Je me promets d'éclatantes revanches

Couverture du livre « Je me promets d'éclatantes revanches » de Valentine Goby aux éditions L'iconoclaste
  • Date de parution :
  • Editeur : L'iconoclaste
  • EAN : 9791095438380
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Un manifeste pour la littérature à la lumière de Charlotte Delbo.
« J'ai ouvert Aucun de nous ne reviendra, et cette voix m'a saisie comme nulle autre. Je suis entrée à Auschwitz par la langue. » L'une, Valentine Goby, est romancière. L'autre, c'est Charlotte Delbo, amoureuse, déportée,... Voir plus

Un manifeste pour la littérature à la lumière de Charlotte Delbo.
« J'ai ouvert Aucun de nous ne reviendra, et cette voix m'a saisie comme nulle autre. Je suis entrée à Auschwitz par la langue. » L'une, Valentine Goby, est romancière. L'autre, c'est Charlotte Delbo, amoureuse, déportée, résistante, poète ; elle a laissé une oeuvre foudroyante. Voici deux femmes engagées, la littérature chevillée au corps. Au sortir d'Auschwitz, Charlotte Delbo invente une écriture radicale, puissante, suggestive pour continuer de vivre, envers et contre tout.
Lorsqu'elle la découvre, Valentine Goby, éblouie, plonge dans son oeuvre et déroule lentement le fil qui la relie à cette femme hors du commun. Pour que d'autres risquent l'aventure magnifique de sa lecture, mais aussi pour lancer un grand cri d'amour à la littérature. Celle qui change la vie, qui console, qui sauve.

Donner votre avis

Articles (4)

Voir tous les articles

Les derniers avis

  • Un livre qui donne enfin de la voix, à une femme d'exception Charlotte Delbo.
    Une relation intime s'est tissée avec l'auteur au cours de longues années pour arriver à ce résultat. C'est une démarche presque enfantine, naïve ( au sens fort au terme) qui est proposée ici et que nous connaissons...
    Voir plus

    Un livre qui donne enfin de la voix, à une femme d'exception Charlotte Delbo.
    Une relation intime s'est tissée avec l'auteur au cours de longues années pour arriver à ce résultat. C'est une démarche presque enfantine, naïve ( au sens fort au terme) qui est proposée ici et que nous connaissons tous : par quelle magie, nous rencontrons une oeuvre, un auteur? Pourquoi lorsque notre imaginaire est confronté au réel d'un auteur on vacille, on se gourmande d'avoir imaginé d'autres traits, d'autres fluctuations de voix!
    Bref Valentine Goby, a réussi à nous communiquer son envie de consulter les archives de Charlotte Delbo, d'entendre sa voix, de lire son oeuvre multiple et éparpillée pour mieux jouer avec nos nerfs, de regarder des enregistrements de sa participation à des émissions littéraires, de regarder des portraits, bref de mieux la connaître!

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Lorsque Valentine Goby envisage l'écriture de Kinderzimmer lié à la pouponnière de Ravensbrück, elle rencontre Marie-Josée Chombart de Lauwe qui lui parle de Charlotte Delbo et son écriture.

    Valentine Goby découvre cette femme, son histoire, son écriture et lui rend un vibrant...
    Voir plus

    Lorsque Valentine Goby envisage l'écriture de Kinderzimmer lié à la pouponnière de Ravensbrück, elle rencontre Marie-Josée Chombart de Lauwe qui lui parle de Charlotte Delbo et son écriture.

    Valentine Goby découvre cette femme, son histoire, son écriture et lui rend un vibrant hommage.

    Charlotte Delbo est née en 1913 à Paris. Elle épousera Georges Dubach, militant communiste. Elle sera résistante durant la guerre, également la secrétaire de Louis Jouvet. Son mari Georges a été fusillé en 1943.

    Elle n'est pas juive et le 24 janvier 43, elle fera partie d'un convoi de 230 femmes françaises non juives qui arrivera à Auschwitz. Elles sont déportées politiques.

    Pourquoi Auschwitz ? Début 44 avec huit des 230 françaises, elle sera transférée à Ravensbrück.

