Ici les femmes ne rêvent pas ; récit d'une évasion

Couverture du livre « Ici les femmes ne rêvent pas ; récit d'une évasion » de Rana Ahmad aux éditions Editeur Globe
  • Date de parution :
  • Editeur : Editeur Globe
  • EAN : 9782211237710
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

L'auteure raconte son parcours et sa rébellion contre l'éducation musulmane sunnite qui lui a été imposée en Arabie Saoudite. Contrainte de porter le hijab à 9 ans et le niqab à 13 ans, elle découvre le monde par la biais d'Internet puis des livres et de la science. Menacée en raison de son... Voir plus

L'auteure raconte son parcours et sa rébellion contre l'éducation musulmane sunnite qui lui a été imposée en Arabie Saoudite. Contrainte de porter le hijab à 9 ans et le niqab à 13 ans, elle découvre le monde par la biais d'Internet puis des livres et de la science. Menacée en raison de son engagement pour les droits de l'homme et de la femme, elle se résout à quitter son pays et sa famille.

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  • Ce livre est le récit d'une fuite.
    Un récit percutant et nécessaire, une fuite dangereuse, douloureuse mais vitale .
    Rana est née en Syrie, a grandi en Arabie Saoudite où très vite elle prend conscience de ce que sa condition de femme va sous-entendre de privations de libertés. Elle doit...
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    Ce livre est le récit d'une fuite.
    Un récit percutant et nécessaire, une fuite dangereuse, douloureuse mais vitale .
    Rana est née en Syrie, a grandi en Arabie Saoudite où très vite elle prend conscience de ce que sa condition de femme va sous-entendre de privations de libertés. Elle doit toujours se soumettre aux hommes, ne peut rien entreprendre de son propre chef, ne peut envisager son avenir que mariée et pieuse.
    Mais Rana ne peut se résoudre à limiter ainsi sa vie, à accepter cette différence abyssale qui existe entre les hommes et les femmes, à n'être pas considérée comme une personne à part entière...Elle ne veut pas de son corps entravé par les vêtements censés lui éviter de tenter les hommes, de cette idée impure d'elle-même...Elle ne veut plus de la violence subie et des incohérences éthiques...
    Ces questionnements internes l'amènent à questionner sa foi, cette religion qui dicte ces règles de vie radicales, qui juge impur et perdu le reste du monde. Par l'intermédiaire d'Internet, seule fenêtre sur l'ailleurs, elle découvre l'impensable : Il est possible de ne pas croire en Dieu, certaines personnes se revendiquent non croyantes et cela porte un nom : l'athéisme ! Cette révélation sera le déclic qui poussera finalement Rana à partir....
    Son parcours force l'admiration !
    Le courage qu'il a fallu pour tout laisser derrière soi, au rique objectif d'y laisser sa peau !
    Et surtout, la force immense qu'il a fallu déployer pour aller à l'encontre des barrières intériorisées, pour déconstruire un système de pensée et de valeurs qui était son unique repère, qui régissait chaque parcelle de sa vie... !
    Elle a probablemnt tiré sa force de l'amour profond et inconditionnel que son père lui atoujours manifesté (sûrement l'élément le plus lumineux de ce témoignage) ; il a toujours cru en elle et cela a dû forger sa sécurité interne et la croyance en ses propres capacités...
    Cette fuite est une victoire douloureuse, mais une victoire ! Mais aussi le début d'un parcours compliqué et incertain, celui des si nombreux réfugiés venant chercher une vie meilleure, loin des guerres et des entraves à la liberté. Il la mènera jusqu'en Allemagne.
    Cette lecture a provoqué chez moi de forts sentiments de révolte, de colère, d'incompréhension... Ce récit édifiant m'aura beaucoup marquée....

