Des mirages plein les poches

  • « Des mirages plein les poches » est un recueil de quatorze nouvelles.

    A travers elles, j'ai retrouvé l'univers fantastique et loufoque de Gilles Marchand, qui est un peu sa marque de fabrique. « Des mirages plein les poches » s'inscrit dans la même veine que ses deux romans. Beaucoup des...
    Voir plus

    « Des mirages plein les poches » est un recueil de quatorze nouvelles.

    A travers elles, j'ai retrouvé l'univers fantastique et loufoque de Gilles Marchand, qui est un peu sa marque de fabrique. « Des mirages plein les poches » s'inscrit dans la même veine que ses deux romans. Beaucoup des textes de cet ouvrage évoquent le temps qui passe et la solitude. Toutes les nouvelles sont emplies d'humanité et de bienveillance.
    Gilles Marchand utilise l'imaginaire et l'humour pour parler de phénomènes sociétaux voir de sujets difficiles (les violences familiales, la solitude, le rejet de la différence). La plume de l'auteur est poétique et complétement barrée.

    Je vais évoquer les quelques nouvelles qui sont mes coups de cœur.

    Tout d'abord, j'ai beaucoup aimé « Une odeur de soupe » C'est l'histoire d'un homme qui se rend à une brocante pour meubler sa maison qu'il n'arrive pas à terminer (il ne reste que les détails). Les objets qu'il va trouver sur les stands vont lui rappeler des moments de son enfance bien précis. Ils vont nous raconter une histoire. J'ai apprécié la nostalgie de l'enfance qui se dégage de ce récit.

    « Deux demi truites » est une nouvelle qui a également retenu mon attention. Elle évoque l'histoire d'un enfant qui rêve de super-héros mais ne sait pas lequel il aimerait être. Il évolue dans un univers familial violent. Il aime aller au cinéma avec ses copains, en se glissant par la porte de sortie à la fin de la séance précédente. Un jour, son père se montre très violent envers sa mère et lui. L'enfant doit aller à hôpital accompagné de sa mère car son bras est cassé. A la sortie, sa mère lui propose de faire quelque chose qui lui ferait plaisir pour le consoler.
    L'enfant propose d'aller au cinéma voir « La vie de bohème ». Pendant la projection du film, il voit sa mère sourire pour la première fois grâce à l'acteur principal et se rêve de ressembler à ce dernier, capable de faire rire sa mère. L'acteur se nomme André Wilms. Il est débrouillard et vient de la bohème comme lui. Cet homme va devenir son héros.

    Il y a aussi « 90 watts » cette nouvelle relate l'histoire d'un homme célibataire. Autour de lui, ses amis sont en couple et commencent à avoir des enfants jusqu'au moment où il se retrouve le seul à ne pas en avoir. Il cherche une femme désespérément mais ne trouve pas. Un soir qu'il passe seul comme à son habitude, la petite lampe léguée par sa grand-mère se met à grésiller. Il s'approche, la caresse doucement et le grésillement cesse. Cette lampe va devenir son enfant, il va s'en occuper, la veiller, lui chanter des chansons. Il l’amène à ses soirées entre amis. Son entourage s'éloigne de lui car tous pense qu'il ne va pas bien. Il n'a pas pu inscrire sa lampe à l'école car elle était inadaptée, elle a été exclue des goûters d'anniversaires, de l'amitié d'autres enfants. Il s'est débrouillé seul pour l'élever. A travers ce récit totalement saugrenu, j'y vois une volonté de l'auteur de parler de la situation d'enfants en situation de handicap dont les familles se voient souvent refuser l'accès à l'école, la peur de la différence qui est souvent un facteur d'exclusion.

    Enfin, j'ai beaucoup ri avec « Syllogomanie de proximité », un homme souffrant de solitude accumule tous les objets qu'il trouve dans son appartement. Mais pas n'importe quel objet ! Ceux que ces voisins jettent. Ces objets lui permettent de s'inventer des vies jusqu'au jour où il va décider d'empailler la vieille du rez-de-chaussée qui a complètement perdue la tête. Cette dernière va lui tenir compagnie quelques temps jusqu'à qu'un incident se produise...

    Une très belle réussite qui confirme le talent de Gilles Marchand et plaira aux lecteurs qui ont aimé « Une bouche sans personne » et « Un funambule sur le sable ».

