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En salle

Couverture du livre « En salle » de Claire Baglin aux éditions Minuit
  • Date de parution :
  • Editeur : Minuit
  • EAN : 9782707347985
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Dans un menu enfant, on trouve un burger bien emballé, des frites, une boisson, des sauces, un jouet, le rêve. Et puis, quelques années plus tard, on prépare les commandes au drive, on passe le chiffon sur les tables, on obéit aux manageurs : on travaille au fastfood.
En deux récits alternés,... Voir plus

Dans un menu enfant, on trouve un burger bien emballé, des frites, une boisson, des sauces, un jouet, le rêve. Et puis, quelques années plus tard, on prépare les commandes au drive, on passe le chiffon sur les tables, on obéit aux manageurs : on travaille au fastfood.
En deux récits alternés, la narratrice d'En salle raconte cet écart. D'un côté, une enfance marquée par la figure d'un père ouvrier. De l'autre, ses vingt ans dans un fastfood, où elle rencontre la répétition des gestes, le corps mis à l'épreuve, le vide, l'aliénation.

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Avis (7)

  • Une lecture qui m'a plu.

    Un premier roman original qui plonge le lecteur dans le monde de la restauration rapide, le fast-food.

    Le texte, que j'ai trouvé intéressant, m' a parlé tout de suite.

    En effet, le monde du travail notamment dans un fast-food, est bien décrit concernant la...
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    Une lecture qui m'a plu.

    Un premier roman original qui plonge le lecteur dans le monde de la restauration rapide, le fast-food.

    Le texte, que j'ai trouvé intéressant, m' a parlé tout de suite.

    En effet, le monde du travail notamment dans un fast-food, est bien décrit concernant la partie négative de ce travail (tâches ingrates ou harassantes, pouvoir du "petit" chef, concurrence entre employés, poste convoité…)

    J'ai été sensible à cette histoire. Le portrait de Claire, le personnage principal, est attachant. Cette jeune femme, issue d'un milieu ouvrier nous raconte ses souvenirs de vacances avec ses parents. Des moments importants, marquants de sa jeunesse qui auront un impact sur sa vie future.

    Ses vacances d'été m'ont rappelé bien des souvenirs et similitudes avec les miens.

    C'est un roman sociétal, avec une touche sarcastique où l'autrice alterne entre son job et ses souvenirs d'enfance.

    Un texte réaliste, acoustique, sensoriel, vivant sur un monde qui n'est pas toujours tendre mais porteur tout de même d'espoir pour un avenir meilleur.

    Une belle découverte avec ce roman court et efficace.

    Une autrice à suivre.

    Petit aparté : Mon fils a travaillé tout l'été dans un fast-food et en ressort positif de cette expérience qu'il souhaite renouveler.

    https://leslecturesdeclaudia.blogspot.com/2022/11/en-salle.html

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  • J’ai découvert cette branche de la restauration du côté des cuisines où tout n’est pas nickel (personne en semble se soucier d’une fuite d’eau), où les équipiers s’ennuient parfois, où les chefs ont leur caractère.

    J’ai eu plus de mal avec le père de la narratrice, homme taciturne qui...
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    J’ai découvert cette branche de la restauration du côté des cuisines où tout n’est pas nickel (personne en semble se soucier d’une fuite d’eau), où les équipiers s’ennuient parfois, où les chefs ont leur caractère.

    J’ai eu plus de mal avec le père de la narratrice, homme taciturne qui s’exprime peu, puis de moins en moins au fur et à mesure des années.

    J’ai trouvé dommage que la narratrice fasse intervenir parfois son frère Nico sans en dire plus.

    Il ne se passe rien dans ses pages, ou pas grand chose, mais j’ai aimé la mélodie du style.

    J’ai aimé découvrir plus intimement ces travailleurs de l’ombre dont on ne parle jamais, mais qui sont indispensable au bon fonctionnement de l’entreprise, contrairement aux premiers de cordée.