    "le degré inférieur dans le pire ce serait supportable en comparaison de Birkenau"

    Elle nous en parlera par l'écriture car elle quittera les camps et la nécessité d'écrire sera le fondement de son existence, son appétit de vivre.

    Son écriture nous donne plus que des images de l'horreur, elle nous fait vivre des sensations. Elle saisit les corps. Ce témoignage est essentiel. Pire que la mort existe l'oubli, il est donc essentiel pour elle d'écrire.

    Elle utilise des blancs dans l'écriture comme le miroir de la neige. Difficile au départ, impossible de nommer ce qu'elle voyait, impossible de nommer ce que voyait leurs yeux.

    "Elles ont peu à peu appris à nommer les choses, à parler la langue du camp. ... Le douloureux paradoxe, déplore Charlotte Delbo, est que tout effort pour trouver un langage propre à dire Auschwitz contient sa ruine : parler d'Auschwitz, c'est presque démentir l'expérience qu'on rapporte, puisque dans les conditions que les déportés relatent, écrit-elle, détournant un vers d'Apollinaire "aucun de nous n'aurait dû revenir". Braver l'obstacle de la langue, c'est être aussitôt suspecté de tronquer le réel ..."

    L'image de la soif est insoutenable. Des mots simples qui évoquent beaucoup : le printemps signifie la poussière sèche après la boue et la pluie.

    Charlotte Delbo éprouve la nécessité d'écrire, c'est le fondement de son existence, elle a un appétit de vivre, la capacité de sortir de cette horreur par l'écriture, de mettre des mots sur l'indicible. La crainte de l'oubli, une difficulté de trouver ses oeuvres en poche.

    Un récit troublant, à lire.. Une écriture fragmentaire. Des mots magnifiques.

    Ma note : 9.5/10

    https://nathavh49.blogspot.be/2018/01/je-me-promets-declatantes-revanches.html

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Ce livre est une immersion dans l'oeuvre de Charlotte Delbo, résistante, déportée, poète. Un livre très intime sur la rencontre de Valentine Goby avec cette femme à travers ses écrits. Vous l'aurez compris il ne s'agit pas d'un roman et ce n'est pas une lecture facile de bord de piscine. Ce...
    Voir plus

    Ce livre est une immersion dans l'oeuvre de Charlotte Delbo, résistante, déportée, poète. Un livre très intime sur la rencontre de Valentine Goby avec cette femme à travers ses écrits. Vous l'aurez compris il ne s'agit pas d'un roman et ce n'est pas une lecture facile de bord de piscine. Ce n'est pas non plus un simple livre sur la déportation mais plutôt une réflexion sur la création littéraire. Une lecture très enrichissante et finalement lumineuse comme Charlotte Delbo qui avait la vie chevillée au corps.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Dans ce document à paraître en août 2017 et qui prend une drôle de résonance à l'annonce du décès de Simone Veil, Valentine Goby évoque la vie et l'oeuvre de Charlotte Delbo (rescapée des camps et découverte au détour d'une conversation avec Marie-José Chombart de Lauwe, retrace Auschwitz via la...
    Voir plus

    Dans ce document à paraître en août 2017 et qui prend une drôle de résonance à l'annonce du décès de Simone Veil, Valentine Goby évoque la vie et l'oeuvre de Charlotte Delbo (rescapée des camps et découverte au détour d'une conversation avec Marie-José Chombart de Lauwe, retrace Auschwitz via la lecture et l'écriture.


    Alors que Valentine Goby prépare « Kinderzimmer », elle découvre l’œuvre d'une femme, communiste, résistante, non-juive et s'imprègne de son univers et de ses silences littéraires.
    Il s'agit ici d'une analyse de l’œuvre plus que d'un roman, mais Valentine Goby se faufile entre les lignes, esquisse des parallèles, donne corps à Charlotte, lui rend hommage.
    Elle voit les écrits de Charlotte Delbo comme des recherches archéologiques, où chaque strate révèle une découverte, où chaque « blanc » du texte laisse deviner l’indicible.