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Des myriades d’étoiles plein les poches, des bouquets de mots en solennité sur le cœur, le lecteur dès l’incipit « Je n’ai pas vraiment choisi » reçoit le cadeau de l’estime sur la place des Grands Hommes. Sidéré par la magnificence verbale, mappemonde fascinante et loyale, le lecteur tient les...
    Voir plus

    Des myriades d’étoiles plein les poches, des bouquets de mots en solennité sur le cœur, le lecteur dès l’incipit « Je n’ai pas vraiment choisi » reçoit le cadeau de l’estime sur la place des Grands Hommes. Sidéré par la magnificence verbale, mappemonde fascinante et loyale, le lecteur tient les couleurs de la vie en main. Ces nouvelles sont clairvoyantes, lucides, profondes. Du linge frais claquant au vent avéré et spontané. Les lignes puissantes, nobles sont l’épiphanie des émotions justes. La sensibilité de Gille Marchand est un rayon de lumière, une offrande sans attente d’un retour. Il sait, il dit, délivre. Les murs fondateurs de ces morceaux d’architecture sont l’essence de la vie. Ce qui fait vibrer, fléchir sans mettre le genou à terre, se redresser et regarder infiniment la ligne d’horizon de ce qui est dans le vrai. Elles ne sont pas des quêtes, mais un don de soi. Ce quelque chose qui tend vers le majeur de l’intériorité. La générosité est un cahier du jour. La tendresse, un accueil vers le pur. La différence, une force. L’abîme, le puits et ses ressources en invisibilité. Les larmes peuvent couler, elles sont l’honneur rendu à la prodigalité. Ces nouvelles sont le rythme de ce qui est authentique et vivifiant. Le beau fait trembler les lignes. L’humour est un crayon de couleur. Les grincements des échappées imprévisibles et salutaires. Elles sont l’œuvre d’un maître bâtisseur qui construit le fondamental. Emouvantes, elles font courber les lignes du ciel. Le lecteur n’ose plus bouger, puis vacille, épaté par cette fulgurance. Célestes, profonds et si intimes ces écrins existentiels, crépusculaires, sont le digne d’un géant du mot. Primordiales, vitales, cultes ces nouvelles nourricières sont primées par le prestigieux « Prix SGDL Du premier recueil de nouvelles 2018 » Publié par Les Editions Aux forges de Vulcain « Des mirages plein les poches » est une fierté de lecture. Il est l’ami. A offrir en multitude et vous verrez le monde redevenir source.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Lire Gilles Marchand c’est se plonger dans une écriture où les mots dansent la sarabande, où le rêve s’acoquine avec la réalité, où la tendresse le dispute à la tristesse, où la poésie fusionne avec la musique, le pragmatique avec le fantastique. Et, son premier recueil de nouvelles, "Des...
    Voir plus

    Lire Gilles Marchand c’est se plonger dans une écriture où les mots dansent la sarabande, où le rêve s’acoquine avec la réalité, où la tendresse le dispute à la tristesse, où la poésie fusionne avec la musique, le pragmatique avec le fantastique. Et, son premier recueil de nouvelles, "Des mirages plein les poches", n’y déroge pas. Il démontre que parfois les règles n’ont nul besoin d’exception pour être confirmées.

    Un petit fascicule, un peu plus de cent pages et quatorze nouvelles, les unes très courtes et certaines un peu plus longues, et toujours cette mélodie, ce jeu de cache-cache, cette manière de nous faire toucher des yeux des mots, des phrases, des histoires qui s’escamotent, se déforment, se transforment juste au moment de les happer. Je les ai lues le sourire aux lèvres, le rire en bandoulière ou les larmes au fond de la gorge. Gilles Marchand est un magicien des mots.

    Que peut-il y avoir de commun entre des chaussures qui courent vite, un homme qui découvre sa vie au fond d’une brocante, un autre qui redonne vie aux objets abandonnés et celui qui parcourt l’Amérique à pied sur son lieu de travail, au fond d’un débarras, "coincé entre un carton d’intercalaires A4 et les archives du courrier resté sans réponse" ? Il y a toute la fantaisie de l’auteur, cette façon bien à lui d’utiliser la magie pour dire la profondeur de l’humain. Il y a cette force du mélange des objets et de l’homme, car dans ses livres chaque objet possède une âme, une belle âme.

    La nouvelle qui, forcément, m’a le plus émue, celle que j’ai lue en ayant l’impression moi aussi d’y découvrir une partie de ma vie, c’est l’avant-dernière "Rappel". J’ai cru y lire l’histoire de mon fils, ancien batteur dans un groupe de Heavy Metal : Antarès. Antarès comme l’étoile qui brillait dans ses yeux les soirs de concert, comme celle qui s’est ternie lorsqu’il a dû abandonner pour voguer vers d’autres horizons, celle encore que je vois se rallumer au détour d’une rencontre avec son pote guitariste quand il retrouve sa double pédale, tape sur sa caisse claire et massacre ses baguettes. Mais je l’ai aussi aimée pour avoir cru apercevoir, derrière le narrateur, un rocker au sourire enjôleur se nimber des habits d’un poète maudit.