    Le problème des mains abîmées qui ne cicatrisent pas.

    Ces travailleurs qui ne lâchent jamais, ce qui peut représenter un problème.

    Enfin, j’ai aimé le message de l’auteure : c’est quand nous sommes trop en confiance que l’accident survient.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de l’éternel problème des piles des jouets de fast-food.

    https://alexmotamots.fr/en-salle-claire-baglin/

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  • Premier roman comme un constat factuel, sec et sans affect, Claire Baglin propose En salle, un récit court où elle met en perspective la vie d’ouvrier de son père et son statut d’employé précaire d’un fast-food bien connu.
    Brins d’histoire

    Le premier récit est celui d’un ouvrier, Jérôme, et...
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    Premier roman comme un constat factuel, sec et sans affect, Claire Baglin propose En salle, un récit court où elle met en perspective la vie d’ouvrier de son père et son statut d’employé précaire d’un fast-food bien connu.
    Brins d’histoire

    Le premier récit est celui d’un ouvrier, Jérôme, et de sa famille avec sa femme Sylvie, son fils Nico, sa fille, la narratrice, jamais nommée. Se présente au fil des souvenirs l’enfance, le camping des vacances, les voyages en voiture, les bagarres violentes avec son frère, etc. Depuis plus de vingt ans, Jérôme est opérateur de maintenance et fait les 3/8. Les enfants ne savent jamais quand il va rentrer. Du coup, c’est la fête à chaque fois.

    Avant de rentrer, pour reprendre la routine, sur la route du retour des vacances, les enfants supplient le père de s’arrêter dans ce restaurant si éclairé, si attirant, si pimpant. Pour toute une génération, ce fut le rêve devenu accessible même s’il faut compter avant de commander.

    Seulement de cette vie sans aspérité, qui tourne toute seule, sans rien en attendre, l’entassement, « c’est héréditaire », ne cesse de répéter Jérôme, affleure comme une bosse à l’arrière du bossu.

    C’est de là que le travail dit faire mal. Jérôme répare ses trouvailles mais jamais complétement, il faut tant compter ! Alors, il amasse avec le « ça peut toujours servir » comme le seul moment de possession, de liberté et de rêve d’un possible attendu mais jamais atteint.

    Avec la métaphore de celui qui ne lâche rien, Claire Baglin insiste sur cette constante ouvrière qui est de se taire, de faire comme on le demande, sans jamais rien dire, muet (muette) sur son malaise, sur ce qui nie la personne dans ce travail déshumanisé.

    Car, en décrivant le quotidien de l’équipière idéale, sans respect d’aucune règle du monde du travail, Claire Baglin suggère qu’on est revenu au temps où la précarité remplace la fierté de l’ouvrier pour l’objet produit.
    Ce n’est plus d’ouvriers dont on parle

    Dans le monde de Donald, Déliveroo, Uber, Amazon et tant d’autres, la force de travail est niée par la fiche évaluative remplie par le manager et maintenant, le plus souvent aussi, par le client.

    Pas de sourire lors de ma commande, évaluation négative ! Attente de cinq minutes ma demande, évaluation négative. Pas satisfait du résultat de ma réclamation, évaluation négative. Règne de l’arbitraire pour mieux aliéner, contraindre, user, pomper et après jeter.

    La suite ici
    https://vagabondageautourdesoi.com/2022/10/26/claire-baglin-en-salle/

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  • https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2022/09/en-salle-de-claire-baglin.html

    Deux récits s'entremêlent dans cette histoire. La narratrice raconte à la fois son enfance et son adolescence dans sa famille, et son quotidien de nouvelle employée dans un fast food une dizaine d'années plus tard,...
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    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2022/09/en-salle-de-claire-baglin.html

    Deux récits s'entremêlent dans cette histoire. La narratrice raconte à la fois son enfance et son adolescence dans sa famille, et son quotidien de nouvelle employée dans un fast food une dizaine d'années plus tard, pendant la période où elle est étudiante. Deux histoires qui s'alternent non par chapitres mais par paragraphes.

