Deux mètres dix

Couverture du livre « Deux mètres dix » de Jean Hatzfeld aux éditions Gallimard
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  • Ce fut laborieux. Pas que ce livre soit mauvais, pas qu’il soit inintéressant, même pas qu’il soit long, mais j’ai eu tellement de mal à accrocher au début. Puis, petit à petit, on rentre dans l’histoire. Surtout dans la beauté du Kirghizistan il faut dire, même si ça n’est pas central je crois....
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    Ce fut laborieux. Pas que ce livre soit mauvais, pas qu’il soit inintéressant, même pas qu’il soit long, mais j’ai eu tellement de mal à accrocher au début. Puis, petit à petit, on rentre dans l’histoire. Surtout dans la beauté du Kirghizistan il faut dire, même si ça n’est pas central je crois. Seulement voilà, le reste, le sport, la guerre froide, c’est pas du tout mon rayon. C’est le genre de livre qui doit demander un bagage culturel que je n’ai pas (j’ai l’impression de dire ça sans cesse ces derniers temps, je suis à deux doigts de croire que je suis stupide…)

    Mais voilà, il faut découvrir la guerre froide, les tenants et aboutissants, les jeux olympiques de l’époque et leur différent boycott, la Corée aussi, le communisme, l’URSS (ou la CCCP en VO), donc j’ai passé tout le début du livre sur Wikipedia…

    Bon après, soyons honnête : on peut comprendre ce livre, adhérer à l’histoire sans connaître la grande Histoire, c’est que je suis curieuse moi. Mais si on se contente de l’histoire de ces quatre sportifs, c’est vraiment intéressant. Bien sûr c’est un roman, mais je ne doute pas une seconde que la réalité soit très proche. Les envois en Sibérie, les pilules pour être plus fort que le corps humains, ce que ça provoque des années plus tard, les corps abîmés, et le mental des anciens grands champions totalement bousillés.

    C’est vrai j’ai un peu souffert pendant cette lecture. Mais alors j’en ressort avec l’impression d’être rentré dans l’esprit de grands champions de l’époque, et l’impression que je verrais un peu différemment les images des jeux olympiques d’hier. (Et pourquoi pas d’aujourd’hui, le monde a-t-il vraiment changé?)

    https://stephalivres.wordpress.com/2018/11/03/deux-metres-dix-jean-hatzfeld/

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  • Roman humaniste sur l’actualité et la tension des courses aux records sportifs et des médailles.
    Jean Hatzfeld va convoquer ses souvenirs de journaliste sportif et grand reporter pour nourrir la fiction de ce roman d’actualité qui se déroule au temps de la guerre froide et par son vécu, le...
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    Roman humaniste sur l’actualité et la tension des courses aux records sportifs et des médailles.
    Jean Hatzfeld va convoquer ses souvenirs de journaliste sportif et grand reporter pour nourrir la fiction de ce roman d’actualité qui se déroule au temps de la guerre froide et par son vécu, le rendre d’un réalisme éclatant.

    La construction est binaire. Les Jeux olympiques de 1980 à Moscou, boycottés par les US à cause de l’invasion des Russes en Afghanistan et ceux de 1984 à Los Angeles boycottés par l’URSS.

    Jean Hatzfeld met en scène 4 personnages par groupe de deux : 2 championnes de saut en hauteur, une Américaine et une Kirghize (soit Russe, à l’époque) et 2 hommes, champions d’haltérophilie, un Américain et un Kirghize. Cela va permettre à l’auteur, écrivain voyageur, d’embarquer le lecteur dans cette contrée du Kirghizstan longtemps malmenée par le KGB car c’est là, dans ces montagnes, parmi ce peuple opprimé que Jean Hatzfeld va finir par réunir ces 4 héros, en dénonçant les malversations d’une politique autoritaire et répressive tout en décrivant les coutumes, la vie, le quotidien et les paysages au Kirghizstan, sans néanmoins oublier ceux des Etats-Unis à époques relatives. Un combat Est-Ouest qu’il réunit, après des rivalités dotées de complicités sportives taiseuses, en une amitié liée par des passions communes.

    J’ai eu la surprise de rencontrer Jean Hatzfeld sans le connaitre et le confondre avec un simple lecteur avec qui j’ai l’habitude d’échanger lors de diverses manifestations littéraires. Face à cet homme ce qui m’a happée fut sa gentillesse, son humanité, sa simplicité, son humour, sa modestie, sa voix douce, profonde et posée. Son calme. Son charisme. Son regard. Un regard sans faille. Et, au fil de la lecture de Deux mètres dix, on comprend un don exceptionnel d’observation. Les descriptions des athlètes dans l’effort sont dignes d’un Caravage qui sait nous rapporter avec rectitude chaque muscle, chaque tendon, chaque souplesse, chaque ride, chaque coin de peau tendue, chaque goutte de sueur, chaque grain de talc ou brillance de résine ou de cheveu et nous faire entendre chaque souffle de l’effort et de l’apaisement, chaque tic, chaque marque de l’anxiété ou du relâchement musculaire.