    J’aurais pu tout aussi bien vous parler de "Wish You", un Noël extraordinaire au sens étymologique du terme, un Noël qui contient à la fois la joie et la tristesse, le profond et le superficiel, le sacré et le profane, un Noël qui se voulait heureux mais donne envie de pleurer. Et des autres...

    En un mot comme en cent, "Des mirages plein les poches", vous mettra, à n’en pas douter, des étoiles plein les yeux.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Je tiens à remercier les éditions Aux Forges du Vulcain pour la découverte du dernier chef-d'œuvre de Gilles Marchand !
    " Des mirages plein les poches " mais surtout des étoiles plein les yeux pour le lecteur qui referme à regret ce recueil de Gilles Marchand. Rassemblant une dizaine de...
    Voir plus

    Je tiens à remercier les éditions Aux Forges du Vulcain pour la découverte du dernier chef-d'œuvre de Gilles Marchand !
    " Des mirages plein les poches " mais surtout des étoiles plein les yeux pour le lecteur qui referme à regret ce recueil de Gilles Marchand. Rassemblant une dizaine de nouvelles écrites entre 2011 et 2017,  et d'abord publiées chez différents éditeurs ou dans des revues, est enfin rassemblées ici grâce à David Meulemans, éditeur des Forges de Vulcain.

    Ce sont des nouvelles qui font résonance à ses deux précédents romans " Une bouche sans personne " et " Un funambule sur le sable ". Comment mieux réconcilier les lecteurs avides de littérature contemporaine avec la nouvelle, qu'en lisant ce recueil ? Des nouvelles très courtes, dont il est difficile d'en concevoir un résumé sans spoiler l'intrigue.
    Le lecteur part ainsi à la rencontre d'un homme qui souhaite rembobiner le cours de sa vie après en avoir détricoter le fil...
    p. 8 : " On ne détricote pas le monde. Même s'il gratte, on ne le détricote pas. Ce n'est pas une affaire de religion, ce n'est pas une question de morale. On ne le fait pas. Point. "
    Au détour d'une brocante, un homme retrouve avec nostalgie les meubles de son enfance, riches de souvenirs, comblant un vide...
    p. 15 : " Tous parfaitement identiques au mobilier de mon enfance. Combien ? Combien ? Combien ? Je prends. Je prends. Je prends. Tout cela ira parfaitement chez moi. "
    Le protagoniste devient un footballeur amoureux, en quête d'exploits...
    p. 28 : " Pour moi, le slip était à l'amoureux ce que la chaussure était à l'athlète. "
    On croise un père de famille, en lutte contre sa phobie des manèges...
    p. 93 : " Je n'oublierai jamais son regard. Il n'avait pas cinq ans et déjà il savait que son père n'était pas un héros. "
    Des rencontres, pleines de désillusions, entre mirages et réalité. Parfois métaphoriques, souvent mélancoliques, mais toujours poétiques, le lecteur côtoie le quotidien de personnages par de brèves histoires, particulièrement touchantes. Une sorte de  désenchantement relie chaque nouvelle, de manière cohérente et fluide.

    Ce recueil est un grand coup de cœur ! Bravo à Gilles Marchand pour toutes les émotions qu'il a le talent de mettre en forme, des mots pour décrire des maux... Et quelle écriture !

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/10/des-mirages-plein-les-poches-de-gilles.html

    Je n'aime pas particulièrement les nouvelles mais je ne pouvais pas passer à côté de ce recueil de nouvelles de cet auteur dont j'apprécie tellement l'univers. Je ressors complètement conquise par cet...
    Voir plus

    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/10/des-mirages-plein-les-poches-de-gilles.html

    Je n'aime pas particulièrement les nouvelles mais je ne pouvais pas passer à côté de ce recueil de nouvelles de cet auteur dont j'apprécie tellement l'univers. Je ressors complètement conquise par cet ouvrage qui regroupe 14 de ses textes.

    Les textes de Gilles Marchand distillent un doux parfum de nostalgie, une douce mélancolie, le tout enveloppé de l'habituelle fantaisie de l'auteur. Il met en scène des personnages cabossés, des vies solitaires, des vies imaginaires, du rêve, le rêve d'un amour, d'une vie de famille, d'enfants...

