Entre deux mondes

Couverture du livre « Entre deux mondes » de Olivier Norek aux éditions Michel Lafon
  • Date de parution :
  • Editeur : Michel Lafon
  • EAN : 9782749932262
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Engagé dans l'humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis lieutenant à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 depuis dix-huit ans, Olivier Norek est l'auteur de trois romans largement salués par la critique et traduits dans plusieurs pays, ainsi que le lauréat de... Voir plus

Engagé dans l'humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis lieutenant à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 depuis dix-huit ans, Olivier Norek est l'auteur de trois romans largement salués par la critique et traduits dans plusieurs pays, ainsi que le lauréat de nombreux prix littéraires. Après Code 93, Territoires et Surtensions, il nous invite dans un monde Entre deux mondes que nul ne peut imaginer, où se rencontrent deux inspecteurs que tout semble opposer et qui devront unir leurs forces pour sauver un enfant.

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Les derniers avis

  • 0.25

    Waouh… c'est du très bon, n'y allons pas par quatre chemins. Quelle maîtrise, Monsieur Norek ! Je suis bluffée comme on dit. Sont réunis ici tous les ingrédients qui font un excellent polar : une construction au millimètre, une langue fluide et des dialogues dynamiques, du suspense (impossible...
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    Waouh… c'est du très bon, n'y allons pas par quatre chemins. Quelle maîtrise, Monsieur Norek ! Je suis bluffée comme on dit. Sont réunis ici tous les ingrédients qui font un excellent polar : une construction au millimètre, une langue fluide et des dialogues dynamiques, du suspense (impossible de reposer le bouquin), une plongée dans un univers, des personnages émouvants et très attachants… Tout y est : vraiment j'ai adoré !
    Bon, que je vous raconte un peu : si je vous dis « Calais », vous allez penser à quoi ? Son beffroi de 78 mètres, ses fameux bourgeois immortalisés par Rodin, son port, sa plage ?
    Pas vraiment, me direz-vous… Les mots qui vous viendront à l'esprit sont La Jungle, les migrants, le rêve du passage vers l'Angleterre (Youké, comprenez UK), la survie sous une tente, le froid, la faim, la misère, la violence, la mort.
    Et c'est là qu'Olivier Norek donne rendez-vous à ses personnages, dans ce lieu qui n'en est pas un, dans cet espace où la police ne met pas les pieds, le plus grand bidonville d'Europe : « vous y allez souvent ? - Aux abords tous les jours. A l'entrée, quand il le faut. Mais dedans, rarement. C'est à la fois une zone de non-droit et un bidonville » où des enfants, des femmes, des hommes tentent de survivre comme ils peuvent, épuisés par un voyage qu'aucun de nous ne ferait. Bref, un endroit à la marge, « entre deux mondes », une espèce de no man's land avec des hommes, enfin, ce qu'il en reste. Pour une plongée, c'est une plongée (l'auteur a partagé trois semaines la vie des réfugiés mais il a rencontré aussi les policiers, les politiques, les journalistes, les calaisiens...) et vous verrez, quand vous entendrez parler de Calais et des migrants, vous n'envisagerez plus tout à fait les choses de la même façon… et pour cause…
    Extrait d'une discussion entre flics en faction de nuit à Calais :
    « -C'est comme dans les films d'horreur, tu sais, quand la nana court dans la forêt, qu'elle se casse la gueule tous les trois mètres et que l'assassin la suit, tranquille en marchant.
    - Je vois pas le rapport.
    - Mais si, attends. Bon, elle a réussi à sortir de la forêt et elle tombe sur une petite maison. Elle cogne à la porte, elle dit qu'elle va se faire égorger, qu'un fou la suit et tout et tout. Là, le proprio, s'il ouvre pas, les spectateurs le traitent d'enfoiré. Normal, non ?
    - Ouais. Non-assistance à personne en danger. Mais je vois toujours pas le rapport.
    - Le rapport c'est qu'on fait exactement la même chose. Tous ces migrants, là, c'est comme s'ils fuyaient un assassin en série, qu'ils frappaient à notre porte et que nous, on faisait semblant de pas entendre.
    - D'accord, sauf qu'ils sont dix mille à toquer. Et avec le phénomène d'aspiration, si on ouvre pour ceux-là, dix mille autres se présenteront, puis dix mille autres.
    - Je sais, mathématiquement, ça tient, mais humainement, ça bloque toujours... »
    Bon, un peu longue ma citation, mais elle pose en quelques mots toute la complexité d'un problème quasi insoluble dont Olivier Norek nous dresse, sans manichéisme aucun, un état des lieux… A nous de nous interroger...
    Adam Sarkis, ancien membre de l'Armée syrienne libre, recherché dans son pays pour trahison, se retrouve là, à Calais. Il attend sa femme Nora et sa fille Maya qui sont parties avant lui, pour plus de prudence. De Damas, elles doivent passer par Beyrouth, Amman, Tripoli, Pozzalo, puis… Calais. Voilà ce qui est prévu. Ils sont censés maintenant se retrouver. Après, ils verront. Mais pour le moment, elles ne sont pas encore là...
    Arrive aussi, à peu près au même moment, un flic, le lieutenant Bastien Miller affecté à la brigade de sûreté urbaine de Calais. On le prévient tout de suite, Calais, ce n'est pas une sinécure. Poids lourds pris d'assaut, agressions en tous genres, barrages sur l'autoroute, morts de migrants, vengeances, magouilles, meurtres, viols, tensions entre communautés (comme le dit Ousmane, un réfugié : « Tu dois faire attention aux Afghans. Ils ne sont pas pires que les autres, mais comme ce sont les plus nombreux, ils essaient de faire la loi. C'est naturel. C'est la survie. Nous devenons tous des monstres quand l'Histoire nous le propose. ») Présence, aussi, des recruteurs pour Daech. Et, bien sûr, des humanitaires débordés. De plus, la cohabitation est ultra-tendue avec les Calaisiens : des bagarres sont à déplorer, la ville perd ses touristes, les magasins ferment, le taux de chômage grimpe, les maisons ne valent plus rien… Il faut gérer ça au quotidien. Bref, Bastien est prévenu. Ses collègues n'en peuvent plus : dépressions, tentatives de suicide, arrêts-maladie, problèmes de couple et impossible de muter : quand on y est, on y reste.
    Et puis, il y a un problème dans cette Jungle (qui doit son nom au fait que les migrants iraniens ont appelé ce secteur boisé « La forêt » à savoir « jangal » en persan  : or, tout le monde a cru entendre « jungle »...), difficile d'intervenir comme l'expliquent les collègues de Bastien : « … tous ces types dans la Jungle fuient la guerre ou la famine. On n'est pas sur une simple migration économique mais sur un exil forcé. Ce serait un peu inhumain de leur coller une procédure d'infraction à la législation sur les étrangers et de les renvoyer chez eux. On passerait pour quoi ? Mais d'un autre côté, c'est plutôt évident que personne ne veut se soucier de leur accueil puisqu'on les laisse dans une décharge aux limites de la ville. Alors on leur a créé le statut de « réfugiés potentiels ». Un statut qui n'existe qu'à Calais : avec cette appellation de réfugiés potentiels, ni on ne les arrête, ni on ne les aide. On les laisse juste moisir tranquilles en espérant qu'ils partiront d'eux-mêmes. »
    Des gens que l’État français refuse de faire entrer dans son système judiciaire, ce qui reviendrait d'une certaine façon, à les intégrer. Et de ça, pas question... Alors, tout se passe comme s'ils n'existaient pas, n'avaient pas vraiment de statut, d'identité. Une zone de non-droit habitée par des fantômes qu'on espère de passage. Et le pire peut y arriver.
    Donc, tous les soirs, ça recommence, c'est l'assaut des camions, les grenades lacrymogènes en quantité qu'il faut jeter pour aveugler tout le monde, l'hélico qui survole et repère, les chiens surexcités, la trouille des chauffeurs et des migrants prêts à tout pour passer. Le cauchemar. Au quotidien.
    Enfin, Bastien sera prévenu : « -Réfléchissez pas trop lieutenant. C'est pas une bonne idée. Ce job, il se fait en apnée. Tentez pas de respirer sous l'eau. »
    Mais, comme vous l'imaginez, ce n'est pas forcément son genre au gars Bastien de ne rien dire et de ne rien voir… Trop humain pour fermer les yeux.
    « A la fin il faudra regarder tout ce qu'on a accepté de faire. Et ce jour-là, j'ai peur de me dégoûter. »
    Encore une fois, un polar rythmé, efficace, très bien documenté (une année d'enquête et six mois d'écriture) qui va vous faire découvrir un monde que vous n'imaginez même pas dans vos pires cauchemars ! Et des personnages que vous ne serez pas près d'oublier…
    A lire absolument !

