Ici n'est plus ici

Couverture du livre « Ici n'est plus ici » de Tommy Orange aux éditions Albin Michel
  • Date de parution :
  • Editeur : Albin Michel
  • EAN : 9782226402905
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de pages : 334
  • Collection : (non disponible)
  • Genre : (non disponible)
  • Thème : Littérature Anglo-Saxonne
  • Prix littéraire(s) : (non disponible)
Résumé:

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Avis(4)

  • ICI N'EST PLUS ICI de Tommy Orange

    Traduit par Stéphane Roques

    Publié chez Albin Michel, collection Terres d'Amérique

    Autant le dire tout de suite, ce livre est un énorme coup de coeur !

    Il débute, à la manière d'un essai, en rappelant ces centaines d'années où les amérindiens ont...
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    ICI N'EST PLUS ICI de Tommy Orange

    Traduit par Stéphane Roques

    Publié chez Albin Michel, collection Terres d'Amérique

    Autant le dire tout de suite, ce livre est un énorme coup de coeur !

    Il débute, à la manière d'un essai, en rappelant ces centaines d'années où les amérindiens ont été assassinés, affamés, rabaissés, moqués, volés, spoliés, dispersés et exilés dans des réserves. Pourtant, certains (beaucoup) ont fait le choix d'aller vivre dans les villes et essayent aujourd'hui de se redéfinir dans une Amérique où leur "terre est partout et nulle part".

    Après ce prologue, les personnages prennent la parole à tour de rôle. Et j'ai aimé me perdre parmi eux, quitte à devoir quelquefois revenir quelques chapitres en arrière pour retrouver le fil de l'histoire et comprendre ce qui les relie entre eux. En revanche, ce que l'on comprend très vite, c'est l'importance de ce pow-wow, organisé dans le Coliseum d'Oakland, vers lequel ils convergent tous. Si certains s'y rendent pour honorer leurs traditions, d'autres sont à la recherche d'un patrimoine perdu... mais c'est aussi l'occasion recherchée par quelques voyous pour réaliser un braquage.

    C'est un livre qui fait mal ! Alcoolisme, syndrome d'alcoolisation fœtale, dépression, délinquance, perte de l'identité, ... Mais il y a aussi de la beauté malgré cette noirceur et j'ai ressenti une profonde empathie pour chaque personnage (même les voyous m'ont touchée à leur manière).

    C'est un livre magistral qui dénonce le stéréotype de "l'indien" dans lequel la société américaine enferme tout un peuple en lui reniant l'individualisme de chaque individu qui le compose.

    Un très grand livre que je ne manquerai pas de relire !

    Mille mercis à Leatouchbook, au Picabo River Book Club et aux Éditions Albin Michel pour m'avoir permis de lire ce livre dans le cadre d'un partenariat.

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  • D'abord, un prologue, militant et stimulant, pour préparer le lecteur à recevoir comme il se doit ce magnifique et douloureux roman. Pédagogique avant tout, égrenant des temps forts de l'histoire amérindienne comme le massacre de Sand Creek en 1864. Nécessaire pour introduire les douze...
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    D'abord, un prologue, militant et stimulant, pour préparer le lecteur à recevoir comme il se doit ce magnifique et douloureux roman. Pédagogique avant tout, égrenant des temps forts de l'histoire amérindienne comme le massacre de Sand Creek en 1864. Nécessaire pour introduire les douze personnages que l'on va suivre : des Indiens urbains, nés en ville, loin des clichés, « plus habitués à la silhouette des gratte-ciel d'Oakland qu'à n'importe quelle chaîne de montagnes sacrées, au hurlement des trains dans le lointain qu'à celui des loups, nous sommes plus habitués à l'odeur d'essence, de béton coulé de frais et de caoutchouc brûlé qu'à celle du cèdre, de la sauge, voire du frybread – ce pain frit qui n'a rien de traditionnel, comme les réserves n'ont rien de traditionnel. »

    Les choses sont claires. le roman peut commencer. Un roman choral qui donne la parole de façon très intime à des personnages, tous urbains d'Oakland tous mal dans leur vie, qui se posent tous, de façon plus ou moins aiguë, ( Californie ) la même question : que signifie être indien ?
    Ils sont homme, femme, jeune, moins jeune, métis, adopté par des Blancs, inscrits sur le registre d'une tribu ou pas, avec un nom indien ou pas ... chacun est en quête de ses origines indiennes, se sentant inauthentique tel quel. Tous vont converger vers le Grand Pow-Wow d'Oakland ( un rassemblement festif autant qu'une occasion pour les Amérindiens de faire vivre leur héritage culturel ) . Tous vont être liés par un événement, certains le sont déjà par des liens du sang qu'ils ne connaissent pas encore et ne découvriront peut-être jamais.