    J'ai aimé la vie qu'il prête aux objets, j'ai aimé retrouver ses passions (le foot et la musique), les lieux qu'il affectionne (les cafés). Pourtant composé de nouvelles écrites à différentes périodes, ce recueil présente un ensemble très cohérent. On y trouve de la tendresse, de la magie, un ton joliment décalé, de l'absurde, de la poésie, de l'humour et de la profondeur derrière la légèreté apparente et surtout beaucoup d'humanisme. Le très joli titre est parfaitement adapté à l'ambiance qui se dégage du recueil et la couverture est superbe. Ma nouvelle préférée : " Les chaussures qui courent vite ", une histoire poignante.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • J’attendais, avec une grande impatience, le moment de retrouver pour la troisième fois l’univers de Gilles Marchand et j’avoue n’avoir aucunement été déçue ! Bien au contraire !
    Moi qui ne suis pas “fana” des nouvelles, me voilà conquise à cent pour cent par celles-ci : j’y ai retrouvé la...
    Voir plus

    J’attendais, avec une grande impatience, le moment de retrouver pour la troisième fois l’univers de Gilles Marchand et j’avoue n’avoir aucunement été déçue ! Bien au contraire !
    Moi qui ne suis pas “fana” des nouvelles, me voilà conquise à cent pour cent par celles-ci : j’y ai retrouvé la magie, la drôlerie et la poésie de ses deux précédents romans. C’est très joliment écrit, ça peut être nostalgique, voire un peu mélancolique par moment, en tout cas ce n’est jamais déprimant !
    Gilles Marchand fait une grande place au rêve, à l’amour, à la famille et aux enfants (mais pas que !) dans ce superbe (et hélas trop court) recueil. Qu’on se le dise : cet écrivain discret a un immense talent !
    Et puis, tant qu’on y est, je vous avouerai “ma préférence à moi” comme dirait Julien Clerc : sans contexte elle va vers “We wish you” …

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Ce n'est pas qu'un coup de coeur,c'est aussi un recueil de nouvelles qu'on lit comme on regarde la carte des menus dans un très bon restaurant gastronomique. Les sentiments les plus variés y passent (chagrin ,angoisse ,nostalgie, amour...) et on reprend tout depuis le début à chaque autre...
    Voir plus

    Ce n'est pas qu'un coup de coeur,c'est aussi un recueil de nouvelles qu'on lit comme on regarde la carte des menus dans un très bon restaurant gastronomique. Les sentiments les plus variés y passent (chagrin ,angoisse ,nostalgie, amour...) et on reprend tout depuis le début à chaque autre nouvelle.
    Un beau moment de lecture oú on reconnaît bien le style mélodieux et pétillant de Gilles Marchand qui est capable de nous raconter des histoires pas toujours faciles avec une maestria dont il a le secret. J'ai aimé "Le fil" qui relie fragilement à l'enfance qui s'en va. J'ai adoré "Une odeur de soupe " et sa fin,rit aux éclats avec "We wish you" en pensant sincèrement que ça ferait un très bon court métrage. Je me suis émue avec "2 demi truites " ( dis comme ça ....."qui l'eut cru ? " ) et jusqu'à la fin j'ai dégusté le menu "Dans un désordre de Beatles " "En homme responsable " que devenait un protagoniste.
    Comment ça,vous ne comprenez pas ce que je dis ?
    Et bien lisez dés que possible "Des mirages plein les poches " pour trouver le sens de cette critique.
    Et vous réaliserez que même les poches pleines de mirages on peut avoir les yeux remplis de belles émotions.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Ce recueil rassemble une dizaine de nouvelles écrites entre 2011 et 2017, d'abord publiées chez différents éditeurs ou dans des revues, et enfin rassemblées ici grâce à David Meulmans, éditeur des Forges de Vulcain. On y retrouve une belle unité malgré le temps qui est passé entre l'écriture des...
    Voir plus

    Ce recueil rassemble une dizaine de nouvelles écrites entre 2011 et 2017, d'abord publiées chez différents éditeurs ou dans des revues, et enfin rassemblées ici grâce à David Meulmans, éditeur des Forges de Vulcain. On y retrouve une belle unité malgré le temps qui est passé entre l'écriture des différents textes. Et surtout elles ont un point commun, le désenchantement et les rêves inaccessibles, que l'on parle ici de paternité, d'aventure, de football, d'être marin au long court ou d'amour, chacun de ses héros s'accroche à son rêve jusqu'au bout.