    LIREAULIT http://lireaulit.blogspot.fr/

  • 0.25

    Premier coup de cœur de l’année! Ce livre m’a totalement bouleversé. Au plus profond de moi…c’est rare et précieux. Ce livre ne peut pas laisser indemne…
    C’est l’histoire d’Adam, syrien, militaire qui lutte contre Daesch mais aussi contre son propre gouvernement qui est dirigé d’une main de...
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    Premier coup de cœur de l’année! Ce livre m’a totalement bouleversé. Au plus profond de moi…c’est rare et précieux. Ce livre ne peut pas laisser indemne…
    C’est l’histoire d’Adam, syrien, militaire qui lutte contre Daesch mais aussi contre son propre gouvernement qui est dirigé d’une main de fer par Bachar el-Assad. Sur le point de se faire prendre pour trahison et pensant que sa famille court un danger, il fait partir sa femme Nora et sa fille Maya du pays avec pour mission de rejoindre Calais, là où il y a un campement qui s’appelle « la Jungle ».
    Adam rejoint « la Jungle » quelques semaines plus tard mais ne retrouve ni sa femme ni sa fille…
    Et puis c’est l’histoire de Bastien, jeune lieutenant arrivé sur Calais sur sa demande pour raison familiale. Bastien qui découvre cette ville, sa jungle et ses 10 000 « habitants », cette zone de non-droit complètement hallucinante où le statut de « réfugiés potentiels » lui est simplement expliquée par ces quelques mots :
    « Cherchez pas, ça n’existe nulle par ailleurs et dans aucun texte de loi. C’est du fait maison Calais, spécialité locale. En gros avec ce statut de bâtard, on ne peut pas les interpeller. Logique, si on refuse de les intégrer à la France ce n’est pas pour les faire rentrer dans le système judiciaire. Mais on ne leur donne pas la qualité complète de réfugiés, sinon il faudrait s’en occuper. Donc avec cette appellation de réfugiés potentiels, ni on ne les arrête, ni on ne les aide. On les laisse juste moisir tranquilles en espérant qu’ils partiront d’eux mêmes. »
    « Les migrants fuient un pays en guerre vers lequel on ne peut décemment pas les renvoyer, mais de l’autre côté, on les empêche d’aller là où ils veulent. C’est une situation de blocage. »
    « Comme bloqués entre deux mondes. »
    Voilà. Et c’est à partir de ce moment là que l’auteur nous embarque dans « la Jungle » et l’histoire d’Adam, de Kalini (mon dieu, l’histoire de ce gosse…), d’Ousmane…
    Dès le départ, Olivier Norek nous interpelle : « Face à la violence de la réalité, je n’ai pas osé inventer. » Tout ce qu’il raconte est vrai car il a été à la rencontre de ces hommes et ces femmes qui ont accepté de se livrer. Et c’est bien ça qui secoue au plus profond de notre être.
    Comme le dit la fille de Bastien à un moment du roman , « on a 208 fois plus de chances de gagner au Loto que de naître en bonne santé, dans un pays démocratique et en paix, avec un toit sur la tête« . Ces « migrants » sont juste des personnes qui n’ont pas eux notre chance. Ils fuient des conditions de vie horribles, la violence, la guerre, la prostitution, le marchandage d’enfants, la torture, les bombes…Que ferions nous à leurs places?
    Alors bien sûr ils ne sont pas tous bons. Vous le verrez dans le livre. Comme partout il y a des pourritures, des profiteurs, des pervers, des assassins…mais il y a aussi et surtout des familles déchirées, des enfants traumatisés, des mères qui protègent, des maris qui se sacrifient. Des êtres humains anéantis et pourtant plein d’espoir vers un monde meilleur.
    Ce livre est , par les horreurs qu’il racontent, très sombre, mais il est aussi plein d’espoir. Parce que, malgré tout, il reste des gens qui y croient et qui ne voient devant eux qu’un enfant à aider, une âme à sauver…Comme le dit si bien Manon, la femme de Bastien : « C’est facile d’oublier quand ça passe aux infos, mais quand ça débarque dans ton propre salon? »…
    Et comme le dit si bien Bastien, devant ce choix qu’il aura à faire : « A la fin il faudra regarder tout ce qu’on a accepté de faire. Et ce jour là, je refuse d’avoir honte ».
    Bien sur, on ne peut pas aider tout le monde, bien sur on ne peut pas tout révolutionner. Je suis la première à admettre que même si j’avais entendu parler de cette Jungle à la télévision, je ne me suis pas vraiment penchée sur le sujet. Je ne m’étais pas sentie concernée réellement, même si j’ai toujours soutenue aux discours racistes que j’entendais, que ces gens restaient des êtres humaines à aider. Mais j’avoue mon ignorance quant à leurs réelles conditions de vie dans ces campements de fortune, sur leurs statut de réfugiés potentiels, sur leur abandon total. Je ne savais pas.
    Quand j’ai refermé le livre, j’avais le cœur en charpie. J’ai eu honte de mon propre pays. De ce gouvernement qui a un master un autruche. Comme j’ai honte quand je marche dans les rues de ma ville et que je vois des gens dormir dans la rue. Comme j’ai honte quand je vois comment fonctionne la justice de mon pays. Comme j’ai honte quand je vois les piètres conditions de travail de la police (bien expliqué dans le livre d’ailleurs avec une phrase que j’ai adoré « Tant que les décisions seront prises par des gens qui ne connaissent rien à notre boulot, c’est le genre de conneries qu’on devra supporter… »…)
    Mais quand j’ai refermé le livre, j’ai eu aussi une foi immense en une certaine humanité qui est revenue puissance mille.
    Il n’y a aucun parti pris dans ce livre, pas de manichéisme. C’est bien là où se trouve le génie d’Olivier Norek. Il nous incite juste à nous poser les bonnes questions avec sa plume extraordinaire et juste. Magistral! Merci Monsieur Norek.