    « Si dans le premier acte vous dites qu'il y a un fusil accroché au mur, alors il faut absolument qu'un coup de feu soit tiré avec au second ou au troisième acte. » Anton Tchekhov
    La terrible règle du fusil de Tchekhov ... Au premier chapitre apparaît un revolver imprimé en 3D. Cette présence crée d'emblée une tension, une menace qui ne cessera de planer tout au long du roman. Quel que soit le personnage qui se raconte, on y pense à ce revolver qui va forcément servir, sans qu'on sache sur qui le feu s'abattra.

    Au-delà de cette tension, le choeur des personnages emporte rapidement le lecteur dans un tourbillon romanesque bouillonnant de bruit et de vie, mais aussi dans une ambitieuse méditation sur l'identité et ses alternatives brisées. Les personnages des soeurs Opale Viola Victoria Bear Shield et Jacquie Red Feather sont absolument sublimes de complexité.

    La construction de ce roman est d'une classe folle, chaque voix touche, interpelle, bouleverse, fait craindre, répond à la suivante dans une chaîne qui explose dans les cinquante pages, incroyablement percutantes. On les attendait, et lorsqu'elles arrivent, elles déflagrent puissance mille et vrillent notre coeur. Je les ai lues comme en transe, les récits se télescopant pour raconter la même scène. C'est un grand moment de littérature et presque de cinéma tellement j'ai eu l'impression de voir, entre ralenti, léger différé, « split screen ». C'est brillant !

    Ce premier roman intelligent, puissant, singulier, plein de rage et de poésie, porté par une écriture lumineuse, résonne comme une alarme sur la désolation qui survient lorsqu'un peuple cherche à dominer un autre et à l'assimiler de force. Mais plus largement, ce roman n'est pas que celui de la contre-histoire de la tragédie amérindienne. Il est bien plus universel que cela, c'est toute l'Amérique des grandes métropoles qui est contée : alcoolisme, violences familiales, misère, quête d'identité de ceux qui sont en marge.

    Incontournable pour les amoureux de la littérature nord-américaine et pour ceux qui s'intéressent à la culture amérindienne.

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  • Il est toujours agréable de découvrir un nouvel auteur qui se démarque par un style très personnel, c’est le cas de ce roman choral qui fait apparaître avec talent une douzaine de personnalités issues de la communauté des Indiens d’Amérique. Avant tout chose le prologue nous donne le ton sur...
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    Il est toujours agréable de découvrir un nouvel auteur qui se démarque par un style très personnel, c’est le cas de ce roman choral qui fait apparaître avec talent une douzaine de personnalités issues de la communauté des Indiens d’Amérique. Avant tout chose le prologue nous donne le ton sur une communauté minoritaire encore stigmatisée dans une Amérique coupable de génocide. Le découpage est original chaque chapitre court concerne le destin d’une personne que l’on retrouve au fil du récit. On aurait pu penser qu’il s’agisse de courtes tranches de vie mais c’est plus que cela. Nous allons découvrir les différents liens qui peuvent unir ces personnages et les interactions entre eux sont habilement amenées. Ces portraits d’indiens de la ville sont brossés avec amour et empathie, on y dévoile leurs faiblesses et leurs forces. L’image que nous pouvons avoir des natifs comme des personnes à la recherche de leur identité est entachée par l’alcoolisme, la drogue, le suicide et la perte de repère. Tout va se jouer lors du grand rassemblement tribal annuel qu’est le Pow Wow d’Oakland. Leurs motivations pour s’y rendre sont personnelles, certains y vont pour danser ou jouer du tambour, un autre pour recueillir la parole des anciens, nous suivrons aussi des organisateurs de la manifestation et le maître de cérémonie et d’autres avec des buts moins avouables. Cette une grande famille où chacun peut se ressourcer et se connecter. Chaque tribu expose fièrement ses différences et les vêtements de cérémonies sont bariolés et portés pendant la danse traditionnelle. Pourtant un nuage noir plane au dessus de leur tête qui éclatera, révélant la brutalité, la violence et la destruction. Nombreux sont ceux qui seront alors touchés par ce drame. L’écriture est superbe à ce moment j’avais le sentiment de vivre un épisode en Slow Motion, un ralenti frisant l’arrêt sur image afin que la tragédie s’encre profondément en nous. Une lecture riche d’enseignements et une émotion intacte. Bonne lecture.

