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Globalia

Couverture du livre « Globalia » de Jean-Christophe Rufin aux éditions Folio
  • Date de parution :
  • Editeur : Folio
  • EAN : 9782070309184
  • Série : (-)
  • Support : Poche
Résumé:

La démocratie dans Globalia est universelle et parfaite, tous les citoyens ont droit au « minimum prospérité » à vie, la liberté d'expression est totale, et la température idéale. Les Globaliens jouissent d'un éternel présent et d'une jeunesse éternelle. Évitez aussi d'être, comme Baïkal,... Voir plus

La démocratie dans Globalia est universelle et parfaite, tous les citoyens ont droit au « minimum prospérité » à vie, la liberté d'expression est totale, et la température idéale. Les Globaliens jouissent d'un éternel présent et d'une jeunesse éternelle. Évitez aussi d'être, comme Baïkal, atteint d'une funeste « pathologie de la liberté », vous deviendriez vite l'ennemi public numéro un pour servir les objectifs d'une oligarchie vieillissante dont l'une des devises est : « Un bon ennemi est la clef d'une société équilibré. » Un grand roman d'aventures et d'amour où Rufin, tout en s'interrogeant sur le sens d'une démocratie poussée aux limites de ses dangers et de la mondialisation, évoque la rencontre entre les civilisations et les malentendus, les espoirs et les violences qui en découlent.

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Articles (1)

Avis (14)

  • "Tout ce qu'il avait découvert dans les non-zones révélait Globalia sous un jour qui rendait cette société haïssable et digne d'être combattue. Quand il avait voulu s'en échapper, c'était avec le désir vague de retrouver une liberté qu'il avait imaginée lui-même. Désormais, il voyait dans...
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    "Tout ce qu'il avait découvert dans les non-zones révélait Globalia sous un jour qui rendait cette société haïssable et digne d'être combattue. Quand il avait voulu s'en échapper, c'était avec le désir vague de retrouver une liberté qu'il avait imaginée lui-même. Désormais, il voyait dans Globalia un ennemi, une construction humaine retournée contre les hommes, un édifice fondé sur la liberté mais qui écrasait toute liberté, un monstre politique à détruire. (p375)"

    Jean-Christophe Rufin se fait le créateur d'un monde futur, Globalia, dans lequel l'uniformisation règne, où chacun et chacune n'a à s'inquiéter de rien et coule des jours heureux et uniformes. Mais dans tout monde, il y a des êtres qui se rebellent, qui n'acceptent pas les règles établies et qui cherchent à comprendre les limites de ce monde et à trouver la faille et ceux qui gouvernent, dirigent, influencent en un mot détiennent le pouvoir.

    Une dystopie dans laquelle on s'installe, trouvant le précepte à la fois bien sympathique quoique terrifiant. Tout est aboli, tout ce qui pourrait être source d'inquiétude et de stress, la Protection Sociale a tout prévu, organisé, planifié, ne laissant aucune place à l'imagination ou à la moindre vague. Une histoire qui démarre sur la fuite d'un homme, le héros, Baïkal, celui qui va devenir le Nouvel Ennemi, devenant le gibier d'une chasse à l'homme programmée et consentie, un homme dont le visage va inonder les écrans, pour lequel des alliances, comme souvent, entre racailles et pouvoir, vont se faire car chacun, que ce soit sous le dôme où dans les non zones, y trouvera son intérêt.

    L'auteur va, en homme de lettres qu'il est, créer un autre pouvoir, une force silencieuse,  au sein de Globalia faisant de l'écrit et des mots (voire des livres) une arme car n'est-ce-pas les livres que toute dictature évince dès sa prise de pouvoir ?

    Alors s'engage une course où la manipulation et les intérêts ne se révéleront qu'en fin de récit, où les figures des zones hostiles font preuve d'humanité et ouvriront les yeux de Baïkal et Kate sur un monde non aseptisé où l'homme est responsable de son destin et doit survivre dans un monde hostile, sans la main mise d'un gouvernement omniprésent mais où la valeur des sentiments et des actions ne répondent pas à l'ordre établi.