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  • Ce document est un véritable témoignage de notre époque, le 21ème siècle, dans une zone du Monde où les femmes ne sont pas considérées comme les égales des hommes, où leur droit d’être ce qu’elles sont n’existe pas, une zone liberticide pour elles. Et pourtant, nombre d’entre elles...
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    Ce document est un véritable témoignage de notre époque, le 21ème siècle, dans une zone du Monde où les femmes ne sont pas considérées comme les égales des hommes, où leur droit d’être ce qu’elles sont n’existe pas, une zone liberticide pour elles. Et pourtant, nombre d’entre elles l’acceptent.
    Rana Ahmad témoigne de sa vie, ou de sa survie en Arabie-Saoudite et en Syrie, où les mariages sont conclus par intérêt, où les femmes ne peuvent sortir de chez elles sans être escortées par un homme, où elles ne peuvent travailler ou faire des études sans l’aval de leur famille, où elles doivent se dissimuler continuellement, de manière contraignante et stricte, sous un voile pour qu’aucun homme extérieur ne puisse les voir. Ce Monde, si lointain pour nous Européennes, Françaises, est pourtant bien réel, loin d’être une fiction.
    Rana Ahmad nous parle de cet endroit du Monde où, par essence, les femmes sont impures et responsables, mais où les hommes ont le droit aux gestes plus que déplacés et à la violence, cet endroit où s’éloigner de la religion ou même la remettre en cause est signe d’impureté et un risque d’emprisonnement voire de sévices corporels graves (coups de fouet). Mais, là-bas, personne (ou presque) ne remet en question ce système.
    Rana Ahmad a décidé de fuir, de tout quitter, même ceux qu’elle aime. Elle nous fait vivre son questionnement, ses interrogations, sa réflexion progressive et son choix de tout quitter, et de fuir en Europe, pour une vie meilleure, au risque de « souiller l’honneur de sa famille. »
    Elle témoigne de la difficulté de prendre la décision d’intégrer une nouvelle culture, un nouveau pays et d’avoir laissé sur place ses proches.
    Son témoignage est poignant, montre le rôle d’Internet et des réseaux sociaux, souvent décriés dans notre société occidentale mais qui jouent très certainement un rôle d’espoir, d’organisation, pour les personnes qui souhaitent s’en échapper, une fenêtre ouverte sur le Monde et les connaissances.

    Ce témoignage ne peut qu’être instructif, intéressant à lire et à recommander, pour une ouverture au Monde qui nous entoure. Même si, malheureusement, ces événements sont connus et reconnus, il est toujours bon de se les rappeler pour ne pas oublier, pour ne pas accepter, pour essayer de comprendre. La force de l’histoire permet de passer outre le style un peu simple et les tournures peu agréables de l’écriture, probablement dus à l’expression dans une langue qui n’est pas la langue maternelle de l’auteur, mais qui est vite mise de côté devant la force du discours.

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  • Le sous-titre est lourd de sens : « Récit d'une évasion » car c'est bien de cela qu'il s'agit. La narratrice relate son enfance, les événements qui l'ont bouleversée et qui l'ont brisée, car c'est bien une femme brisée et révoltée que nous avons là, jusqu'au jour où sa décision est prise : elle...
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    Le sous-titre est lourd de sens : « Récit d'une évasion » car c'est bien de cela qu'il s'agit. La narratrice relate son enfance, les événements qui l'ont bouleversée et qui l'ont brisée, car c'est bien une femme brisée et révoltée que nous avons là, jusqu'au jour où sa décision est prise : elle doit fuir son pays, il en va de sa vie.
    Elle contemple tristement son univers : l'Arabie Saoudite des années 2000. Elle comprend très jeune le rôle qui lui est assigné : femme au foyer, sous tutelle, voilée et voilant jusqu'à son identité, jusqu'à son être le plus intime. C'est la normalité après tout, toutes les femmes font cela. Pourtant, au fond d'elle une petite graine de révolte s'est nichée, et sera arrosée par toutes ces déceptions, ces colères, ces incompréhension, ce terrible sentiment d'injustice.
    Un jour, sa vie bascule et elle prend le risque de fuir sa vie, son pays, sa famille, au prix même de sa vie! Une seule devise : « Vivre où mourir », et cette expression n'aura jamais sonné aussi juste …

    Pour résumer, ce documentaire dresse le portrait d'une femme forte et libre, se révoltant contre une société qu'elle ne comprend pas, qu'elle ne comprend plus. Un beau témoignage qui ne vous laissera pas indifférent(e): la colère, la compassion, la peur, la rancoeur, la joie … autant de sentiments qui agiteront notre âme en découvrant ce long chemin de croix.

    BLOG : https://devoratrixlibri.wordpress.com/2018/10/14/ici-les-femmes-ne-revent-pas-rana-ahmad/

