Des hommes couleur de ciel

Couverture du livre « Des hommes couleur de ciel » de Anais Llobet aux éditions L'observatoire
Résumé:

Dans le pays où est né Oumar, il n'existe pas de mot pour dire ce qu'il est, seulement des périphrases : stigal basakh vol stag, un « homme couleur de ciel ».
Réfugié à La Haye, le jeune Tchétchène se fait appeler Adam, passe son baccalauréat, boit des vodka-orange et ose embrasser des garçons... Voir plus

Dans le pays où est né Oumar, il n'existe pas de mot pour dire ce qu'il est, seulement des périphrases : stigal basakh vol stag, un « homme couleur de ciel ».
Réfugié à La Haye, le jeune Tchétchène se fait appeler Adam, passe son baccalauréat, boit des vodka-orange et ose embrasser des garçons dans l'obscurité des clubs. Mais il ne vit sa liberté que prudemment et dissimule sa nouvelle vie à son jeune frère Kirem, à la colère muette.
Par une journée de juin, Oumar est soudain mêlé à l'impensable, au pire, qui advient dans son ancien lycée.
La police est formelle : le terrible attentat a été commis par un lycéen tchétchène.
Des hommes couleur de ciel est l'histoire de deux frères en exil qui ont voulu reconstruire leur vie en Europe. C'est l'histoire de leurs failles et de leurs cicatrices. Une histoire d'intégration et de désintégration.

Donner votre avis

Les derniers avis

  • http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2019/01/des-hommes-couleur-de-ciel-danais-llobet.html

    Oumar, un tchétchène, devenu Adam en s'installant à la Haye est un "homme couleur de ciel" car dans son pays il n'existe aucun mot pour désigner son homosexualité. Il a quitté son pays pour pouvoir...
    Voir plus

    http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2019/01/des-hommes-couleur-de-ciel-danais-llobet.html

    Oumar, un tchétchène, devenu Adam en s'installant à la Haye est un "homme couleur de ciel" car dans son pays il n'existe aucun mot pour désigner son homosexualité. Il a quitté son pays pour pouvoir vivre sa différence. Aux Pays-Bas, il passe son baccalauréat et tente de vivre librement tout en dissimulant sa nouvelle vie à son jeune frère, Kirem, qui lui ressemble comme un jumeau.

    Un jour, peu après l'arrivée de Kirem et de leur cousin Makhmoud à La Haye, Oumar apprend qu'un attentat vient d'avoir lieu dans son ancien lycée. Vingt-deux élèves et deux professeurs ont été tués par deux bombes placées sous les tables de la cantine. Un tchétchène est suspecté d'être à l'origine du massacre... Oumar est alors mêlé à l'impensable... Interrogé par la police, le jeune homme a un alibi mais il lui est impossible d'en parler.

    Alissa, professeure de russe dans ce lycée, est une tchétchène devenue Alice depuis qu'elle s'est installée en Hollande, pays de liberté et de tolérance, elle multiplie depuis dix ans les efforts pour s'intégrer. Elle a menti sur ses origines pour mieux s'intégrer et se prétend russe aussi bien auprès de ses collègues que de son compagnon. Cet attentat est pour elle une irruption du passé qu'elle cherche à refouler la plongeant dans la violence qu'elle a fui, son pays d'accueil est soudain atteint par la même barbarie que son pays natal... Alissa partage la langue et le passé de celui qui a endeuillé le pays, la police veut donc l'utiliser comme interprète. Il lui faut coopérer pour ne pas devenir suspecte, Alissa est à la fois tenaillée par l'impression de trahir son peuple et la culpabilité de ne pas avoir perçu la radicalisation d'Oumar, son élève préféré.