    Si j'ai pris du plaisir dans la première partie du récit avec la découverte de Globalia et par la même occasion de l'imagination de Jean-Christophe Rufin se faisant visionnaire d'un avenir dans lequel nous pouvons déjà entrevoir certains signes présents, au fil des pages mon plaisir s'est un peu émoussé. Peu à peu les personnages secondaires et pourtant primordiaux dans le récit, me sont apparus un peu caricaturaux de ce type d'histoire, où il y aura des sacrifices, où les puissants se révèlent manipulateurs et ayant bien d'autres objectifs en tête, l'histoire d'amour passant en second plan et n'est qu'un alibi (mais cela ne me dérange pas plus que cela).

    C'était une lecture agréable, un peu longue à se conclure et de façon assez conventionnelle, mais qui ne me marquera pas durablement. Les thèmes du bonheur pour tous, de la longévité, de l'uniformisation, de la prise en charge des masses y sont traités mais comme ils l'ont été déjà dans de nombreux romans, de façon parfois plus forte et plus originale ou novatrice et comme parfois elles apparaissent dans certains pays ou dans nos modes de vie.

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  • Kate et son compagnon Baïkal pénètrent dans une immense salle de trekking recouverte d’un dôme de verre comme le sont toutes les infrastructures de Globalia. Ils font partie d’un groupe d’une quarantaine de randonneurs pratiquant leur loisir en vase clos. Baïkal demande à Kate de se laisser...
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    Kate et son compagnon Baïkal pénètrent dans une immense salle de trekking recouverte d’un dôme de verre comme le sont toutes les infrastructures de Globalia. Ils font partie d’un groupe d’une quarantaine de randonneurs pratiquant leur loisir en vase clos. Baïkal demande à Kate de se laisser distancer par le groupe pendant qu’il filera sur l’avant. Sous le couvert d’un petit bois, il la rejoint et, à l’aide de quelques outils, déverrouille une trappe d’évacuation d’eau, ce qui leur permet de passer clandestinement dans une non-zone. Pendant ce temps, Ron Altman, vieux dirigeant à qui on a déjà signalé l’évasion des deux jeunes gens, s’intéresse particulièrement à leur cas. Il songe à faire jouer au jeune homme le rôle de nouvel ennemi public, histoire de maintenir l’ambiance de peur qui règne en permanence à Globalia. Très vite capturé et incarcéré, Baïkal finit par se retrouver dans la somptueuse résidence de Cape Cod prêtée à Altman qui lui propose d’être renvoyé d’où il vient, mais cette fois sans la présence de Kate qui a également été arrêtée…
    « Gobalia » est un roman d’anticipation intéressant, agréable à lire, quoiqu’un peu faible du point de vue de l’intrigue. La fin naïve et presque en happy end peut décevoir. Cependant la description de ce monde dystopique ressemble étrangement à ce qui nous attend et dont ne vivons actuellement que les prémisses (rappelons que pour les anglo-saxons « globalism » signifie pour nous « mondialisme »). Globalia n’est rien d’autre qu’une démocratie poussée aux limites extrêmes de ses possibilités de contrôle et de manipulation des individus. Un monde tellement oppressant que quiconque d’à peu près normal n’a qu’une envie, celle de le fuir. Ruffin fait preuve d’un talent de visionnaire ou de personne très bien informée. Son univers ressemble comme deux gouttes d’eau à celui prôné par Klaus Schwab, l'homme de Davos et du « grand reset ». On y trouve entre autres un « minimum prospérité » (revenu universel). Les livres papier ont disparu. L’histoire est revisitée en permanence. Plus de datation. On compte par cycles de 60 ans et on repart à zéro. On court après l’éternelle jeunesse. La gouvernance est basée sur la peur des attentats terroristes qui ne sont que des opérations sous faux drapeaux. Il ne manque qu’un virus très très mortel ! Il n’y a qu’une seule vérité, celle diffusée par les médias officiels et gobée par une majorité hébétée. Globalia étant toujours dans le camp du bien, chaque fois qu’elle bombarde un secteur de la non-zone, elle l’accompagne d’une distribution de nourriture aux populations survivantes. À noter également, l’histoire de Ron Altman, tireur de ficelles cynique et frustré, qui ressemble assez à celle d’un certain Georges Soros. Un livre qui donne à réfléchir.

