Et si nous étions libres

Couverture du livre « Et si nous étions libres » de Annick Cherville aux éditions Courrier Du Livre

3

2 notes

Résumé:

Sourayan serait-il venu me rappeler que ma tâche n'est pas achevée ? Je lui dois d'écrire encore un roman. Je l'appellerai Et si nous étions libres. Je dévoilerai son vrai visage et le mien, je ressusciterai Anna, Frédéric, Cédric, Galal, nous tous au faîte de notre jeunesse, je raconterai les... Voir plus

Sourayan serait-il venu me rappeler que ma tâche n'est pas achevée ? Je lui dois d'écrire encore un roman. Je l'appellerai Et si nous étions libres. Je dévoilerai son vrai visage et le mien, je ressusciterai Anna, Frédéric, Cédric, Galal, nous tous au faîte de notre jeunesse, je raconterai les jours étranges que nous avons vécus au printemps 1983 à Alexandrie. Je serai l'héroïne de mon roman, moi qui ai toujours refusé d'être l'héroïne de ma vie.

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Le courrier des auteurs

Annick Cherville répond à nos questions ! (30/05/2015)

1) Qui êtes-vous ? ! Une femme qui rêve le monde et qui tente de le réécrire à sa manière. Aujourd'hui, l'heure serait au bilan, la vie est derrière mon épaule et pourtant c'est toujours la même interrogation... et si après ? Si la merveilleuse aventure continuait encore et encore ? Et c'est toujours la même soif d'être libre et de créer des univers par l'écriture et l'imagination, univers qui pourtant n'égaleront jamais la lumière du soleil sur la mer et n'effaceront jamais non plus la cruauté du monde. J'aime vivre, j'aime écrire et j'enseigne aussi une discipline bien singulière à laquelle j'ai voué une grande partie de ma vie. Je transmets ma passion et les résultats de mes expériences très personnelles à ceux qui se posent la même question que moi : «Qu'est-ce qui se cache derrière les apparences de la vie, qu'est-ce qui nous attend peut-être après la mort ?» On appelle parfois cela «la recherche ésotérique». Autant dire que les savoirs transmis par l'éducation, l'école ou l'université ne font pas partie de mon enseignement, mais c'est grâce aux outils légués par ces instances sociales et culturelles que je sais lire, écrire et enseigner. Je suis une rebelle, sans doute, bien pacifique, certains diront une marginale, je leur accorde volontiers. Bien que j'estime impossible de mettre une étiquette sur moi et que je souhaite que personne ne puisse être étiqueté et rangé à une place convenue. Je suis seulement ce que je suis. 2) Quel est le thème central de ce livre ? J'ai envie de dire que le thème central de ce livre c'est la vie et la mort sans cesse entrelacées. Et cet amoureux mariage se déroule à travers la vie d'une femme (la narratrice) et d'hommes libérés de toute contrainte. Des amours et des plaisirs, des morts et des tragédies, des villes et des pays, des plages et du soleil, la vie, quoi ! L'héroïne écrit. Elle, ses amis et ses amours vivent avec intensité et parfois avec folie. Leur seule morale pourrait être : «Je veux être libre de vivre et je veux être libre de mourir.» Ces personnages, sans doute les enfants de 1968, poussent à l'extrême les découvertes de ce mois de mai incendiaire et fou, et ils voyagent de par le monde et les années, au gré de leurs amours et de leurs passions. Mais c'est aussi le temps qui passe, les jours qui s'enfuient, la vieillesse qui vient et la mort inévitable... à moins que... 3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ? «J'écrirai ma passion de la vie et ma fascination de la mort. Je ferai vivre dans mes mots, les hommes, les chats, les cités, les cigales de la colline. Je raconterai les aubes douloureuses, la mort violente, toujours, et l'injustice de la jeunesse arrachée. J'écrirai le nom de Sourayan, et quand je n'existerai plus, le nom de Sourayan ne sera pas oublié, il nourrira encore le rêve des hommes et des femmes qui le liront. J'écrirai parce que je veux laisser l'empreinte de mes yeux, l'empreinte de mon coeur sur le monde.» 4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ? Ce serait la musique des Doors et la voix de Jim Morrison... 5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ? J'aimerais beaucoup partager avec mes lecteurs la beauté et la cruauté du monde une fois qu'on a enlevé toutes les bêtises et tous les voiles que la société (ses lois, ses modes et ses limitations) nous impose. Retrouver la vie et la mort à l'état brut, donc finalement, notre condition d'être humain. Au fond, j'aimerais partager les mystères et les énigmes de l'existence avec tous, célébrer la vie et la lumière... Et, qui sait, ouvrir les portes d'une autre perception. 