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Japon, la crise des modèles

Couverture du livre « Japon, la crise des modèles » de Muriel Jolivet aux éditions Picquier
  • Date de parution :
  • Editeur : Picquier
  • EAN : 9782809702033
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Cet essai sur les jeunes Japonais est le fruit de cinq ans de discussion, d'observation, et de lecture intensive... et de plus de trente-sept ans de méditation en immersion totale dans la société japonaise.
Lorsque je rédigeais ma thèse à l'université de Tokyo, le livre du psychiatre et... Voir plus

Cet essai sur les jeunes Japonais est le fruit de cinq ans de discussion, d'observation, et de lecture intensive... et de plus de trente-sept ans de méditation en immersion totale dans la société japonaise.
Lorsque je rédigeais ma thèse à l'université de Tokyo, le livre du psychiatre et psychanalyste Okonogi Keigo, Moratoriamu ningen no jidai (L'ère des jeunes en moratoire, 1978), faisait la une des cours et des séminaires. Okonogi a réalisé alors un formidable travail de prospective qui contenait en germe tous les phénomènes par lesquels les jeunes sont passés au cours des trente dernières années, de la student apathy aux " parasites célibataires ".
Les stratégies pour continuer à " faire l'enfant " sont multiples et variées (on peut " cocooner " huit ans au lieu de quatre dans l'université japonaise, en tirant sur toutes les ficelles), mais le report incessant de l'entrée dans la jisshakai (ou la " vraie vie ") a des répercussions profondes sur le devenir du pays, surtout quand le moratoire matrimonial se traduit par la baisse de la natalité.
Ce travail repose sur la lecture de plus d'une centaine d'ouvrages (dont plus des trois quarts en japonais) et d'une cinquantaine de dossiers, parus dans la presse japonaise, sur la visualisation d'une vingtaine de documentaires ou de feuilletons, ainsi que sur des observations directes, des interviews d'auteurs et des échanges quotidiens avec les jeunes Japonais, sans parler du travail de terrain, qui m'a amenée jusque dans un host club en passant par des maid cafés.
Du même auteur aux Editions Philippe Picquier : Homo japonicus.

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Le courrier des auteurs

Muriel Jolivet répond à nos questions ! (22/02/2011)

1) Qui êtes-vous ? ! Je suis une sociologue, spécialiste du Japon, où je vis depuis 1973. Je suis docteur en études orientales et professeur titulaire à l'université Sophia, où j'assure des cours de sociologie comparée et de traduction, en japonais la plupart du temps. Après avoir écrit sur «le mal de mère» (Un pays en mal d'enfants, La Découverte, 1993), sur les hommes (Homo Japonicus, Picquier, 2000), j'ai eu envie de revenir aux jeunes qui m'avaient déjà inspiré deux livres (L'université au service de l'économie japonaise, Économisa, 1985 et Tokyo Memories, Antipodes, 2007). J'ai aussi publié en japonais un livre sur les immigrés en France (Fait-il bon vivre en France ? Shûeisha Shinsho, 2003) et un autre sur l'état des lieux de la famille française (Heibonsha Shinsho, 2001). J'ai actuellement cinq livres en chantier... Je suis aussi une passionnée de taichi chuan que je pratique de manière compulsive depuis une dizaine d'années, au point de me présenter depuis trois ans aux pré-championnats de la ville de Tokyo, ce qui suppose un minimum de six heures d'entraînement les semaines précédant la compétition. J'aime particulièrement le sabre. J'y puise équilibre et harmonie ; c'est la seule activité qui arrive à me guérir de ma graphomanie... Peut-être pas vraiment d'ailleurs puisque Bourdieu considérait la sociologie comme un sport de combat... 2) Quel est le thème central de ce livre ? La jeunesse, prise au sens très large, puisque le jeunisme est de mise au Japon, comme ailleurs. Ce faisant, je bouscule une certaine vision orientaliste d'un Japon «clean» et idéalisé, entretenue par des clichés de type «Japan cool». Je me suis employée à me distancier d'un certain discours hégémonique et réducteur pour révéler une réalité qui n'est perceptible qu'en suivant l'actualité sociologique japonaise que j'ai documentée en lisant une centaine de livres écrits en japonais, «par des Japonais, pour des Japonais». C'est parce que je refuse de me conformer au discours dominant, que mes livres peuvent paraître critiques, alors que c'est parce que j'aime profondément ma patrie d'adoption qu'ils révèlent aussi la nostalgie qu'on ne peut s'empêcher de ressentir face à la disparition de l'âme d'un certain Japon. 3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ? Permettez-moi de vous en donner deux au choix... - En dépit du désir de se distinguer par leur recherche vestimentaire, l'exclusion du groupe reste une hantise assez partagée. - Comme l'écrivait sur sa copie un étudiant qui revenait du Vietnam : "L'été dernier, pour la première fois de ma vie, je suis allé en Asie..." La première révèle que sous une apparence cool, les jeunes restent formatés par la mentalité du pays. La seconde se passe de commentaires... 4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ? Du wadaiko, sans hésiter. Ces tambours majestueux, où l'homme adhère complètement à son instrument, diffusent un rythme endiablé qui entraîne son public dans un univers autre... Si c'était une danse, ce serait le Butô de la compagnie Sankai juku, qui exprime si bien la beauté, mais aussi la souffrance intériorisée de tout un peuple.... 5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ? La découverte du «vrai» Japon pas aussi clean qu'il paraît. Il ne s'agit ni de noircir, ni d'idéaliser mais de confronter la réalité telle qu'elle est. Reconnaître l'autre comme un égal implique un travail de «désorientalisation», qui passe sans doute par une désillusion de l'autre, mais qui débouche sur une reconnaissance de sa complexité, de sa capacité de réflexion et d'action.

Contenu proposé par lechoixdeslibraires.com

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