    Auschwitz. Un mot quasi absent des écrits de Charlotte Delbo. Un lieu qui devient neutre au sens qu'il pourrait être celui qui décrit toutes les horreurs sans être véritablement et géographiquement signifié : Auschwitz c'est nulle part et c'est partout (au Rwanda, en Syrie…). L'endroit prend une dimension universelle, fondue dans la neige et le froid, dans la terreur et l'ignoble.
    Charlotte Delbo n'était pas juive mais elle appartenait, par son militantisme au « Convoi du 24 janvier 1943 » pour avoir été arrêtée comme membre du groupe Politzer (son prof de philo) : 230 femmes dont seules 49 reviendront des camps, avec dans son cas, pour toujours, le numéro 31661 tatoué sur son avant-bras.


    Pourtant, elle gardera espoir, continuera à aimer la littérature et le théâtre (elle était la secrétaire de Louis Jouvet), reconstituant poèmes et pièces de mémoire, organisant des spectacles, malgré tout.
    A son retour, elle écrit Aucun de nous ne reviendra (premier volume d'une trilogie dont Le convoi du 24 janvier deviendra le prologue) et décide de garder ce manuscrit dans un tiroir : les français ne sont pas prêts à entendre, à connaître ce qui s'est passé dans les camps…


    Valentine Goby, explore le processus narratif de Charlotte Delbo, comment on peut aujourd'hui « lire » Auschwitz par les mots des rescapés, mais aussi comment Charlotte Delbo a pu « écrire » Auschwitz, elle devient archéologue d'une œuvre complexe, teintée de silences et de parallèles avec sa propre vie :

    « La lecture toujours convoque le lecteur et sa propre histoire. »

    Beaucoup d'émotion dans ce récit, beaucoup d'admiration aussi : une lecture qui ne laisse pas indifférent...

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Valentine Goby nous donne envie, de lire, de connaître, de comprendre Charlotte Delbo. Déportée dès 1943 à Auschwitz, dans « le convoi du 24 janvier », puis à Ravensbrück. Charlotte avait perdu très tôt son mari, fusillé au Mont Valérien. Elle meurt en 1985 après des années à écrire et porter la...
    Voir plus

    Valentine Goby nous donne envie, de lire, de connaître, de comprendre Charlotte Delbo. Déportée dès 1943 à Auschwitz, dans « le convoi du 24 janvier », puis à Ravensbrück. Charlotte avait perdu très tôt son mari, fusillé au Mont Valérien. Elle meurt en 1985 après des années à écrire et porter la parole de tous ceux qui ont disparus dans les camps d’extermination.
    J’aime l’écriture de Valentine Goby, mais aussi le fait qu’elle nous éveille a des faits de société et s’en empare pour les mettre à notre portée. Je pense bien sûr à Kinderzimmer, où elle parle des pouponnières du camp de Ravensbrück, ou à « Un paquebot dans les arbres » qui évoque la tuberculose, les difficultés que cela représente d’être malade avant la sécurité sociale.
    L’écriture est belle et son apparente simplicité permet aux lecteurs d’entrer en communion avec son sujet. Si Charlotte Delbo craignait l’oubli, merci à Valentine Goby de nous la restituer dans cette vie et ce chemin si difficile vers l’après, quand les lendemains souffrent du poids des morts, du poids des souvenirs, mais que la parole portée est essentielle.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Je découvre avec ce texte Mme Charlotte Delbo, une femme engagée, déportée à Auschwitz puis Buchenwald. Son décès d’un cancer des poumons.

    J’ai aimé l’analyse de Valentine Goby sur l’écriture de Charlotte : non pas pour dire l’expérience des camps, mais comme un hymne à la vie. Une écriture...
    Voir plus

    Je découvre avec ce texte Mme Charlotte Delbo, une femme engagée, déportée à Auschwitz puis Buchenwald. Son décès d’un cancer des poumons.

    J’ai aimé l’analyse de Valentine Goby sur l’écriture de Charlotte : non pas pour dire l’expérience des camps, mais comme un hymne à la vie. Une écriture poétique qui dit la faim, fait sentir la soif.