6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ? Le mot rituel me dérange un peu. Cependant, je dois reconnaître qu'il faut que certaines conditions soient réunies pour que je puisse écrire : ° être absolument seule dans ma maison et que rien ni personne ne puissent venir me déranger. ° être en face-à-face avec mon écran d'ordinateur (à une certaine époque j'ai connu le face-à-face avec le papier et les crampes dans les doigts, je préfère nettement le face-à-face avec l'écran). Quand j'écris, je parle à haute voix pour deux raisons : parce que je travaille beaucoup en reconnaissance vocale, je ne saurais pas m'en passer, mais aussi parce que j'aime relire mes phrases à haute voix. Peu importe l'heure. ° pas de musique de fond mais avant de commencer à écrire, j'écoute certaines chansons. Quand je me mets à écrire, il faut que le silence soit total. 7) Comment vous vient l'inspiration ? L'inspiration ? Ce sont des personnages qui s'imposent à moi avec force, je ne peux pas leur échapper. Ils s'imposent à moi avec la totalité de leur personnalité, de leur physique, de leur esprit, de leur histoire. Ils ne ressemblent jamais à des personnes que j'ai rencontrées, vivent quelquefois dans des pays ou des sociétés que j'ai aimées mais pas toujours, il arrive aussi que les lieux dans lesquels ils évoluent soient fictifs ou inconnus de moi. Ces personnages investissent toutes mes pensées et m'empêchent souvent de dormir. Vient la deuxième phase de l'inspiration, je commence à rêver volontairement ces personnages. C'est la phase la plus agréable du travail jusqu'à ce que je me décide à les écrire, c'est la troisième phase, la plus difficile, la plus laborieuse, voire la plus douloureuse. Quand c'est fini, je me sens vide et triste, mais heureusement, très bientôt, reviendront s'imposer d'autres personnages avec leur vie... 8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescente «un jour j'écrirai des livres» ? L'écriture est entrée dans ma vie depuis si longtemps que je ne me souviens plus quand exactement. Adolescente, j'ai le souvenir que je passais la plus grande partie de mon temps à écrire et quelquefois, pendant les cours en classe ! Mais étant donné que j'obtenais d'excellents résultats scolaires, cette habitude ne posait aucun problème. Je me souviens que j'écrivais une sorte de journal intime très romancé et puis ensuite, inévitablement, j'ai écrit un roman. Je me souviens aussi d'avoir écrit une nouvelle sur la demande d'un professeur et d'avoir obtenu la meilleure note de la classe ! Une fois étudiante en lettres classiques, j'ai continué à écrire et j'étais décidément branchée sur le roman, puis ayant terminé mes études universitaires, j'ai mené une vie extrêmement mouvementée avec tant de voyages et d'aventures que tous mes écrits ont fini dans les consignes des gares, les garages et les caves. Je n'en étais pas pour autant chagrinée car je n'avais pas le désir d'être lue ou éditée. Quelquefois, je me dis que c'est peut-être dommage, ne serait-ce que pour moi évidemment ! Je me disais tout de même que plus tard, je serais écrivain, même si l'idée d'être éditée ne me convenait pas car je voyais se profiler des contraintes sociales et professionnelles. Pourtant, je ne me voyais pas exercer un autre métier... ce qui s'est réalisé en fin de compte ! J'ai écrit tout au long de ma vie tout en exerçant une autre activité. Mais ce n'était pas un métier banal ni répertorié, et je l'exerce encore aujourd'hui, j'y suis entièrement libre et créative... L'écriture y a toujours tenu une place de choix et, dans ce domaine-là, disons l'ésotérisme, j'ai accepté d'être lue et même d'être éditée. En fin de compte, j'ai été très fidèle à moi-même. 9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ? Le premier choc, c'est la lecture des Hauts de Hurlevent. J'étais une enfant, même pas une adolescente, j'ai été absolument fascinée, envoûtée et bien plus encore... J'avais retrouvé le monde dans lequel je vivais déjà. Au cours de ma vie, j'ai relu maintes fois cet ouvrage, et je suis toujours touchée au plus profond de moi. Combien de fois ai-je rêvé la lande sur laquelle courent Catherine et Heathcliff. Les petites mains de la fillette qui s'accrochent aux barreaux de la fenêtre, sa voix qui appelle Heathcliff au seuil de la mort, je ne peux pas les oublier... Deuxième choc, adolescente, je découvre Arthur Rimbaud, et avec lui, la vie rêvée, l'ailleurs et la beauté magique des mots... le dérèglement de tous les sens. Descendre le fleuve avec le bateau ivre et sombrer avec lui... Troisième choc, Lawrence Durrell et Le Quatuor d'Alexandrie. J'ai succombé au charme de la ville, et ce, des années avant qu'un bienheureux hasard ne m'ait menée dans cette même ville. 10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? ! Ah ! Si je le savais ! Je sais seulement qu'ils existent, et que s'ils n'existaient pas, le monde ne serait pas ce qu'il est. Chacun à sa manière apporte quelque chose de précieux et d'unique au monde... Autant d'écrivains, autant de chances pour les lecteurs de vibrer, de rêver, d'apprendre, de s'ouvrir et de participer à la grande aventure humaine.

