Grands carnivores

Couverture du livre « Grands carnivores » de Bertrand Belin aux éditions P.o.l
  • Date de parution :
  • Editeur : P.o.l
  • EAN : 9782818046739
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Lui est récemment promu à la tête des entreprises familiales, personnage sinistre et cynique, jaloux de son frère peintre, cultive l'art de soumettre et de se soumettre, de servir l'Empire et ses valeurs. Il n'a d'autre ambition que la restauration de ce qu'il appelle « la grandeur du pays »... Voir plus

Lui est récemment promu à la tête des entreprises familiales, personnage sinistre et cynique, jaloux de son frère peintre, cultive l'art de soumettre et de se soumettre, de servir l'Empire et ses valeurs. Il n'a d'autre ambition que la restauration de ce qu'il appelle « la grandeur du pays » quand son frère rêveur fait l'artiste, aime, désire. Cultive ainsi de vaines activités, néfastes à l'ordre général. La joie de l'un éveille l'irrita- tion voire la détestation de l'autre. De cette faille entre les deux frères naît inévitablement un déséquilibre, et beaucoup d'imprévu. Surtout si un cirque s'installe en ville...
La population apprend qu'un groupe de fauves s'est échappé durant la nuit. Introuvables, les bêtes sont au centre de toutes les conversations et objet de toutes les craintes. Les habitants seront entièrement tournés vers la défense et la préservation de leur intégrité individuelle, leur attention exclusivement diri- gée vers ce danger inédit. Le climat de terreur où les fauves ont plongé la population, constitue l'occasion formidable de l'apparition d'un discours jusque-là souterrain.
Bertrand Belin réussit une étrange fable romanesque, dans un contexte imaginaire, à une époque à la fois lointaine et très proche de la nôtre. Cette situation de crise présente beaucoup d'analogies avec le climat auquel sont soumises aujourd'hui comme hier les populations, climat où la peur, amplifiée par les discours politiques opportunistes, tient lieu de carburant à l'Histoire. Bertrand Belin dépeint un monde dominé par la peur de l'autre et la cruauté, les soupçons, et qui soudain bascule dans un rêve éveillé.
L'inquiétude se propage avec la rumeur. Qui a peur, à présent, d'être dévoré ? Et par qui ?

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  • Je connais Bertrand Belin comme chanteur, guitariste, et j’ai pu l’apprécier sur scène, notamment aux Correspondances de Manosque 2018 où il rendait hommage à P.O.L, Paul Otchakovsky Laurens. Je l’apprécie énormément.
    Mais Bertrand Belin écrivain, je ne connaissais pas. C’est grâce à...
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    Je connais Bertrand Belin comme chanteur, guitariste, et j’ai pu l’apprécier sur scène, notamment aux Correspondances de Manosque 2018 où il rendait hommage à P.O.L, Paul Otchakovsky Laurens. Je l’apprécie énormément.
    Mais Bertrand Belin écrivain, je ne connaissais pas. C’est grâce à Lecteurs.com et aux éditions P.O.L que je remercie chaleureusement, que j’ai découvert, son troisième roman, déjà : Grands carnivores.
    Ils sont deux frères que l’on pourrait qualifier de frères ennemis. Ils s’opposent et se méprisent. Ils ne sont jamais nommés si ce n’est par leur fonction. L’un, cynique, à force de bassesses, a été promu nouveau directeur d’une entreprise de boulons, ressorts, roues dentées, gonds, pointes et diverses pièces mécaniques et sera nommé tout au long du roman « Le récemment promu nouveau directeur ». L’autre, son frère cadet, est artiste peintre. Il est insouciant, rêveur, aime la fête et picoler.
    Un cirque s’est installé dans la ville et voilà que les fauves se sont échappés ! C’est une vraie fable que Bertrand Belin nous livre, une fable très ironique où les grands carnivores ne sont peut-être pas les lions, tigres et autres fauves mais plutôt les humains, qui, à des degrés divers, sont devenus des prédateurs.
    J’ai beaucoup aimé ce roman en forme de parabole politique assez mélancolique. Le texte est servi par de belles phrases assez longues mais où chaque mot résonne à sa juste place. Le vocabulaire est également très riche. Les répétitions faites pour appuyer les dires et les caractères des personnages servent admirablement le récit et en font une sorte de farce. Un roman original.

