à lire jusqu'au bout !

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  • Puissant, électrique, tragique ce huis-clos est une plongée dans une famille décalée, étrange et ne repose pas un seul instant le lecteur. Ce champ de vision est voulu par l’auteure Agnès Desarthe .Sans être un thriller qui colle aux doigts et attise le feu des angoisses, il laisse tout au long...
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    Puissant, électrique, tragique ce huis-clos est une plongée dans une famille décalée, étrange et ne repose pas un seul instant le lecteur. Ce champ de vision est voulu par l’auteure Agnès Desarthe .Sans être un thriller qui colle aux doigts et attise le feu des angoisses, il laisse tout au long de la lecture cette impression de sueur froide. Cette ambiance rétrécie est la teneur de ce récit. On est à l’étroit et on ne peut s’échapper des entrailles de cette famille. Une seule solution, glisser comme l’auteure d’un protagoniste à un autre. Et là, le rythme monte crescendo, l’intérêt aussi. Cette famille et le kaléidoscope de non-dits, de faux-semblants, d’un conformisme qui voudrait que tout soit d’équerre. L’enfant Lester va être la balle dans un jeu de quilles et bousculer cette apparence lourde et fausse. Etrange, surdoué, ésotérique tout en étant un peu malsain Lester va renverser la table d’une quiétude bancale. Sylvie, la mère est effacée, soumise, mélancolique, une madame Bovary dans toute sa splendeur qui se meurt à petits feux. Dans ce départ forcé pour l’Amérique où Hector seul volontaire vient d’être nommé professeur dans une université de renom ; elle en paie le prix fort. Hector est le premier à changer de comportement. Il trompe sa femme à outrance, devient futile, méprisant, pervers narcissique. L’étau se referme. La proie accélère son action dévorante. Ce récit est bien mené. Pragmatique, constant, on respire le même air d’un bout à l’autre de la lecture. L’espace manque, c’est voulu et réussi. Le lecteur néanmoins étouffe. Que va-t-il se passer ? Cette famille, Radeau de la Méduse va-t-elle échouer ? Le roman poursuit ses dires et creuse les sillons d’une gloire perdue. Le lecteur assiste sans voyeurisme aucun aux séquences de ce dérapage sur le verglas des envergures abolies. Ce roman est une analyse psychologique d’une cellule familiale où chacun joue un rôle surfait et cache ses propres blessures. A lire quand tout va bien. Publié par Les Editions De l’Olivier « La chance de leur vie » est en lice pour Le Prix France Télévision Le Livre 2019 catégorie roman.

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  • « La chance de leur vie » est mon premier roman de l’auteure et je n’ai pas été déçue d’entrer dans son univers. Agnès Desarthe fait découvrir à son lecteur les universités américaines avec leurs codes, les maisons, les rues américaines; tout est si différent de la France. Le lecteur entre...
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    « La chance de leur vie » est mon premier roman de l’auteure et je n’ai pas été déçue d’entrer dans son univers. Agnès Desarthe fait découvrir à son lecteur les universités américaines avec leurs codes, les maisons, les rues américaines; tout est si différent de la France. Le lecteur entre également dans l’intimité du couple que forment Hector et Sylvie avec ses forces et ses failles. Il observe le changement de Lesther, changement qui s’opère dans l’avion. L’auteure nous livre la psychologie de chacun, leur questionnement, leur changement, leur espérance, tous y est. Tout d’abord Sylvie, une adepte du « non-agir » mais c’est pas pour autant qu’elle n’a pas d’avis, bien au contraire. Sylvie est une grande observatrice de tout ce qui l’entoure: son mari, son fils, les femmes proches de son époux, les expatriés de l’Alliance Française. Sans en être totalement consciente, Sylvie sait tout, devine tout, mais garde tout pour elle. Sylvie est un être à part qui fascine, Sylvie m’a intriguée puis je l’ai admirée car elle a une telle force en elle qui la rend indispensable. Sylvie est la pièce maîtresse de la famille Vickery; sans elle, cette famille s’écroulerait. D’ailleurs, Hector ne peut rien faire sans avoir le consentement de Sylvie, il ne jure que par sa femme et cela peut paraître contradictoire au vu de son comportement. Ce qui prouve bien toute la force de cette femme. Et Lesther qui ne veut qu’une chose, que sa mère, sa famille soient protégées du mal. Agnès Desarthe a fait de Sylvie un beau personnage.