    comment Commentaire (1) flag Signalez un abus
  • Lien : https://www.livresselitteraire.com/2018/10/des-mirages-plein-les-poches-gilles-marchand.html

    Point de roman cette fois-ci mais un recueil de nouvelles pour autant de romans de vie, nous faisant passer par une multitude d’émotions, avec en ligne de fond une sorte de désenchantement,...
    Voir plus

    Lien : https://www.livresselitteraire.com/2018/10/des-mirages-plein-les-poches-gilles-marchand.html

    Point de roman cette fois-ci mais un recueil de nouvelles pour autant de romans de vie, nous faisant passer par une multitude d’émotions, avec en ligne de fond une sorte de désenchantement, d'actes manqués, de rêves inaccessibles, mais de rêves toujours, parce que c’est aussi ce qui fait le sel de la vie.

    Ouvrir Des mirages plein les poches c’est embarquer au cœur de la famille, de l’enfance et ses amitiés. Laisser Une odeur de soupe envahir vos narines, vous donner envie de caresser du plat de la main ses objets récupérés ou sauvés de votre enfance et vous rappeler aux doux souvenirs de ceux que vous aimez. Retrouver vos rêves de super-héros pour un sourire sur un visage.
    C'est aborder, avec toute la délicatesse que l'on connaît des écrits de Gilles, la différence, thème cher à l'auteur. Mais aussi, la paternité, la peur de l'après, de voir grandir son enfant, de le laisser voler de ces propres ailes, le rendre fier, en homme responsable. Et tant pis pour si c’est sans la débrouillardise de Robinson Crusoé, ou de Tom Hanks, pour un enfant, un parent braverait tout. Et nous, lecteur, on s’en attendrit autant qu’on en rit aux éclats lorsqu'il s'agit de lire ces notes de bas de pages complètement folles et douces créant une histoire dans l'histoire.

    C’est découvrir ces solitudes qui prennent aux tripes à vous en essorer le cœur. De ces moments qui se répètent inlassablement comme un refrain entre Un café et une guitare (qui n’en est peut-être pas une), un coin de rue et des espoirs. De ces histoires qu’on invente, ces objets qu’on accumule comme un moyen de combler le vide.
    Mais Des mirages plein les poches c’est aussi l’amour, car que serait la vie sans amour ? Même s’il est parfois douloureux à s'en noyer ou maladroit, comme les premiers émois. Les beaux slips ou les chaussures qui courent vite ne font pas tout. L’amour n’est pas un exploit sportif. Il demande de la patience, un peu de remise en ordre et quelques rappels.

    J'aurais pu vous raconter une à une ces quatorze nouvelles mais alors où serait la surprise, la découverte ? Et votre place à l’interprétation dans tout cela ?
    Le mieux est encore de vous laisser goûter leurs singularités, leur poésie qui constituent le socle de nos vies, de ces rêves et ces souvenirs dont nous sommes capitaine. Peut-être plus sombres, plus mélancoliques qu'Une bouche sans personne et Un funambule sur le sable mais toujours remplis d'humour. Cœur serré qui éclatera de joie à la page d'après.
    Comme des instants que nous pourrions glaner, assis sur un banc, à imaginer ces autres. Leurs vies. Leurs rêves. Leurs petites folies. Leurs blessures aussi. Qu'on tenterait d'apaiser à coup de demi quelque chose pour exister. D’amoncellement d'objets pour oublier les épreuves, la solitude. Ou tout autre symbole pour une vie, en couleur.

    Gilles Marchand parvient à détricoter la vie et ses épreuves pour en sortir toute la magie, et ce n'est pas anodin si la nouvelle d'entrée d'une poésie incroyable s'intitule Le fil. Sur lequel un homme tire. Ce fil que l'on tente aussi parfois de rembobiner, sans toujours trop savoir pourquoi. Le fil de la vie, des rêves et du monde.

    Si vous doutez que votre cœur bat encore, il est fort probable que ces nouvelles le réaniment, avec douceur. Encore plus en refermant ce livre sur cette dernière nouvelle qui noue la gorge et nous fait dire (ce fut en tout cas mon cas) : qu'importe que les rêves se concrétisent, l'important est de rêver. Encore.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus

Donnez votre avis sur ce livre

Pour donner votre avis vous devez vous identifier, ou vous inscrire si vous n'avez pas encore de compte.

Où trouver ce livre en librairie ?

Service proposé en partenariat avec Place des Libraires

Discussions autour de ce livre

Il n'y a pas encore de discussion sur ce livre

Soyez le premier à en lancer une !

Forum

Afficher plus de discussions