  • 0.15

    Dans ENTRE DEUX MONDES, Olivier NOREK nous décrit des destins croisés. Celui d'Adam qui fuie la SYRIE en même temps que sa femme et sa fille, mais par des chemins différents. Peu importe, lorsqu'ils seront réunis en France, tout pourra recommencer... mais une fois parvenu à CALAIS, Adam ne...
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    Dans ENTRE DEUX MONDES, Olivier NOREK nous décrit des destins croisés. Celui d'Adam qui fuie la SYRIE en même temps que sa femme et sa fille, mais par des chemins différents. Peu importe, lorsqu'ils seront réunis en France, tout pourra recommencer... mais une fois parvenu à CALAIS, Adam ne trouve nulle trace de sa famille. Sa quête désespérée lui fera croiser le chemin de Kilani, enfant perdu dans la jungle, et celle de Bastien, flic fraîchement débarqué en ville pour tenter de soustraire son épouse à l'emprise mortifère dans laquelle elle se laisse enfermer.

    Avec le capitaine COSTE et son équipe, Olivier NOREK s'est fait rapidement un nom grâce à la qualité de ses trois premiers romans. Si on sait depuis TERRITOIRES que le brillant auteur n'aime pas les chats, si on sait depuis SURTENSIONS qu'il n'aime pas les avocats (sauf moi évidemment), avec ENTRE DEUX MONDES on apprend qu'Olivier NOREK n'aime pas les proverbes et notamment celui-là: on ne change pas une équipe qui gagne. Parce qu'évidemment, il aurait pu surfer sur la vague et ressortir une nouvelle enquête de Victor COSTE. Au lieu de ça, Olivier NOREK nous offre un one-shot centré sur un sujet particulièrement sensible et possiblement clivant : les migrants. Courageux, le monsieur.

    J'ai beaucoup apprécié ce livre sans toutefois que ce soit la claque dont tout le monde a parlé. Il n'y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir, ou alors c'est mon boulot qui m'a depuis longtemps decillé les yeux (et le coeur), mais je n'ai pas, comme beaucoup, découvert la misère et la difficulté dans lesquelles se débattent les migrants, ni le malaise de ces flics contraints de faire des choses pour lesquelles aucun n'a signé. A lire les différents retours de lectures, ça a pourtant fonctionné pour beaucoup de gens, et c'est bien là l'essentiel. Et je me l'explique par l'intelligence et la sincérité avec laquelle Olivier NOREK décrit les choses. Pas de leçons données, pas de naiveté, juste des réalités brutes. Il n'est pas tombé dans la facilité et chacun - migrants, calaisiens, policiers - y voit sa place respectée et sa voix portée. ENTRE DEUX MONDES est en cela un livre plus qu'utile, nécessaire et salvateur, bien plus parlant et pédagogique qu'un reportage diffusé au 20 heures entre le course au cadeaux de Noël et le prix du foie gras.

    Kilani m'a retourné le coeur, Adam m'a davantage échappé. Je m'attendais à ce que son passé syrien ressurgisse et cela m'a frustrée, tandis que son devenir m'a laissée perplexe.

    Pour le courage qu'il prouve et pour le message qu'il délivre, pour cette pierre qu'il apporte à l'édifice de l'humanité qu'il faut sans cesse consolider, ENTRE DEUX MONDES est un livre qui mérite d'être salué... et lu évidemment!

    http://cousineslectures.canalblog.com/archives/2018/01/11/36017300.html

  • 0.25

    Comme beaucoup, je lis et je regarde les actualités mais malgré ces informations, je n’avais pourtant pas réellement conscience, comme nous l’expose de l’intérieur Olivier NOREK, de l’inextricable et terrible situation dans laquelle se trouvent les migrants face à des policiers...
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    Comme beaucoup, je lis et je regarde les actualités mais malgré ces informations, je n’avais pourtant pas réellement conscience, comme nous l’expose de l’intérieur Olivier NOREK, de l’inextricable et terrible situation dans laquelle se trouvent les migrants face à des policiers impuissants.