    À côté de tous ces personnages tout aussi passionnants les uns que les autres, l’auteure évoque des thèmes multiples: l’expatriation, l’amour, la famille, l’infidélité, les attentats, le terrorisme… Agnès Desarthe fait vivre les attentats du Bataclan à la famille à des milliers de km mais l’angoisse, la peine, la douleur, l’inquiétude sont les mêmes. « La chance de leur vie » est un roman actuel où l’auteure parle de tout, de tout ce qui fait une société jusqu’aux difficultés que vivent les adolescents qu’ils soient américains ou français. En fait, ce roman est si diversifié dans tous ces thèmes, dans tout ce qu’il en ressort, dans tout ce que le lecteur peut ressentir, que je pourrais en parler encore et encore!!!! « La chance de leur vie » est une bien belle découverte pour moi!!

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  • La rentrée littéraire bat son plein et j’ai pris un peu de retard. Voici enfin ma première chronique, celle du roman d’un auteur que j’aime tout particulièrement et que je suis fidèlement.

    La chance de leur vie, c’est qu’Hector ait accepté un poste de professeur dans une université de...
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    La rentrée littéraire bat son plein et j’ai pris un peu de retard. Voici enfin ma première chronique, celle du roman d’un auteur que j’aime tout particulièrement et que je suis fidèlement.

    La chance de leur vie, c’est qu’Hector ait accepté un poste de professeur dans une université de Caroline du Nord. Sa femme Sylvie et son fils Lester l’accompagnent. Alors qu’il devient la coqueluche du département de philologie romane, multipliant les conquêtes, Sylvie, elle reste plutôt en retrait.

    Ce que j’ai adoré dans ce roman, c’est la façon qu’a Agnès Desarthe de creuser sous la peau de ses personnages. Son héroïne, m’a fait penser à un héron sur une patte. Toute de grâce et de mal-être, entraînant celui de ses interlocuteurs. Tout lui est difficile, que ce soit s’adapter à ce niveau milieu, ou se rendre à l’Alliance française, une scène épique. Hector, lui, est tout d’une pièce. Il aime profondément sa femme tout en entretenant deux liaisons qui ravivent sa fierté de mâle. Quant à leur fils, il vit son expérience américaine d’une étrange façon. L’attentat du Bataclan, même vécu de loin, claque dans leur vie comme une déflagration…

    Si vous ne la connaissez pas encore, je ne peux que vous conseiller ce roman d’Agnès Desarthe ainsi que tous les autres. Son extrême sensibilité fait des merveilles.

    La chance de leur vie, Agnès Desarthe, Editions de l’Olivier

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  • Nous suivons Hector, un professeur de philosophie nommé dans une université de Caroline du nord, son épouse, Sylvie, et leur fils Lester dans leur expatriation aux Etats-Unis en 2015 au moment des attentats survenus à Paris. Chacun va vivre cette installation différemment mais même si l'on suit...
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    Nous suivons Hector, un professeur de philosophie nommé dans une université de Caroline du nord, son épouse, Sylvie, et leur fils Lester dans leur expatriation aux Etats-Unis en 2015 au moment des attentats survenus à Paris. Chacun va vivre cette installation différemment mais même si l'on suit l'histoire principalement à travers les yeux de Sylvie, il faut reconnaître que son mari et son fils parviennent à s'intégrer rapidement, ce qui n'est pas son cas.

    Sylvie est traversée d'une certaine mélancolie, d'un spleen. Elle est un peu perdue là-bas, isolée. Elle ne travaille pas et a du mal à occuper ses journées. Elle se lance alors dans un cours de poterie pour se donner un sens. Difficile de dire si ce mal-être est lié à la perte d'un enfant il y a des années de cela.

    De son côté Hector fait des ravages chez les jeunes universitaires et expérimente l'infidélité. Lester devient quant à lui une sorte de gourou pour une secte composée de jeunes lycéens.

    Je m'étais intéressée à ce livre car il promettait de s'attarder sur les différences de culture entre la France et les Etats-Unis. Le roman traite un peu de ce sujet au début, au fil des rencontres de Sylvie et puis lors de la soirée de Halloween. Mais finalement on passe rapidement sur ce sujet. On s'attarde surtout sur le ressenti de Sylvie, sur son mal-être et on s'ennuie un peu. Quelque part au milieu du livre, je me suis demandée où nous allions. Le livre désormais refermé, je ne suis pas sûre d'avoir trouvé la réponse.

    Il faut tout de même relever quelques situations cocasses qui font sourire (la panne de la machine à laver notamment ou la découverte de l'Alliance française). A cela il faut rajouter une qualité d'écriture indéniable, ce qui fait qu'au final on sort un peu mitigé de cette lecture.

