La blessure ; l'amour, la folie, une guerre

Couverture du livre « La blessure ; l'amour, la folie, une guerre » de Jean-Baptiste Naudet aux éditions L'iconoclaste
  • Date de parution :
  • Editeur : L'iconoclaste
  • EAN : 9782378800246
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Le fiancé de Danielle est mort en Algérie. Hantée par ses lettres, elle sombre dans la folie. Son fils, reporter de guerre, se débat avec cet héritage.
Pour littéralement sauver sa propre peau, Jean-Baptiste exhume l'histoire de Robert, le chasseur alpin sacrifié. En Savoie, il retrouve sa... Voir plus

Le fiancé de Danielle est mort en Algérie. Hantée par ses lettres, elle sombre dans la folie. Son fils, reporter de guerre, se débat avec cet héritage.
Pour littéralement sauver sa propre peau, Jean-Baptiste exhume l'histoire de Robert, le chasseur alpin sacrifié. En Savoie, il retrouve sa tombe, rencontre son frère. Puis il se tourne vers son propre père, autrefois meilleur ami de Robert.
Celui-ci lui remet les lettres de Danielle et de son fiancé qui restituent un semestre d'amour, de vie au combat, d'attente à Paris et de rage politique.
De ces trois vies, il tresse une même blessure.

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  • 1960. Robert perd la vie en Algérie. Envoyé là-bas par l’État français afin de ‘nettoyer’ la Kabylie, il est tué d’une balle lors d’une patrouille. Sa fiancée, Danièle, l’attend à Paris. Dévastée par le chagrin elle tente de rester en vie. Vingt ans plus tard, son fils Jean-Baptiste découvre des...
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    1960. Robert perd la vie en Algérie. Envoyé là-bas par l’État français afin de ‘nettoyer’ la Kabylie, il est tué d’une balle lors d’une patrouille. Sa fiancée, Danièle, l’attend à Paris. Dévastée par le chagrin elle tente de rester en vie. Vingt ans plus tard, son fils Jean-Baptiste découvre des lettres, celles de deux âmes-sœurs que le destin a brisés. Jean-Baptiste est reporter de guerre, la folie s’est emparée de lui et avec ces écrits il tente de reconstituer son histoire et de se sauver.

    Jean-Baptiste Naudet rejoue l’histoire de l’Algérie. De cette guerre cruelle longtemps cachée par la France. Il s’approprie l’histoire de son père Gilles Naudet, de sa mère et son fiancé, nous livrant ainsi un texte fort, dur voire cru. La guerre transforme les hommes, en fait des monstres, incapables d’humanité. Dans ses lignes, j’y ai vu l’horreur, la torture, le dégoût, les viols, les massacres et même la joie de tuer. De quoi en faire une lecture glaçante. Cette histoire de famille est vraie et il aurait été irrespectueux de ma part de ne pas finir ma lecture aussi difficile soit-elle. Un premier roman qui secoue, indispensable pour que l’Algérie ne soit plus ignorée en littérature.
    « En attendant, voici ce livre, comme une offrande, comme une supplique, comme un chant à la mort, à l’amour. Comme une étoile dans la nuit, une étoile qui n’a pas de nom mais qui est la nôtre, une étoile qui ne parle que d’amour et qui ne doit jamais mourir. Pour que l’on nous comprenne, pour que l’on nous excuse, pour que l’on nous pardonne. Algérie, notre amour. »