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Les derniers avis

  • 0.25

    Certes 750p et 1100g....pour lire au lit, ce n'est pas évident, MAIS, il faut avoir terminé ce beau roman pour en apprécier les thèmes développés. La gaieté n'en est pas le thème principal, loin de là, et pourtant tous ces personnages qui veulent s'alléger de toutes les contraintes, de tous les interdits, les tabous aussi , étaient bien de leur temps dans les années 80.
    Cathy, une jeune fille de 15 ans à cette époque s'ennuie, se rebelle, part, écrit et a un succès certain. Cela va lui ouvrir les portes d'un monde de jeunes adultes , voire moins jeunes , mais tous soucieux de vivre leur vie à fond, et tous (sauf un) bien décidés à se supprimer dès les premiers flétrissements du corps pour les uns, pour un amour incestueux , ou simplement par désespoir. Parce que sous ces attitudes apparemment détachées rôdent quand même des sentiments profondément humains (la jalousie, l'envie par ex) Au milieu de ce petit monde règne un prince des Mille et une Nuits, Sourayan, beau comme un dieu, sage ,calme, qui aime certes cette sorte de harem hommes-femmes qui se forme autour de lui, mai reste avant tout maître de ses désirs, sexuels en particulier . Seule, sa fille qu' il prend en charge à l'âge de 15 ans, pour la sauver d'un mariage forcé nous le rend plus accessible , plus vrai. Cathy va survivre à tout cela, , non sans avoir découvert des paradis superbes, en Egypte, à Alexandrie particulièrement , à Los Angeles, et au Frioul ou elle sera heureuse seule, puis en Provence où elle décidera de son sort entourée de chats qui ont une place importante dans ce livre.
    Ce n'est pas un livre simple à résumer, et les histoires des uns et des autres sont faciles à lire, mais le sentiment que seule la mort peut parfaire ces vies quelque peu dissolues tout de même est prégnant dans ce roman ; des morts soigneusement choisies et mises en scène. D'ailleurs seuls des esthètes bien riches peuvent se permettre de vivre et de mourir ainsi.
    Je comprends bien le désarroi de la jeune lectrice qui donne son avis ici, et je ne peux comprendre que l'on envoie ce genre de livre à des ados qui n'en demandent pas tant..