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  • « Vivre dans une société libre m’a ouvert les yeux sur ce qu’est avoir un comportement normal envers les autres et sur les frontières de la normalité. Il faudra que je sois arrivée en Allemagne pour retrouver une sensibilité et comprendre à quel point le quotidien de presque toutes les femmes...
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    « Vivre dans une société libre m’a ouvert les yeux sur ce qu’est avoir un comportement normal envers les autres et sur les frontières de la normalité. Il faudra que je sois arrivée en Allemagne pour retrouver une sensibilité et comprendre à quel point le quotidien de presque toutes les femmes est terrible dans mon pays. »
    Rana Ahmad a fui son pays, l’Arabie Saoudite, elle est dans une cabine téléphonique et compose le numéro de téléphone de ce qui a été sa maison…La sonnerie résonne, elle raccroche. Dans la cabine la sonnerie se fait vibrante et son cœur s’arrête, à l’autre bout du monde elle reconnait la voix de son papa.
    Elle raconte comment lorsqu’elle avait dix ans et rouler fièrement sur le vélo que son papa lui avait offert et qui avait fait le voyage avec eux jusqu’en Syrie pour les vacances chez ses grands-parents, son grand-père lui a arraché son vélo pour le donner à son oncle Bark 17 ans.
    Là elle prend de plein fouet le mot « haram » l’interdiction, qui devra guider sa conduite tout au long de sa vie. On lui arrache son vélo et elle doit porter son premier voile et sa mère répond à son pourquoi « Dieu nous aime, voilà pourquoi nous devons nous couvrir. Les hommes ne doivent pas nous voir. »
    A partir de là, Rana « loulou » pour son papa va découvrir le quotidien et la condition féminine dans son pays.
    Ce n’est pas parce que Dieu les aime que les femmes doivent être voilées, non, juste parce que les hommes sont des rois, quelque soit leur statut, que tout leur est permis, et que leurs mères deviennent complices d’une non éducation qui fait qu’ils ne savent pas, pour la plupart, maîtriser leurs pulsions, et que s’ils croisaient dans la rue une femme plus belle que la leur, ils ne sauraient pas résister à la tentation.
    Quatre ans plus tard, avec la scolarisation et l’adolescence elle découvre une prison de tissu, lourd psychologiquement et physiquement.
    Elle grandit avec intelligence, elle exige de travailler, avec la complicité de son papa qui va l’accompagner du mieux possible.
    Elle découvre le monde du travail, l’autonomie oui mais elle doit se marier.
    A dix-neuf ans elle est fiancée avec Wisam, à vingt-ans elle est mariée et appartient à sa belle-famille. A vingt et un ans elle est divorcée grâce à son papa, qui a dû payer lourdement cette liberté.

    Le poids de la société est tel, celui de la police religieuse étant omniprésent qu’il devient difficile pour son père face au monde de sauver sa fille.
    Sans pathos avec les mots simples du quotidien, implacablement Rana raconte…
    C’est édifiant de voir ces pays se vautrer dans l’obscurantisme lorsqu’il s’agit du droit des femmes et en même temps développer une économie qui continue à surfer sur les vagues du boom pétrolier.
    La femme est élevée uniquement pour le « bien-être » de sa famille.
    Dès lors, comment balayer des années d’éducation en ce sens pour prendre sa liberté ?
    Rana montre le chemin et il est fascinant de constater que sur cette route qui peut apporter la mort il y a des mains tendues qui forment une chaîne humanitaire des plus salutaires.
    Entre les lignes, une fois la liberté gagnée il y a l’amour pour certains des siens qui ne peut plus s’exprimer.
    Aucun lecteur de ce document ne pourra oublier Rana et ce qu’elle représente.
    En refermant le livre j’ai eu une pensée émue pour son papa qui a perdu sa « loulou » mais qui doit faire taire son cœur pour se réjouir qu’elle soit en vie dans un pays où elle peut être elle-même.
    Deux ans de camps de transit, après le jour où elle est montée dans l’avion, et enfin une vraie chance de voir chaque jour apporter son lot de découvertes.
    Une chose aussi simple que s’asseoir à une terrasse de café et laisser les rayons du soleil caresser son visage.
    Il faut ne pas avoir perdu sa capacité de rêver et savoir que « le chemin qui vaut la peine qu’on l’emprunte est le plus difficile. »
    ©Chantal Lafon-Litteratum Amor 10 octobre 2018.

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  • Rana Ahmad se raconte dans ce récit. Enfant de dix ans, elle jouit de son insouciance, heureuse parmi les siens. Mais c’est sans compter que quinze jours plus tard on lui confisquera son vélo et s’en suivront des obligations, des contraintes… la fin d’une liberté. Ce monde que Rana idéalisait...
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    Rana Ahmad se raconte dans ce récit. Enfant de dix ans, elle jouit de son insouciance, heureuse parmi les siens. Mais c’est sans compter que quinze jours plus tard on lui confisquera son vélo et s’en suivront des obligations, des contraintes… la fin d’une liberté. Ce monde que Rana idéalisait s’effondre. « Tout sera différent, je le sens. Ma vie me donnera la même impression que celle que j’éprouve en respirant à travers la couche de tissu noir devant mon nez : moins légère, moins libre. » En Arabie saoudite les femmes sont soumises, abusées et très peu osent s’opposer à cette doctrine. « La répression la plus puissante est celle qui naît dans notre propre tête. » Un jour, un déclic, elle décide de se battre pour sa liberté, quel qu’en soit le prix à payer.