    http://www.mesecritsdunjour.com/archives/2018/10/30/36825433.html

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  • Je ne pense pas que l’on puisse lire “La blessure” sans émotions, dans mon cas elles ont été très fortes et ce livre va rester longtemps rester gravé dans ma mémoire.
    Les lettres d’amour entre Robert et Danielle sont d’une beauté absolue, très poétiques et j’imaginais le bonheur qu’avait chacun...
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    Je ne pense pas que l’on puisse lire “La blessure” sans émotions, dans mon cas elles ont été très fortes et ce livre va rester longtemps rester gravé dans ma mémoire.
    Les lettres d’amour entre Robert et Danielle sont d’une beauté absolue, très poétiques et j’imaginais le bonheur qu’avait chacun de lire l’autre !
    L’histoire de reporter guerre de l’auteur lui-même, ce poids de la mort de Robert qu’il porte en lui, tout ce pan du roman m’a aussi beaucoup marquée. Dans la lignée de Pascal Manoukian, Nicolas Delessale, Jean-Baptiste Naudet partage avec nous cette vie tellement dangeureuse et marquante et qui me fait penser que j’ai eu un travail bien pépère malgré le stress, les charges de travail et tout le toutim !
    Enfin, La blessure est le premier roman que je lis et qui décrit de nombreux pans de la guerre d’Algérie qui m’étaient alors inconnus. Mon papa a aussi été engagé volontaire plus de 2 ans en Algérie, pour ses 20 ans. Lui qui n’avait connu que les champs de son village gersois est parti en bateau jusqu’à Alger. De nombreux mois passés dans la peur, le dégoût pour la guerre et aussi une admiration pour les fells qui se battaient pour leur terre. Il n’a jamais parlé des débordements, peut-être a-t-il eu la chance d’en être tenu éloigné ? Sa conclusion
    à se participation forcée à la guerre est qu’il a eu beaucoup de chance ! Oui il a eu le chance de revenir vivant alors qu’un soir de patrouille c’est le jeune qui était juste devant lui qui a été tué... Il avait retrouvé ses copains et ils se retrouvaient avec plaisir, partageant les bons et les mauvais souvenirs, mais maintenant qu’ils sont tous morts j’ai conscience que l’on parle peu de cet épisode de sa vie, et je vais lui offrir ce livre pour que l’on échange à son sujet et pour en savoir plus.

    Un grand merci aux 68premièresfois pour cette belle découverte et un grand bravo à l’auteur !

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  • http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/10/la-blessure-de-jean-baptiste-naudet.html

    C'est un récit autobiographique que nous livre ici Jean-Baptiste Naudet. Robert, le fiancé de sa mère Danielle est mort en Algérie en 1960 trois mois avant son retour, à l'âge de vingt ans. La date du...
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    http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/10/la-blessure-de-jean-baptiste-naudet.html

    C'est un récit autobiographique que nous livre ici Jean-Baptiste Naudet. Robert, le fiancé de sa mère Danielle est mort en Algérie en 1960 trois mois avant son retour, à l'âge de vingt ans. La date du mariage de Robert et Danielle était fixée... Vingt ans plus tard, mariée avec Gilles, le meilleur ami de Robert, mère de trois enfants, Danielle sombre dans la dépression et la folie. Personne ne sait pourquoi, Gilles ne comprend rien, Jean-Baptiste adolescent est désespéré de voir sa mère dans cet état....

    Jean-Baptiste va devenir grand reporter de guerre et côtoyer la mort dans différentes zones de guerre en Afghanistan, en Bosnie, au Kosovo... Victime de stress post-traumatique il recherche les origines de son cheminement et réalise qu'il s'est inconsciemment identifié à Robert dont il a longtemps ignoré l'histoire. Il va alors reconstituer l'histoire de Robert et prendre connaissance des lettres que les deux fiancés ont échangées de février à juin 1960, date de la mort au combat de Robert en Kabylie. Des lettres dans lesquelles Robert confie tout à Danielle, le départ la fleur au fusil, le voyage en bateau à partir de Marseille, l'arrivée en Algérie, la première attaque, les opérations de "nettoyage", les soldats qui perdent les pédales, les exactions commises de part et d'autre, la torture dans cette "pacification " aux allures d'extermination... Des lettres dans lesquelles transparaissent l'amour de ces deux jeunes gens et leur confiance en leur avenir commun.

    " La guerre, ce n'est pas seulement la "drogue du combat", cette addiction aux sensations fortes, cette soif d'action qui l'emporte sur la peur, ce concours idiot de machisme. C'est surtout une irremplaçable intensité des rapports humains, portés à leur incandescence."

    Les histoires de Robert, Danielle et Jean-Baptiste sont entrelacées tout au long de ce récit très puissant. Jean-Baptiste nous apporte son regard particulièrement affûté de reporter de guerre pour nous immerger dans les horreurs des conflits avec des scènes très réalistes, très dures. Il nous fait ressentir la peur que le soldat a de prendre goût à la violence, de se laisser griser par les salves des mitraillettes. La crainte de se durcir, de se laisser séduire par le côté cow-boys de la guerre est la même pour Robert et pour lui, le combat qu'ils livrent contre eux-mêmes pour ne pas devenir des monstres est identique. Le contraste est saisissant entre les passages sur les combats et les très belles lettres d'amour de Robert et de Danielle dont l'auteur a eu la bonne idée de parsemer son récit. Ce roman empreint de rage donne une impression d'urgence, il évoque des destins tragiques, il raconte le lourd héritage pour Jean-Baptiste qu'aura été l'histoire de sa mère, le poids qu'aura été pour lui ce secret de famille. Il est aussi beaucoup question de culpabilité dans ce récit, culpabilité de Danielle envers le peuple algérien, culpabilité de Gilles envers son ami...
    Ce roman est une sorte de cri qui, je l'espère, permettra à l'auteur d'accéder à la résilience, de se délivrer de ce passé qui l'obsède. J'ai eu l'occasion de l'entendre parler de son livre à Nancy et ai été impressionnée par l'émotion qui l'étreint encore quand il parle de son histoire familiale.