    Lecteurs, nous savons tout ce que nous apporte un texte littéraire fort ; l’auteure nous éclaire ici sur ce qu’apporte l’écriture en elle-même.

    Un texte fort, à part, un livre-hérisson. Une merveille de cette rentrée littéraire.

    Quelques citations :

    « Lire a été non une quête d’exotisme mais une entreprise d’excavation : la révélation de ce qui me relie intimement au monde ; me coule dans sa respiration ; me fait une semblable. » (p.41)

    « Je savais que j’oublierais puisque c’est oublier que continuer à respirer. » (p.64)

    « Là-bas, j’ai été sûre qu’une langue n’est pas ajustable à toute réalité. » (p.78)

    « je suis Charlotte Delbo, je suis vivante et j’aime ça. » (p.110)

    A propos des camps : « On ne revient pas meilleur. On n’est augmenté que d’effroi. La déportation est une perte sèche. » (p.158)

    http://alexmotamots.fr/je-me-promets-declatantes-victoires-valentine-goby/

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Une superbe découverte !
    Ce livre m’a énormément touchée, autant que la lecture de Primo Levi Si c’est un homme ou La Trêve.
    Voici un très bel hommage de Valentine Goby à Charlotte Delbo !
    Un livre qui donne à réfléchir, qui pousse à aller découvrir la vie et l’œuvre de Charlotte Delbo.

    Une superbe découverte !
    Ce livre m’a énormément touchée, autant que la lecture de Primo Levi Si c’est un homme ou La Trêve.
    Voici un très bel hommage de Valentine Goby à Charlotte Delbo !
    Un livre qui donne à réfléchir, qui pousse à aller découvrir la vie et l’œuvre de Charlotte Delbo.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Que savais-je de Charlotte Delbo ? Rien ou trois fois rien : j'avais découvert son nom en même temps que mes élèves lors d'un brevet des collèges, en 2014 je crois. J'avais appris à cette occasion qu'elle était Résistante et qu'elle avait été déportée à Auschwitz en janvier 1943 puis à...
    Voir plus