    Les héros de ce roman sont des personnages très humains (voir surhumains !) et en détresse qui nous touchent au cœur et nous émeuvent immédiatement. Tout d’abord Adam, colosse aux pieds d’argile qui nous impressionne par sa droiture et son empathie malgré l’épreuve qu’il traverse, puis Kilani, jeune garçon, dommage collatéral d’une guerre fratricide et effroyablement mutilé et enfin Bastien, jeune flic parachuté dans cette jungle pour laquelle il n’est pas armé émotionnellement.

    Evidemment, ce roman est âpre et dérangeant pour nous qui sommes confortablement lovés dans notre canapé à parcourir ce livre qu’on ne peut poser tellement le destin de ses personnages nous inquiète et nous bouleverse. Mais, il a le mérite de mettre le doigt là où ça fait mal, là où chacun se recroqueville avec ses petites certitudes et son petit confort.

    Ce qui m’a le plus frappée, c’est la résignation et le mal être des policiers que nous évoque Olivier NOREK lui qui a longtemps fait partie du métier. Bien évidemment, le sort des migrants est absolument insupportable mais le désarroi des forces de l’ordre totalement démunies face à cette vague migratoire laisse un goût amer à la lecture des différentes actions qu’elles engagent.

    ENTRE DEUX MONDES est classé en roman policier. Selon moi, il s’agit avant tout d’un roman sociétal qui met en lumière ces acteurs trop souvent dans l’ombre que sont les policiers et nous explique de l’intérieur la loi de la jungle.

    J’avoue avoir parfois tourné les pages de ce livre, le cœur au bord des lèvres, et avoir eu besoin de reprendre mes esprits. Mais, c’est une lecture marquante et impossible de rester de marbre devant un tel récit.

    Finalement, Monsieur NOREK, vous avez bien fait d’abandonner le capitaine COSTE le temps d’une échappée pas très belle au milieu de la jungle pour nous livrer un tel roman !
    http://cousineslectures.canalblog.com/archives/2018/01/11/36017300.html

  • 0.25

    Juste. Poignant. Précis

    Lorsque j’ai croisé Olivier Norek pour Entre Deux Mondes nous avons parlé de 2 choses. L’attente d’un roman chez le lecteur et l’intervention de Joann Sfar à La Grande Librairie lors de leur passage commun.

    Nous avons convenu que l’un était pétri d’une rare grande...
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    Juste. Poignant. Précis

    Lorsque j’ai croisé Olivier Norek pour Entre Deux Mondes nous avons parlé de 2 choses. L’attente d’un roman chez le lecteur et l’intervention de Joann Sfar à La Grande Librairie lors de leur passage commun.

    Nous avons convenu que l’un était pétri d’une rare grande humanité et que l’autre portait en son sein un risque induit. Bien entendu, on parlait d’Entre deux Mondes.

    Pour ce qui est de l’histoire :

    Damas 2016, Adam doit faire fuir sa femme Nora et sa fille Maya vers Calais. Il les rejoindra plus tard. Calais, Bastien Miller est muté de Bordeaux pour des raisons familiales, une femme en pleine dépression, une fille en pleine crise d’adolescence. Il va faire la connaissance d’Adam qui est à la recherche de sa famille dans cette zone. Même métier, mêmes valeurs. Pas le même côté de la barrière. Et sous couvert d’une thématique sociale, Norek nous parle de ces gens qui fuient leur pays, de leur angoisse, de leur peur, de ces vies abandonnées, des embarcations surchargées, de ce bidonville.

    Est-ce un thriller ? Un Olni ? Un roman noir ?

    Après l’avoir dévoré, je peux dire que c’est tout à la fois et plus encore. C’est un livre bouleversant, dur et sans concession.

    C’est un thriller bien entendu. C’est violent, ça rebondit, et il y a ce qu’il faut de chausse-trappes pour surprendre le lecteur. Un roman noir ? Oh oui, c’est une histoire de flic, de loi, de passeurs et d’illégaux. Un Olni – Objet Littéraire Non Identifié – Bon sang Oui !

    Le ton est Juste. Aucun parti pris, si ce n’est celui de l’humanité. De l’homme.

    Norek a un œil acéré sur une situation impossible. Clamer l’injustice serait trop facile. Ce serait oublier que parmi ceux qui ne maitrisent en rien leur destinée se fondent des hommes et des femmes prêtes à tout pour survivre. Nulle innocence en ce lieu. Car la jungle est un lieu hors la loi où tout est fait pour que ces hommes, ces femmes et ces enfants soient oubliés. Un lieu, à la marge, où routiers, flics, migrants, passeurs, jouent leurs vies, où la détresse des Calaisiens n’a d’égale que celle des réfugiés et des policiers.

    Calais est un rêve de départ vers Youké. Mais c’est aussi, l’incapacité de la république à résoudre un problème insoluble, c’est 10 000 personnes entassées dans un no man’s land coincé entre la fin et le début d’un monde.

    Entre Deux Mondes, est assurément un roman fort. A la Norek. Ça remue les tripes, le lecteur est plongé dans le réel. C’est visuel à souhait. Parfois bienveillant, à travers Bastien le flic et sa famille. Parfois triste à travers Adam l’ex flic syrien à la recherche de la sienne. Et au milieu Kilani, l’enfant victime, perdu, dans un monde d’adultes.

    Mais si chaque personnage souhaite changer sa destiné, chacun porte en lui sa part de Diable. Norek nous amène à réfléchir sur cette réalité, sur ce trauma que vivent des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants, sur la violence d’une réalité que l’on aimerait oublier à la vitesse d’un pouce sur une télécommande.

    Entre Deux Mondes, ne laisse pas indifférent. Une fois refermé il y a au fond de ma gorge comme un sentiment de compassion avec quelques relents. Un peu de honte. Olivier, sans vouloir jouer les Lebel de base, t’as pondu un putain de bon roman !

  • 0.25

    Quelle claque les amis ! Un indispensable ! A lire de toute urgence.
    Olivier Norek dont je découvre la plume (je sens que je vais lire les autres) nous propose ici un récit émouvant, poignant parlant d'un sujet sensible : les migrants.

