Eldorado

Couverture du livre « Eldorado » de Laurent Gaudé aux éditions Actes Sud
  • Date de parution :
  • Editeur : Actes Sud
  • EAN : 9782742769322
  • Série : (non disponible)
  • Support : Poche
Résumé:

Gardien de la citadelle Europe, le commandant Salvatore Piracci navigue depuis vingt ans au large des côtes italiennes, afin d'intercepter les embarcations des émigrés clandestins. Plusieurs événements viennent ébranler sa foi en sa mission et donner un nouveau sens à son existence. Dans le même... Voir plus

Gardien de la citadelle Europe, le commandant Salvatore Piracci navigue depuis vingt ans au large des côtes italiennes, afin d'intercepter les embarcations des émigrés clandestins. Plusieurs événements viennent ébranler sa foi en sa mission et donner un nouveau sens à son existence. Dans le même temps, au Soudan, deux frères s'apprêtent à entreprendre le long et dangereux voyage qui doit les conduire vers le continent de leurs rêves, l'Eldorado européen. Parce qu'il n'y a pas de frontière que l'espérance ne puisse franchir, Laurent Gaudé fait résonner la voix de ceux qui, au prix de leurs illusions, leur identité et parfois leur vie, osent se mettre en chemin pour s'inventer une terre promise.

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Articles (1)

  • Autour d'un verre avec Laurent Gaudé à propos de son roman "Danser les ombres"
    Autour d'un verre avec Laurent Gaudé à propos de son roman Danser les ombres

    Danser les ombres, le nouveau roman de Laurent Gaudé vient de paraître. Après Pour seul cortège, consacré au mythique Alexandre, c'est le Laurent Gaudé d'"Eldorado" et de La Mort du Roi Tsongor qui entraîne le lecteur dans l'Haïti d'avant le séisme de 2010. L'occasion de rencontrer l'écrivain dans les coulisses de l'écriture de ses romans, chez son éditeur Actes Sud.

Avis(22)

  • Depuis cette rencontre tout lui pesait davantage Le dégoût ne lui laissait guère de répit. Il rechignait à remettre ses pieds dans les traces de sa vie d’autrefois. Elle lui avait offert cela, peut-être, la gifle des pauvres, l’impérieux besoin de désirer. (p63)

    Il y a des rencontres qui...
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    Depuis cette rencontre tout lui pesait davantage Le dégoût ne lui laissait guère de répit. Il rechignait à remettre ses pieds dans les traces de sa vie d’autrefois. Elle lui avait offert cela, peut-être, la gifle des pauvres, l’impérieux besoin de désirer. (p63)

    Il y a des rencontres qui changent le destin. Salvatore Piracci, va le comprendre le jour où son chemin va croiser celui d’une femme sur un bateau intercepté. Elle va lui faire une étrange demande qu’il ne refusera pas. Mais en accédant à sa quête, lui-même va se lancer dans un périple à la recherche de lui-même.

    Il avait compris que le commandant entreprenait un de ces voyages qui ne se décrivent pas en termes de destination ni de durée. Il quittait tout. Sans savoir lui-même s’il reviendrait un jour ou pas. Alors Angelo recommanda son ami au ciel en se disant que les hommes n’étaient décidément beaux que des décisions qu’ils prennent. (p131)

    Quand on se lance dans un roman de Laurent Gaudé on s’attend à une plongée dans notre monde, ses travers mais aussi dans son humanité voir son inhumanité, avec une écriture précise, poétique, directe. Il nous fait regarder le monde en face, il oblige ses personnages, dans le cas présent Salvatore et Soleiman à se confronter à une réalité. Salvatore ne pensait pas remettre en question sa vie bien huilée de commandant d’un navire de surveillance maritime, Soleiman rêvait de l’Eldorado que représentent l’Europe et ses mirages et ne pensait pas le chemin si apre.