    Que savais-je de Charlotte Delbo ? Rien ou trois fois rien : j'avais découvert son nom en même temps que mes élèves lors d'un brevet des collèges, en 2014 je crois. J'avais appris à cette occasion qu'elle était Résistante et qu'elle avait été déportée à Auschwitz en janvier 1943 puis à Ravensbrück. Je savais aussi qu'elle était rentrée puisqu'elle avait écrit.
    Que savais-je, moi, professeur de lettres, en 2014, de Charlotte Delbo ?
    Rien.
    J'avais lu aux larmes Primo Levi, Jorge Semprun, Simone Veil, Marceline Loridan-Ivens mais de Charlotte Delbo, aucun écrit n'était parvenu jusqu'à moi.
    Je me souviens de la lecture de Kinderzimmer de Valentine Goby comme d'un choc profond, une émotion qui s'empare du coeur et du corps. Un livre qu'on n'oublie pas.
    Voilà à peu près où j'en étais quand j'ai ouvert « Je me promets d'éclatantes revanches » .
    Ce qui m'a frappée, immédiatement, est la puissance du titre. Pourquoi ces guillemets ? Qui parle ? C'est elle, Charlotte, et je crois que l'oeuvre de Valentine Goby est là, contenue dans ce titre, dans la force qu'il dégage, dans le cri qu'il pousse. Je tourne la page de couverture : une photo. Charlotte Delbo éclate de rire. Peut-on (doit-on) encore éclater de rire quand on a été déportée ? De quand date cette photo ? D'avant sûrement… Je cherche, ne trouve pas.
    A-t-elle pu rire après ?
    Oui, nous explique Valentine (permettez-moi pour une fois d'utiliser les prénoms, je le sens mieux comme cela), Charlotte a ri après et c'est ce qui l'a rendue à la vie, cette capacité, par l'écriture, de se sortir de l'enfer, de mettre par les mots, à distance, l'horreur, l'indicible, l'absurdité, la folie.
    Reprenons.
    Valentine, pour préparer son roman Kinderzimmer rencontre Marie-José Chombart de Lauwe, ancienne déportée du camp de Ravensbrück. Elle l'interroge, veut entendre son témoignage. Marie-José sourit : « Avez-vous lu Charlotte Delbo ? » demande-t-elle à Valentine. Non, Valentine ne connaît pas cet auteur et va la découvrir, explorant petit à petit des textes éblouissants, puissants, des textes qui disent la soif, la faim, le froid, des textes qui parlent des sensations du corps. « Elle place le corps au centre, non la pensée ; la sensation pure et non la conscience de l'Histoire. C'est une expérience partagée qui est en jeu » analyse Valentine. Charlotte Delbo dit comme elle vit. « C'est une plongée directe dans le froid, la boue, les rituels absurdes qui malmènent le corps... », « elle ne veut pas faire savoir, elle veut donner à voir. Donner à voir, à sentir, à toucher, non inventorier des événements mais les incarner. »
    Pour elle, « il n'y a pas d'indicible », Charlotte sera celle par qui les autres sauront, entreront « à Auschwitz par la puissance de la langue » et Valentine sera celle par qui les autres connaîtront cette femme, elle sera le lien entre elle et nous, de femme à femme, tissant une espèce de fil incassable et infini qui nous liera à jamais.
    J'ai découvert la langue de Charlotte Delbo, elle m'a touchée au coeur.
    « … la vie m'a été rendue
    et je suis là devant la vie
    comme devant une robe
    qu'on ne peut plus mettre. »
    Pourquoi, se demande Valentine, alors pourquoi n'est-elle pas plus connue, plus lue ?
    La réponse n'est-elle pas contenue dans la magnifique photo de la deuxième page, dans ce sourire éclatant plein d'une insolente vitalité, dans les paroles d'une femme qui dit avec assurance que oui, elle est sortie de là-bas et qu'elle se « promet d'éclatantes revanches » ? Une femme dont la vie même à travers chaque éclat de rire a réduit à néant l'entreprise nazie et qui comme « un serpent regarde sa mue, sa peau morte délaissée, et retourne à la vie... » ?
    Oui, je lirai les textes de Charlotte Delbo, oui, j'en parlerai à ma famille, à mes amis, à mes enfants, à mes élèves, oui, nous étudierons ses textes et nous les apprendrons, oui, Valentine, nous serons les liens, indéfectibles, grâce à vous.
    Vous pouvez compter sur nous. Nous l'aimerons.

    Lire au lit : http://lireaulit.blogspot.fr/

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2017/09/12/35620549.html

    Il est des rencontres dans la vie qui nous changent. Valentine Goby ne se doutait pas que son chemin allait croiser celui de Charlotte Delbo et qu’elle en serait marquée. Comme souvent pour toute rencontre, elle se fait par...
    Voir plus

    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2017/09/12/35620549.html

    Il est des rencontres dans la vie qui nous changent. Valentine Goby ne se doutait pas que son chemin allait croiser celui de Charlotte Delbo et qu’elle en serait marquée. Comme souvent pour toute rencontre, elle se fait par hasard et par un intermédiaire. Valentine découvre Charlotte grâce à une ancienne résistante et déportée, Marie-José Chombart de Lauwe, au moment où elle s’apprête à écrire Kinderzimmer, son roman sur la pouponnière de Ravensbrück. Elle ne savait rien d’elle : « Je partageais l’ignorance commune qui a longtemps tenu dans l’ombre la femme et l’œuvre, comme tant d’œuvres de femmes ». Elle finit par lire les œuvres de Charlotte puis par écouter sa voix grâce à la magie d’internet. Elle se plonge dans l’histoire de cette femme mais surtout dans son œuvre, son écriture. Le constat est criant pour Valentine : la femme Charlotte est devenue l’écrivain Delbo parce qu’elle a vécu l’horreur : « Je crois que l’écrivaine Charlotte Delbo doit tout à Auschwitz, la naissance de sa vocation comme les contours de son territoire littéraire ». Et en devenant écrivain, elle a réussi à se délivrer de son histoire. Ainsi, Valentine Goby offre un livre sur l’acte d’écrire, le processus de création dans un contexte personnel et historique fort : écrire pour raconter l’indicible et pouvoir s’en libérer.