    Tout au long du récit, j’ai lu et relu des faits que je connaissais déjà (hélas !). Certes, la condition des femmes est horrifiante dans certains pays du Moyen-Orient. Celles-ci sont abusées sexuellement et violentées dès leur plus jeune âge, coupées du monde. Je ne dis pas cautionner ces faits bien au contraire c’est à vomir. Mais je m’attendais à une lecture plus agressive, plus imposante. Le style d’écriture est basique. L’auteure fait son job, balancer une réalité bien malheureuse sur papier pour sensibiliser encore et encore ! Je note tout de même cette force et ce courage assez impressionnants. Fuir son pays et se battre pour les droits des hommes et des femmes. En clair, une lecture en demi-teinte.

    http://www.mesecritsdunjour.com/archives/2018/10/08/36766382.html

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  • Rana Ahmad qui s’est enfuie de son pays, l’Arabie saoudite, depuis deux ans, appelle finalement chez elle pour parler avec son père qui lui manque tant, en lui cachant l’endroit où elle se trouve car ce serait trop dangereux.
    « Je me trouve au centre de Cologne, dans le pays qui est devenu mon...
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    Rana Ahmad qui s’est enfuie de son pays, l’Arabie saoudite, depuis deux ans, appelle finalement chez elle pour parler avec son père qui lui manque tant, en lui cachant l’endroit où elle se trouve car ce serait trop dangereux.
    « Je me trouve au centre de Cologne, dans le pays qui est devenu mon nouveau logis, parce que dans mon ancien chez-moi, je n’avais pas le droit d’être celle que je suis. » (p.17)

    Un roman coup de poing ou une grande claque à nous qui sommes éloignés de ce pays mais dont on connaît les problèmes de femmes, soumises aux volontés des hommes, obligées d’obéir non seulement à leurs familles mais aussi aux ordres du Gouvernement. Des soumissions pas sans danger et dont nombreuses sont celles qui n’en réchappent ou qui en restent traumatisées à vie.

    Il faut un réel courage à celles qui décident d’échapper à cette « barbarie » et c’est ce qu’a fait l’auteure, Rana Ahmad qui nous relate son autobiographie, son évasion, dans « Ici les femmes ne rêvent pas. »Elle nous raconte dans un ouvrage très dense mais passionnant, TOUT son parcours – Tout son vécu - ses humiliations – ses relations avec sa propre famille où seul le père se montre toujours affectueux et l’aidera jusqu’au bout et même dans les moments les plus difficiles ou dangereux. D’ailleurs, de lui, Rana écrit : « Pendant toute mon enfance et toute ma jeunesse, mon père sera le seul homme qui compte dans ma vie. Auprès de lui, je me sens à l’abri et en sécurité. »(p.71/72)

    Dans les moments heureux de son enfance, figure celui où son père lui offre une bicyclette :
    « Qui cela peut-il être, et pourquoi est-ce à moi d’aller ouvrir la porte ? Mais devant la maison, c’est mon père qui attend, un petit sourire aux lèvres. Je suis tellement confuse que je ne vois pas l’objet tout de suite. (…) - c’est une bicyclette ! Un vélo pour filles, blanc et argenté. Pour toi, Rana ! » (p.24) Mais elle n’aura le droit de s’en servir que lors de vacances passées chez les grands-parents.

    Malheureusement, un jour, au retour d’une de ses promenades, son grand-père, d’un air très sérieux, en lui ouvrant la porte, lui dit qu’elle n’a plus le droit de faire du vélo et le donne à un de ses oncles : « Quelque chose n’est pas comme d’habitude. Il a les yeux sombres et brillants. (…) Rana, tu cours sans arrêt les rues avec ta bicyclette. Tu es beaucoup trop âgée pour ça. » (p.34) En plus de cette grande désillusion, vient s’ajouter un autre gros problème, pendant le repas : « Et puis il est temps qu’elle porte un voile. » (p.36). Fin de l’enfance insouciante ?
    On juge que tout ce qu’elle fait est « haram » (mauvais). A présent qu’on la considère comme « un petit bout d’adulte » il va aussi falloir qu’elle porte des « abayas, ces tenues que les femmes portent au-dessus de leurs vêtements normaux quand elles quittent la maison, des niqabs, ces voiles qui masquent le visage, et des tarhas, ces foulards qui recouvrent les cheveux, les oreilles, le cou et les épaules. » (p.38).
    Sa vie va alors se transformer du tout au tout. Victime d’humiliations de la part de sa famille (ses frères, ses oncles…) mais le soutien de son père reste infaillible.