    Il nous plonge dans la jungle de Calais avant son...
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    Quelle claque les amis ! Un indispensable ! A lire de toute urgence.
    Olivier Norek dont je découvre la plume (je sens que je vais lire les autres) nous propose ici un récit émouvant, poignant parlant d'un sujet sensible : les migrants.

    Il nous plonge dans la jungle de Calais avant son démantèlement. Un endroit où Internet leur faisait miroiter la sécurité pour les femmes et les enfants avant d'atteindre le but ultime : "Youké", UK, l'Angleterre, étant l'Eldorado, la terre de tous les espoirs pour les migrants.

    Un récit poignant, dur, très dur parfois qui m'a fait passer par une grande palette d'émotions.

    Un récit découpé en parties : FUIR/ESPERER/RESISTER/SURVIVRE et SOMBRER... le parcours de beaucoup de migrants en somme.

    Adam Sarkis et sa famille vivent à Damas. Il est flic infiltré à la Military Intelligence mais depuis le printemps arabe il résiste pour l'armée syrienne libre. Il vit et voit l'horreur et la torture imposées aux résistants du régime.

    Il n'a pas le choix, il doit mettre sa famille à l'abri. Nora sa femme et Maya sa fille de six ans vont entreprendre le voyage vers l'Europe. Objectif : "la jungle" pour l'attendre en sécurité avant l'étape ultime. Il les rejoindra.

    Bastien est lieutenant de police, il arrive à Calais avec sa petite famille en juillet 216 et intègre son équipe. Il veut prendre conscience de la situation. Personne ne rentre dans la jungle, les flics n'interviennent pas là-bas. Il veut se rendre compte et "apprivoiser" la jungle. Il la découvre, ses bruits, ses "villages, ses odeurs...

    C'est à l'hôpital suite à une intervention qu'il croisera la route d'Adam et Kilani. Adam l'arabe qui n'a pu résister à l'horreur et a sauvé Kilani d'un viol commis par les afghans. Cet enfant soudanais ne le quittera plus.

    Il y a beaucoup d'autres choses dans ce récit qui est un excellent page turner, un thriller, parfois très noir mais aussi par moment un récit de littérature blanche.

    Des personnages attachants comme Ousmanne par exemple, le chef des soudanais. Olivier Norek nous décrit bien la difficulté pour la police d'agir dans ce camp car on y trouve "des réfugiés potentiels" à qui on ne donne pas de statut réel , alors à quoi bon punir, réprimer des personnes à qui on ne reconnait aucun statut.

    Contradictions, oppositions entre préserver la ville et son économie (le port de Calais), le tourisme et la jungle.

    Ce qui fait la force de ce récit c'est l'humanité qui s'en dégage, la véracité des propos. Chaque personnage nous est livré avec ses zones d'ombres. Nous sommes continuellement "entre deux mondes", le bien et le mal, l'horreur, la souffrance et l'espoir, la dépossession et l'abondance, l'intolérable et l'acceptable. Quelle est la frontière entre l'enfance et l'âge adulte, la violence et la solidarité.

    Le style est fluide, maîtrisé, très visuel. Cela sent le terrain. Olivier Norek a d'ailleurs vécu plusieurs semaines dans la jungle et ses abords pour s'immerger, gagner la confiance des occupants et glaner leurs histoire, leurs expériences, écouter le témoignage des réfugiés mais également ceux des flics. Tout est vrai dans cette "fiction", il a romancé l'histoire qui se base sur des faits réels.

    C'est un indispensable, à découvrir de toute urgence.

    Merci beaucup à Alain et aux éditions Michel Lafont pour cette poignante découverte. J'ai hâte de découvrir les autres récits de l'auteur.

    Ma note : sans équivoque un immense coup de coeur ♥♥♥♥♥

    Les jolies phrases

    C'est normal d'être parano, houbbi, tu es une poule déguisée en renard parmi les loups.

    Il ne pourrait pas sauver son pays. Seules sa femme et sa fille comptaient à présent. Il allait quitter la Syrie par tous les moyens possibles. Et que ceux qui diraient qu'il aurait pu se battre pour aider son peuple aillent se faire foutre. Ou viennent à sa place, dans ce hangar surchauffé, recenser des suicidés aux pieds brûlés et aux dents arrachées.

    Cherchez pas, ça n'existe nulle part ailleurs et dans aucun texte de loi. C'est du fait maison Calais, spécialité locale. En gros, avec ce statut bâtard, on ne peut pas les interpeller. Logique, si on refuse de les intégrer à la France, ce n'est pas pour les faire rentrer dans le système judiciaire. Mais on ne leur donne pas non plus la qualité complète de réfugiés, sinon, il faudrait s'en occuper. Donc avec cette appellation de réfugiés potentiels, ni on ne les arrête, ni on ne les aide. On les laisse moisir tranquilles en espérant qu'ils partiront d'eux-mêmes.

    Coincés entre la vie terrestre et la vie céleste. Comme bloqués entre deux mondes. Ils me font penser à eux, oui. Des âmes, entre deux mondes.

    Nous devenons des monstres quand l'Histoire nous le propose. Nous réussissons même à trouver des ennemis parmi nos propres frères.

    - Tous ces migrants, là, c'est comme s'ils fuyaient un assassin en série, qu'ils frappaient à notre porte et que nous, on faisait semblant de pas entendre.
    - D'accord, sauf qu'ils sont dix mille à toquer. Et avec le phénomène d'aspiration, si on ouvre pour ceux-là, dix mille autres se présenteront, puis dix mille autres.
    - Je sais, mathématiquement, ça tient, mais humainement, ça bloque toujours...

    Tu ne sais pas grand chose de moi, Adam, et c'est bien comme ça. J'étais soldat. J'ai tué des hommes, et d'autres qui ne l'étaient même pas encore. Je n'ai pas eu le choix. Mais eux aussi avaient un père, qui doit me haïr, ou me chercher. Ca n'a pas de fin. Nous sommes tellement de personnes différentes dans une même vie. Père, assassin, ami.