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  • Peut-on renouveler un coup de cœur quinze ans après ? Malgré le temps qui transforme, les découvertes littéraires qui affadissent parfois les lectures plus anciennes, malgré les goûts qui évoluent ? Eh bien oui, c'est ce qui m'est arrivé avec Globalia, roman dévoré en 2004 au moment de sa...
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    Peut-on renouveler un coup de cœur quinze ans après ? Malgré le temps qui transforme, les découvertes littéraires qui affadissent parfois les lectures plus anciennes, malgré les goûts qui évoluent ? Eh bien oui, c'est ce qui m'est arrivé avec Globalia, roman dévoré en 2004 au moment de sa parution (j'étais déjà accro à la plume de Jean-Christophe Rufin) et relu il y a quelques jours, chose rare chez moi. Mais c'est le dernier roman d'Aude Le Corff, La mer monte qui m'a donné envie de me replonger dans celui-ci. Et puis une discussion avec l'auteur, lors de la soirée organisée par Gallimard pour la parution de son nouveau roman, Les sept mariages d'Edgar et Ludmilla, lui qui se demandait s'il n'avait pas écrit Globalia trop tôt. Alors ça, je ne pense pas. Par contre, il pourrait sortir aujourd'hui, on le trouverait tout aussi impressionnant. Savoir qu'il a été écrit il y a quinze ans le rend d'autant plus brillant.

    Globalia est une dystopie qui brouille les repères temporels. C'est quelque part dans le futur, des années après les guerres civiles qui ont mis le monde à feu et à sang. Une civilisation aseptisée, sous cloche, littéralement puisque protégée par des dômes et des parois de verre. Au-delà des parois ? Ce qu'on appelle les non-zones. D'un côté l'ordre et une devise : "Liberté, sécurité, prospérité". De l'autre, le chaos, la misère, la violence, le néant d'où viennent régulièrement des actions terroristes. Baïkal est un jeune homme de vingt ans, une rareté dans cette société où la vieillesse est portée aux nues, débarrassée des scories qui en faisaient naguère un calvaire (santé, dégradation physique...) et où les naissances sont régulées par l'Harmonie sociale pour maintenir un parfait équilibre. Depuis son plus jeune âge, Baïkal s'interroge sur ce qu'il y a réellement au-delà de ces murs de verre, persuadé qu'il y a un ailleurs. Il entraine Kate, la jeune fille dont il est amoureux dans une escapade interdite, qui sera le début pour eux, et pour le lecteur d'une plongée dans les entrailles de la réalité de ce Globalia et des motivations de ses dirigeants.

    Présentée comme la démocratie idéale, prônant la liberté, Globalia va se révéler bien plus complexe et perverse dans sa conception, son organisation et, finalement son idéologie. Au fur et à mesure que l'on avance, tous les concepts sont remis en cause et bousculés. Quelles contreparties pour la sécurité ? Qu'est ce que vraiment la liberté ? D'ailleurs, peut-on parler de liberté lorsque les historiens sont sous contrôle au prétexte que "le passé est un immense territoire d'idées nuisibles" ? Peut-on parler de liberté lorsque les citoyens sont soumis à une information contrôlée et à une pression commerciale permanente ? Jean-Christophe Rufin projette son lecteur dans une société telle que nous pourrions en bâtir à partir des concepts prônés actuellement par une majorité d'individus : une société mondialisée (homogénéisée, standardisée), une société dominée par les intérêts commerciaux et l'argent, une société sécuritaire guidée par la peur de l'autre. Tout ceci par l'intermédiaire d'un formidable roman d'aventures avec Baïkal dans le rôle de l'explorateur des territoires interdits, dans des décors qui font voyager le lecteur entre l'univers aseptisé de Globalia et le far west des non-zones. Franchement, un régal, fait de trouvailles passionnantes pour ce qui est de donner un aperçu du futur, que ce soit en matière sociétale avec par exemple une croustillante inversion des valeurs liées à la famille, ou en matière scientifique (chacun possède plusieurs clones permettant d'échanger les organes défectueux... entre autres). Mais je ne voudrais pas spoiler les chanceux qui vont découvrir Globalia pour la première fois.