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  • Tout d'abord je tiens à remercier vivement le #PicaboRiverBookClub et plus particulièrement Léa ainsi que les Editions Albin Michel et leur superbe collection Terres d'Amérique pour cette belle découverte...
    Si dans un premier temps j'ai été un peu déstabilisée par la construction du roman,...
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    Tout d'abord je tiens à remercier vivement le #PicaboRiverBookClub et plus particulièrement Léa ainsi que les Editions Albin Michel et leur superbe collection Terres d'Amérique pour cette belle découverte...
    Si dans un premier temps j'ai été un peu déstabilisée par la construction du roman, j'ai été très vite emportée par cette-ces histoire(s) aux multiples ramifications... Une superbe lecture !

    Le roman s'ouvre sur un prologue à la première personne du pluriel, voix porte-parole dont le chapitre Entracte en milieu d'ouvrage sera le miroir, retraçant le destin des autochtones d'Amérique dans le temps et dans l'espace, prologue essentiel qui pose le socle de toute la narration. Les Indiens ne sont plus seulement ceux de l'imaginaire populaire, cantonnés dans des réserves, ils ont investi les villes, se sont adaptés à ces nouveaux milieux de vie mais cependant leur histoire passée leur colle à la peau...

    "Nous sommes l'ensemble des souvenirs que nous avons oubliés qui vivent en nous, que nous sentons, qui nous font chanter et danser et prier comme nous le faisons, des sentiments tirés de souvenirs qui se réveillent ou éclosent sans crier gare dans nos vie [....]" p.17

    12 voix prennent ensuite le relais tour à tour, 12 personnages singuliers : Tony Loneman, Dene Oxendene, Opale Viola Victoria Bear Shield, Edwin Black, Bill Davis, Calvin Johnson, Jacquie Red Feather, Orvil Red Feather, Octavio Gomez, Daniel Gonzales, Blue, Thomas Frank qui n'ont à première vue rien à voir ensemble si ce n'est leur appartenance au peuple indien des villes. Les chapitres sont dédiés à chacun d'eux, s'entrecroisent et quel plaisir de voir se tendre peu à peu les fils qui rattachent tous ces protagonistes, comprendre ce qui les relie, et les suivre vers le grand jour du pow-wow à Oakland où ils ont tous rendez-vous avec leur destin !

    Aucun d'entre eux n'est heureux, tous sont englués qui dans la misère, qui dans la solitude, qui dans une quête fondamentale.... on y trouve la colère, le désespoir, l'espoir aussi.. et le poids de l'héritage, l'appartenance, les traditions, il y est question de racisme, de se fondre dans la société, dans sa propre famille, il y a le métissage et le mélange des cultures, il y a l'Histoire.... il y est aussi question des racines profondément ancrées en chacun dont on ne peut se défaire, d'une jeunesse paumée qui cherche à se définir ...

    Chaque personnage est extrêmement dense, réaliste, saisissant.. certains inoubliables...

    Et quelle belle plume ! Le récit est vivant, les dialogues authentiques et j'ai relevé nombre de passages superbement écrits avec sensibilité, émotion et une telle justesse, sur la filiation, sur les origines, sur le mal de vivre, sur les dérives de l'assimilation.
    Je pense en particulier au premier chapitre sur Thomas Frank qui sonne comme une incantation ... tout simplement magnifique !

    12 vies, 12 personnages qui vont se croiser dans ce grand pow-wow de l’Oakland où le destin va une fois de plus rejouer une partition connue sur fond de battements de tambours...

    Un drame passionnant, violent, émouvant, poétique, sombre, un patchwork fascinant de vies d'indiens des villes, et dont ces quelques mots prolongent le si beau titre :

    " Etre Indien en Amérique n'a jamais consisté à retrouver notre terre. Notre terre est partout ou nulle part. " (p.19)

    https://chezbookinette.blogspot.com/2019/08/ici-nest-plus-ici.html

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