Journal inédit ; 1937-1950

Couverture du livre « Journal inédit ; 1937-1950 » de Alain et Emmanuel Blondel aux éditions Des Equateurs
Résumé:

Des Propos du philosophe Alain (1868-1951), l'écrivain André Maurois disait que c'était « l'un des plus beaux livres du monde. Je le mets au rang de Montaigne et de Montesquieu. L'étonnant est qu'il ne fut pas conçu comme un ouvrage composé. » Cet éloge et ce qualificatif pourraient correspondre... Voir plus

Des Propos du philosophe Alain (1868-1951), l'écrivain André Maurois disait que c'était « l'un des plus beaux livres du monde. Je le mets au rang de Montaigne et de Montesquieu. L'étonnant est qu'il ne fut pas conçu comme un ouvrage composé. » Cet éloge et ce qualificatif pourraient correspondre au Journal inédit d'Alain, qui couvre les douze dernières années de la vie du philosophe (décembre 1937-juin 1950).

Ce Journal est avant tout une matrice des idées. On y trouve tous les projets philosophiques d'Alain : réflexion sur une religion de l'Homme, sur l'Esthétique. En permanence, le Journal est porté par des lignes mélodiques et poétiques sur la peinture, la musique, le théâtre et la littérature. Il ne faut pas oublier qu'Alain est l'auteur des Entretiens au bord de la mer, il aère sa philosophie face à l'océan et en Bretagne.

« J'ai eu le loisir de contempler deux fois la mer par un temps admirable. Je me suis enivré de cette couleur bleue qui fait le désespoir des peintres et qui fera bientôt le mien. On le représente toujours trop foncé. Il faut trouver la relation entre bleu et jaune sable, qui rende le même ton. Une couleur n'est pas ressemblante en soi ; c'est le sentiment qui ressemble au sentiment qui et voilà ce qui achève les formes. » Il y a du peintre chez le philosophe Alain, une incarnation de la philosophie dans la pâte humaine. IL est aussi un insatiable lecteur, rebondissant sur tous les livres qu'il dévore et on ne se lasse pas dans son Journal des pages admirables sur Montaigne, Rabelais, Balzac, Stendhal, Saint-Simon, Chateaubriand, George Sand, mais aussi sur Fielding, Dickens, Kipling, Sterne, Conrad... et Margaret Mitchell ; sur Marivaux, Musset et G.B. Shaw.

La lumière, le pétillement et la fulgurance des idées sont contrebalancés par la conscience du naufrage de sa vie. Malade, Alain est atteint dans son corps. Ce Journal devient alors en pleine période de guerre une oeuvre de résistance, une tentative de recommencer malgré tout.

L'oeuvre d'Alain, pour des raisons complexes, est sans doute l'une des plus méconnues du XXe siècle. Ce Journal comble une lacune, il nous permet de nous initier à la puissance d'Alain, à cette humanité particulière qui lui avait valu, de la part de ses élèves, le surnom : « L'Homme ». Car ici tout s'arrache au corps, au désespoir, et tout procède du coeur, et de la volonté de penser malgré tout. Pour reprendre le mot d'Henri-Irénée Marrou sur Saint Augustin, on pourrait dire de cet insolent vieillard qu' « il nous apprend, par son exemple, un art de vivre (et d'écrire, et d'agir) par temps de catastrophe ».

La publication de ce Journal inédit est un événement dans le domaine des sciences humaines et dans l'histoire de la pensée contemporaine.

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