    Cette histoire de deux frères tchétchènes exilés aux Pays-bas est passionnante, Anaïs Llobet y mêle habilement le destin de trois personnages réfugiés à La Haye. Ce roman parle de différence, d'exil, d'intégration, de quête d'identité et d'intolérance, du poids de la culture et de la famille, de l'homosexualité tabou passible de mort dans la communauté tchétchène, de la possibilité d'être soi et de choisir sa vie. Il évoque l'histoire de la Tchétchénie, la guerre contre les russes, la culture tchétchène, les règles ancestrales et l'honneur lavé dans le sang. Tout est réussi dans ce roman : l'écriture sans fausse note, le style fluide, la construction parfaite, la tension et les rebondissements qui maintiennent en haleine, les personnages forts dont les failles sont exprimées avec finesse, le bien joli titre et la magnifique couverture. Un grand roman qui pose des questions qui ne peuvent nous laisser indifférents. Embarquée dès les premières mots du récit, il m'a été impossible de le lâcher avant d'avoir tourné la dernière page.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Je suis impressionnée par la maîtrise dont fait preuve Anaïs Llobet pour ce qui n'est que son deuxième roman. Certes, le premier, Les mains lâchées était remarquable et on y trouvait déjà une qualité de regard, une empathie qui annonçaient de belles choses pour la suite. Mais pas au point de...
    Voir plus

    Je suis impressionnée par la maîtrise dont fait preuve Anaïs Llobet pour ce qui n'est que son deuxième roman. Certes, le premier, Les mains lâchées était remarquable et on y trouvait déjà une qualité de regard, une empathie qui annonçaient de belles choses pour la suite. Mais pas au point de découvrir dès celui-ci, un roman quasi parfait. Construit comme un thriller, dans un crescendo implacable, impossible à lâcher.

    Anaïs Llobet est journaliste et son expérience du terrain transparait dans ses écrits. C'est l'expérience de celle qui côtoie d'autres vies, d'autres cultures et qui s'attache à les comprendre. De cette matière elle tire ensuite un récit certes totalement fictionnel mais empreint de cette compréhension de l'autre qui me fait penser à ce que parvient à faire de son côté un Pascal Manoukian. On est dans la même veine, avec des ingrédients et des styles différents. Et il faut une sacrée sensibilité pour parvenir à rendre compréhensibles les motivations et la psychologie de chacun des personnages qu'elle met ici en scène, au cœur d'un drame qui va agir comme un révélateur au sein d'une communauté qui se croyait à l'abri des horreurs du monde.

    Nous sommes à La Haye, aux Pays-Bas, jolie capitale pimpante, calme et fleurie. C'est ce cadre idyllique que l'auteure a choisi pour situer son intrigue et faire exploser sa bombe : dans le réfectoire d'un lycée, à l'heure du déjeuner. Très vite, les soupçons se portent vers un jeune élève d'origine Tchétchène et son frère qui pourrait être complice. Alissa, leur professeure de russe partage également avec eux cette origine qu'elle fait tout pour oublier et cacher, notamment à son compagnon hollandais, dans un souci d'intégration. Sollicitée par la police en tant qu'interprète, elle se retrouve au cœur de l'enquête et surtout de l'agitation médiatique. Car cet attentat cristallise soudain toutes les peurs qui passent par la stigmatisation des différences culturelles. Alissa devient le pivot, la seule capable de comprendre tous les ressorts psychologiques qui gouvernent Kirem et Oumar alors que les professeurs sont déjà pointés du doigt pour n'avoir rien vu venir et que ses origines pourraient la désigner elle comme doublement coupable.

    C'est un véritable engrenage qui se déroule sous la plume habile et précise d'Anaïs Llobet, un engrenage dont le point central est la méconnaissance de l'autre. Un engrenage qui s'appuie sur le drame de l'exil, ce sentiment d'être toujours un étranger, quoi qu'on fasse. Les protagonistes de ce drame sont tous prisonniers, à leur manière, de leur situation et parfois de leur propre culture. Tout en déroulant son intrigue avec une précision machiavélique, Anaïs Llobet parvient à imprégner le récit d'éléments constitutifs de la culture tchétchène sans jamais l'alourdir, bien au contraire, créant ainsi les conditions d'une incroyable proximité avec les personnages. Oumar, Kirem et Alissa sont trois facettes de l'exil, trois exemples de la difficulté d'intégration. Trois maillons d'une même chaîne qui les attache à leur statut d'étranger.

