• Je tiens à remercier les éditions Aux forges de vulcain pour l’envoi de ce roman. Un roman ? Que dis-je ? C’est bien plus que cela ! S’entremêlent ainsi fiction et réalité, dans ce premier roman visionnaire bien prometteur de Jean-Baptiste de Froment. » État de nature « est paru en cette rentrée littéraire 2019, une lecture déstabilisante et satirique, comme je les aime ! De quoi pousser tout un chacun à la réflexion, croyez-moi !
    Claude, la soixantaine, personnage antipathique ô combien, est le bras droit d’une Présidente de la République, aveugle, solitaire et inefficace. Mais Claude a des envies de grandeur, et aspire secrètement à prendre la tête de la France, qui, soit dit en passant, n’est pas vraiment la France.
    p. 10 : » Le sommet est très proche, nuança-t-il. Mais pour être parfaitement exact, il n’est pas encore atteint. Il y a encore, tout là-haut, cette vieille femme qui m’emmerde… »
    En effet, un département fait parler de lui. La Douvre. Composé essentiellement de hameaux dispersés, il représente la France profonde. Barbara, jeune femme candidement intelligente, en est la préfète déchue. Une conspiration des plus hauts dignitaires de l’Etat s’est liguée contre elle. Trop proche du peuple, elle faisait craindre un soulèvement populaire.
    p. 119 : » Comment te dire les choses ? Elle te parle et tu te sens… compris. Je vais te faire rire : on me dit qu’elle aime les gens. Ce n’est pas tout à fait rien, cela, d’aimer les gens. «
    Mais cette insurrection va être alimentée par un personnage qui semble secondaire à première vue, mais qui va avoir un rôle déterminant. C’est ainsi qu’Arthur Cann, un jeune philosophe-agronome et geek-altermondialiste, a de grands projets pour développer La Douvre. Il souhaite que ce département devienne le lieu d’expérimentation grandeur nature du monde à venir, à la fois numérique et écologique, enraciné et connecté.
    p. 86 : » Ce qu’Arthur voyait venir, c’était une nature nouvelle, réconciliée avec elle-même, et dotée, pour ainsi dire, de tout le confort moderne. Une nature, développait-il , que la technique vendrait non plus contredire comme autrefois, mais compléter, parfaire : en substituant à la discorde originelle la communication de toutes choses entre elles, hommes et bêtes, arbres et plantes, lacs et forêts, interconnectées au sein du grand Réseau du monde. «
    Le lecteur découvre ainsi pléthore de personnages, tous plus égocentriques les uns que les autres, dont les objectifs personnels sont leur unique aspiration. Sur fond constant de secrets, de trahisons et de suspicions, chacun fomente à qui mieux mieux, quitte à devenir burlesque.
    p. 38 : » Lors de ces réunions, il n’était jamais question que d’une chose : de Claude lui-même. Des voies et des moyens de le faire prospérer. De prévenir les coups qui lui seraient portés. De riposter à ceux qui lui avaient été donnés. «
    D’une écriture soutenue, l’ensemble est admirablement construit puisque l’intrigue s’accélère dans les dernières pages, révélant un final haletant, aux nombreux et impétueux rebondissements, laissant le lecteur pantois. Fable satirique, Jean-Baptiste de Froment nous fait vivre une expérience inédite. Haut-fonctionnaire de l’Etat, l’auteur s’est incontestablement inspiré de la vie politique française, pour notre plus grand bonheur. Bâtit sur une uchronie, il ébranle totalement son lecteur en alternant faits réels et fictifs. Une caricature de l’état politique de la France actuelle. Entre sourires et questionnements, ce roman est férocement drôle !

    p. 112 : » Il n’y a de pouvoir que s’il y a des gens pour obéir. «

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus

Où trouver ce livre en librairie ?

Service proposé en partenariat avec Place des Libraires

Discussions autour de ce livre

Il n'y a pas encore de discussion sur ce livre

Soyez le premier à en lancer une !

Forum

Afficher plus de discussions

Récemment sur lecteurs.com