Je mourrai une autre fois

Couverture du livre « Je mourrai une autre fois » de Isabelle Alonso aux éditions Heloise D'ormesson

3.75

4 notes

Résumé:

1931. La Seconde République d'Espagne est proclamée sous les yeux ébahis de Gelín, surnom affectueux d'Angel Alcalá Llach. Bercé par les idéaux libéraux, égalitaristes et anticléricaux de ses aïeux, le petit garçon de sept ans croit corps et âme en cette « République-providence » qui sonne la... Voir plus

1931. La Seconde République d'Espagne est proclamée sous les yeux ébahis de Gelín, surnom affectueux d'Angel Alcalá Llach. Bercé par les idéaux libéraux, égalitaristes et anticléricaux de ses aïeux, le petit garçon de sept ans croit corps et âme en cette « République-providence » qui sonne la fin de l'asphyxie sociale. « Le peuple vient de gagner. Sans coup de feu.
Proprement. C'est la fin de la misère, de l'injustice et de l'ignorance », lui annonce son père. La vie est douce à Madrid. Le soir, les parents jouent aux échecs au son du gramola, le tout nouveau tourne-disque. Après ces années d'effervescence et de liesse, la montée du franquisme vient saper les espoirs de la famille. Alors adolescent, Gelín s'engage dans la résistance pour « botter le cul des fachas » et lutter contre la vermine phalangiste.
Dans les rangs de l'armée républicaine, ses nobles convictions se heurtent à la réalité du champ de bataille.
Sous les traits de Gelín, jeune idéaliste, témoin forcé d'un drame humain et politique que sa naïveté adolescente refuse d'accepter, Isabelle Alonso donne vie à un grand roman espagnol. Conte initiatique, Je mourrai une autre fois est le récit tendre et émouvant d'un monde fracassé par une guerre fratricide, d'un conflit que le reste de l'Europe, tourné vers l'Allemagne, a préféré ignorer, et d'un peuple qui s'est senti trahi par l'Histoire.

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Le courrier des auteurs

Isabelle Alonso répond à nos questions ! (25/05/2016)

1) Qui êtes-vous ? ! Vaste question ! Donnez-moi quelques heures et je vous réponds du tac au tac. 2) Quel est le thème central de ce livre ? La force des sentiments enfantins, des émotions adolescentes, face à l'absurdité et la violence du monde. L'engagement sans recul, l'innocence, l'idéalisme. 3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ? Allez, deux ! - C'est l'avant guerre. Le truc, avec l'avant guerre, c'est qu'on ne le sait qu'après. Sur le moment on ne sait pas que ça va être la guerre... On croit que la douceur de vivre est la seule forme d'existence.» - Nena n'aime que les belles choses : «La liberté est un droit de l'Homme, comme la liberté et la justice !» 4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ? Un chant révolutionnaire qui ne se prendrait pas au sérieux, entonné par des enfants en liberté. 5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ? Les décalages entre ce que j'ai cru émettre et ce qu'ils ont perçu. S'apercevoir qu'ils ont lu leur propre histoire et qu'elle enrichit la mienne. Sentir ce partage. 6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ? Je dois être dans un endroit rangé. Sinon, le désordre influe sur moi. J'adore écrire dans le train ou l'avion, pendant ces moments suspendus, déconnectés. L'esprit alors part en goguette. Je mets en fond sonore ce qui me parait assorti à ce que je suis en train d'écrire. Je peux écouter le même air, gai ou triste, en boucle, pendant des heures parce qu'il me met dans l'état émotionnel dont j'ai besoin. Puis, quand je relis, j'aime le silence. Pour parfois relire à voix haute. J'écris plutôt le matin, après le petit déjeuner, un deuxième ou troisième mug de café à portée de main. 7) Comment vous vient l'inspiration ? Je ne sais pas ce que c'est. Il me semble que l'inspiration est juste une manière de rester attentive, de regarder la vie comme une source, un courant où apparaissent des liens inattendus, des rapprochements entre des éléments réunis par le hasard. On s'en nourrit pour écrire. 8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescente «un jour j'écrirai des livres» ? Elle a toujours, dès la prime enfance, été là, sous forme épistolaire. Je viens d'une famille disséminée par l'exil, et ma mère tenait à cultiver les contacts. J'écrivais des lettres à mes oncles, en Espagne et aux États-Unis. Dès cette époque je rêvais d'écrire un livre, tout un livre, et ça me paraissait inaccessible, un Annapurna de difficulté. Puis c'est devenu une nécessité. L'idée qu'il manque à ma vie quelque chose d'essentiel quand je n'écris pas a toujours été là.