    Claire Baglin nous raconte un milieu ouvrier, un père qui travaille en trois-huit dans une usine, affecté à la maintenance, les conditions de travail dégradées, la fatigue, la télé, la fierté de recevoir la médaille du travail après vingt ans d'asservissement, les activités organisées par le comité d'entreprise, les vacances au camping et les arrêts au fastfood sur la route du retour des vacances, moments de joie pour la petite fille et son frère.

    Elle nous raconte aussi le quotidien dans un fastfood, l'entretien d'embauche, la pointeuse, la condescendance des managers, les "manas", les tâches répétitives à un rythme effréné à certains postes, les gestes exécutés comme un robot, les mains qui souffrent, le bruit des machines, les alarmes, l'abrutissement et la déshumanisation. Un quotidien au vocabulaire restreint, la perte d'identité (ne jamais être appelée par son prénom), la hiérarchie des postes, au pass drive, au comptoir café, aux frites, en salle, "le royaume dont personne ne veut".

    D'une écriture vive et précise, Claire Baglin donne voix à une employée de fast-food qui observe et raconte ce qu'elle endure. Toute en colère rentrée, elle nous livre une succession de scénettes pour décrire de façon clinique un travail aliénant où l'employé n'a aucune autonomie, où chacun est interchangeable. La vie à l'usine à la génération précédente en devient presque enviable tant est forte la déshumanisation et l'aliénation. Un texte court mais intense.

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  • Dans ce roman, Claire Baglin alterne le récit de son apprentissage d'équipière dans un fast-food et ses souvenirs d'enfance où la sortie au McDo était une fête exceptionnelle, les vacances au camping, l'événement de l'année, et des anecdotes sur le travail de son père, ouvrier chargé de...
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    Dans ce roman, Claire Baglin alterne le récit de son apprentissage d'équipière dans un fast-food et ses souvenirs d'enfance où la sortie au McDo était une fête exceptionnelle, les vacances au camping, l'événement de l'année, et des anecdotes sur le travail de son père, ouvrier chargé de maintenance des robots, qui s'épuisait à arpenter les allées de l'usine jusqu'au point de réparation  ... 

    Entre les récits des tâches à réaliser au drive : apprendre la liste des produits,  écouter le client, saisir la commande sur l'écran, ajouter des sauces, toujours plus de sauces, déployer le sac, remplir le sac, le chaud au fond, éviter que les gobelets ne se renversent, encaisser, donner le sac, voire appeler le livreur, et passer le sac, en ayant toujours les pieds dans l'au, fuite introuvable  ... Tâches multiples qui se fondent en une et laisse désemparé après le coup de feu

    Le pire : être en salle : à nettoyer, débarrasser, désinfecter, avoir toujours les mains mouillées, les doigts qui pèlent, ... 

    Le meilleur : assurer le service dans la partie café, enclave protégée, au milieu des petits gâteaux, tasses en faïence, cookie sur la soucoupe, ... 

    Et puis le bruit, des friteuses, qui bipent avant d'être en température, qui sonnent pour demander la sortie du bac de frites, de le replonger, de le sortir égoutter et renverser ; la sonnerie stridente de la pointeuse si jamais l'horaire est dépassé ; les ballons qui éclatent, les enfants qui pleurent ... 

    L'auteur rend à la perfection le contraste entre le huis clos du restaurant et L'immensité de l'usine où travaillait le père dont les allées et venues incessantes de point de maintenance en point de réparation l'épuisaient.  

    Sans avoir la force du 'A la ligne' de Joseph Ponthus, ce roman nous dévoile la vraie vie d'un travailleur de fast food, ouvrier des temps modernes, dont la chaîne change à chaque reprise.

    Une belle découverte que l'écriture de Claire Baglin.

    Un premier roman .

    Un auteur à suivre.