  • 0.05

    La toute première chose que je dois vous dire, est que j’ai arrêté ma lecture de ce livre. Cela ne veut en aucun cas dire qu’il était mauvais, juste qu’il n’était pas fait pour moi ; je vous expliquerai ça juste après.
    J’ai lu 230 pages, puis uniquement les derniers chapitres, pour dire de voir comment cela se terminait. Je veux donc vous expliquer ce qui m’a plu et déplu.

    En effet, si vous regardez les avis, la plupart sont positifs. Il y a donc bien dû il y avoir quelque chose pour que je n’apprécie pas !

    En fait, ce livre est fait pour les adultes, tout simplement. Alors avec une ado comme moi, forcément, ça n’a pas trop collé…

    Tout d’abord, je n’ai pas trouvé assez d’action à mon goût. Je ne parle pas forcément de combat ou quoi que ce soit évidemment, mais rien que le tempérament de Catherine – la narratrice – m’a déplu. Je trouve qu’elle est trop insouciante, et… Je ne la comprenais pas vraiment, je l’avoue.

    Ensuite, j’ai trouvé des passages bien trop longs pour moi. Je m’ennuyais, et je ne lisais que les dialogues pour passer les longs paragraphes qui les entrecoupaient. Ce n’est pas bien, je sais mais…

    Comme je le disais donc, pour moi ce roman est vraiment plus adapté pour les adultes. Rien qu’à voir la vie que menait Catherine… On comprend tout de suite pourquoi ! Entre les plans d’un soir (désolée pour l’expression mais je n’en trouvais pas d’autre) et la drogue… Bref, je pense que ce n’est donc pas fait pour les plus jeunes !

    Cela explique donc tout à fait pourquoi je n’ai pas apprécié ce roman. D’ailleurs, mon père va le commencer – je vous dirai son avis. Je suis certaine que ça lui plaira plus qu’à moi !

    Vers les pages 180-190, j’ai apprécié un peu plus l’histoire, bien que ça ne soit pas au point de m’encourager à continuer.
    La principale raison pour laquelle j’ai arrêté ce livre est qu’il fait 750 pages. S’il en faisait 300, je l’aurais fini ! Mais avec 500 pages restantes et rien qui ne me garantissait de ne pas m’ennuyer… J’ai préféré stopper ma lecture, bien que je ne le fasse que très rarement.

    Pour moi, les principaux atouts de ce livre sont ses descriptions, et tous les endroits que Catherine nous fait découvrir. Par exemple, Alexandrie ! Même si les descriptions ne sont pas toujours les plus complètes possibles – et je dirai heureusement pour moi – elles nous permettent de bien nous situer et d’apprendre plus de choses.

    Pour finir, je vais parler des personnages. Je n’ai donc pas apprécié Catherine, tout simplement parce qu’elle était beaucoup trop « frivole » pour moi. Je ne la comprenais pas du tout.
    Sinon, les autres sont tout aussi étranges qu’elle. Celui que j’ai trouvé le plus « normal », si je puis dire, est sans aucun doute Emmanuel. Il est un peu comme la voix de la raison pour tous, ahah !

    EN CONCLUSION, un roman qui m’a fortement déçue, car il n’était pas adapté aux plus jeunes !
    Je pense qu’il faut vraiment être un adulte pour apprécier cette lecture, car elle vise ce public.
    Je pense donc que si vous êtes un adulte (beaucoup de fois le même mot, désolée), vous apprécierez ce roman !

    [lien du blog : http://lectureavie.blogspot.fr/2015/10/et-si-nous-etions-libres-annick.html]

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