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Les derniers avis

  • 0.15

    Je ne connais pas l'auteure ! L'Espagne, l'avènement du franquisme est une période de l'histoire qui m'intéresse fortement c'est pourquoi je participe à ce concours.

    Je ne connais pas l'auteure ! L'Espagne, l'avènement du franquisme est une période de l'histoire qui m'intéresse fortement c'est pourquoi je participe à ce concours.

  • 0.25

    Un livre poignant sur la guerre civile espagnole, une histoire qui me touche plus particulièrement. Dommage que l'auteure ne l'ait pas écrit en espagnol...

    Un livre poignant sur la guerre civile espagnole, une histoire qui me touche plus particulièrement. Dommage que l'auteure ne l'ait pas écrit en espagnol...

  • 0.15

    Angel Alcala Llach, dit Gelin, est l’enfant d’une famille aux idéaux sans ambiguité. Leur manière de vivre quelque peu romanesque est guidée par la ligne politique qu’ils défendent. Pour eux, l’Espagne Républicaine, entendons : socialiste ou communiste ou même anarchiste, est le seul modèle...
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    Angel Alcala Llach, dit Gelin, est l’enfant d’une famille aux idéaux sans ambiguité. Leur manière de vivre quelque peu romanesque est guidée par la ligne politique qu’ils défendent. Pour eux, l’Espagne Républicaine, entendons : socialiste ou communiste ou même anarchiste, est le seul modèle capable de rendre le peuple espagnole libre et heureux. Le père « se sent pionnier d’une espèce en voie de disparition : le démocrate espagnol », donc il « a besoin d’alimenter ses convictions avec la conscience permanente de ce qui se passe » ; la mère, Nena, « vaccinée à la modernité par son père, ne dispose d’aucune autre vision du monde ».

    En 1929, Gelin a 7 ans, n’est pas scolarisé, ne reçoit pas d’éducation religieuse, ce qui le place dans des situations difficiles lorsque ses pulsions d’enfant le livrent à d’autres qui pourraient être simplement ses copains. Privé d’une partie de son enfance, il a une grande liberté, celle de lire tous les ouvrages et journaux de la vaste bibliothèque paternelle. C’est ainsi qu’il apprend à lire, à réfléchir, à s’exprimer à partir des richesses culturelles qu’il découvre dans la bibliothèque paternelle. Il fait sienne cette réflexion (que je partage), « notre premier ennemi est l’ignorance parce qu’elle engendre la bêtise »

    A cette période, la monarchie d’Alfonso XIII se fendille, aux élections municipales, les monarchistes ne conservent que les campagnes, les villes sont gagnées par les républicains.
    En 1932, Gelin lit la Constitution. En Espagne, des idées modernes y sont inscrites : l’abolition de la peine mort, le droit de vote des femmes… Mais au premier 1er scrutin ouvert aux femmes, sans lien avec ceci, la droite gagne. S’ensuivent grèves, insurrection ouvrière en Asturie, c’est « la révolution d’octobre ».
    En 1936, le Front Populaire, le père de Gelin s’engage, revient, Gelin est accepté et s’engage magré son jeune âge dans le mouvement des Jeunesses Socialistes Unifiées. En le ramenant à la maison, son père ne ramène pas à la raison et ne peut éteindre ce tempérament fougueux qu’il déploie dans son combat pour la République, la liberté sans armes, ni violences..

    Ce bref résumé de la première partie du livre m’a vraiment transportée aussi bien dans la vie de cet enfant et de sa famille, que dans l’Espagne fragile qui était déjà engagée sur le long chemin de la guerre, seule face au fascisme.

    Puis vient l’engagement sans faille de Gelin, très jeune adolescent que la plume d’Isabelle Alonso nous invite à suivre.
    Sans être négative sur ce que le lecteur découvre ensuite, j’ai senti néanmoins une différence de rythme générant une sensation de longueur dans le texte.
    Néanmoins, la description des situations, des relations entre combattants, des sentiments qui se créent malgré et parfois grâce aux différences, sont des éléments forts dans l’écriture de ce roman grave avec un peu de légèreté, que ce soit dans le traitement des événements ou dans celui des comportements.
    Une légèreté qui m’a parfois un peu dérangée, quand en frôlant la vulgarité, elle avait tendance à relativiser la gravité des faits.

