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Domovoï

Couverture du livre « Domovoï » de Julie Moulin aux éditions Alma Editeur
Résumé:

Voici dix ans qu'Anne est morte. Clarisse, sa fille, étudiante à Sciences-Po, vit maintenant l' « âge des possibles » mais peine à penser l'avenir. Elle voudrait aussi comprendre pourquoi sa mère sourit avec tant de bonheur sur une photo de groupe tout juste retrouvée dans les affaires de son... Voir plus

Voici dix ans qu'Anne est morte. Clarisse, sa fille, étudiante à Sciences-Po, vit maintenant l' « âge des possibles » mais peine à penser l'avenir. Elle voudrait aussi comprendre pourquoi sa mère sourit avec tant de bonheur sur une photo de groupe tout juste retrouvée dans les affaires de son père. C'était en Russie, avant sa naissance, alors que finissait l'URSS. De ce voyage, ne reste à la maison que le souvenir d'un Domovoï, nain du foyer cher aux Russes, malicieux et bougon, auquel Clarisse, enfant, faisait des offrandes. Ne serait-ce pas lui qui pousse la jeune fille, à son tour, vers cette fascinante Russie, sur les pas de sa mère ?

Alternant le périple d'Anne et celui de Clarisse, vingt ans après, ce roman en forme de matriochka est aussi un roman d'apprentissage, découverte éblouie de toutes les Russies et de la langue russe. La mère et la fille font l'expérience des illusions perdues mais aussi des grandes espérances. Jusqu'à la révélation du secret russe qui est aussi un secret de famille. Une aventure portée par l'enthousiasme, la générosité et la curiosité toujours en éveil de Julie Moulin.

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Avis (4)