    Une solution possible lui vient à l’idée : quitter le foyer familial pour épouser Wisam, amoureux d’elle et ils quittent Riyad pour Damas en Syrie. Les premiers temps sont heureux mais bien vite la famille de son époux s’impose à eux et rendent vite la vie impossible. Des gestes (que l’on ne peut pas décrire) sont effectués envers Rana mais son mari ne veut pas la croire. Si bien que la seule issue, après une tentative dramatique, et avec l’aide toujours de son père, le divorce est envisagé. Elle retourne pour un temps dans sa famille où sa mère l’accueille très mal en lui disant qu’elle n’apporte que des problèmes ! Comme accueil on aurait pu rêver mieux…
    Je vais abréger ma chronique car il y aurait beaucoup trop de choses à dire. Ce livre est incroyable et penser que Rana est passée par là (comme d’autres femmes d’ailleurs) paraît difficile à admettre et pourtant…

    Grâce aux réseaux sociaux Facebook et Twitter, elle va entrer en contact avec « Atheist Republic ». Pour Rana, la révélation suprême s’impose : elle est athée et adhère entièrement au groupe.

    Mais une épreuve s’impose encore à elle dans sa famille. : ils vont aller à la Mecque pour un pèlerinage, une torture pour l’auteure car elle fait semblant alors qu’elle est à ses yeux « une pécheresse, une mécréante, la lie de la terre. »

    Enfin, elle décide de s’évader et là aussi ce sera une grande épreuve et demandera beaucoup de courage car il y aura bien des obstacles à franchir. Et va-t-elle y arriver ? « Au cours des semaines qui précèdent ma fuite, je suis une autre personne. Je n’ai plus rien à voir avec la Rana que connaît ma famille, la petite fille qu’ont élevée mes parents. Je ne crois plus en Dieu, je ne fais plus que jouer le rôle de la brave musulmane. » (p.190)

    Je suis obligée de passer sur le reste car ce serait spolier un si beau récit émouvant, plein de tension extrême, d’attente de savoir ce qui arriver et comment.
    « Ma grande chance est l’existence de ce réseau mondial d’athées qui font tout pour s’entraider. Un ami du Koweït m’envoie plus de mille dollars quand il entend parler de mes problèmes d’argent. Armin Navabi, le fondateur du site Web « Atheist Republic » m’écrit un mail. Il me demande comment je vais et si j’ai réussi à m’enfuir. Il dit que ma photo de la Kaaba l’a tellement impressionné qu’il aimerait garder le contact avec moi et m’aider. » (p.216)

    Rana Ahmad nous livre un beau témoignage en nous décrivant tout ce par quoi elle est passée. Cela a fait que, une fois le livre terminé, contrairement à mes habitudes, j’ai laissé passer un jour pour tenter de mettre de l’ordre dans mes idées - de réfléchir à ce que j’allais pouvoir écrire sans en dire trop - de taire les ignominies, les scènes de violence – les moments d’espoir et ceux de découragement et surtout ne pas dévoiler la centaine de dernières pages.
    Mais on l’a vu au début, le récit commence à Cologne ce qui est une indication et puis Rana est l’auteure, donc une déduction s’impose.

    Je voudrais féliciter Rana Ahmad pour un si beau livre et j’ai vu que dans les « Remerciements » elle a bénéficié de belles aides.

    Par contre, une émotion encore avec ces dernières lignes : « Je prends une décision : je me sens suffisamment forte à présent pour appeler mon père au téléphone le lendemain. C’est la première fois que j’entendrai sa voix depuis que je suis montée dans l’avion qui allait me conduire à Istanbul, deux ans plus tôt. C’est avec cette pensée que je tombe dans mon lit ce soir-là, épuisée, mais heureuse. »

    Ce bonheur-là, Rana, vous l’avez mille fois mérité et puisse ce livre ouvrir les yeux un peu plus sur le sort de toutes ces femmes encore prisonnières de leur statut de femme-esclave dans votre ancien pays. Je souhaite également qu’il permette, justement à de nombreuses autres femmes, d’oser franchir le pas et d’avoir votre courage ainsi que la possibilité de le faire.

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