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  • Il n’est rien de plus difficile que d’oser mettre des mots sur des années de silence entretenu avec soin, rien de plus difficile que d’oser rouvrir des blessures pour en faire sortir des larmes de douleur et de sang, que d’oser en creuser le sillon pour en expulser l’infectieuse amertume qui tue...
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    Il n’est rien de plus difficile que d’oser mettre des mots sur des années de silence entretenu avec soin, rien de plus difficile que d’oser rouvrir des blessures pour en faire sortir des larmes de douleur et de sang, que d’oser en creuser le sillon pour en expulser l’infectieuse amertume qui tue ceux qui les portent. C’est pourtant ce que fait Jean-Baptiste Naudet, dans ce roman qui tient plus du témoignage admirablement organisé en échos successifs, avec une sensibilité et une délicatesse qui n’ont d’égales que la force et le courage qui les accompagnent.
    « La blessure », bien sûr, c’est celle de sa mère, portée douloureusement et jusqu’à la folie comme le seul enfant qu’elle aurait jamais de ce beau fiancé arraché à ses bras et à la vie par une guerre qui n’a longtemps pas eu le courage de dire son nom. C’est aussi celle que son grand taiseux de père endossera comme un fardeau choisi, accepté en cadeau de noces par celui qui, par amour, endurera de n’être jamais que celui d’après, celui qui n’est pas parti là-bas avec les autres, ceux qui ne sont pas revenus. C’est celle, violente, physique, cruelle, qui mettra fin à la vie de Robert quelques mois avant le retour espéré de cette guerre qu’il n’a pas comprise, qui n’était pas la sienne, lui, l’homme de paix, l’homme d’esprit, l’homme de vie, mais qu’il a faite au mieux, au moins pire, en s’efforçant de lutter contre cette force barbare qu’il sentait possible en lui comme en tant d’autres.
    « La blessure », enfin, c’est celle de Jean-Baptiste lui-même, atteint par-delà les silences par cette force impérieuse et mystérieuse qui fait que, malgré soi, on réécrit l’histoire quand elle n’a pas tout dit. Devenu reporter de guerre, il découvrira, comme Robert avant lui, dans une sorte d’effroyable vertige, que l’on peut se laisser prendre aux pièges (aux charmes ?) de cette violence légalisée et justifiée et cette découverte le mènera, à son tour, au vacillement de la raison.
    D’une guerre l’autre, d’une connerie l’autre, d’une blessure l’autre, Jean-Baptiste Naudet nous donne à entendre, à lire, à sentir les échos jamais éteints des déflagrations guerrières dans une vie d’homme, de femme. Néanmoins, par la réflexion philosophique qu’il prête à Robert au regard de sa correspondance, par son propre cheminement de pensée, par les quelques mots de son père qui clôturent son récit, c’est plus à la méditation qu’à la vengeance que nous invite l’auteur, c’est l’émotion qui l’emporte sur l’horreur, l’humain sur le barbare, dans ce très beau texte d’un reporter de guerre devenu romancier de paix.