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  • https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2019/04/grands-carnivores-de-bertrand-belin.html

    L'histoire se déroule dans une société nommée l'Empire. Y vivent deux frères ennemis que tout oppose. L’aîné est un capitaliste, le cadet est un artiste. Dans ce roman aucun des personnages n'est désigné...
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    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2019/04/grands-carnivores-de-bertrand-belin.html

    L'histoire se déroule dans une société nommée l'Empire. Y vivent deux frères ennemis que tout oppose. L’aîné est un capitaliste, le cadet est un artiste. Dans ce roman aucun des personnages n'est désigné par son nom ou son prénom, ils sont nommés par leur fonction. L’aîné est appelé le récemment promu à la tête de l'entreprise locale de boulons et ressorts, il va bientôt succéder au fondateur de son entreprise et n'éprouve que mépris pour son frère cadet, artiste peintre un peu bohème. La promotion de l’aîné constitue pour lui une revanche sur son jeune frère dont il a toujours été jaloux car contrairement à lui, il a été aimé par ses parents.

    Un jour un cirque vient s'installer dans la ville et une nuit les fauves s'échappent... Dompteur, lionnes et tigres restent introuvables, les grands carnivores errent en ville, la peur grandit...

    Ce court roman relate le combat entre deux frères ennemis, une sorte de combat de fauves. Traité sous la forme d'un conte, on relève de multiples correspondances avec l'actualité dans cette société où règne un certain malaise. Si la parabole d'une société dominée par la peur de l'autre est intéressante, le style assez lourd m'a rendu la lecture pénible. Le thème me plaisait, le parti pris de ne donner aucun nom, aucun prénom, induisant que cela pourrait être chacun d'entre nous était intéressant mais j'ai été déçue par ce roman trop loufoque pour me séduire.

    Ce roman fait partie de la première sélection du prix Orange.

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  • C'est le roman de deux frères. Ils pourraient s’appeler Caïn et Abel, mais dans le conte imaginé par Bertrand Belin, ils n’ont pas de nom. On comprend toutefois que tout les oppose. Dans ce petit Empire, qui n’est pas situé non plus, le premier occupe une position privilégiée. Il vient d’être...
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    C'est le roman de deux frères. Ils pourraient s’appeler Caïn et Abel, mais dans le conte imaginé par Bertrand Belin, ils n’ont pas de nom. On comprend toutefois que tout les oppose. Dans ce petit Empire, qui n’est pas situé non plus, le premier occupe une position privilégiée. Il vient d’être promu nouveau directeur des entreprises de boulons et autres fabrications métalliques du même genre. Très vite, l’auteur va le parer de toutes les plumes du paon: patriarche, notable, arriviste, «asservisseur patenté», serviteur de l’ordre et de la discipline et haïssant par conséquent les «parasites» dont fait partie son «barbouilleur» de frère.
    On l’aura compris, le second est artiste-peintre. De joyeuse nature, se souciant peu du lendemain et préférant l’amour à la discipline, la fête à la rigueur, il se réjouit de l’arrivée d’un cirque en ville.
    Mais le spectacle n’est pas celui qui est au programme des saltimbanques. L’information qui court dans la ville est que les cages du cirque ont été ouvertes et que les animaux se sont enfuis. Les grands carnivores erreraient en liberté dans les rues.
    Face au danger, le premier réflexe est de rester sagement chez soi. Mais très vite la curiosité devient la plus forte. Chacun a envie de savoir comment et qui viendra à bout de ces bêtes.
    Le directeur entend s’appuyer sur la peur pour faire régner l’ordre, édicter des lois sévères, interdire tous les fauteurs de troubles. Il n’est pas besoin de regarder bien loin pour trouver des correspondances avec l’actualité, y compris dans les dérapages verbaux. À moins que les outrances ne finissent par se retourner contre ceux qui les profèrent… Car à y regarder de plus près, il semble bien que les grands carnivores ne soient pas seulement en voie de disparition, mais qu’ils aient bel et bien disparu.
    Bertrand Belin joue avec subtilité sur la dichotomie, celle des frères ennemis, celles de ces animaux aussi menaçants que menacés pour nous offrir une jolie réflexion politique baignant dans un climat très troublé.
    https://collectiondelivres.wordpress.com/2019/03/18/grands-carnivores/

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