    Jean Hatzfeld a une plume de peintre, volontaire, une encre pleine de la couleur du corps humain dans son moindre détail. Un regard concret sur le corps qui sait en dévoiler les beautés mais aussi les laideurs. En effet, après ces succès victorieux, ces mêmes athlètes magnifiques deviennent empâtés ou vieillis L’auteur sait décrire ces lignes que l’âge a déformées, ces santés cabossées, toujours avec une encre emplie de compassion, de douceur, de gentillesse comme lui semble en être habité, mais avec cette force, cette tension, cette persévérance, cette autorité qui se dégagent aussi de lui et qu’il transmet dans son texte pour le concentrer, le centrer, l’axer droit jusqu’au bout, déterminé et protecteur. Sans faille. Il fait corps avec ses personnages face à un système de coaching intransigeant et ingrat dans le seul but d’être utilisé à la gloire d’un drapeau et gare à celui qui, comme l’haltérophile exceptionnel en la personne de Chabdan Orozbakov, agite un fanion kirghize sur son podium russe de vainqueur mondial…

    Jean Hatzfeld va nous décrire la grâce d’un corps de femme qui saute 2m10, un record mondial, et sa déchéance après être découverte alcoolique dans le buisson d’un parc américain sans se rappeler qui l’aurait battue et peut-être abusée. Mais Jean Hatzfeld donne cet espoir positif que l’humain peut rebondir, peut du succès à la déchéance, retrouver une voie, une belle vie. Personne n’est condamné ou à condamner. Aucune vie n’est perdue. L’humain est perfectible.

    J’aime ces histoires de destins atypiques et ces plumes talentueuses qui savent si bien décrire la force et la fragilité humaines en y appelant la réalité de l’éphémère, pris au piège dans des fatalités où le combat simple - si simple - de rester digne et en vie, sollicite une énergie physique et mentale de chaque instant sauf bien sûr, quand le mal fait face et vous vaincra sans consentement.

    Le style d’écriture puissante et énergique fixe une empreinte journalistique de phrases courtes à l’impact imagé et invite à une lecture rapide. On tourne les pages. On veut connaitre la suite. On apprend beaucoup. Les mots sont choisis et justes. Les phrases sans gras.

    Autant vous dire que, sous l’écho d’une voix de velours, cet auteur est entré dans ma bibliothèque avec la force d’un boulet de canon !

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  • Champion ou marionnette?

    Jean Hatzfeld continue à explorer le monde du sport dans son nouveau roman qui confronte l’Amérique et l’Union soviétique entre 1980 et 1984 à travers les portraits de deux championnes de saut en hauteur et de deux haltérophiles. Cruel et beau.

    Le nouveau roman de...
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    Champion ou marionnette?

    Jean Hatzfeld continue à explorer le monde du sport dans son nouveau roman qui confronte l’Amérique et l’Union soviétique entre 1980 et 1984 à travers les portraits de deux championnes de saut en hauteur et de deux haltérophiles. Cruel et beau.

    Le nouveau roman de Jean Hatzfeld a réveillé en moi des souvenirs et des émotions liées à mon adolescence et à ma famille, même si le sujet peut sembler à priori bien éloigné de cet univers. Dès 1972 et les Jeux olympiques de Munich, mon père a décidé de participer à la grande fête du sport. Il a été retenu comme bénévole et nous avons été retenus à la maison, condamnés à suivre les épreuves devant notre téléviseur. À son retour, le récit de son expérience nous a enthousiasmé, en particulier les tournois de boxe et d’haltérophilie qu’il a pu suivre sur scène et en coulisses. Pratiquant l’athlétisme, j’ai alors décidé que j’irais mois aussi partager cette expérience. Mon rêve s’est réalisé en 1976 à Montréal.
    Et si le roman se base sur les jeux suivants, en 1980 à Moscou (boycotté par les États-Unis) et en 1984 à Los Angeles (boycotté par l’Union soviétique), j’ai bien retrouvé l’ambiance très particulière qui règne alors et cette tension dans la course aux records et aux médailles.
    Jean Hatzfeld choisit de dresser le portrait de quatre athlètes désormais retraités pour raconter ce combat entre l’est et l’ouest, entre les deux systèmes politiques qui entendent chacun démontrer leur supériorité.
    Il y a d’abord Sue Baxter, la championne de saut en hauteur américaine et Tatyana Izvitkaya, sa rivale du Kirghizistan devenue Tatyana Alymkul. C’est leur rivalité pour un record du monde mythique qui donne son titre au roman.
    En complément, et sans doute pour montrer le contraste entre la grâce et la fluidité de la discipline féminine, l’auteur nous raconte la rivalité dans une discipline où la puissance et la force physique dominent: l’haltérophilie incarnée ici par Randy Wayne et Chabdan Orozbakov.
    Avant de dire un mot du contexte de l’époque, soulignons que ces quatre athlètes sont nés de l’imagination du romancier, mais résument parfaitement ce que le journaliste a vu et rapporté dans ses articles (l’auteur était alors envoyé spécial aux J.O. pour Libération).
    Emboîtant le pas à Vincent Duluc qui a retracé les parcours de Kornélia Ender et Shirley Babashoff et leur combat lors des Jeux Olympiques de Montréal (j’y étais!), Jean Hatzfeld fait du corps des athlètes le symbole de la guerre froide, des gymnases le champ d’une bataille politique épique et des entraîneurs les émissaires d’un système qui n’hésite pas à recourir aux substances dopantes et au chantage pour assouvir le besoin de gloire des dirigeants. Ou quand le reporter sportif se souvient qu’il a aussi été reporter de guerre.
    Il y a du reste de la mélancolie de l’ancien combattant dans cette rencontre, des années après, entre des athlètes qui ont été plus manipulés qu’acteurs de leur destin, plus marionnettes du pouvoir que héros. Leur corps est abîmé et leurs illusions se sont envolées. L’alcool et la drogue ont remplacé les amphétamines et les anabolisants. Dur constat, triste réalité.
    https://collectiondelivres.wordpress.com/2018/11/16/deux-metres-dix/

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