    L’herbe sera grasse, dit-il, et les arbres chargés de fruits. De l’or coulera au fond des ruisseaux, et des carrières de diamants à ciel ouvert réverbéreront les rayons du soleil. Les forêts frémiront de gibier les lacs seront poissonneux. Tout sera doux là-bas. Et la vie passera comme une caresse. L’Eldorado, commandant. Ils l’avaient au fond des yeux. Ils l’ont voulu jusqu’à ce que leur embarcation se retourne. En cela, ils ont été plus riches que vous et moi. Nous avons le fond de l’œil sec, nous autres. Et nos vies sont lentes. (p111)

    Chacun d’un côté des frontières va être confronté à des choix, des renversements de situations, devenir celui qu’il n’aurait jamais imaginé devenir, en sortir grandi ou affaibli. Ce sont de ces voyages qui transforment des êtres et Laurent Gaudé, avec lucidité nous entraîne dans ces convois de clandestins, ce qu’ils doivent abandonner, ce qu’ils doivent subir, une course effrenée vers un ailleurs, loin de la violence, loin de la misère, vers une terre d’espoirs.

    L’auteur nous entraîne dans une réflexion sur les deux visions : celle de celui qui est chargé d’arrêter ces convois en mer

    Un combat entre lui et la mer. Rien d’autre. Reprendre les hommes à la mort. Les extirper de la gueule de l’océan. Le reste, tout le reste, les procédures d’arrestation, les centres de détention, les tampons sur les papiers, tout cela, à cet instant était dérisoire et laid. (p72)

    et qui ne veut plus fermer les yeux, qui ne veut plus accepter le rôle qu’on lui assigne et celle de celui qui s’est lancé sur les routes inconnues, sans autre choix que d’avancer pour trouver un ailleurs meilleur.

    On ne ressort pas indemne de cette lecture, comme les deux héros qui eux vont parfois se perdre, ne plus se reconnaître dans l’homme qu’ils sont devenus.

    Je suis une bête qui fait mordre la poussière à ceux qu’elle croise. Je suis une bête charognarde qui sais sentir l’odeur de l’argent comme celle d’une carcasse faisandée. (p146)

    C’est à la fois beau et tragique, fort et dérangeant, Laurent Gaudé utilise les mots pour nous faire regarder notre monde en face, en utilisant un récit à la manière d’une fable qui est d’une triste réalité encore aujourd’hui (le livre date de 12 ans…..).

    C’est un court roman qui se lit d’une traite, d’un souffle, comme un appel. On est confronté aux bassesses des hommes mais aussi à leur humanité, à leur solidarité et à leur rédemption pour certains. Il y a les vivants mais les morts planent aussi, les ombres de tous ceux qui n’arriveront pas au bout du voyage, de tous ceux qui espéraient, rêvaient, croyaient, imaginaient que le voyage ne serait pas un calvaire, semé d’embûches et d’hommes avides de gains sur la misère humaine.

    Dans les romans de Laurent Gaudé rien n’est tout noir, rien n’est tout blanc, il reste toujours une note d’espoir, une étincelle qui permet de garder foi en l’humain, peut-être….

    D’un monde à l’autre, dans un sens ou dans l’autre, voyage aux confins des rêves et de l’espoir.

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  • Dire que ce livre de Laurent Gaudé a plus de dix ans et qu’il est toujours aussi actuel !

    Entre temps, les lieux de passage ont changé, on ne parle plus de l’île de Lampedusa mais les drames restent les mêmes, les rêves d’Eldorado sont toujours aussi vifs et les migrants toujours plus...
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    Dire que ce livre de Laurent Gaudé a plus de dix ans et qu’il est toujours aussi actuel !

    Entre temps, les lieux de passage ont changé, on ne parle plus de l’île de Lampedusa mais les drames restent les mêmes, les rêves d’Eldorado sont toujours aussi vifs et les migrants toujours plus nombreux, pas seulement vers l’Europe de l’ouest mais aussi vers les États-Unis et sans doute ailleurs…

    Laurent Gaudé ne m’a jamais déçu, que ce soit avec La mort du roi Tsongor, La porte des Enfers ou encore Écoutez nos défaites. Alors, quand Élodie a proposé cette lecture, je n’ai pas hésité et je ne l’ai pas regretté.