    Ce roman a tout d'un grand et pas un poil de graisse. Dense dans le propos, efficace dans la construction avec ce supplément d'âme apporté par le regard de l'auteure. Cette fois c'est sûr, la plume d'Anaïs

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • et de leurs cicatrices. Une histoire d'intégration et de désintégration.

    Ma lecture

    Mon premier coup de cœur de 2019 et je ne m'y attendais absolument pas. Je ne suis pas une lectrice de livres sur la guerre, les conflits etc.... Je me suis lancée en lisant le résumé qui m'a intrigué mais...
    Voir plus

    et de leurs cicatrices. Une histoire d'intégration et de désintégration.

    Ma lecture

    Mon premier coup de cœur de 2019 et je ne m'y attendais absolument pas. Je ne suis pas une lectrice de livres sur la guerre, les conflits etc.... Je me suis lancée en lisant le résumé qui m'a intrigué mais la photo de couverture me laissait supposer un roman où la violence était très présente et j'évite les récits en comportant, surtout lorsqu'elle est inutile.....

    Et bien j'ai été fauchée dès les premières lignes, les premières pages, comme soufflée par une déflagration mais une déflagration littéraire. On est très vite immergée dans cette aventure, oui aventure, car il n'y a pas un moment où l'on est pas pris par les mots, par l'histoire, par les histoires, par les personnages.

    Il ressort de ce récit beaucoup de thèmes : l'exil en premier car c'est ce qui lie les protagonistes. Etre arrachés à ses racines, à une violence et une douleur qui vous lient à votre pays, qui a imprégné vos jours, vos nuits mais aussi votre esprit.

    Une quête de l'identité : qui est-on, qui devient-on quand on quitte un pays en guerre, devient-on un autre  ou reste-t-on à jamais ancré dans ses racines ?

    Identité sexuelle également : comment assumer celle-ci lorsque votre éducation,  votre religion, vos racines vous condamnent. Chacun a gardé en soi ses préceptes et s'adapte ou non à la nouvelle vie qui s'offre à lui.

    Anaïss Llobet a habilement mêlé les destins de trois personnages : deux frères Oumar et Kirem, presque jumeaux physiquement et une professeur de russe, Alissa, vivant tous les trois à La Haye aux Pays-Bas, un pays de liberté, mais il n'est pas toujours facile de s'adapter à une liberté à laquelle rien ne vous préparait. Pour chacun c'est une affaire personnelle.

    L'exil se vit seul. (p172)

    Oumar décide de mener une double vie, se transformant en Adam pour devenir celui qu'il est réellement, Alissa elle est devenue Alice, cachant ses origines dans le lycée où elle travaille mais aussi à son compagnon, faisant le choix de naviguer entre les deux cultures. Kirem lui refuse toute intégration.

    Ne plus être ce que l'on a été car exilé, ne plus avoir les mêmes convictions, peut-on s'affranchir de l'éducation reçue ou reste-t-elle profondément ancrée en soi. Un roman dans lequel les personnages posent des questionnements qui ne peuvent laisser indifférent.

    Trois positions, trois destins disséqués principalement à travers les récits d'Oumar et d'Alice, qui oscillent dans les choix à faire, partagés entre passé marqué par le conflit qui opposent la Russie et la Tchétchènie, présent où les doutes s'installent et futur que l'on décide de s'octroyer.

    Il est également question des choix : a-t-on toujours le choix ? Peut-on finalement choisir d'être soi, peut-on choisir sa vie ?

    C'est un vrai coup de cœur dans tous les critères : écriture, construction du récit avec une pression et une enquête qui nous tiennent en haleine jusqu'au bout, style limpide, clair. Des personnages loin d'être stéréotypés, tout en nuances, en fragilité.

    Je n'en dis pas plus.... je vous laisse découvrir qui sont ces Hommes couleur de ciel, joli titre qui cache bien des souffrances.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • C'est clair, "Des hommes couleur de ciel" d'Anais Llobet est un vrai petit bijou dans cette rentrée littéraire d'hiver 2019. C'est l'histoire d'hommes tchétchènes qui cherchent une vie meilleure en partant aux Pays-bas, à La Haye, en particulier le jeune Oumar qui se fait appeler Adam.