    Ce roman offre une autre ouverture sur l’insurrection libertaire espagnole, prémice à la guerre civile de 1936 que j’avais découvert sous un autre prisme avec le roman de Lydie Salvayre « Pas pleurer ». Dans les deux cas, ce sont les engagements des hommes pour la Liberté, contre la violence barbare de l’armée franquiste, et sa complicité avec l’église que dénoncent ces écrivains, après d’autres parmi lesquels Georges Bernanos.
    Quel que soit les personnages du roman, pourvu qu’ils soient fidèle à l’histoire, j’accepte les différences de style, j’en retiens la leçon d’histoire… en ce sens, le livre d’Isabelle Alonso est encore un témoignage important pour ne pas oublier.

  • 0.2

    Espagne, 1931. Après des années passées sous un gouvernement de dictature mussolinienne porté par le général Primo de Rivera, puis le général Berenger, le roi Alphonse XII quitte le pouvoir. La seconde république est proclamée par la gauche dans la liesse et sans faire usage des armes. La joie...
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    Espagne, 1931. Après des années passées sous un gouvernement de dictature mussolinienne porté par le général Primo de Rivera, puis le général Berenger, le roi Alphonse XII quitte le pouvoir. La seconde république est proclamée par la gauche dans la liesse et sans faire usage des armes. La joie éclate, tant à Madrid que dans tout le pays. Les attentes du peuple sont immenses et les premières réalisations seront nombreuses, liberté d’expression, laïcité, construction d’écoles, tout est à réaliser. Mais c’est sans compter sur l’avènement de Franco, la montée du franquisme et la répression des républicains. Si l’espoir est permis, il sera de courte durée.

    Angel Alcalá Llach, ou plutôt Gelín, comme on le nomme affectueusement, est bercé par les idéaux de ses parents. Très tôt, dans cette famille un peu fantasque il s’instruit seul, dévorant à tour de bras les journaux et nombreux livres de la bibliothèque familiale sans contrainte ni interdit. Comme ses parents, et malgré son très jeune âge, il rêve à un monde meilleur. Il a à peine quinze ans lorsqu’ il s’engage dans cette bataille perdue d’avance, au moment où les pays voisins se laissent endormir par la montée du nazisme, tournant le dos à cette guerre civile qu’ils ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre, abandonnant ce peuple trahi par les siens et par l’Europe.
    J’avoue, j’ai aimé me retrouver dans les rues de Madrid ou de Catalogne avec Gelín. Rencontrer Nena, sa jeune mère fantasque qui ne veut pas qu’on la nomme autrement que par ce prénom, ses frères et Sol, sa petite sœur, son père, personnage important de sa vie, et tu tio, cet oncle qui l’accompagne dans les joies et dans les galères. On se laisse porter par la vie de cette famille qui, comme tant d’autres, a cru à cette liberté gagnée sans les armes. On les suit dans leurs déménagements successifs. Avec Gelín enfant, j’ai contemplé la vie depuis les balcons, observé son monde, jusqu’à ce qu’il s’écroule et que les années de guerre deviennent son quotidien. Puis viendra le temps des champs de batailles, des heures sombres et sanglantes, où l’amitié, les liens qui relient ces compagnons de misère sont forts malgré tout. Même si parfois la différence de milieu et donc d’éducation montrent qu’il y a un monde entre ces jeunes hommes engagés au front. Puis viennent les camps de concentration en France, sur les bords de cette méditerranée que l’on partage avec nos voisins espagnols, toute une époque souvent oubliée.

    C’est un livre très agréable, à la belle écriture, descriptive, humoristique, dans laquelle on ressent beaucoup d’affection pour les personnages et qui se lit comme un roman. Mais il évoque aussi et surtout les souvenirs de ceux qui ne sont plus là pour dire, ou si peu, et qu’il est important d’écouter pour comprendre. Et puis il y a l’amour d’un pays, de son pays, et de la liberté ! Tellement forts et tellement importants. Une belle surprise de cette rentrée, et pour un amoureuse de l’Espagne comme moi, cette évocation d’une période méconnue de l’histoire est passionnante. Car dans le sud de la France, il existe encore quelques-uns de ces camps de concentration, où étaient retenus les parents de nos amis, il est nécessaire de voir et de dire, pour ne pas oublier.

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