    La chronique complète sur https://riennesopposealalecture.blogspot.com/2018/12/la-chance-de-leur-vie-de-agnes-desarthe.html

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  • Le nouveau roman d'Agnès Desarthe est un petit bijou. Il offre une densité de saveurs qui ne peut que ravir les palais sensibles. On y retrouve la douce ironie de l'auteure, son goût pour les personnages décalés et la finesse de son sens de l'observation et de la dérision. Plus je lis Agnès...
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    Le nouveau roman d'Agnès Desarthe est un petit bijou. Il offre une densité de saveurs qui ne peut que ravir les palais sensibles. On y retrouve la douce ironie de l'auteure, son goût pour les personnages décalés et la finesse de son sens de l'observation et de la dérision. Plus je lis Agnès Desarthe et plus j'apprécie ses écrits (l'écouter parler est également une expérience que je conseille à tous les amoureux de la littérature). Mais j'avoue avoir pris un plaisir particulier avec ce dernier opus qui joue sur toute la gamme des sentiments et provoque une rare palette de réactions chez le lecteur.

    Parfois, ce roman évoque David Lodge, dans sa façon de scruter avec une férocité narquoise les relations entre les membres d'un campus universitaire. On pense à Changement de décor qui voyait deux universitaires, l'un anglais et l'autre américain échanger leurs postes pendant six mois. Notamment quand on se trouve dans l'avion qui, lors de la scène d'ouverture transporte Hector, sa femme Sylvie et leur fils Lester vers l'université de Caroline du Nord qui les accueille pour un semestre, on est tout à fait dans cette veine. Mais Agnès Desarthe est une auteure française et la comparaison s'arrête aux scènes de campus. S'il est bien question d'observation entre deux mondes, avec l'acuité et l'ironie qui caractérisent la romancière, c'est encore une fois une femme qui occupe le centre de l'histoire, et pas n'importe quelle femme.

    Sylvie est un personnage étonnant, une femme au foyer qui s'applique à n'être rien car "être rien est un idéal qu'elle poursuit, son parcours s'inspire du non-agir, cela n'est pas le signe d'une défaillance, d'une situation humiliante, mais d'une éthique, un choix de vie". Elle s'est glissée avec joie dans son rôle de femme de puis de mère, et développe tranquillement une philosophie de vie pas forcément accessible à tout le monde. Pendant ce temps, Hector profite à plein de sa popularité inédite en tant que professeur émérite et surtout "français" avec tous les fantasmes qui s'y rattachent, un état qui transforme un peu tardivement ce sexagénaire en don Juan. Le jeune Lester, lui, cherche sa voie comme tout adolescent et se mue peu à peu en une sorte de gourou, se rebaptisant lui-même Absalom Absalom. C'est depuis les Etats-Unis que la famille vivra, de loin, les attentats de novembre 2015, une perspective qui donne lieu à une analyse passionnante de la façon dont chacun perçoit les événements du monde. "On se connait tous. On est reliés" dit Lester pour tenter d'expliquer à sa mère comment les souffrances d'individus qu'il ne connait pas, de l'autre côté de l'Atlantique le bouleversent.

    Et c'est peut-être là le cœur du propos de ce livre. La façon dont les choses nous touchent. Que ce soit dans l'intimité (il y a ici une réflexion savoureuse sur le couple, sur la durée d'une relation et ces petits rien ou à l'inverse les drames traversés ensemble qui la rendent indestructible) ou à un niveau plus universel. Comment un malheur collectif impacte chaque individu, en fonction du contexte, de la façon dont se propage l'information. Il y a dans le personnage de Sylvie toute la complexité des forces et des faiblesses qui se bousculent en elle mais dont émerge la beauté du lien maternel. Les scènes entre la mère et le fils sont belles à couper le souffle ; la page 137 vous cueille d'un uppercut à l'estomac. Et tout le fil narratif tient aux réactions de cette femme, dont l'apparente légèreté ou évanescence du début révèle une intelligence instinctive, viscérale et salutaire.

    Pour faire simple, La chance de leur vie c'est du grand art, qui vous accroche d'abord un sourire moqueur au bord des lèvres avant de vous retourner les méninges et le cœur. Plus que jamais, Agnès Desarthe décale les perspectives et c'est aussi profond que spectaculaire.

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  • C'était " La chance de leur vie "... Ce dernier roman d'Agnès Desarthe est le reflet d'une France vue d'outre-Atlantique, dans l'ironie et la dérision. Publié aux éditions de l'Olivier en cette rentrée littéraire 2018,  c'est à travers un couple affecté par les mensonges et  les infidélités que...
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    C'était " La chance de leur vie "... Ce dernier roman d'Agnès Desarthe est le reflet d'une France vue d'outre-Atlantique, dans l'ironie et la dérision. Publié aux éditions de l'Olivier en cette rentrée littéraire 2018,  c'est à travers un couple affecté par les mensonges et  les infidélités que l'on retrouve le goût de l'auteure pour les personnages franchement décalés.