    Les enfants heureux doivent imaginer leurs monstres, planqués sous le lit. Au cours de sa vie, Kilani en avait affronté de nombreux, et ceux-là ne se cachaient pas.

    https://nathavh49.blogspot.be/2017/12/entre-deux-mondes-olivier-norek.html

  • 0.25

    On a rencontré Olivier Norek dans le 9-3 en même temps que le Capitaine Victor Coste... Il nous avait habitué à l'énergumène... Seulement Coste avait, semble-t-il, besoin de souffler, et son auteur de s'exiler de sa zone de confort... Alors on dit au revoir (au revoir et pas adieu, soyez...
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    On a rencontré Olivier Norek dans le 9-3 en même temps que le Capitaine Victor Coste... Il nous avait habitué à l'énergumène... Seulement Coste avait, semble-t-il, besoin de souffler, et son auteur de s'exiler de sa zone de confort... Alors on dit au revoir (au revoir et pas adieu, soyez rassurés mes agneaux...) au Capitaine Coste, on met les voiles du 93... Direction Calais... Sa plage et ses galets (Il y a des galets à Calais ?)... Sa Jungle et son immense bidonville tout fait de toiles, de bâches et tout ce qu'on y assimile... Alors je sais, la Jungle a été (paraît-il) démantelée... Pour autant l'auteur ne s'en laisse pas conter et s'y est rendu, lui, dans cette Jungle, pour comprendre de quoi il retournait...

    Et il nous a pondu ce roman, tout droit sorti de ses tripes, du producteur au pauvre lecteur qui ne s'attend pas encore à recevoir l'uppercut de sa vie... C'est qu'il est redoutable le bougre... On le voit venir avec ses yeux gris et sa tête de gentil flic bien poli et fort courtois... On ne se méfie pas mais c'est un sournois... A peine vous ouvrez le livre et BAM ! Le douloureux miracle se produit...

    Elle est chiante la blogueuse à tourner autour du pot, n'est-ce pas ? Oui je sais mais c'est de la faute à Monsieur Norek tout ça... Il me l'avait pourtant dit qu'il écrivait un roman sur la Jungle de Calais... Je n'étais guère enthousiasmée, légèrement inquiète de voir comment un sujet si délicat allait être traité... Alors je m'étais tue, et attendait bien sagement le fruit de son inspiration... Allait-il nous livrer la réalité que nous proposent les médias ? C'est mal connaître l'auteur que de penser cela... Bien au contraire celui-ci a plutôt pour habitude de nous arracher les œillères sans délicatesse aucune... Et ça n'a pas manqué...

    Put*** mais je vais réussir à la rédiger cette chronique ? Ne vous fâchez pas, j''y viens, seulement j'essaie de me remettre de la douloureuse réalité à laquelle l'auteur m'a soumise... Car avec tout le talent qu'on lui connaît, M. Norek nous entraîne ici sans délai dans les profondeurs de la Jungle de Calais... De la Jungle ? Pas seulement car son travail d'investigation a été tel qu'il parvient à nous la faire vivre (non pas lire, j'ai bien dit vivre !) de l'intérieur... Welcome in the Jungle before Youké... Le faux Paradis perdu dont on ne s'évade jamais, la Grande-Bretagne ayant bien gentiment fermé les yeux comme ses frontières pour éviter le problème et nous laisser gérer la misère... Un El Dorado ? Mon c***, bien plutôt de la poudre aux yeux pour ces malheureux coincés qui y ont pourtant cru en fuyant leur pays en feu et leur passé douloureux... Bienvenue en Enfer ? Non... L'Enfer est bien plus sympa que ça... Au moins Lucifer y a instauré des règles... Ici il n'y en a pas... Le droit ? La loi du plus fort s'il en faut une...

    Vous ne vouliez pourtant rien voir, rien savoir ? C'est dommage... Car l'auteur y a mis tout son coeur pour s'atteler à la tâche et nous dévoiler toute cette vérité qu'on préférait ignorer... Il l'étale, et pas qu'un peu, nous livrant une intrigue particulièrement dure, particulièrement douloureuse pour nos petits cœurs insouciants et notre âme décidément pas prête à l'affrontement... Aucun temps mort ne sera laissé au lecteur pour respirer, souffler, reprendre un peu d'air dans cette atmosphère viciée... De l'action et du suspense, vous n'en manquerez pas, soyez en sûrs... Mais la réalité, que vous le vouliez ou non, vous éclatera à la figure et vous fera monter les larmes aux yeux...

    Pourquoi ? Parce qu'il vous livre une petite flopée de personnages dont vous ne vous remettrez pas...

    Alors il y a Bastien tout d'abord, ce flic venu de Bordeaux pour rejoindre Calais avec sa femme et sa fille à qui il devient difficile de parler... Ce flic qui découvre la complexe, étourdissante et incohérente réalité que représente Calais pour ses collègues, totalement démunis et impuissants devant pareille situation, contraints de la laisser pourrir, surtout de l'intérieur si possible...

    Et puis il y a Adam... Lui aussi est flic... Mais de l'autre côté de la barrière lui... Dans la Jungle, parce que c'est un réfugié Syrien, ayant quitté son pays après être parvenu à exfiltrer sa femme et sa fille... Ils devaient se retrouver ici, à Calais... Seulement elles n'y sont pas... Et lui aussi découvre le redoutable piège qui se met en branle quand on pénètre la Jungle de Calais...

    Deux flics donc... Si différents et si semblables pourtant... Qu'ils vont se croiser, se rencontrer, unir leurs forces telle une Union Sacrée pour combattre, s'opposer aux crimes et à l'effroyable réalité...

    Vous pensiez avoir tout vu ? En avoir assez vu ? Raté... Parce qu'il y a Kilani aussi... Jeune Soudanais que la vie n'a déjà pas épargné, abandonné à son triste et abominable sort au fin fond de la Jungle... Si Adam le prend sous son aile, le lecteur aussi... Parce qu'il ne peut faire autrement face à pareille horreur que l'auteur n'hésite pas, encore une fois, à lui mettre sous le nez... Car ses yeux pleurent et son coeur saigne... Son âme, elle, est déjà partie se replier sur elle-même... Ne nous reste plus qu'à faire défiler les pages, osant espérer pour lui les prémices d'une vie meilleure puisqu'on peut difficilement faire pire... Ailleurs, loin de la Jungle...

    Alors même le plus coriace des lecteurs ne pourra que lâcher prise face à pareille misère, et restera longtemps hanté par ces personnages pris dans l'infernal engrenage...