    Je crois que le lire maintenant fut encore plus savoureux, parce que l'anticipation apparait toujours plus vertigineuse à l'aune de notre société et de ce qu'il s'est passé au cours des quinze dernières années. Non seulement le roman n'a pas vieilli mais il s'est bonifié avec les années. C'est peut-être ça, la bonne littérature. L'occasion de conclure avec ce clin d’œil (pas de roman de Rufin sans un mot sur les livres), petit extrait qui donne à méditer sur l'évolution de la production littéraire : "Interdire les livres, c'est les rendre désirables. Toutes les dictatures ont connu cette expérience. En Globalia, on a fait le contraire : on a multiplié les livres à l'infini. On les a noyés dans leur graisse jusqu'à leur ôter toute valeur, jusqu'à ce qu'ils deviennent insignifiants. (...) Surtout dans les dernières époques, vous ne pouvez pas savoir la nullité de ce qui a été publié".

    Un dernier mot : lisez ou relisez Globalia !

    (chronique publiée sur mon blog : motspourmots.fr)

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  • Même si ce roman souffre de la comparaison avec 1984, il apporte néanmoins une vision intéressante de notre société où la mondialisation de l’économie et la pensée unique rappellent étrangement la vie en Globalia.
    Si au début on s’attache à Kate et Baïkal, les personnages principaux, très vite...
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    Même si ce roman souffre de la comparaison avec 1984, il apporte néanmoins une vision intéressante de notre société où la mondialisation de l’économie et la pensée unique rappellent étrangement la vie en Globalia.
    Si au début on s’attache à Kate et Baïkal, les personnages principaux, très vite on réalise que le véritable héros du livre est Globalia, une démocratie totalitaire où il fait si bon vivre pour des consommateurs parfaitement conditionnés. Tout l’intérêt de ce roman consiste à décrire le fonctionnement d’un monde aseptisé dirigé par un conseil occulte ressemblant curieusement au club Bilderberg.
    A lire d’urgence si l’on veut avoir un aperçu du monde qu’on nous prépare !

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  • Excellente alléchant pour les amateurs d'anticipation donne à réfléchir sur notre société

    Excellente alléchant pour les amateurs d'anticipation donne à réfléchir sur notre société

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  • Un style travaillé et assez joli, c'est sûr et un roman prenant. Mais en tant que lecteur assidu de science-fiction, il faut bien admettre que Rufin est ici dans le B-A-BA du genre: société fermée, notion de liberté faussée, diabolisation de l'extérieur, courage des héros qui oseront s'y...
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    Un style travaillé et assez joli, c'est sûr et un roman prenant. Mais en tant que lecteur assidu de science-fiction, il faut bien admettre que Rufin est ici dans le B-A-BA du genre: société fermée, notion de liberté faussée, diabolisation de l'extérieur, courage des héros qui oseront s'y aventurer.
    Dans le genre, autant relire les poncifs: Arthur C.Clarke - La cité et les astres, Silverberg, ou plus récemment La Zone du Dehors d'Alain Damasio.

    Je vénère Rufin pour L'abyssin et Sauver Ispahan, très doué pour nous donner une idée de l'atpmosphère d'un pays, d'une culture à une époque donnée, sans pour autant parler de roman historique.

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  • Déjà pour commencer un coup de chapeau à une très belle plume car j'aime le style et la façon d'écrire de Monsieur Ruffin. L'idée de départ est originale. Une société qui ressemble un peu à la notre, dans laquelle tout est cadré, sécurisé, normalisé. De jeunes gens veulent contester l'ordre...
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    Déjà pour commencer un coup de chapeau à une très belle plume car j'aime le style et la façon d'écrire de Monsieur Ruffin. L'idée de départ est originale. Une société qui ressemble un peu à la notre, dans laquelle tout est cadré, sécurisé, normalisé. De jeunes gens veulent contester l'ordre établi. La suite est à découvrir et est affaire de goût dans ce roman agréable et bien pensé. Juste la fin un peu prévisible. Mais un bon livre et un très bon auteur.

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