  • Imaginez : vous faites changer la porte de votre appartement. Oui, vous avez décidé d'investir dans une porte blindée. Ça coûte un bras ces petites choses-là… Deux ouvriers arrivent enfin avec votre nouvelle porte. Ils enlèvent l'ancienne, celle qui ne vaut pas un kopeck et disparaissent avec......
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    Imaginez : vous faites changer la porte de votre appartement. Oui, vous avez décidé d'investir dans une porte blindée. Ça coûte un bras ces petites choses-là… Deux ouvriers arrivent enfin avec votre nouvelle porte. Ils enlèvent l'ancienne, celle qui ne vaut pas un kopeck et disparaissent avec... la porte blindée qui vaut de l'or  ? Non ! Avec la vieille, juste bonne à être jetée ! Et vous restez là, ahuri, sur le seuil de votre appartement désormais ouvert au tout-venant, avec une porte blindée aussi rutilante qu'inutile posée contre le mur décrépi de la cage d'escalier…
    Eh bien, sachez-le, vous touchez là quelque chose qui relève du non-sens, de l'absurde, de l'irrationnel, peut-être même du mystère, en deux mots, de l'âme russe.
    C'est précisément, je crois, ce que Julie Moulin a tenté d'approcher dans « Domovoï », cette fameuse « âme russe » si difficile à cerner sans que nous ayons sans cesse l'impression d'être toujours un peu à côté, fondamentalement étrangers à ce monde assujetti à des années de tsarisme, puis de communisme dont on ne sort pas indemne, loin de là, mais qui ne permettent pas non plus de définir ce qu'est un peuple devenu.
    Et cette fameuse et quasi indéfinissable « âme russe », eh bien, j'ai eu le sentiment de la sentir, de l'approcher, voire de la toucher du bout des doigts, tout au long de ce roman que l'on avale d'un trait (comme un p'tit verre de vodka en temps de confinement!) tellement on est pris par ses personnages.
    Le sujet en deux mots : Clarisse, étudiante à Sciences-Po, décide de faire un voyage d'études en Russie sur les traces de sa mère, décédée dans un accident. En effet, tout comme elle, la jeune femme est fascinée par ce pays et elle a le sentiment qu'en y séjournant, elle pourrait peut-être mettre des mots sur des silences et des non-dits que son père refuse de dissiper par le moindre début d'explication susceptible de mettre un peu de lumière sur ce que fut cette mère et ce qu'elle vécut lors de ce voyage fondateur.
    Clarisse est donc à la recherche de celle dont elle a hérité, corps et esprit, et dont elle ne sait rien ou presque… Et les tâtonnements de Clarisse en proie à cette quête des origines sont extrêmement touchants : on sent à quel point la jeune fille a besoin de combler des vides pour enfin pouvoir tenter de se construire.
    Nous lisons en alternance le périple de la mère puis celui de la fille dans ce pays où, malgré les vingt ans séparant les deux époques et les nombreux changements ayant suivi l'ouverture à la société de consommation (qui, paraît-il, rend les gens heureux), on a l'impression que fondamentalement, les choses n'ont pas vraiment changé : pénurie récurrente, logements vétustes, alcoolisme, chômage, misère, machisme, toujours la même débrouille, le même recours à la ruse si l'on veut survivre, à tel point que certains Russes éprouvent même de la nostalgie pour l'ère soviétique !
    Bon, ce que nous dit aussi Julie Moulin, c'est que la Russie, on aime ou on n'aime pas. Pas de juste milieu, pas d'eau tiède.
    Moscou, objectivement, n'est pas la plus belle ville du monde (oui d'accord, le Kremlin, la Place Rouge etc etc...) Eh bien, Julie Moulin, Clarisse et Anne en sont folles.
    Ajoutez-moi sur la liste. Je n'y ai jamais mis les pieds, je vais rattraper ça bien vite. Et je sais que j'aimerai tout là-bas. Je me pâmerai devant les immeubles délabrés, les trottoirs défoncés par le gel, les parcs poussiéreux, les enseignes criardes et les chopes bling-bling à l'effigie de Rambo-Poutine. Je le sais d'avance, le glauque, le terne et le lugubre enchanteront chacune de mes déambulations. J'aime ce pays que je ne connais que par la littérature et aussi peut-être parce qu'il y a fort longtemps, au début du siècle, mon arrière-grand-mère, née Véra Bobrov, quittait la ville de Serpoukhov pour la France…
    Si j'ai connu Véra, j'étais bien trop petite pour qu'elle ait pu me transmettre quoi que ce soit… Quant à ma grand-mère, elle est morte tellement jeune que mon propre père et ses frères en ont été privés… Et pourtant, je reste bien persuadée que cette « âme russe » ne m'est pas étrangère… Une part de moi vient de là, d'un pays que je ne connais pas.
    Et précisément, Domovoï m'a permis d'y entrer un peu plus, de rencontrer des Maria Grigorevna et des Serioja avec qui j'espère bien, un jour, trinquer et retrinquer et faire quelques pas aussi, du côté de Souzdal peut-être, entre les petites maisons peintes en bois et une jolie forêt sortie tout droit d'un tableau de Chichkine…
    En attendant, le très beau texte de Julie Moulin m'a permis de partir en « âme russe », un beau pays dont on ne revient jamais vraiment…

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  • Clarisse (Sissi pour son papa) n'a plus sa maman auprès d'elle depuis 10 ans. Elle est étudiante à Sciences Po.
    Elle a retrouvé une photo de groupe sur laquelle sa mère sourit et ne dégage que du bonheur. Elle avait environ 21 ans. Elle a été prise en Russie, à Saint-Pétersbourg, vers les...
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    Clarisse (Sissi pour son papa) n'a plus sa maman auprès d'elle depuis 10 ans. Elle est étudiante à Sciences Po.
    Elle a retrouvé une photo de groupe sur laquelle sa mère sourit et ne dégage que du bonheur. Elle avait environ 21 ans. Elle a été prise en Russie, à Saint-Pétersbourg, vers les années 1993. L'URSS s'éteignait.
    Comment, d'une photo à une autre, un visage peut-il se transformer, s'éteindre et mourir à ce point ?
    Les chapitres du roman alternent entre l'année 1993 avec Anne Laforêt (Ania en Russie) et l'année 2015 avec Clarisse (Clarounia). On est soit à Paris soit à Moscou.
    Y a-t-il un secret derrière ce bonheur ?
    L'écriture est dense avec peu de dialogue. Les chapitres sont courts, regroupés en trois actes. Notre lecture demande de l'attention. J'ai pu lire que quelques pages à chaque fois. Cela m'a donné une impression de lenteur, de longueur. Cependant, je voulais terminer ce livre pour savoir où l'auteure voulait nous entraîner. J'ai bien fait. Les derniers chapitres sont intéressants et donnent une fin que je n'avais pas envisagée.
    L'histoire est originale et à découvrir même si MOI je suis passée un peu à côté.
    Chronique complète : https://vie-quotidienne-de-flaure.blogspot.com/2019/10/Domovoi-Julie-MOULIN.htm