    L’ouvrage est composé de deux parties. Dans la première – Lire et entrer à Auschwitz – Valentine Goby cherche à évoquer la puissance de la langue, celle qui permet d’être saisie, de ne pas lire un témoignage mais un récit qui « quitte sur-le-champ la bibliothèque » pour entrer dans les camps. Grâce à une écriture sensorielle, Charlotte Delbo embarque son lecteur dans cet univers d’horreur.

    Dans la seconde partie – Écrire et quitter Auschwitz – Valentine Goby revient sur ce qui a forgé ce besoin d’écrire de Charlotte et sur ce sentiment de ne plus être prisonnière de ce passé grâce à cet acte d’écriture. Valentine insiste sur la voix enjouée de Charlotte, son attitude qui contrastent avec son vécu : « J’ai le sentiment que celle qui était au camp, ce n’est pas moi ». Charlotte Delbo s’est reconstruite grâce à son écriture.

    J’ai vraiment été passionnée par ce récit de Valentine sur Charlotte qu’on commence seulement à (re)découvrir depuis trois/quatre ans. On sent que la personne et les écrits l’ont profondément touchée. Elle donne envie de se pencher sur son œuvre malheureusement encore trop souvent inaccessible à tous (elle insiste sur le fait qu’il n’existe toujours pas à l’heure actuelle d’éditions en poche de ses écrits). Un bien beau récit et hommage que je ne peux que vous recommander de lire.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Ce livre est celui d’une rencontre entre l’auteur, Valentine Goby (qui m’avait bouleversée par ses précédents écrits, notamment Kinderzimmer), et Charlotte Delbo, femme au destin extraordinaire, écrivain, poétesse, résistante, déportée et revenue de cet endroit « d’avant la géographie » que...
    Voir plus

    Ce livre est celui d’une rencontre entre l’auteur, Valentine Goby (qui m’avait bouleversée par ses précédents écrits, notamment Kinderzimmer), et Charlotte Delbo, femme au destin extraordinaire, écrivain, poétesse, résistante, déportée et revenue de cet endroit « d’avant la géographie » que fut Auschwitz.

    D’elle, Charlotte Delbo, je ne connaissais que le nom, et quelques bribes de vie. Guère plus. J’ignorais son immense talent, et sa personnalité rayonnante. J’ai découvert, au fil des pages, une femme totalement incroyable, et qui demeure hélas, dans la pénombre. J’ai cheminé avec elle, avant et après Auschwitz. J’ai été happée par cette fabuleuse force de Vie, cette capacité à dire qu’il n’y a pas d’indicible, dès l’instant où la langue devient salvatrice et par là-même, libératrice, dès qu’elle devient territoire et résistance. Ecrire et Dire.

    « Ecrire, d’abord, c’était pour les autres. Une promesse faite par Charlotte Delbo à ses camarades d’Auschwitz : rentre, et parler ».

    Comment décrire la peur, la soif , la faim, la mort, la lente agonie des déportés ? Comment faire de ces femmes, de ces hommes, de ces enfants une « constellation de visages » ? Là est toute la force de l’écriture de Charlotte Delbo.

    La langue, la transmission, l’interaction entre l’auteur et le lecteur, et l’urgente nécessité de Vivre sont au cœur de ce récit. L’admiration que porte Valentine à Charlotte est si palpable que l’on ne peut que s’en saisir, et se laisser porter, et emporter.

    « Je me promets d’éclatantes revanches » a écrit Charlotte Delbo à Louis Jouvet (dont elle fut la secrétaire), à peine libérée. Valentine Goby lui permet de tenir cette promesse, enfin

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
Voir tous les avis

Donnez votre avis sur ce livre

Pour donner votre avis vous devez vous identifier, ou vous inscrire si vous n'avez pas encore de compte.

Récemment sur lecteurs.com