    Le...
    Voir plus

    C'est clair, "Des hommes couleur de ciel" d'Anais Llobet est un vrai petit bijou dans cette rentrée littéraire d'hiver 2019. C'est l'histoire d'hommes tchétchènes qui cherchent une vie meilleure en partant aux Pays-bas, à La Haye, en particulier le jeune Oumar qui se fait appeler Adam.

    Le ton est donné dans le début du roman : un attentat a eu lieu à l'intérieur d'un lycée. Un élève tchétchène serait à l'origine du massacre. Oumar, le personnage principale de ce roman est soudain mêlé à l'impensable...

    Un livre fort avec beaucoup de force, de douceur, d'espoir, d'obscurité, de silence. Ce roman résonne dans notre société car il parle de sujet tellement important comme la différence, l'intégration et la désintégration, de notre société, d'intolérance et d'identité.

    "Des hommes couleur de ciel" traite en grande partie du sujet de l'homosexualité, d'avoir le courage de pouvoir vivre sa vie comme bon nous semble malgré une culture, un pays, une famille qui ne peut le tolérer. C'est un regard sur la fragilité de la vie face à la violence des actes.

    Ce roman dépasse le cadre de la fiction, il est le témoin d'une société, d'une pensée qui malheureusement ne laisse, n'accorde pas les libertés auxquels on pourrait avoir le droit. Quitter son pays pour pouvoir vivre sa vie est d'une brutalité intense.

    Anais Llobet écrit un grand roman, un roman important, qui frappe, qui percute, qui fait réfléchir. Un livre marquant en ce début d'année, que beaucoup de monde devrait lire, pour qui sait, peut être charger les consciences. Un grand bravo Anais Llobet.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • La Haye. Pays-Bas.

    Un attentat dans un lycée.

    Un élève d'origine tchétchène serait à l'origine du massacre.

    Un livre fort, très fort. Un livre témoin de notre époque. Un livre témoin d'une humanité toute entière. de notre inhumanité.

    Un livre qui fait beaucoup réfléchir.

    Il parle...
    Voir plus

    La Haye. Pays-Bas.

    Un attentat dans un lycée.

    Un élève d'origine tchétchène serait à l'origine du massacre.

    Un livre fort, très fort. Un livre témoin de notre époque. Un livre témoin d'une humanité toute entière. de notre inhumanité.

    Un livre qui fait beaucoup réfléchir.

    Il parle de l'intégration, de la différence, de l'intolérance, du déracinement. de la différence. de la suspicion.

    Ce livre m'a énormément parlé. Qui m'a ébranlé. Il traite également de l'homosexualité, de la possibilité d'être soi-même ou pas lorsque notre culture, notre société, notre famille ne le tolère pas. Il parle de s'autoriser ou pas à vivre lorsque notre culture nous dicte que nous sommes une sorte d'erreur.

    Aujourd'hui et maintenant, et ici, oui nous avons des droits. Mais ailleurs ? Mais demain ? Notre humanité ne tient qu'à un filet et Anaïs Llobet nous le rappelle douloureusement dans un ouvrage plein de finesse, d'émotion et de vérités difficiles à entendre.

    C'est le roman de notre drôle d'époque où la liberté ne s'exerce pas de la même manière selon les êtres. Ou l'amour ne sauve pas de tout. Lecture oh combien douloureuse. Oh combien primordiale.

    Ce livre va me rester dans la tête longtemps. Il m'a blessé. Il m'a douloureusement ouvert les yeux. Il frappe le coeur et l'esprit. Il fait mal. Il est ce que la littérature a de meilleur à offrir, véritable.

    Un roman salutaire. Important. Un livre qui marquera 2019.

    Un cri silencieux.

    Ce sont les plus déchirants.

    Les plus marquants.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
Voir tous les avis

Donnez votre avis sur ce livre

Pour donner votre avis vous devez vous identifier, ou vous inscrire si vous n'avez pas encore de compte.

Où trouver ce livre en librairie ?

Service proposé en partenariat avec Place des Libraires

Discussions autour de ce livre

Il n'y a pas encore de discussion sur ce livre

Soyez le premier à en lancer une !

Forum

Afficher plus de discussions

Récemment sur lecteurs.com