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  • Un récit qui m’a profondément marquée, un réquisitoire contre la guerre né d’une blessure, celle de la mort de Robert, jeune appelé durant la guerre d’Algérie. Celui-ci était le fiancé de la mère de l’auteur, Danièle. Une blessure qui se transforme en folie lorsque les souvenirs de sa mère sont...
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    Un récit qui m’a profondément marquée, un réquisitoire contre la guerre né d’une blessure, celle de la mort de Robert, jeune appelé durant la guerre d’Algérie. Celui-ci était le fiancé de la mère de l’auteur, Danièle. Une blessure qui se transforme en folie lorsque les souvenirs de sa mère sont insurmontables.
    Jean-Baptiste NAUDET subira cette blessure de plein fouet et partira sur des zones de guerre en reportage, frôlant la mort, narguant le danger, spectateur de tueries d’une sauvagerie inouïe. Il affrontera sa propre folie, interné à son tour pour affronter ses démons.
    Pour remonter le temps et comprendre l’origine de ce gâchis, l’auteur publie les lettres échangées entre sa mère et Robert. Pour une fois, le conflit algérien est vécu de l’intérieur, et donne la parole à un jeune appelé, sacrifié comme beaucoup d’autres dans une guerre absurde et perdue d’avance.
    J’ai rarement lu de telles pages, pas seulement émouvantes mais aussi terriblement lucides. Dans ses lettres à Danièle, Robert s’interroge et ses doutes résonnent en chacun de nous. D’un côté, il déborde d’amour pour Danièle, un amour qui le fait tenir. Mais il fait aussi le douloureux constat qu’il est capable lui aussi de tuer par peur, par réflexe, pour sauver ses camarades.
    La guerre peut transformer chacun d’entre nous en tortionnaire ou une sorte de héros prêt à se sacrifier pour les autres.
    Seul bémol à ce récit : à un moment, j’ai vraiment eu un trop plein de cadavres, de putréfaction, de tripes à l’air, de sang et de massacres, la lecture est devenue alors très éprouvante. Pourtant, je n’ai pas envisagé d’abandonner tant cette lecture est nécessaire.
    Hasard du calendrier, j’ai commencé ce livre le jour même où le Président de la République reconnaissait la responsabilité de l’Etat français dans l’usage de la torture en Algérie ; une amorce d’excuses au peuple algérien qui permettra un travail de mémoire et de réconciliation.
    Les derniers mots sont ceux du père de l’auteur ; ils résonnent fort comme une mise en garde adressée aux nouvelles générations pour les inciter à réfléchir sur la politique, les encourageant à protester à temps et résister à toute forme de barbarie.
    Un texte remarquable tant les intervenants sont lucides et humains.

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  • la photo en noir et blanc m'a fait penser aux photos de nos pères habillés en militaire qui nous semblaient si lointaines et "curieuses". Mais comment faire la critique d'un roman qui parle de guerre quand on est née en tant de paix et qu'on n'a jamais connu de conflit ?.
    On a dès le début de...
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    la photo en noir et blanc m'a fait penser aux photos de nos pères habillés en militaire qui nous semblaient si lointaines et "curieuses". Mais comment faire la critique d'un roman qui parle de guerre quand on est née en tant de paix et qu'on n'a jamais connu de conflit ?.
    On a dès le début de la lecture l'impression de lire un carnet de route d'un soldat en temps réel mais au fur et à mesure des événements on réalise le maillage subtil et filial qui a conduit à cette histoire .
    Jean Baptiste,grand reporter de guerre nous livre avec beaucoup de pudeur la correspondance entretenue entre Robert ,le premier amoureux de sa mère et Danielle (sa mère) qui a peu a peu sombré dans une folie irréversible du fait du décès de celui ci .Dès le début on croit que tout est dit mais en fait de déroulement on assiste à la genèse de plusieurs destinées qui se croisent et qui se trouvent bouleversées par cet événement .
    A travers cette correspondance Jean Baptiste nous livre ce témoignage poignant et puissant parfois choquant de vérité sur la guerre d’Algérie,cette terre magnifique faite de "lait et de miel" qui sera alors transformée en sang et en larmes pour une mauvaise guerre ,au mauvais endroit ,au mauvais moment contre un mauvais ennemi selon la citation du General Bradley et surtout pour une mauvaise raison (en reprenant les propos de l'auteur).
    Au fur et a mesure de la correspondance les liens se renforcent comme pressés par l'urgence de la force vive éculée par l'injonction de la guerre ; Danielle et Robert se promettent en mariage et vivent intensément leur amour épistolaire qui verra son acmé se faire exploser par un tir de balle. Et la raison de Danielle se perdra de ce fait dans son sillage irrémédiablement.
    Une très belle histoire d'amour fou et une sublime déclaration d'un fils à sa mère qui pudiquement embrassera les pas de cet amour perdu sans en trahir les propos.
    C'est un témoignage sans détours sur les faits de guerre qui rend hommage aux victimes et qui nous rappelle que ça n’était pas si loin pour l'Algérie mais que c'est bien présent au contraire pour d'autres conflits . Içi Jean-Baptiste Naudet dépose même les armes sur le fondement de sa profession qu'il fini par rejeter en bloc à force de saturation et d'images" trop perçues" . On partage avec lui le trajet analytique qui nous mène aux confins de l'humanité et de la psyché sur un plaidoyer de l'absurdité de la guerre et cet impossible moyen de réparer certaines blessures trop profondes,impossible à cicatriser .
    On en ressort émue et bouleversée.