    Vous l'aurez donc compris, Olivier Norek ne nous épargne rien et nous livre un polar douloureusement vrai, profondément humain, tristement violent, cruellement complexe, pour nous offrir la possibilité d'ouvrir les yeux et se faire sa propre idée de ce qui est resté trop longtemps tu et dissimulé. De son efficace plume il nous livre son meilleur polar, son thriller le plus prenant et bouleversant qui puisse être, son roman le plus fort et le plus noir qui soit... Une véritable bombe pleine d'actions, de suspense et d'émotions qui va vous péter à la gu*** comme jamais...

    En bref... Je n'ai déjà que trop parlé pour ne rien dire de ce roman... Alors soyons justement bref : C'est un roman... Nécessaire : Lisez-le !

    (Lu en octobre 2017 - Chronique : http://deslivresetmoi7.blogspot.fr/2017/10/chroniques-2017-entre-deux-mondes.html)

  • 0.25

    Je n’ai pas si souvent de coup de cœur littéraire, mais vraiment, avec Entre deux mondes, Olivier Norek, que j’appréciais déjà beaucoup, est entré dans le top de mes auteurs à lire, à suivre, à ne pas manquer. Je suis heureuse de m’être procurée le petit dernier, j’avais toutefois un peu peur...
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    Je n’ai pas si souvent de coup de cœur littéraire, mais vraiment, avec Entre deux mondes, Olivier Norek, que j’appréciais déjà beaucoup, est entré dans le top de mes auteurs à lire, à suivre, à ne pas manquer. Je suis heureuse de m’être procurée le petit dernier, j’avais toutefois un peu peur d’être déçue, cela arrive parfois quand autant de critiques dithyrambiques encensent un roman, mais force est de constater qu’elles sont toutes justifiées et que je vais complètement dans leur sens. Une véritable claque émotionnelle comme je les aime !

    « Le poids des tristesses ne se compare pas. »

    Il y a tout dans ce livre, de l’indignation, de l’émotion, de l’humanité, de la barbarie, de la peur, de l’espoir, tout cela au cœur de sujets terriblement d’actualité : le mouvement des populations fuyant la guerre et la violence tout en espérant une vie meilleure, les désillusions et la fureur qui réapparaissent sous d’autres cieux, et aussi les recruteurs de Daesh profitant de la pauvreté, de la faiblesse, du désespoir, de la folie pour agrandir ses rangs.

    « La violence est partout puisque la pauvreté est immense. Tu ne peux pas mettre ensemble près de dix mille hommes, venant des pays les plus dangereux de la Terre, quasiment enfermés, tributaires de la générosité des Calaisiens et des humanitaires, sans autre espoir qu’une traversée illégale, et croire que tout va bien se passer. »

    Il y a Adam qui veut protéger sa femme et sa fille en les laissant partir avant lui, depuis la Syrie jusqu’à la tant convoitée Angleterre. Il y a son arrivée sans elles à Calais, ce « purgatoire entre deux mondes, l’enfer syrien et le paradis anglais ». Il y a Bastien, le Lieutenant nouvellement installé à Calais, flic au grand cœur qui découvrira l’atroce réalité de la Jungle. Il y a la rencontre d’un de ces hommes et d’un enfant, sauvé de l’horreur au sein du camp. Il y a tous ces personnages que le hasard (ou le destin) va réunir. Il y a nous, qui allons assurément nous attacher à eux.

    « – Vous croyez aux fantômes, Passaro ?
    – Je ne me suis jamais posé la question. Vous parlez des esprits qui hantent les maisons ?
    – Exact. Coincés entre la vie terrestre et la vie céleste. Comme bloqués entre deux mondes. Ils me font penser à eux, oui. Des âmes, entre deux mondes. »

    Olivier Norek ne tombe pas dans la facilité du Bien et du Mal. Il expose la réalité telle qu’elle est et telle qu’il l’a vu puisqu’il s’est installé plusieurs semaines dans la Jungle. Son récit est par conséquent troublant de réalisme. Son humanité et son professionnalisme est la plus grande force de l’auteur. Grâce à ces qualités, il nous offre une véritable réflexion sur une situation cruellement compliquée. Et bien sûr, il nous émeut. Je me suis surprise à avoir les larmes au bord des yeux…

    J’ai littéralement dévoré ce roman. Il m’a pris du sommeil, il a touché ma sensibilité, il a fait en sorte que mes yeux ne se ferment jamais sur ce qui se passe dans le monde mais aussi en France, il a apporté un regain d’humanité dans toute cette terrible réalité. Quand un roman vous apporte tout ça, alors on peut parler de coup de cœur.

    « À la fin, il faudra regarder tout ce qu’on a accepté de faire. Et ce jour-là, je refuse d’avoir honte. »

    Ma chronique sur mon blog : https://ducalmelucette.wordpress.com/2017/11/26/lecture-coup-de-coeur-entre-deux-mondes-dolivier-norek-rentree-litteraire-2017/

  • 0.25

    J'attendais de retrouver Victor Coste, le héros récurrent des précédents polars d'Olivier Norek; Exit le flic du 9-3 ! A sa place, un jeune lieutenant, Bastien Miller, qui, désemparé par la dépression de sa femme, demande sa mutation à Calais.

    Calais, il en a entendu parler aux infos, une...
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    J'attendais de retrouver Victor Coste, le héros récurrent des précédents polars d'Olivier Norek; Exit le flic du 9-3 ! A sa place, un jeune lieutenant, Bastien Miller, qui, désemparé par la dépression de sa femme, demande sa mutation à Calais.

    Calais, il en a entendu parler aux infos, une zone de non-droit, un ghetto pour migrants, pour ceux qui ont fuit leur pays, Somalie, Afghanistan ou Syrie, et qui veulent rejoindre l'eldorado, le pays des possibles, Youké, le Royaume-Uni.
    C'est là qu'Adam, flic syrien, doit rejoindre sa femme et sa fille qui ont fait la traversée quelques jours avant lui.
    Sauf que...la Méditerranée est une tombe bien trop profonde pour laisser un peu d'espoir à cet homme.

    Sauf que...c'est un gamin somalien qu'il va recueillir, un gamin muet, apeuré, traumatisé qui va s'attacher à Adam et à la famille de Bastien Miller dont il va bouleverser la vie.