    Hector, Sylvie et leur fils Lester sont à bord de l'avion qui doit les emmener aux Etats-Unis. Une nouvelle vie s'offre à eux. En effet, Hector - poète et philosophe sexagénaire - a été nommé professeur à l'université de Caroline du Nord.
    p. 8 : " Leurs vies à tous les trois allaient être si radicalement bouleversées qu'il convenait d'appliquer la devise d'Edwina, sa belle-mère : "S'étonner toujours, se démonter jamais. "
    Sylvie va devenir le centre de ce roman, devenant les yeux du lecteur. Femme au foyer, elle revendique - silencieusement toujours - son statut, n'éprouvant ni fierté ni gêne. " être rien est un idéal qu'elle poursuit, son parcours s'inspire du non-agir, cela n'est pas le signe d'une défaillance, d'une situation humiliante, mais d'une éthique, un choix de vie".
    Un drame vécu plusieurs années auparavant plane secrètement au-dessus du couple, comme une ombre innommable au tableau.
    p. 126 : " Je sais, maman. Je sais que, papa et toi, vous avez perdu un bébé. Une fille. Longtemps avant ma naissance. "
    Alors parfois, la mélancolie reprend ses droits et Sylvie dont la tension quotidienne est proche du zéro, laisse cours à ses pensées.
    p. 63 : " Certains matins, Sylvie se demande si elle existe encore et, juste après, ce que cela signifie d'exister. Elle sent alors, sous ses pas, le rebord d'une spirale d'anxiété. Si elle avance sur cette voie, elle sera fichue. Elle glissera, perdra ses moyens, ne saura plus remonter. Cela lui est arrivé autrefois. Elle se rappelle la sensation. Un anéantissement auquel on assiste en spectateur, jusqu'au moment où l'on se rend compte que l'on est soi-même démoli. On est alors saisi par l'effroi et l'envie de fuir, sauf que l'on n'a plus l'énergie nécessaire pour s'échapper, faire marche arrière. L'énergie elle aussi a été détruite, absorbée. Mais c'est différent à présent. Elle est simplement dépaysée. "
    Pendant que son mari affine ses liens avec ses collègues, notamment Farah Asmananton, Sylvie décide de s'inscrire à des cours de poterie, sur les conseils de l'Alliance française. Elle y fait la rencontre de Lauren, professeure, qui se prend à voir dans l'état de léthargie de Sylvie une artiste en devenir...
    p. 120 : " Pas d'impatience chez toi, pas de volonté de prouver quoi que ce soit. C'est l'humilité première, primaire, le douloureux et nécessaire constat de l'incapacité. Commencer par penser que l'on n'est pas capable, c'est le préalable à tout ce qui suit. "
    Lester, quant à lui, comme tout adolescent qui se respecte, vit dans une sorte de bulle. Sa propre bulle surtout... il se rebaptise par la même occasion "Absalom Absalom". Il attire ses amis dans des regroupements dignes d'une réunion de secte. Il n'existe pas de réelle cohésion dans cette famille, et pourtant Lester formule inlassablement des prières.
    p. 113 : " Protégez mes parents. Protégez-les de la violence du monde, de la tristesse."
    La famille Vickery vivra de loin les événements des attentats de Paris. Mais l'émotion qui reliera les compatriotes français sur le sol américain a presque un aspect touchant. Mais les américains sont obnubilés par les élections à venir, dans une Amérique pré-Trump.
    Les doutes de Sylvie quant aux infidélités de son mari se confirment lors de l'intervention du dépanneur de machines à laver. Ce dernier fait la découverte de préservatifs coincés dans le tambour.
    p. 162 : " Ils s'embrassent lentement, avec délice, et c'est à ce moment qu'a lieu la révélation : Voilà comment mon mari embrasse quand il ne m'embrasse pas moi. "
    Dans un état d'apathie désarmante, Sylvie n'en éprouve ni jalousie ni colère.

    Si l'incipit de ce roman me semblait particulièrement prometteur, je ne cache pas l'effort qu'il m'a fallu pour atteindre le point final ! Je suis certainement passée à côté de la subtilité de cette histoire.... totalement insipide à mon goût. L'auteure se moque et stigmatise la place des femmes dans la société américaine. On y dénote les différences de culture entre les deux pays. Mais le personnage de Sylvie me semblait  très prometteur de prime abord par l'introspection qu'elle fait de sa vie et de son couple. Déception...

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