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  • «Il en est de nos vies personnelles comme de la mémoire collective: nous avons besoin pour grandir du passé et de ses traces.» En imaginant une fille revenir vingt ans après sa mère à Moscou pour y apprendre le russe et retrouver un passé enfoui, Julie Moulin nous offre aussi de découvrir un...
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    «Il en est de nos vies personnelles comme de la mémoire collective: nous avons besoin pour grandir du passé et de ses traces.» En imaginant une fille revenir vingt ans après sa mère à Moscou pour y apprendre le russe et retrouver un passé enfoui, Julie Moulin nous offre aussi de découvrir un ville et un pays, loin des clichés.

    En conclusion de ma chronique sur «Jupe et pantalon», le premier roman de Julie Moulin, j’écrivais: «on prend un plaisir certain à suivre Agathe. Comme on prendra, j’en suis persuadé, le même plaisir en suivant le prochain roman de Julie Moulin. Une belle plume comme ça a sûrement plus d’un tour dans son sac!» En refermant Domovoï, je ne peux que confirmer cette prémonition. D’autant que son «roman russe» est aussi un peu le mien. J’ai en effet séjourné à Moscou en 1995 puis y suis retourné en 2015, soit à peu près aux mêmes dates que celles évoquées par Julie Moulin et je peux vous confirmer que les ambiances et le climat sont parfaitement bien rendus dans le livre.
    À l’image de la ville que découvre Anne en 1993, on sentait à la sortie de l’époque communiste une sorte de frénésie faite à la fois d’envie et de crainte. Un besoin construire une ville moderne sans toutefois disposer des infrastructures et ce fossé grandissant entre ceux qui ont très vite intégré les règles de l’économie de marché et toute cette frange de la population laissée pour compte et dépassée par une «liberté» qui se limitera pour eux à tenter de survivre à cette jungle.
    En revanche, en 2015, l’époque à laquelle Clarisse, la fille d’Anne, arrive en Russie, Poutine a changé les mentalités: «Rambo comme tu l’appelles, promet au peuple russe de restaurer sa puissance, d’être à nouveau fier de sa patrie. Il y a encore cette idée que la Russie puisse suivre une voie de développement unique.» L’Empire contre-attaque! Une fois planté le décor – essentiel – de ce roman, nous allons aller vers l’intime, à la recherche de cette mère qui a brutalement disparu et dont il ne reste qu’un vague souvenir et quelques photos, notamment avec son père et le groupe d’étudiants qui l’accompagnait à l’époque: «Je suis un souvenir avant d’avoir vécu. Je ressemble à l’absente.»
    Julie Moulin a habilement construit son roman en passant alternativement de 1993 à 2015, nous offrant de comparer les deux époques, les deux parcours, avant que Clarisse ne découvre, en rassemblant des témoignages de ses amis de l’époque, que l’histoire que son père lui a racontée et celle qu’elle avait imaginée ne correspondait pas à la vérité. Mais n’en disons pas davantage, de peur de déflorer le joli suspense autour de l’histoire familiale, de la rencontre d’Anne et de Guillaume, qui effectuait alors un stage à l’Ambassade de France avant d’intégrer un cabinet d’avocat à Paris.
    Ajoutons simplement combien l’expérience est riche pour Clarisse qui, en quelques semaines va beaucoup apprendre, s’appuyant pour cela sur la littérature et l’histoire qui, dans ce pays, sont indissociables. Comme Anne qui préférait passer ses soirées avec ses nouveaux amis russes plutôt qu’avec le clan des expatriés, Clarisse va se nourrir de cette culture: «Il en est de nos vies personnelles comme de la mémoire collective: nous avons besoin pour grandir du passé et de ses traces.»
    Le Domovoï, l’esprit protecteur de la famille et du foyer, ne peut que s’incliner devant cette volonté et cette passion que Julie Moulin a joliment réussi à nous transmettre.
    https://urlz.fr/b2Ju