    Olivier Norek, je suis fan. Incontestablement.

    Mais là...Comment vous faire partager ce que j'ai pu ressentir à la lecture de ce roman noir (parce qu'ici, finalement, la vie de flic devient secondaire, l'enquête accessoire) qui vous happe, vous retient jusqu'à la dernière page ?
    Qui dévoile des personnages d'une rare humanité, qui force l'empathie parce qu'ils prennent tout à coup une réalité et surtout nous tendent un miroir, à nous, bien assis dans nos canapés, nourris et chauffés qui, d'un coup de zapette TV, pouvons effacer ces images qui dérangent.

    Un roman sans pathos, au plus près d'hommes qui abandonnent tout pour accéder (peut-être) à un coin de "paradis", dans un monde où la violence est omniprésente et face à laquelle certains trouvent encore le courage de la dignité...

    A lire ! Forcément !

  • 0.25

    Bon bon bon, mettons les choses dans l'ordre !

    Présentation de l'auteur : pas besoin, Olivier Norek n'est plus un petit nouveau dans la littérature française...

    Présentation de l'éditeur : pas besoin non plus, Michel Lafon n'a pas besoin de mes services pour être connu...

    Avis sur le...
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    Bon bon bon, mettons les choses dans l'ordre !

    Présentation de l'auteur : pas besoin, Olivier Norek n'est plus un petit nouveau dans la littérature française...

    Présentation de l'éditeur : pas besoin non plus, Michel Lafon n'a pas besoin de mes services pour être connu...

    Avis sur le roman : BINGO, là je peux intervenir...

    Entre deux mondes c'est un livre qui cache drôlement bien son jeu...

    Commençons par le début : Michel Lafon m'agace...oui, je trouve que c'est cette propension à vous appâter en douceur avec une couverture tellement agréable au toucher qu'on se laisse charmer sans se rendre compte c'est vraiment trop injuste ;) (tiens ça me rappelle mon chat Calimero mais c'était surtout histoire de glisser que Norek n'a cette fois pas utilisé de chat dans son livre).

    Une fois le livre ouvert le plus dur sera de le refermer. Vous savez j'ai mis quelques jours à l'ouvrir...ma grande question était déjà : qu'est-ce que je lirai après Olivier Norek ?

    Et puis, au regard de la 4ème de couverture, je ne pouvais pas rester devant à me lamenter sur mon sort qui sera de savoir quoi lire après, il me fallait savoir ce que nous proposait Olivier Norek sur un sujet aussi épineux, délicat et sensible dans notre pays que cette "jungle calaisienne".

    Et pleurer sur votre sort après avoir lu ce roman sera la dernière chose à laquelle vous penserez, je vous l'assure ...

    Adam et Bastien seront deux personnages qui vous colleront à la peau, ils vous feront ressentir beaucoup d'émotions et parfois même vous donneront de grosses claques, mais n'ayez pas peur c'est aussi pour votre bien.

    Je lis assez rarement en écoutant de la musique et là étonnamment deux chansons me sont revenues assez régulièrement en tête.

    Il y a d'abord celle de Zazie "J'étais là". Autant vous dire que le livre et la musique font que vous aurez des frissons...de peur, d'angoisse et de colère... J'ai ressenti ces trois sentiments face à Olivier Norek, j'avais l'impression d'être à côté de lui et qu'il me disait "alors tu vois, qu'est-ce qu'on fait maintenant ?" ou encore "et toi tu choisirais quoi à leur place ? tu ferais quoi pour sauver ne serait-ce qu'une personne de cet enfer ?". Et Zazie qui en remettait une couche avec ses paroles notamment :

    J’ai bien vu le sort que le Nord réserve au sud
    Qui a compris le mépris !J’étais la pour compter les morts
    J’étais la et je n’ai rien fait
    Et je n’ai rien fait
    J’étais-la pourtant
    J’étais la et je n’ai rien fait

    alors vous pensez bien que la remise en question était totale...et il me fallait trouver des idées pour ne pas laisser ce livre seul dans ma bibliothèque, il faut qu'il vive et qu'il serve surtout à éradiquer l'individualisme qui guette nos sociétés...

    Et ensuite, j'ai aussi eu la chanson de Alain Souchon "C'est déjà ça" en tête et notamment ces paroles :

    Oh, oh, oh, et je rêve
    Que Soudan, mon pays, soudain, se soulève
    Oh, oh,
    Rêver, c'est déjà ça, c'est déjà ça.

    Je ne sais pas à quoi rêve les populations qui émigrent sans savoir quel pourra être leur avenir, mais j'espère que parmi elles certaines personnes arrivent à garder espoir et pourquoi pas donner aussi une dynamique à ceux qui les entourent pour s'en sortir et continuer de croire en l'Humain pour avancer. Toutes les personnes qu'ils croiseront ne sont pas des égoïstes...

    Je pense que beaucoup d'autres chansons pourraient compléter l'oeuvre d'Olivier Norek et cela me laisse à penser que si nous continuons à semer les graines que les artistes mettent devant nos yeux alors l'humanité ne pourra que gagner... Les artistes sont là pour mettre en avant et porter la parole d'une population, ce que des personnes "seules" ne peuvent faire. Alors agissons, prenons le train en route !

    Ce livre coup de poing n'est, je pense, pas un thriller. Un "roman type thriller" voudrait dire qu'on arrête un coupable et que le livre se termine et qu'on passe à une autre lecture. Or ici, le livre n'est que le début d'une nouvelle action... le coupable court encore et je suis sur que vous aurez un temps de réflexion avant d'ouvrir un autre livre !

    Ce livre "Entre deux mondes" est pour moi le meilleur d'Olivier Norek. (les autres sont excellents aussi mais celui-ci frappe encore plus dans mon quotidien de simple citoyenne)

    Meilleur dans le sens où l'auteur s'est rendu sur le lieu du récit pour vivre de l'intérieur le quotidien et ressentir ce que Adam et Bastien nous transmettent.

    Meilleur car il ne juge pas, il constate et en face chacun le prend comme il l'entend.

    Meilleur car il est riche d'humanité et d'amour quand même.

    Meilleur car l'être humain qui est derrière cette plume est bienveillant, sensible...

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