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  • Un roman autobiographique apparemment. La guerre. Les guerres. Et ce qu'elles font aux et des humains.

    A 20 ans, Robert est appelé en Algérie et doit laisser en France sa fiancée, Danielle. Lorsque le fils de celle-ci, Jean-Baptiste, découvre les lettres qu'elle a échangé avec ce fiancé, il...
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    Un roman autobiographique apparemment. La guerre. Les guerres. Et ce qu'elles font aux et des humains.

    A 20 ans, Robert est appelé en Algérie et doit laisser en France sa fiancée, Danielle. Lorsque le fils de celle-ci, Jean-Baptiste, découvre les lettres qu'elle a échangé avec ce fiancé, il comprend l'égarement progressif de sa mère. Une folie qu'il a reçue en partage, lui qui a choisi d'être reporter de guerre et de se nourrir des innombrables conflits de la planète. Dans ses lettres à Danielle, Robert s'effraie d'aimer les patrouilles et l'aventure guerrière. Conscient de participer à une guerre inique, il est effaré d'y trouver du plaisir. Des décennies plus tard, c'est peut-être cette même exaltation que recherche Jean-Baptiste, en choisissant d'être témoin de la guerre. Jusqu'à la nausée. Jusqu'à la folie.

    Que sommes-nous pour être à la fois capables de tant d'amour et de tant de violences ? De quelle nature est cette presque complaisance envers la destruction et la mort ? Qu'est-ce qui nous guide et nous anime fondamentalement ? Sur quoi se fondent nos choix ? Ces questions lancinantes hantent ce récit spasmodique. Sa construction, qui met en contraste les pires monstruosités et la délicatesse de l'amour, reflète les convulsions auxquelles sont soumis les personnages. L'écriture se plie aux mêmes soubresauts : descriptive et concrète jusqu'à l'écoeurement pour les scènes de guerre, poétique et tendre pour les lettres d'amour, nerveuse et sèche pour évoquer la folie. De cette histoire familiale et intime, l'auteur fait une réflexion sur ce qui détermine nos choix, sur les héritages qui nous fondent, nous inspirent ou/et nous enferment, sur l'attrait qu'exerce la guerre sur ceux qui savent pourtant qu'elle va les broyer.

    Un roman qui m'a durablement marquée !

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  • La guerre est une bombe à retardement. Non seulement, elle blesse, fracasse et tue de jeunes hommes partis, le cœur vaillant, la tête pleine de souvenirs charnels à peine effleurés. Mais elle s’immisce aussi dans la tête et le cœur de celles et ceux qui sont restés au pays, blessant plusieurs...
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    La guerre est une bombe à retardement. Non seulement, elle blesse, fracasse et tue de jeunes hommes partis, le cœur vaillant, la tête pleine de souvenirs charnels à peine effleurés. Mais elle s’immisce aussi dans la tête et le cœur de celles et ceux qui sont restés au pays, blessant plusieurs générations.
    Robert Sipière, vingt ans à peine, part faire son service militaire en Algérie. On lui a promis le paradis kabyle, il trouvera un bourbier sanglant où, aveuglés par la peur et la haine, les soldats enchérissent sur la violence, des scènes de guerre macabres à faire gerber les « bleubites ».
    Danielle, celle qu’il n’a serrée dans ses bras qu’une fois dans la mousse des forêts, est son seul lien avec l’humanité, sa raison de tenir jusqu’à la quille. Un lien épistolaire, une bouffée d’amour et de réconfort.
    L’amour et les guerres fascinent et obsèdent. Les « mauvais garçons » aiment les jeux mortels.Fous de guerre, fous de la guerre.
    Jean-Baptiste Naudet, correspondant de guerre, se brûle les ailes au souvenir du premier amant de sa mère. Comme lui, il connaîtra l’horreur des champs de bataille au Cambodge, au Rwanda, en Tchétchénie ou ailleurs. Comme elle, il vivra la noirceur des hôpitaux psychiatriques. La guerre tue toute innocence.
    Son témoignage, porté par la correspondance entre sa mère et Robert, sa perception de la guerre, fantasme de la puissance absolue sont d’une portée lumineuse, d’une sincérité touchante.
    Accompagnés de Prévert, Hugo, Baudelaire, Rimbaud ou Barbara, les mots de l’auteur sont un vibrant hommage à Robert Sipière et Danielle Naudet, un récit sur la filiation mais aussi un appel à la paix, à l’amour et une demande de pardon à l’Algérie.