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  • Julie Moulin nous avait livré Jupe et pantalon, un premier roman très remarqué, en pièces détachées, donnant voix aux différentes parties du corps d'une jeune femme menacée de burn-out ; le deuxième est en forme de poupées russes dans lesquelles s'imbriquent les histoires de deux femmes à vingt...
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    Julie Moulin nous avait livré Jupe et pantalon, un premier roman très remarqué, en pièces détachées, donnant voix aux différentes parties du corps d'une jeune femme menacée de burn-out ; le deuxième est en forme de poupées russes dans lesquelles s'imbriquent les histoires de deux femmes à vingt ans de distance. Il y a donc chez elle un certain goût du puzzle qui préside à la construction de ses livres. Mais c'est le seul point qui les relie. Les univers, les atmosphères n'ont rien en commun. Ceux qui reprochent à certains écrivains d'écrire toujours la même histoire en seront pour leurs frais. Il y a pourtant quelque chose entre eux, ce voile de fantaisie qui imprègne les pages, mais une fantaisie dramatique, quelque peu désespérée. L'auteure est passionnée de culture et de littérature russes et ce deuxième roman est en plus traversé d'une brise slave aux accents mélancoliques.

    Deux femmes, deux histoires, un secret. Et la Russie. Même si sa mère est morte il y a plus de dix ans, Clarisse, étudiante à Sciences Po n'a pas résolu toutes les questions sur son passé et peine à écrire son futur. De cette mère disparue trop jeune lui reste un amour de la culture russe, quelques objets emblématiques et des photos sur lesquelles elle semble si heureuse, souriante. Des photos prises en Russie, avant la naissance de Clarisse.

    "Il en est de nos vies personnelles comme de la mémoire collective : nous avons besoin pour grandir du passé et de ses traces" ; c'est donc sur les traces de sa mère, en Russie que Clarisse va entreprendre son voyage, plus de vingt ans après celui d'Anne. Et le lecteur, lui est invité à suivre en parallèle les parcours des deux jeunes femmes, dans un pays marqué par de nombreux changements. En 1993, les voyages dans la Russie post URSS étaient encore difficiles à organiser et l'apprentissage d'Anne n'a rien à voir avec celui de Clarisse en 2015, dans une société rattrapée par les lois du capitalisme et de la consommation. Pour la jeune fille, la quête est double : retrouver l'histoire de sa mère mais également l'âme de la Russie d'alors, celle emportée et transmise par Anne à sa fille durant son enfance, sous l'égide du Domovoï, gardien du foyer.

    L'alternance des voix contribue à perdre quelque peu le lecteur dans ces atmosphères où se percutent fantasmes et réalités parfois crues. L'expérience a un charme certain, qui remue comme les pleurs du violon soudain remixés en version électro. Et fait écho à tous ces héritages que chacun porte en soi, parfois lointains ou inconnus et pourtant si incroyablement présents. J'ai pris un plaisir mélancolique à suivre le dévoilement des poupées, jusqu'au cœur du secret. Si j'avais aimé l'alcool fort, j'aurais bien accompagné ma lecture d'un verre de vodka.

    (chronique publiée sur mon blog : motspourmots.fr)

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