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  • Quand on est enfant, aller au McDo est une fête. Mais y travailler peut être un cauchemar.
    Dans son premier roman, Claire Baglin conduit deux récits en parallèle : celui de l'enfance et de l'adolescence de la narratrice auprès d'un petit frère turbulent et de parents de la toute petite classe...
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    Quand on est enfant, aller au McDo est une fête. Mais y travailler peut être un cauchemar.
    Dans son premier roman, Claire Baglin conduit deux récits en parallèle : celui de l'enfance et de l'adolescence de la narratrice auprès d'un petit frère turbulent et de parents de la toute petite classe moyenne, celle qui part en vacances au camping grâce aux chèques-vacances, celle qui ne peut pas s'offrir un bon restaurant, celle qui doit compter ; celui du premier job qu'elle décroche au fast-food du coin pour payer ses études.
    Dans le premier, la part belle est faite au père, un ouvrier qui affronte chaque jour un travail dangereux qui l'épuise. Malgré cette fatigue qui le mine, il n'est pas peu fier de recevoir la médaille du travail récompensant vingt années de bons et loyaux services.
    Dans le second, rien ne nous est épargné du quotidien d'une « équipière » d'un McDo, du sadisme du directeur lors de l'entretien d'embauche à l'exigence d'une polyvalence à rendre fou l'être humain le plus placide.
    Le tout sous le contrôle des écrans de surveillance scrutés par les « manageurs », de la pointeuse et des minuteurs invasifs qui comptabilisent toutes les tâches automatisées effectuées mécaniquement sans aucune réflexion. De la cuisson des frites au drive, en passant par la salle dont la narratrice dit : « les nouveaux servent à être là où personne ne veut travailler ».
    Dans une écriture blanche, neutre, clinique, sans affects, qui lui confère toute sa force, « En salle » plonge le lecteur dans un univers entrepreneurial absurde où l'employé, fliqué en permanence, n'a aucune autonomie et ne peut donc trouver aucun sens à son métier.
    Le salarié parfait est celui qui est capable, en un temps de record, de concocter et de servir de la junk food pour rendre accros au sucre et au gras des centaines de millions d'obèses et de malades en sursis. Avec la bénédiction des actionnaires !

    http://papivore.net/litterature-francophone/critique-en-salle-claire-baglin-minuit/

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  • On pourrait prendre ce court roman pour une simple comédie mais le propos est, au fond, bien plus dérangeant qu’il en a l’air.
    Claire a vécu une enfance de débrouille dans un milieu prolétaire et malgré le peu de revenus de ses parents, alors que son père travaillait à l’usine, ils partaient...
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    On pourrait prendre ce court roman pour une simple comédie mais le propos est, au fond, bien plus dérangeant qu’il en a l’air.
    Claire a vécu une enfance de débrouille dans un milieu prolétaire et malgré le peu de revenus de ses parents, alors que son père travaillait à l’usine, ils partaient chaque année en vacances.
    A 10 ans, son frère et elle ont passé leurs vacances à espérer manger dans un fastfood, et à 20 ans, elle se fait embaucher dans le restaurant d’une de ces chaînes.
    Claire Baglin nous propose avec En salle, un récit alterné entre passé et présent, entre le fastfood vu de l’extérieur comme un rêve d’enfant et celui, vécu de l’intérieur, comme un enfer salarial.

    C’est souvent très drôle, sauf peut-être si l’on se reconnaît dans cette famille ou dans cette employée de restauration rapide. Il faut donc être capable de prendre du recul pour rire de ce roman, écrit avec beaucoup de naturel et de ressenti.
    On n’est pas loin de l’étude sociétale avec une petite touche d’amertume toujours présente malgré l’humour.

    La très réaliste leçon de vie est peu réjouissante au final et je ne suis pas mécontente de n’avoir pas eu à vivre cette expérience et de la découvrir à travers ce roman édifiant.

    Merci à Cultura et aux Editions de Minuit pour cette découverte de la rentrée littéraire 2022.

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