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  • La blessure raconte à la fois l’amour et l’horreur. C’est l’histoire de Danielle , la maman de Jean-Baptiste, et de Robert, son premier fiancé, envoyé comme bien d’autres, de l’autre côté de la Méditerranée, lors de la guerre d’Algérie. C’est le récit de cette épine qu’elle, jeune fille...
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    La blessure raconte à la fois l’amour et l’horreur. C’est l’histoire de Danielle , la maman de Jean-Baptiste, et de Robert, son premier fiancé, envoyé comme bien d’autres, de l’autre côté de la Méditerranée, lors de la guerre d’Algérie. C’est le récit de cette épine qu’elle, jeune fille amoureuse, avait gardée plantée dans le cœur depuis la mort de ce grand Amour. Un amour perdu en Kabylie, et qui la portera aux confins de la folie, au bord d’un gouffre . Il faut croire que certaines échardes sont génétiques… Les gouffres de la raison aussi.

    Vingt ans, c’est l’âge pour vivre, pour rire, pour aimer, pour s’aimer. Pas celui pour mourir dans une guerre qui dépasse l’entendement.

    Jean-Baptiste Naudet a découvert, après avoir touché lui-même le fond du cloaque, après avoir vécu les charniers, les guerres, l’odeur de la mort, ce secret qu’il pressentait sans pouvoir le nommer. Celui qui faisait que sa mère était devenue folle de désespoir, celui qui l’avait poussé lui-même à affronter des démons hurlants jour et nuit. Des années après le décès de Danielle, Jean-Baptiste a appris l’existence de la correspondance flamboyante d’amour entre ces deux jeunes gens à qui l’avenir souriait…

    Mais « quelle connerie, la guerre, Barbara »…

    L’auteur nous livre avec une pudeur inouïe leurs échanges, leurs mots, leur tendresse, leurs promesses, leurs «je t’aime ».

    « … Je sais encore le son de ta voix , mon amour, et le ciel de tes yeux , et le cœur de ton corps ».

    Le roman est un écho : celui de trois voix. Celle de Danielle, celle de Robert, et celle de Jean-Baptiste.

    Il est splendidissime, ,il me faudrait des pages et des pages, des lignes et des lignes pour retranscrire mes émotions. Il vous prend aux tripes. Il est à l’image de son auteur, avec ses grandes mains, ses yeux pleins de brume et de cicatrices.

    La Blessure est un hommage magnifique et lumineux à l’Amour, à sa mère, à tous les Algériens , à tous les Kabyles, à toutes les victimes qui continuent de tomber, tous les jours.

    Oh Barbara , quelle connerie la guerre !

    Emaillé de références poétiques à des auteurs qui me touchent tout particulièrement, comme Prévert, Rimbaud, Apollinaire, Hugo, ce roman est beau. Oui, beau. Et fort . Et étoilé. C’est un plaidoyer pour la Paix. En outre, il interroge, à juste titre, sur ce que la parentalité implique comme transmission, ces blessures que l’on donne sans même sans rendre compte.

    Je ne vous en dirai pas plus, parce qu’il FAUT que vous le lisiez, que vous avaliez ces mots, que ces odeurs , ces fêlures, vous imprègnent aussi.

    « Je me souviens et je pleure. Maman, c’est toi qui avais raison , quelle connerie la guerre… Et je n’ai jamais rien compris. Rien à rien Maman… »

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  • Un livre assez difficile sur la guerre d'Algérie (dans les descriptions de certaines scènes), mais sinon c'est un très bon roman qui mêle plusieurs sujets, autres que la guerre, comme la mémoire de guerre, les traumatismes qui en résultent, de l'amour aussi.

    Un livre assez difficile sur la guerre d'Algérie (dans les descriptions de certaines scènes), mais sinon c'est un très bon roman qui mêle plusieurs sujets, autres que la guerre, comme la mémoire de guerre, les traumatismes qui en résultent, de l'amour aussi.

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