    Dans Eldorado, il aborde le problème par l’autre bout, du côté de ceux qui sont censés empêcher les migrants de se réfugier chez nous. Il s’attache donc aux pas du commandant Salvatore Piracci qui fait une rencontre qui va changer sa vie, dans les rues de Catane, en Sicile : « Il patrouillait le plus clair de son temps au large de l’île de Lampedusa et partageait ainsi sa vie entre son navire, les escales à Lampedusa et son port d’attache, Catane. » Pour lui, rien n’avait changé avant cette femme. Il y avait eu les Albanais puis les Kurdes, les Africains, les Afghans toujours plus nombreux…
    Alors, l’auteur nous plonge dans l’univers de cette femme qui avait pu embarquer à Beyrouth avec son petit garçon de onze mois, avec des Irakiens, des Afghans, des Iraniens, des Kurdes, des Somalis, soit cinq cents personnes abandonnées en pleine nuit par l’équipage, sans eau, sans nourriture. C’est la monstruosité de ceux qui exploitent avec un cynisme sans pareil la misère de leurs compatriotes.
    Avant de retrouver le commandant sur sa frégate, une partie est consacrée à Jamal et à son frère, Soleiman, qui préparent leur départ de Port-Soudan… Nous les retrouverons plus tard. En attendant, Laurent Gaudé (photo ci-contre) livre un passage palpitant qui prend aux tripes : « Reprendre les hommes à la mort. Les extirper de la gueule de l’océan. Le reste, tout le reste, les procédures d’arrestation, les centres de rétention, les tampons sur les papiers, tout cela, à cet instant, était dérisoire et laid. »
    Je ne peux en dire plus pour ne rien enlever à l’angoisse de la lecture de ce qui se passe ensuite. L’auteur nous emmène à Lampedusa, revient à Catane puis s’attache à l’épopée de Soleiman en Afrique du Nord, jusqu’à l’enclave espagnole de Ceuta.

    Par une belle pirouette littéraire, Laurent Gaudé m’a offert un moment de grâce surprenant, une fin triste mais pleine d’espoir, peut-être la seule possible pendant que Soleiman tente d’atteindre ce qu’il pense être l’Eldorado…

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  • Eldorado est un petit livre qui, bien que publié en 2006, est toujours, et même de plus en plus, d'actualité. Laurent Gaudé traite, dans Eldorado, le thème des migrations. Ce roman est très fort. Il nous fait partager la vie de ces hommes et de ces femmes qui, depuis leur pays d'origine,...
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    Eldorado est un petit livre qui, bien que publié en 2006, est toujours, et même de plus en plus, d'actualité. Laurent Gaudé traite, dans Eldorado, le thème des migrations. Ce roman est très fort. Il nous fait partager la vie de ces hommes et de ces femmes qui, depuis leur pays d'origine, décident de le quitter pour un lieu dont ils n'ont souvent que des clichés.
    Il nous met dans la peau d'un homme, Salvatore Piracci, qui, à Catane, est payé pour rechercher ces migrants sur la mer et les sauver ; ceci dans un premier temps, car ensuite, que vont devenir ces rescapés une fois remis aux autorités du pays ?
    Mais cet homme qui occupe sa fonction, de façon très consciencieuse jusque-là, est de plus en plus mal à l'aise. Il décide, après une dernière sortie en mer, de ne plus y retourner. Il dit à son vrai seul ami Angelo : « Je vais partir. » Mais partir où ? Et c'est dans la réponse à cette question qu'interviennent tout le talent et l'originalité de l'auteur.
    J'avais déjà beaucoup apprécié les ouvrages de Laurent Gaudé comme Danser les ombres, La porte des enfers, Écoutez nos défaites et là, j'ai été conquise par Eldorado.
    Ce roman m'a vraiment marqué, m'a fait vibrer. En effet, Laurent Gaudé ne s'est pas contenté de faire un constat, il a su tisser une histoire entre différents personnages, me surprendre et me faire vivre un suspense tout au long de ce livre.
    À lire plus que jamais !

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  • Belle écriture. Très émouvant, sur les migrants.

    Belle écriture. Très émouvant, sur les migrants.

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